Les données ouvertes : Feuille de route pour la révolution des données
Le discours prononcé fait foi
Le 28 mai 2015
Introduction
Merci beaucoup. Je suis heureux d’être ici.
Et merci d’être venus. Je sais que beaucoup d’entre vous ont parcouru de longues distances pour être ici, mais je peux vous assurer que c’est votre présence et votre participation qui assureront le succès de cette conférence.
En tant que président du Conseil du Trésor du Canada et ministre responsable des initiatives en lien avec le gouvernement ouvert et les données ouvertes au Canada, c’est pour moi un honneur d’organiser cette activité formidable avec nos partenaires du Centre de recherches pour le développement international et de la Banque mondiale.
Et je dois dire qu’elle s’avère déjà une rencontre très spéciale.
L’importance de cette conférence
Les activités qui se tiendront avant la conférence ont déjà à elles seules contribué à l’énorme succès de cette semaine. Les spécialistes des données ouvertes des quatre coins du monde ont eu des discussions éclairées et enrichissantes sur la promotion de notre travail collectif lié aux données ouvertes.
Plus tôt cette semaine, j’ai eu le privilège de prononcer l’allocution de clôture au Sommet canadien sur les données ouvertes, un rassemblement de spécialistes du gouvernement et de la société civile qui vise à relever la barre des données ouvertes ici, au Canada.
Il y a aussi eu des discussions très intéressantes sur l’élaboration de normes relatives aux données ouvertes par des spécialistes internationaux.
Les universitaires à l’échelle internationale ont mis en commun leurs travaux de recherche lors du Symposium de recherche sur les données ouvertes.
Et des membres de la société civile ont tenu une « non-conférence » d’une journée, mais il reste du travail à faire.
Aujourd’hui et demain, des personnes et des organisations participantes de près de 100 pays ont la possibilité de transformer la Conférence internationale sur les données ouvertes 2015 en un moment charnière du mouvement international des données ouvertes – un moment pour mettre à profit les leçons apprises, consolider les acquis et tracer la voie des normes et des principes généraux en matière de données ouvertes et d’une collaboration accrue à l’échelle internationale.
C’est notre appel à l’action pour cette conférence.
Et les gens qui sont les mieux placés pour le faire sont réunis ici : les spécialistes, les praticiens, les cadres supérieurs du gouvernement, la société civile, le milieu universitaire et le secteur privé sont tous représentés à cette conférence.
Si nous pouvons nous entendre sur les prochaines étapes et nous appliquer collectivement à la tâche, nous pourrons franchir un pas important pour démontrer la valeur et les avantages des données ouvertes aux personnes partout dans le monde.
Ici, au Canada, notre propre histoire nous a enseigné une leçon importante : lorsque les gens ont la volonté et l’énergie pour travailler ensemble pour le bien commun, rien ne peut les retenir.
Dans ce pays, les Canadiens sont dispersés d’un bout à l’autre d’un territoire vaste et diversifié, de l’océan Atlantique à l’océan Pacifique et à l’Arctique. Mais, qu’il s’agisse de trains à vapeur ou de télégraphes, de satellites ou de réseaux à fibres optiques, nous avons toujours utilisé la technologie pour abolir les distances, établir des liens et progresser ensemble avec une vision commune.
Grâce à ces efforts, nous avons appris l’importance de la coopération. Non seulement entre les collectivités, mais aussi entre les gouvernements et tous les secteurs de la société – le secteur privé, la société civile, les organisations locales et les simples citoyens.
Et j’espère que le même esprit de collaboration motivera notre travail pour étendre les avantages des données ouvertes aux quatre coins du globe.
Les données ouvertes sont la « matière première de l’ère numérique » – et ici, au Canada, notre objectif est de rendre nos données ouvertes le plus « liquide » possible afin qu’elles puissent être diffusées aux citoyens et aux innovateurs aussi simplement et facilement que possible.
Même si nous avons réalisé des progrès à ce jour, cela n’a pas toujours été facile, et nous avons encore du chemin à parcourir.
