Le discours prononcé fait foi
Le 27 mai 2015
Merci de cet accueil chaleureux.
C’est toujours un plaisir de m’adresser à vous dans le cadre de votre symposium annuel.
C’est la cinquième fois que j’y participe depuis ma nomination à la présidence du Conseil du Trésor en 2011.
J’ai peine à croire que cinq années se sont déjà écoulées.
À cette époque, le pays se remettait encore de la récession mondiale de 2008.
Bien que l’économie mondiale soit encore fragile aujourd’hui, il est évident que le Canada est sur la bonne voie.
Comme en fait état le Plan d’action économique du mois dernier, le Canada a enregistré l’une des meilleures performances économiques parmi les pays du G-7 au cours de la reprise.
Le nombre actuel de Canadiens qui ont un emploi dépasse de plus de 1,2 million le nombre observé à la fin de la récession.
Et, bien sûr, nous avons équilibré le budget fédéral.
Nous sommes maintenant en mesure de tenir notre promesse d’aider les Canadiens à équilibrer le leur.
De nombreuses raisons expliquent cette situation enviable.
L’une des plus importantes est l’excellent travail que nous avons accompli ici, au sein même de la fonction publique fédérale.
Cette année, le Symposium d’apprentissage de l’APEX est l’exemple parfait du renouvellement qui s’opère dans l’ensemble des ministères et des organismes.
En tirant profit des nouvelles technologies, les organisateurs ont su se surpasser pour rallier les participants dans quatre villes canadiennes.
Permettez-moi donc de féliciter l’APEX pour sa vision et son leadership.
Vous avez pris à cœur le thème du Symposium de cette année, soit le renouvellement qui n’est possible que lorsqu’on « passe des idées aux actes ».
En effet, qu’est-ce qu’une bonne idée s’il n’y a personne pour la mettre en œuvre?
Pas grand-chose.
Je suis un fervent partisan de l’audace.
Je suis donc très heureux de voir les fonctionnaires mettre en place des mesures concrètes pour renouveler leurs organisations et pour mieux servir les Canadiens.
Gestion des personnes
Il y a à peine un an, nous présentions le premier système pangouvernemental de gestion du rendement, et d’apprentissage et de perfectionnement.
Je sais que ce système en ligne a représenté un énorme changement pour de nombreuses organisations.
Mais je crois que vous conviendrez avec moi qu’il a apporté une rigueur bien nécessaire au processus d’établissement des attentes professionnelles à l’égard des employés et d’évaluation subséquente de leur rendement.
Récemment, nous avons aussi simplifié et rationalisé l’exercice de rendement annuel pour les cadres.
Pour ce faire, nous avons réuni la gestion de rendement pour les cadres et la gestion des talents en un seul système simple – une action qui, j’ai le bonheur d’annoncer, allégera notre fardeau de la paperasserie.
Mon ministère a aussi revu récemment les compétences clés en leadership des cadres et des hauts dirigeants.
Maintenant, ces compétences sont davantage centrées sur l’innovation et la collaboration, et précisent mieux les attentes propres à l’embauche, à la gestion du rendement ainsi qu’à l’apprentissage et au perfectionnement pour la plupart d’entre vous présents aujourd’hui.
Pourquoi avons-nous pris ces mesures?
Parce que nos employés sont notre plus grand atout.
Et, je vous promets de continuer d’appuyer toutes les mesures qui garantiront l’utilisation du plein potentiel de la fonction publique.
Notamment celles qui mettent la santé et le bien-être des employés à l’avant-plan.
Je sais que cet enjeu est cher au cœur des membres de l’APEX.
C’est aussi l’une de mes principales préoccupations.
Actuellement, les troubles de santé mentale font perdre une somme d’environ 51 milliards de dollars à l’économie canadienne.
Au sein du gouvernement fédéral, environ la moitié des demandes de prestations d’invalidité sont liées à des problèmes de santé mentale.
Ces statistiques sont déconcertantes.
