Richmond (Colombie-Britannique)
Le 14 mai 2015
Stephen B. Simpson
Conseiller régional de la Colombie-Britannique et du Yukon
Priorité à l'allocution
Merci beaucoup. Je suis heureux d'être une nouvelle fois ici parmi vous.
C'est votre 68e congrès annuel. Vous pourriez bien devenir une institution vénérable! Félicitations! Félicitations également à tous les finalistes aux prix qui seront décernés ce soir.
Ces dernières années, lorsque j'ai pris la parole lors de votre congrès, je me suis surtout attardé à la radio. Cette année, j'aimerais adopter une approche différente. Alors que tout le monde se demande en ce moment quelle direction prendra la télévision, j'aimerais revenir sur nos récentes décisions de Parlons télé.
Parlons télé
En 2013, le CRTC a lancé Parlons télé : une conversation avec les Canadiens au sujet de l'avenir de la télévision. Notre but était de s'assurer que le système soit adapté aux changements technologiques qui modifient — et continueront de modifier — la façon dont les Canadiens trouvent et regardent du contenu.
Parlons télé était une innovation pour nous — un nouveau type de collaboration dès le départ. Nous n'avons pas élaboré de propositions pour les diffuser à des fins de commentaires. Nous avons plutôt invité les Canadiens à nous parler de leur expérience de la télévision, de ce qu'ils aiment, aiment moins et souhaitent avoir à l'avenir.
Plus de 13 000 personnes ont participé et partagé leurs points de vue au sujet du système de télévision et de son évolution future.
J'aimerais revenir sur les décisions clés qui sont issues de Parlons télé. Ces changements encourageront la création de contenu canadien captivant. Ils offriront du choix et de la flexibilité aux téléspectateurs, et ils leur donneront les outils nécessaires pour prendre des décisions éclairées.
Le contenu fait au Canada
En mars dernier, nous avons annoncé des mesures visant à soutenir la création et la promotion de contenu fait par des Canadiens pour un auditoire canadien et étranger. Nous supprimons les obstacles à l'innovation et misons sur la qualité plutôt que sur la quantité.
Nous lançons deux projets pilotes qui adoptent une approche plus souple à l'égard de la production et du financement d'émissions canadiennes. À condition qu'elles respectent certaines normes en matière de participation canadienne, les séries dramatiques et humoristiques d'action réelle qui ont un budget d'au moins 2 millions de dollars seront considérées comme des productions canadiennes. Même chose pour les séries qui sont fondées sur des romans à succès d'auteurs canadiens.
Nous demandons aux autres décideurs politiques et organismes de financement de faire de même. Notre objectif est de soutenir le secteur de la production, qui a la capacité financière et dispose d'incitatifs adéquats pour créer et promouvoir des productions à gros budget susceptibles d'attirer un auditoire international.
Notre approche réglementaire concernant les émissions canadiennes évolue. Certains outils dont nous étions tributaires par le passé sont de moins en moins efficaces dans un monde de choix.
Voilà pourquoi nous nous détournons des quotas de présentation au profit des productions canadiennes. Nous privilégierons plutôt une méthode axée sur les dépenses — les sommes consacrées à la programmation canadienne. Ces dépenses devront provenir d'un plus grand nombre de services de programmation. Cela dit, nous conserverons certaines des exigences en matière de diffusion aux périodes d'écoute les plus importantes.
Nous abandonnons également les restrictions visant les genres sur les chaînes spécialisées, afin d'encourager les nouveaux venus et d'accroître la concurrence entre les chaînes existantes grâce à des stratégies créatives au chapitre de la programmation.
Découverte et promotion
Quelle que soit la qualité du contenu, l'effort déployé s'avère vain dès lors que l'auditoire en ignore l'existence ou ne sait pas comment le trouver. Les télédiffuseurs ont toujours eu l'habitude d'élaborer un horaire de diffusion pour les émissions qu'ils avaient à proposer. Mais les téléspectateurs peuvent désormais contourner ces gardiens de contenu traditionnel.
Les téléspectateurs ne sont plus passifs. Ils ont maintenant le contrôle et peuvent accéder en tout temps à de vastes bibliothèques de matériel, où qu'ils soient. Les dernières données de l'Observateur des technologies médias révèlent que les Canadiens passent en moyenne 8,2 heures par semaine à regarder des vidéos en ligne.
Il faut de nouvelles applications, de nouveaux algorithmes et de nouvelles interfaces pour aider les téléspectateurs à trouver le contenu qu'ils souhaiter regarder.
Le mois dernier, des experts d'un groupe de discussion du congrès de la National Association of Broadcasters ont regardé vers l'horizon 2020. Ils ont convenu que, pour l'industrie, la découverte constituait le principal défi à relever puisque les téléspectateurs se trouvent devant une foule incroyable de possibilités. Pour trier et organiser le contenu, il faut des outils sinon, comme Bob Greene de Liberty Global l'a résumé : « l'expérience du consommateur sera pourrie ».
Notre défi consistera à trouver des façons de faire le lien entre les téléspectateurs et le contenu qu'ils veulent regarder. Ce défi ne touche pas uniquement le Canada — c'est un défi mondial.
Voilà pourquoi le CRTC sera l'hôte du Sommet de la découverte.
Nous inviterons des experts et des innovateurs de renommée internationale. Nous explorerons les technologies et les stratégies qui permettront à tous de découvrir le contenu. Notre but est de créer l'étincelle qui suscitera de nouvelles idées, de nouveaux outils et de nouveaux modèles d'entreprise qui nous aideront à relever ce défi.
