Montréal (Québec)
21 mai 2015
Merci beaucoup tout le monde.
Merci de cet accueil chaleureux.
Merci Rabbin Emanuel pour cette aimable présentation et pour cette belle prière.
Et merci à Ron et à tous et toutes pour ces paroles pleines de résonnance et de beauté.
Elles sont très touchantes, et je sais qu’elles vous viennent du fond du cœur.
Je le sens.
Je sais que toute notre famille le ressent aussi.
Nous vous remercions tous pour ces paroles profondes et pour ce prix.
J’aimerais aussi remercier l’instigateur de cette soirée, le Conseil de la communauté juive de Montréal.
Merci également à tous les invités à la table d’honneur.
Applaudissons chaleureusement tous les organisateurs pour cet événement qui connaît un grand succès.
Mes amis, la communauté juive du Canada a depuis longtemps une présence active et positive partout au pays, mais nulle part davantage qu’ici à Montréal.
En effet, le Québec accueille une communauté juive florissante depuis plus de 250 ans.
Et l’un des membres de cette fière communauté n’est nul autre que Robert Libman.
Robert Libman.
Vous le savez tous que Robert affiche un long et distingué bilan de service à l’égard des familles de cette région, plus particulièrement à titre de maire de Côte-Saint-Luc.
Je suis pleinement confiant que, s’il en a l’occasion, il accomplira un travail extraordinaire comme député de Montréal.
Voilà pour mon commentaire à saveur politique.
Je devais le dire.
Mesdames et messieurs, je suis très heureux d’être ici.
Je suis également très touché et honoré d’avoir été choisi pour recevoir ce prix.
Le roi David est un géant de l’histoire.
Ayant été au service de son peuple, mais aussi un ami loyal, un guerrier courageux et un leader fidèle à ses principes, il nous a laissé un héritage extraordinaire.
Au temps où David était roi, les Philistins, un peuple réputé pour son extrême cruauté, représentaient la plus grave menace envers la sûreté et la sécurité de son peuple.
Mes amis, nous savons que le mal s’exprime sous diverses formes et se réinvente au fil du temps.
À l’époque du roi David, c’étaient les Philistins.
Et, au cours du siècle dernier, les idéologies fatales du fascisme et du communisme.
Il y a un peu plus de 80 ans, nourrie par une haine extrême, en tirant profit d’une nouvelle technologie, l’Allemagne nazie a pris son essor.
Ce régime, le régime nazi, a rapidement provoqué la guerre la plus meurtrière de tous les temps.
Une guerre marquée par l’holocauste, l’assassinat collectif délibéré de millions d’innocents, principalement des hommes, des femmes et des enfants juifs.
Nous connaissons certains de leurs noms, de leurs histoires, de leurs combats, de leurs sacrifices et de leurs souffrances.
Mais, malheureusement, bon nombre d’entre eux resteront à jamais inconnus.
Comme vous le savez, mesdames et messieurs, le monde a récemment souligné le 70e anniversaire du Jour de la victoire en Europe.
C’était un honneur pour moi de me rendre aux Pays-Bas avec un groupe de distingués vétérans canadiens.
Nous y sommes allés pour souligner l’anniversaire de la campagne dirigée par les Canadiens et qui a mené à la libération du pays de l’occupation nazie.
Des milliers de soldats, des marins, des aviateurs canadiens ont contribué à libérer la population de l’Europe des tourments de l’occupation nazie.
Des milliers de Canadiens ont donné leur vie pour que ce peuple et ce continent puissent vivre la plénitude de la liberté et la quiétude de la paix.
Quand j’étais aux Pays-Bas, j’ai visité le cimetière de guerre canadien à Holten, le lieu du dernier repos de plus de 1 300 soldats canadiens.
Pendant que je marchais dans ce lieu sacré, je n’ai pu m’empêcher de remarquer que dans chaque pierre tombale était gravée notre feuille d’érable, symbole de notre fierté, et dessous, une croix ou dans certains cas l’étoile de David.
Parce que, durant la Deuxième Guerre mondiale, des milliers de juifs canadiens se sont portés volontaires pour combattre et étaient prêts à périr aux côtés de leurs compagnons d’armes canadiens au nom de la liberté.
Et je suis fier de vous dire que, même après 70 ans... 70 ans... les Néerlandais accueillent toujours nos vétérans canadiens en héros, ce qu’ils méritent tant.
