Wageningen (Pays-Bas)
5 mai 2015
Bon après-midi.
Goedemiddag.
Votre Altesse Royale, monsieur l’ambassadeur, chers ministres et collègues de nos deux parlements, chers vétérans et membres des forces armées canadiennes, néerlandaises, britanniques, polonaises et américaines, chers membres du comité organisateur, monsieur le maire, distingués invités, mesdames et messieurs, et chers étudiants.
C’est pour moi un véritable plaisir et un immense honneur d’être ici et de pouvoir m’adresser à vous aujourd’hui.
Dans le cadre d’un anniversaire d’une importance aussi monumentale, les citoyens néerlandais comme ceux du Canada, je pense que nous sommes tous heureux de profiter maintenant d’un temps un peu plus sec, chaud et ensoleillé.
Les vétérans me disent qu’il y a 70 ans, c’était tout aussi pluvieux, mais beaucoup plus froid.
Alors, nous devrions nous compter chanceux.
Je sais que je parle au nom de tous les Canadiens et Canadiennes ici, en particulier au nom de nos estimés vétérans, en vous remerciant du fond du cœur pour votre gentillesse à notre égard.
En manifestant votre reconnaissance envers le courage et le sacrifice de nos soldats, vous honorez également le lien puissant qui unit nos pays et la force durable des valeurs que partagent le Canada et les Pays Bas.
Car, en rendant hommage à nos soldats, vous rendez hommage à ces valeurs, les valeurs pour lesquelles ils se sont battus et, dans trop de cas, pour lesquelles ils sont morts.
La liberté, la démocratie, la justice, la dignité humaine.
Il y a tellement de liens qui unissent les populations des Pays-Bas et du Canada, mais rien ne les unit davantage que cette magnifique ville où, il y a 70 ans, en ce jour même, l’armée allemande a capitulé, car ce lieu historique est un symbole de l’ultime victoire de nos valeurs.
La capitulation de la 25e armée allemande il y a 70 ans aujourd’hui face au Lieutenant général canadien Charles Foulkes fut plus que la capitulation de la tyrannie face à l’avancée implacable de la libération, plus que la défaite du désespoir face à l’espoir; ce fut la victoire d’une vieille vérité.
Le mal ne peut triompher d’une armée qui marche poussée par le vent de la liberté.
Que ces mots soient pour nous une source d’encouragement même aujourd’hui, au moment où que notre propre chemin traverse une époque troublée au Moyen-Orient, en Europe de l’Est et dans tant d’autres régions du monde.
Mesdames et messieurs, c’est incroyablement émouvant de visiter les Pays-Bas et de voir les hommages que vous rendez à nos soldats tombés au combat et particulièrement, après toutes ces décennies, aux vétérans qui nous accompagnent.
Un nom canadien familier donné à un pont là-bas, à une rue ici… En fait, le nom du Général Foulkes donné à cette rue juste là.
De voir l’amour et les soins prodigués aux lieux de leur dernier repos, de voir les bougies à Holten à Noël, mais, par-dessus tout, de voir les hommages et l’amour dont vous comblez nos vétérans, particulièrement les vétérans qui ont fait ce long voyage pour être des nôtres aujourd’hui.
Applaudissons-les chaleureusement.
Vous savez, dans une lettre émouvante adressée au rédacteur d’un journal canadien en 1946, un auteur de ce pays fait ses adieux à nos militaires et parle des larmes qui les accueilleront à leur retour à la maison.
Il poursuit en disant, et je cite : « Une larme est un sourire avec un cœur, et ce même cœur bat dans le petit pays plat à proximité de la mer, la Hollande, qui gravera vos noms dans les chroniques de son histoire. »
Vous avez tenu cette promesse.
Soixante-dix années, plusieurs générations, une vie entière après que ces vétérans soient venus ici en libérateurs, et votre dévouement à leur égard ne s’est aucunement amoindri.
Cela est vraiment touchant, et il s’agit d’un autre point que nos pays ont en commun.
Nous n’avons jamais oublié leur bravoure et leur détermination, et vous non plus.
C’est pourquoi vous avez, en retour, la plus profonde reconnaissance de tous les Canadiens et Canadiennes.
Des horreurs de la guerre et de l’oppression s’est épanouie l’une des plus grandes amitiés du monde.
Et cette amitié entre nous, entre le Canada et les Pays-Bas, est le plus précieux héritage que la guerre nous a laissé.
Hier, j’ai fait la visite d’un magnifique cimetière où reposent, sur d’innombrables rangées, des centaines de nos soldats, et j’ai parlé de certaines de ces choses.
Que notre histoire est une lumière qui nous révèle ce que nous réserve l’avenir.
Nous pouvions en perpétuer le souvenir et l’honorer, ou nous pouvons la laisser pâlir et, ultimement, s’éteindre.
C’est là, mesdames et messieurs, la différence entre avancer avec confiance vers l’avenir ou errer sans but, d’un pas mal assuré, dans les ténèbres.
Depuis des générations, le grand peuple des Pays-Bas a gardé allumé ce flambeau du souvenir.
Il incombe à chacun de nous, et particulièrement à nos jeunes, qui sont parmi nous en si grand nombre aujourd’hui, de le brandir et d’entretenir sa flamme afin que sa lumière puisse éclairer nos pas à tout jamais.
Merci beaucoup.
Dank u.