Toute organisation ou entreprise qui ferme les yeux sur ce problème le fait à ses propres risques et périls.
Aujourd’hui, le gouvernement du Canada possède plusieurs politiques et programmes pour assurer la santé et le bien-être de ses employés.
L’année dernière, par exemple, nous avons doublé la couverture des services psychologiques pour les employés et les retraités du fédéral.
Mais nous pouvons faire plus.
C’est pourquoi j’étais fier d’annoncer la signature en mars dernier d’une entente avec le plus grand agent négociateur de la fonction publique en vue d’améliorer la santé mentale dans les milieux de travail fédéraux.
Comme vous le savez, nous avons formé un groupe de travail mixte à cette fin.
L’APEX collabore aux efforts et est présente au sein du comité technique du groupe de travail.
Le groupe de travail mixte possède un mandat exigeant. Il étudiera les pratiques des autres sphères de compétence et déterminera les moyens de mieux diffuser de l’information au sujet de la santé mentale au travail.
Il examinera également la Norme nationale du Canada sur la santé et la sécurité psychologiques en milieu de travail, que votre association appuie d’emblée.
J’ai donc hâte de connaître les recommandations du groupe de travail, y compris la façon dont les objectifs de la Norme peuvent être atteints au sein de la fonction publique.
Pour ma part, je demeure très engagé à travailler avec les agents de négociation au sujet d’autres enjeux de taille qui influent sur le bien-être des employés, tels que les congés d’invalidité et de maladie.
Je suis certain que vous m’avez déjà entendu dire que le système existant est désuet et présente des lacunes tant pour les employés que pour les contribuables.
Les faits sont clairs.
Aujourd’hui, plus de 60 % des employés de l’administration publique centrale n’ont pas suffisamment de congés de maladie accumulés pour couvrir une période complète d’invalidité à court terme.
De plus, 25 % des employés ont moins de 10 jours de congé de maladie accumulés.
Nous devons agir. Et le plus tôt sera le mieux.
Comme il est indiqué dans le budget, je peux vous assurer que le gouvernement s’engage à faire tous les efforts possibles pour parvenir à une entente avec les agents de négocation dans un délai raisonnable.
Pour moi, le statu quo n’est tout simplement plus acceptable.
Il est important de souligner que la conception du présent régime d’invalidité à long terme remonte aux années 1970.
Un régime vieux de plus de 40 ans.
Ce système n’a pas su évoluer de pair avec les pratiques du secteur.
Aujourd’hui, de nombreux employés requièrent de l’aide pour retourner au travail.
C’est pourquoi nous proposons un système qui permettrait d’unir harmonieusement les congés de maladie, les prestations d’invalidité et les mesures de soutien.
Un tel système serait axé sur une gestion diligente et active des cas, y compris la réadaptation et le soutien pour le retour au travail.
De cette façon, les employés pourraient être en meilleure santé et plus productifs à leur retour au travail.
De plus, ceci donnerait lieu à une main-d’œuvre en meilleure santé et plus productive au service des Canadiens.
C’est une cause que nous pouvons tous soutenir.
Parce que chaque fois que nous pouvons faire quelque chose qui permet aux fonctionnaires de mieux servir les Canadiens, tout le monde y gagne.
Il est évident que la fonction publique traverse une importante période de renouvellement.
Je fais donc appel à vous, les dirigeants de cette grande institution, pour poursuivre sur la lancée déjà amorcée.
Nous savons tous ce qui doit être fait.
Des initiatives telles qu’Objectif 2020 ont déjà tracé la voie à suivre.
Nous devons donc passer des idées aux actes, comme nous le rappelle le thème du présent Symposium.
Technologie
Dans des secteurs tels que la technologie, les fonctionnaires veulent avoir des outils qui leur permettent d’établir des relations et de collaborer.
Ils ont également besoin de moyens pour mieux joindre les Canadiens.
Nous avons déjà accompli une grande part du travail.