Le rôle du Canada à l'appui des initiatives liées aux données sur la scène internationale
Pour le Canada, le déclencheur a été l’adhésion au Partenariat international pour un gouvernement transparent en 2011, et la publication de la première version du Plan d’action pour un gouvernement ouvert en 2012.
Depuis, nous avons établi notre programme sur les données ouvertes progressivement au moyen de la consultation et de la collaboration avec les citoyens, la société civile et d’autres gouvernements.
Je suis fier d’avoir publié la Directive sur le gouvernement ouvert du Canada.
Grâce à cette politique, l’approche « ouvert par défaut » sera la norme pour notre gouvernement, et la publication des données ouvertes et de l’information sera obligatoire pour tous les ministères et organismes.
Ce genre de politique obligatoire est essentiel pour normaliser la mise en œuvre des principes liés aux données ouvertes dans l’ensemble du gouvernement, et une pratique que j’espère voir se répéter dans le monde.
Nous avons aussi lancé notre portail de pointe sur le gouvernement ouvert, à l’adresse ouvert.canada.ca.
Ce portail permet non seulement aux utilisateurs d’accéder à de nombreux ensembles de données du gouvernement fédéral, mais donne aussi accès aux demandes d’accès à l’information complétées et à divers renseignements divulgués de façon proactive sur les finances du gouvernement, les marchés publics, etc., et ce, à partir d’un guichet unique convivial – sans restriction, gratuit, en langage clair et simple et soumis à la licence de gouvernement ouvert.
La semaine dernière, j’ai annoncé le lancement de l’organisation Open Data Exchange, nouvelle collaboration entre les secteurs public et privé visant à établir un institut des données ouvertes qui se concentrera sur la commercialisation des données ouvertes à l’échelle du pays.
Nous essayons aussi toujours d’harmoniser les activités liées aux données ouvertes dans l’ensemble des administrations, parce que les Canadiens sont plus forts lorsqu’ils travaillent ensemble.
Dans un pays comme le nôtre, il est impératif de travailler étroitement avec les administrations provinciales et municipales à une approche pancanadienne en matière de données ouvertes.
Nous appelons cette initiative « Données ouvertes au Canada ».
Et dans cette quête des « données ouvertes sans frontières », nous éliminons les obstacles entre les différents ordres de gouvernement pour créer un seul écosystème national des données ouvertes.
Il reste beaucoup à faire, mais tous les utilisateurs de données ouvertes au Canada pourront éventuellement télécharger des ensembles de données de n’importe quel ordre de gouvernement, peu importe le portail qu’ils utilisent.
À mon avis, c’est le genre de travail qui peut et doit être reproduit à l’échelle mondiale.
Grâce à l’adoption de principes communs liés aux données ouvertes, à l’application de normes communes, à l’utilisation de licences entièrement ouvertes et à des efforts soutenus en vue de relever ces défis ensemble, nous pouvons établir une feuille de route pour l’ouverture et l’innovation.
C’est pourquoi nous sommes ici cette semaine pour collaborer avec des partenaires internationaux au renforcement des capacités dans le monde et reconnaître le pouvoir de transformation qu’ont les données ouvertes pour produire de nouvelles retombées sociales et économiques dans le monde.
Et c’est aussi pourquoi, en 2013, le Canada a accepté avec enthousiasme de se joindre à la World Wide Web Foundation pour coprésider le groupe de travail sur les données ouvertes du Partenariat pour un gouvernement transparent.
Le Canada est très fier de participer au travail qui est accompli par l’intermédiaire du groupe de travail, et en partenariat avec la Web Foundation et le Centre de recherches pour le développement international du Canada, à l’appui des données ouvertes pour le développement.
Ce programme rassemble un réseau mondial composé d’intervenants d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie qui vise à créer de nouvelles applications des données ouvertes au profit des citoyens des pays en développement.
Dans le cadre de ce programme, cinq organisations ont été retenues en décembre dernier pour recevoir les bourses de recherche internationales de Données ouvertes pour le développement, d’une valeur totale de 100 000 dollars américains.