Je dois vous dire aussi que ces événements ont été riches en émotions non seulement pour nos vétérans, mais pour nous tous en tant que Canadiens.
La génération de Canadiens qui ont libéré les Pays-Bas, cette génération de juifs canadiens, dont certains ont aidé à fonder l’État moderne d’Israël, ont appris deux choses de cet épisode sombre de l’histoire et les ont enseignées par la suite.
Deux choses que m’ont père m’a enseignées lors de nos soupers en famille.
D’abord, qu’une grande menace à la liberté et à la sécurité, un grand mal quelque part dans le monde, sera inévitablement une grande menace à la liberté et à la sécurité du monde entier.
Et nous savons que cela commence souvent par une menace à la liberté et à la sécurité du peuple juif et que cette menace s’étend à la liberté et à la sécurité de tous.
Ensuite, lorsque nous sommes confrontés à un mal si terrible, le plus grand risque réside dans l’inaction.
En fait, je dirais que de presque toute l’histoire du Canada, cela a été la perspective des Canadiens.
Bien que nous soyons une petite nation habituellement très éloignée... très éloignée des grandes menaces de ce monde, les Canadiens ont toujours été prêts à défendre les causes justes et bonnes et à livrer bataille pour elles.
Pour assurer la liberté et la sécurité de nos familles et des familles de pays lointains, y compris les familles de cette lignée-ci, d’Abraham, d’Isaac et de Jacob.
Maintenant je dois m’arrêter ici pour souligner avec profonde tristesse que le passé du Canada n’est certainement pas parfait.
Il y a eu des moments où les Canadiens ne se sont pas montrés à la hauteur de nos valeurs les plus nobles.
L’une de ces occasions est survenue en 1939 lorsque des réfugiés juifs se sont vus repousser des côtes canadiennes.
Un événement aussi tragique pour ceux à bord du navire qu’indéfendable… qu’indéfendable de la part de ceux qui les ont repoussés.
Mesdames et messieurs, le mois dernier, nous avons souligné une autre date importante : le 67e anniversaire de la fondation de l’État d’Israël.
Et vous m’avez déjà entendu dire certaines de ces choses, mais il faut avouer que, dans l’histoire de l’humanité, 67 ans ne semblent représenter qu’un tout petit instant.
Malgré tout, dans cette courte période, je crois qu’aucun peuple ni aucun pays n’a donné au monde un exemple aussi brillant de courage, de persévérance et de réussite.
Le peuple juif désire ce que nous désirons tous : une patrie où nous pouvons élever nos enfants dans la paix et la sécurité.
Et depuis avant même l’époque du roi David, la plus grande responsabilité de tout gouvernement a consisté à garder sa population en sécurité et à assurer la sûreté de ses frontières.
Notre gouvernement considère Israël comme étant un ami.
Une nation caractérisée par la démocratie et la constance au sein d’une région marquée par la répression et l’instabilité.
Nous comprenons que la région entourant Israël est aussi dangereuse que le Canada est pacifique.
Et nous savons que les dirigeants d’Israël n’ont d’autres choix que de prendre en tout temps les mesures nécessaires pour protéger leur territoire et leur famille contre les forces qui souhaitent les détruire.
Chers amis, notre gouvernement prend aussi les mesures nécessaires pour protéger les frontières du Canada et les familles canadiennes contre la plus grande des menaces à notre sécurité aujourd’hui, la menace du djihadisme violent.
Tout comme le peuple israélien, les Canadiens savent que le terrorisme djihadiste n’est pas apparu soudainement quand les tours jumelles se sont effondrées il y a près de 14 ans.
Ceux qui détestent la démocratie, la liberté, la tolérance et l’ouverture préparent des attaques contre les pays occidentaux, en commençant par Israël, depuis des dizaines d’années et cherchent à détruire notre style de vie rare et précieux.
Il y a tout juste quelques semaines... il y a tout juste quelques semaines... nous n’en avons pas beaucoup entendu parler, mais le chef du Service canadien du renseignement de sécurité a déposé son plus récent rapport annuel.
Il y indiquait, et je cite : « Des gens et des groupes violents veulent tuer des Canadiens.
C’est une observation qui incite à la réflexion et qui ne peut être atténuée d’aucune façon ».