La création de Services partagés Canada, en 2011, a été un grand pas en avant à cet égard.
Mais il est évident que nous devons faire plus.
Il y a encore de nombreux vieux systèmes administratifs qui sont encore mis à jour selon diverses normes de disponibilité et de sécurité.
Nous avons réussi à en transformer certains, tels que notre système de pensions vieux de 40 ans – qualifié de véritable « antiquité ».
Aujourd’hui, notre système de pensions est reconnu comme l’un des plus modernes et novateurs au monde.
Il est même repris par le secteur de la gestion des pensions aux États-Unis et en Australie.
De plus, ce renouvellement de système a engendré des économies annuelles de 23 millions de dollars.
Et il ne s’agit que d’un seul exemple de la précieuse contribution de la fonction publique du Canada.
Je sais que nous pouvons faire encore mieux.
Nous pouvons y arriver en renforçant les compétences des fonctionnaires de travailler de façon plus intelligente et de résoudre les problèmes plus efficacement.
En mettant les nouvelles technologies à l’essai, par exemple l’externalisation ouverte et l’infonuagique, nous pouvons permettre à nos employés de générer, de façonner et de mettre en œuvre des idées novatrices.
Nous devons également continuer à tirer profit des outils Web 2.0 pour mobiliser nos intervenants et partenaires externes dans la conception de services et l’élaboration de politiques.
De nombreux exemples peuvent nous inspirer.
Tel qu’on l’a mentionné au cours de l'exercice Objectif 2020, de nombreux ministères utilisent déjà les espaces virtuels de collaboration pour favoriser un dialogue constructif et franc ainsi qu’un échange d’information productif.
J’encourage toutes les personnes présentes et leurs équipes à trouver de tels exemples et à en tirer des leçons pour donner vie à leurs propres idées.
Aujourd’hui, les citoyens s’attendent de vivre une expérience utilisateur fluide.
En fait, plusieurs d’entre eux ne font pas de distinction entre les ordres de gouvernement municipal, provincial, territorial et fédéral.
Nous devons donc continuer de collaborer avec nos homologues pour cerner et résoudre les problèmes qui transcendent les limites entre les administrations.
Gouvernement ouvert
En tant que champion du gouvernement ouvert, je crois fermement que l’information publique – telles les données ouvertes – est un terreau très fertile pour la collaboration et l’échange.
Au sein du gouvernement fédéral, nous avons fait un travail remarquable relativement à la publication d’une vaste quantité de données dans le Portail du gouvernement ouvert.
Notre nouvelle Directive sur le gouvernement ouvert va encore plus loin.
Elle s’applique à plus de 100 institutions fédérales et les oblige à maximiser la diffusion ouverte et proactive de leurs données.
Mais nous pouvons – et devons – voir plus grand.
C’est exactement ce que nous faisons avec le second Plan d’action pour un gouvernement ouvert que j’ai eu le plaisir de présenter l’automne dernier.
Le Plan nous demande de travailler de pair avec les communautés nationales et internationales pour augmenter la transparence et la responsabilisation, pour mobiliser un plus grand nombre de citoyens, pour favoriser l’innovation et pour multiplier les avenues de développement économique.
C’est dans cet esprit que, cette semaine, nous coprésidons la troisième Conférence internationale sur les données ouvertes, ici même à Ottawa, laquelle a pour but de renforcer la collaboration nationale et internationale en matière de données ouvertes.
Notre plan demande également au gouvernement d’inviter les provinces et les territoires à participer à la conception d’une « approche sans fausse route ».
Cette initiative permettra de créer un portail pancanadien unique de la collectivité et de l’environnement des données ouvertes.
La fonction publique traverse une période extraordinaire.
Nous jouons un rôle de premier plan en ce qui a trait à la promotion de solutions novatrices pour résoudre les problèmes qui touchent les gouvernements, les collectivités et les individus du monde entier.
Et mieux encore, les Canadiens en tirent profit.