Ces bourses ont été accordées pour appuyer les activités liées aux données ouvertes dans les pays en développement.
Les quatre domaines d'intervention
Mais nous pouvons en faire plus en nous employant non seulement à partager ce que nous avons tous réalisé, mais aussi en nous engageant à travailler ensemble – ici et maintenant – afin d’établir une feuille de route pour l’avenir des données ouvertes.
Le simple fait que vous soyez tous ici pour mettre en commun votre travail et présenter votre propre vision des données ouvertes fait déjà de cette conférence un énorme succès.
Mais nous ne pouvons laisser passer l’occasion d’assurer un effet à long terme.
À l’issue de ces deux jours, de toute cette semaine, nous voulons repartir avec une gamme complète d’activités de suivi et d’engagements.
C’est pourquoi nous avons établi pour cette conférence des domaines d’intervention qui visent chacun à nous permettre de réaliser de réels progrès par rapport à des défis communs.
Il y a quatre domaines d’intervention.
Le premier, « Exploiter l’offre de données ouvertes », mettra l’accent sur l’élaboration de principes communs pour établir les exigences de base relatives à des initiatives ambitieuses concernant les données ouvertes dans le monde.
Le groupe de travail sur les données ouvertes du Partenariat pour un gouvernement transparent travaille avec un vaste réseau d’intervenants à la création d’une charte internationale sur les données ouvertes pour établir des principes qui pourront être adoptés par toutes les administrations.
Cette conférence sera aussi une importante occasion de lancer une consultation mondiale sur la charte.
Pour ce qui est du deuxième domaine d’intervention, nous orienterons nos efforts « vers un consensus sur les normes relatives aux données ouvertes ».
Nous voulons accélérer l’élaboration et l’adoption de normes communes sur les données ouvertes, qui favorisent une transparence et une réutilisation plus efficaces.
Les normes internationales nous aident aussi à mieux comparer les données entre les administrations de sorte que nous pourrons repérer les tendances, mesurer les progrès et collaborer plus efficacement.
Le troisième domaine vise à « adapter les solutions qui fonctionnent ».
Il existe deux grands objectifs pour ce domaine.
L’un des objectifs, au sein du gouvernement, est la nécessité de créer des services liés aux données ouvertes, qui peuvent fonctionner dans des contextes locaux et nationaux.
L’autre consiste à trouver des solutions reproductibles et évolutives pouvant aider les entreprises axées sur les données.
Le quatrième domaine, « Produire des retombées pour tous », porte sur le renforcement des capacités, y compris l’acquisition de compétences et de connaissances en matière de données ouvertes.
Les résultats de chacun de ces quatre domaines d’intervention contribueront à l’établissement d’une feuille de route pour l’avenir des données ouvertes.
Donc, notre travail collectif en vue de définir ces mesures concrètes et les étapes à suivre est crucial pour le succès de cette conférence.
Et, pour nous tous ici présents et les milliers de personnes qui participent en ligne dans le monde, c’est le moment et c’est l’endroit pour nous engager à le faire.
Conclusion
J’aimerais conclure aujourd’hui par une dernière réflexion.
Cette conférence qui se tient à Ottawa pourrait être le moment où la collectivité mondiale des données ouvertes se réunit pour utiliser les connaissances et les technologies comme jamais auparavant afin de réduire les distances entre les collectivités, les peuples et les pays.
Et si nous nous sommes réunis – l’objectif mutuel que nous avons tous – c’est pour mettre les données entre les mains des citoyens, où qu’ils soient, leur fournir les outils dont ils ont besoin pour y parvenir, grâce au pouvoir de leur imagination et de leur volonté.
Nous comptons sur leur créativité pour réaliser le potentiel des données ouvertes.
Mais avant que nous leur demandions d’en faire plus, nous devons en exiger plus de nous-mêmes.
Je nous mets donc tous au défi : soyons audacieux, soyons ambitieux. Faisons de grandes choses ensemble!
Je vous remercie.