Nous, comme Canadiens, ne sommes pas à l’abri des actes terroristes, comme on nous l’a rappelé brutalement octobre dernier au moment où deux de nos courageux hommes en uniforme non armés ont été assassinés de sang-froid.
Les Canadiens se sont rassemblés afin de pleurer leur perte et de rendre grâce pour leur vie et pour leur service à l’égard de notre pays.
Heureusement, nos organismes de sécurité ont déjoué de nombreux autres complots : un qui visait à prendre d’assaut le Parlement, un autre pour faire exploser le Parlement de la Colombie-Britannique, un pour faire exploser la Tour du CN et un autre pour faire dérailler un train de Via Rail, et ce ne sont là que quelques exemples.
Ils ont également constaté des cas de radicalisation de jeunes ayant eu lieu ici à Montréal.
Mesdames et messieurs, les Canadiens n’ont pas inventé la menace du djihadisme violent.
Nous ne l’avons certainement pas demandé, néanmoins les terroristes djihadistes ont déclaré la guerre… la guerre aux Canadiens et cette guerre est bien réelle.
La menace que des terroristes font peser sur nous, sur nos familles, est bien réelle.
Par conséquent, afin de protéger les Canadiens, notre gouvernement a réagi en posant des gestes concrets.
Récemment, notre gouvernement a introduit la Loi antiterroriste 2015.
La Loi antiterroriste de 2015 contient une série de mesures pour que les organisations policières ou chargées de notre sécurité disposent de tous les outils modernes dont elles ont besoin pour faire face à l’évolution des menaces et pour nous protéger, en leur conférant le pouvoir de neutraliser les attaques projetées, pour leur permettre d’échanger de l’information, pour éliminer rapidement des rues les menaces, pour criminaliser la promotion du terrorisme et pour empêcher les terroristes de voyager et de faire du recrutement.
Maintenant, chers amis, pour l’opposition, au Parlement, toute législation en matière de sécurité, menace notre liberté et c’est pourquoi elle est contre tous ces projets de loi.
Mais, mes amis, nous savons que la sécurité est ce qui nous permet de préserver nos droits constitutionnels à la liberté d’expression, d’association, de religion et tout le reste.
Et c’est pourquoi je me réjouis de vous signaler que la Loi antiterroriste de 2015 recevra bientôt la sanction royale et aura force de loi sur notre territoire.
Depuis la semaine dernière, le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney, a déposé une nouvelle mesure législative visant à accélérer le renvoi de dangereux criminels étrangers déclarés coupables de crimes graves.
De tels criminels étrangers ne devraient pas et ne seront pas autorisés à demander un pardon ou à demeurer dans nos communautés.
Ils seront renvoyés dans leur pays d’origine et ne seront pas autorisés à rentrer au Canada.
Maintenant, mesdames et messieurs, au moment même où nous prenons des mesures pour protéger nos libertés ici au pays, nous contribuons aussi à combattre les forces qui nous menacent ailleurs dans le monde.
Nous nous sommes joints à la mission internationale contre le soi-disant État islamique, pas seulement parce que c’est dans l’intérêt plus général de la communauté internationale, mais parce que c’est aussi dans l’intérêt national du Canada.
Le Canadiens savent qu’ils n’ont pas le choix de vivre à part du reste du monde.
Comme Canadiens, nous avons toujours porté notre part du fardeau et nous tenons nos engagements envers nos amis et alliés.
C’est pourquoi le Canada s’est joint à la coalition internationale contre les terroristes du soi-disant État islamique.
Et c’est pourquoi le Canada a affecté des avions militaires et du personnel militaire à la lutte contre l’EIIS en Irak et en Syrie.
Et c’est pourquoi nous avons fourni des soldats pour conseiller et assister les forces kurdes qui se battent pour se protéger et pour protéger d’autres minorités dans le nord de l’Irak.
Et je suis fier de nous affirmer que nos hommes et femmes qui portent l’uniforme font une différence dans la lutte visant à réduire les capacités de l’État islamique.
Comme vous le savez, j’ai récemment eu l’honneur de rendre visite à nos troupes en Irak et au Koweït pour leur manifester notre appui inconditionnel à la dangereuse mission qu’elles mènent et tout ce que je peux dire, c’est que nous rendons grâce à Dieu qu’il y ait des hommes et des femmes qui veuillent porter l’uniforme et combattre l’EIIS en Irak et en Syrie pour que nous soyons en sécurité ici, au Canada.