Fardeau administratif
Le mois dernier, j’étais très heureux de voir la Loi sur la réduction de la paperasse recevoir la sanction royale.
Ceci fait du Canada le premier pays au monde à transformer une règle du « un pour un » en une loi en bonne et due forme.
Comme vous le savez, la règle du « un pour un » oblige les organismes de réglementation à supprimer un règlement chaque fois qu’ils adoptent un nouveau règlement qui impose un fardeau administratif aux entreprises.
La règle a allégé le fardeau administratif net annuel des entreprises canadiennes, leur faisant économiser jusqu’à maintenant plus de 22 millions de dollars.
En faisant de cette règle une loi, nous signalons clairement notre appui au changement de culture qui s’opère au sein du gouvernement.
Ceci démontre notre détermination quant à la réduction de la paperasse qui nuit aux emplois.
J’aimerais remercier tout particulièrement votre collectivité pour le progrès que nous avons fait relativement à l’élimination de règles inutiles pour les entreprises et les Canadiens.
De plus, nous ne pouvons ignorer le fardeau administratif à l’interne.
Le dernier sondage mené auprès des employés montre que près de 75 % des fonctionnaires affirment que leur travail est ralenti par des processus d’approbation trop complexes.
C’est tout simplement trop élevé.
Pour régler le problème, nous avons lancé l’Initiative d’allègement du fardeau administratif à l’interne.
Il s’agit d’un élément clé de la vision de l’Objectif 2020. Un élément que j’appuie fortement.
Je vous demande à tous de soutenir cette importante initiative.
Et d’encourager vos employés à y prendre part.
Car ce processus ne peut être mis en œuvre par la haute direction.
Conclusion
En ce moment, certains d’entre vous se disent peut-être : « Nous avons déjà entendu ce discours sur le renouvellement ».
Peut-être.
Mais le renouvellement est un processus continu.
Il ne s’agit pas d’une tâche sur une liste que nous pouvons cocher une fois terminée puis passer à autre chose.
Dans ce monde en rapide évolution, le renouvellement et le changement sont la seule constance de notre réalité.
En tant que dirigeants de la fonction publique, vous avez tous la responsabilité spéciale de diriger, d’inspirer et de motiver.
L’un des plus grands dirigeants du XXe siècle a déjà dit :
« Le leadership est l’art de déléguer une tâche à quelqu’un d’une telle façon que la personne croit l’accomplir de son plein gré ».
Ces paroles sont celles de Dwight D. Eisenhower.
Je crois que cette citation résume parfaitement votre rôle de cadres.
Votre travail principal n’est pas de tout faire vous-mêmes, mais plutôt d’inspirer les autres à accomplir le travail de l’État avec excellence, et ce, en tout temps.
Ceci n’est pas une mince tâche, particulièrement au sein de grandes organisations complexes comme la fonction publique.
Mais j’ai confiance que nous obtiendrons le meilleur de chaque employé si nous continuons sur la présente voie du renouvellement.
En éliminant les pratiques non efficientes et les règles inutiles…
En utilisant les nouvelles technologies de façon intelligente…
Et en adoptant des méthodes de travail plus pertinentes et efficaces…
… Nous pouvons créer une organisation où chaque employé est fier de son travail.
… Nous pouvons offrir aux Canadiens une fonction publique de grande qualité, hautement performante et conforme à leurs attentes et à leurs besoins.
… Nous pouvons amener cette institution nationale à prospérer dans le XXIe siècle.
J’aimerais remercier l’ensemble des hauts dirigeants pour leur leadership et leur dévouement pendant cette importante période de renouvellement.
On vous en a demandé beaucoup.
Mais vous avez su obtenir les résultats escomptés.Comme le souligne clairement le Plan d’action économique de 2015, vous avez joué un grand rôle dans l’assurance d’un avenir prospère pour le Canada.
Je sais que je peux compter sur vous pour continuer à faire le travail.
Merci.