Les Canadiens aident également de façon plus discrète en fournissant de l’aide humanitaire aux victimes de l’État islamique.
En effet, le Canada est l’un des plus importants donateurs du monde au chapitre des aliments et de l’eau, des abris et de l’éducation.
Alors, ne vous y trompez pas.
Le fait de vouloir offrir une aide humanitaire à la population en Irak et en Syrie n’est pas une excuse pour s’opposer à une action militaire contre l’EIIS.
Le Canada peut faire les deux.
Le Canada devrait faire les deux.
Et le Canada fait les deux.
Mesdames et messieurs, chers amis, notre gouvernement, comme… comme on a déjà mentionné à plusieurs reprises, notre gouvernement a adopté une approche très différente de certains gouvernements précédents en matière de politique étrangère.
L’époque où la politique étrangère canadienne ne consistait à rien de plus que de se faire aimer par tous les dictateurs ayant le droit de vote aux Nations Unies est révolue.
Chers amis, dans un monde de plus en plus volatil et dangereux, les Canadiens ont voulu que nous adoptions une politique étrangère reposant sur la protection de nos intérêts et la projection de nos valeurs, pas comme le préconisent depuis longtemps nos détracteurs, une politique qui consiste à faire comme les autres pour bien s’entendre avec eux.
Vous savez, on nous a dit pendant des années, on nous a critiqués pendant des années, on nous l’a reproché pendant des années… on nous a dit pendant des années de simplement ignorer l’érosion des libertés et l’agression croissante de la Russie de Poutine.
Regardez où le monde en est arrivé…
Et naturellement, nous avons depuis longtemps refusé la neutralité en appuyant le droit d’Israël de se défendre contre les djihadistes violents qui menacent cet État tous les jours depuis les 67 ans de son existence.
Nous l’avons encore fait cette année, au moment où, encore une fois, Israël a été attaqué par le groupe terroriste Hamas…mais je sais qu’il y en a qui continuent à remettre en question la sagesse de notre politique.
Qui, comme ils ont déjà souhaité que nous soyons plus conciliants avec Poutine, souhaitent maintenant que nous soyons plus nuancés à l’égard d’Israël.
Pour s’entendre et faire comme ceux qui pointent exclusivement le doigt vers Israël – Ron en a parlé, d’autres en ont parlé – c’est… mes amis, je souhaiterais qu’il en soit autrement, c’est une tendance générale dans le monde : le fait de donner tous les torts à Israël de la manière la plus extrême et bizarre, d’une manière qui est si éloignée de toute réalité.
Chers amis, nous n’irons jamais dans ce sens.
C’est une erreur.
Notre gouvernement ne le fera jamais.
Et je crois qu’en raison de récents événements survenus dans le monde, de plus en plus de Canadiens et de Canadiennes en sont venus à comprendre la nature de la menace à laquelle Israël fait face.
Je pose aux gens une seule question.
Quelle est la différence entre le Hamas et Israël et l’EIIS et nous ?
Il n’y en a qu’une.
Le Hamas est beaucoup plus près d’Israël que l’EIIS ne l’est de nous.
Israël est la ligne de front des pays libres et démocratiques et quiconque tourne le dos à Israël ou ferme les yeux sur la nature des ennemis d’Israël le fait à ses propres risques.
Donc, il faut que je le dise, le Canada restera solidaire d’Israël envers et contre tous.
Chers amis, j’ai couvert beaucoup de terrain, mais j’aimerais terminer en revenant à la vie du roi David.
Comme le roi David a uni le peuple d’Israël, il a rendu Israël plus prospère en élargissant le commerce et par-dessus tout, il a été un protecteur qui a sécurisé ses frontières et gardé sa population en sûreté.
Le fait de recevoir un prix portant le nom du roi David est un grand honneur, un honneur dont, en toute honnêteté je ne suis pas sûr d’être moi, ou quiconque, jamais vraiment à la hauteur.
Mais sachez… sachez bien que notre gouvernement s’efforce de faire pour le Canada, en cette époque sombre et dangereuse, ce que le roi David aspirait à faire pour les siens,… faire de notre mieux pour protéger les Canadiens pour que, comme David l’a écrit lui-même, nous puissions nous coucher et nous endormir en paix, en sûreté.
Merci beaucoup encore une fois pour ce grand honneur.