Télévision en direct
Lors de la conversation Parlons télé, de nombreux Canadiens nous ont indiqué qu'ils voulaient conserver leur accès à la télévision en direct gratuite. Nous avons déterminé que cette forme de télédiffusion demeurerait, tout au moins à court terme, une solution de rechange concurrentielle à la télévision par câble et par satellite. Les stations de télévision locales sont des sources de programmation importantes de toutes sortes pour les collectivités qu'elles servent.
Les signaux en direct qui ne sont pas comprimés offrent une qualité d'image exceptionnelle. En tout, 76 p. 100 des Canadiens peuvent recevoir au moins cinq stations, voire 15 ou plus dans certaines villes.
Les télédiffuseurs qui fermeront leur émetteur en direct perdront les privilèges réglementaires associés à cette forme de transmission.
La semaine dernière, nous avons publié les derniers résultats financiers concernant les stations de télévision en direct. Il en ressort qu'en 2014, ces stations ont été aux prises avec un marché publicitaire difficile. Comparativement à l'exercice précédent, les stations ont observé une baisse de 7,2 p. 100 de leurs revenus et le secteur a enregistré une perte avant impôts de près de 140 millions de dollars.
Malgré cette conjoncture difficile, les stations de télévision en direct ont investi près de 620 millions de dollars dans la création d'émissions produites par des Canadiens, qu'il s'agisse de séries dramatiques, de documentaires ou d'émissions d'information.
Compte tenu de l'importance des émissions locales et communautaires, nous allons évaluer si nos politiques permettent de garantir que le contenu créé est pertinent pour les collectivités locales et qu'il correspond à leurs réalités.
Choix
Les Canadiens ont aussi été très clairs : ils veulent pouvoir s'abonner plus librement aux chaînes et aux forfaits de télévision de leur choix.
Ils veulent être en mesure de personnaliser leur abonnement en fonction de leur budget. Ils estiment que les forfaits de base offerts par les entreprises de distribution par câble et par satellite sont devenus trop chers et comptent trop de chaînes.
Les abonnés ne veulent pas être obligés de s'abonner à des chaînes dont ils ne veulent pas pour pouvoir obtenir celles qu'ils veulent. De plus, s'ils n'obtiennent pas ce qu'ils veulent, ils peuvent aisément aller voir ailleurs.
Nous avons répondu à ces préoccupations. Nous avons défini les éléments d'un service de télévision d'entrée de gamme ne coûtant pas plus de 25 $ par mois. Lors de Parlons télé, les Canadiens nous ont mentionné l'importance que revêtait à leurs yeux l'accès aux chaînes offrant des émissions d'information et des bulletins de nouvelles locaux et régionaux. Le service d'entrée de gamme comprendra donc toutes les stations locales et régionales, ainsi que des chaînes d'intérêt public et éducatives. Il proposera également les chaînes et les services communautaires gérés par les assemblées législatives provinciales, le cas échéant.
Ce service d'entrée de gamme sera disponible d'ici mars 2016.
D'ici décembre 2016, les Canadiens pourront créer leur service d'entrée de gamme avec beaucoup plus de souplesse que par le passé. Ils auront la possibilité de bonifier ce forfait en choisissant des chaînes individuelles à la carte ou de petits forfaits, à des prix raisonnables. Ils pourront ainsi créer leurs propres forfaits ou encore, opter pour ceux que proposera le fournisseur dans le cadre de forfaits préétablis.
Les abonnés auront également la possibilité de conserver les forfaits dont ils disposent.
Autres décisions
D'autres aspects de nos décisions favoriseront un marché plus dynamique.
Par exemple, nous avons interdit les politiques d'annulation de 30 jours dans les services de télévision. Ainsi, les particuliers et les petites entreprises clientes devraient pouvoir changer de fournisseur et subir le moins d'inconvénients possible.
Nous rédigeons également un code de conduite destiné aux entreprises de distribution par câble et par satellite. Ce code exigera que les Canadiens reçoivent des ententes faciles à comprendre et comportant toute l'information sur les forfaits, les prix et autres modalités de service. Nous tenons à nous assurer de préparer un code qui sera à point.
Au début de la semaine, nous avons lancé une consultation en ligne afin de stimuler une discussion plus large avec le public. Les Canadiens peuvent y participer en allant à consultation.crtc.gc.ca/fr.
Enfin, nous avons invité l'industrie à former un groupe de travail chargé de concevoir un système de mesure de la cote d'écoute fonctionnant à partir des boîtiers décodeurs. Un tel système permettra à l'industrie de personnaliser son offre sur la base de ce que les téléspectateurs veulent et offrira aux télédiffuseurs de nouvelles occasions de monnayer leurs temps de publicité. Ce groupe de travail examine actuellement les normes techniques, la protection de la vie privée, la structure de gouvernance et d'autres enjeux. Nous recevrons un rapport sur l'état d'avancement des travaux le mois prochain.
L'avenir
Quant à l'avenir de la télévision, nous savons que nous poursuivrons la transition d'une télévision programmée et de services assemblés vers une programmation que les téléspectateurs choisiront à partir d'un large éventail de sources et regarderont sur différents appareils.
Pendant de nombreuses années, les télédiffuseurs ont diffusé et les téléspectateurs ont regardé. Cet ancien modèle linéaire est en voie de disparaître au profit d'un ensemble de plateformes et de connexions Internet à large bande.
Il est incontestable que les télécommunications sont essentielles à notre quotidien et au fonctionnement de notre société. Nous avons récemment lancé une consultation sur ce qui, aujourd'hui, devrait être considéré comme un service de télécommunication de base.
Nous avons commencé la première étape de la procédure en avril. Nous recueillons des renseignements auprès de l'industrie afin d'avoir une meilleure compréhension des services qui sont actuellement offerts aux Canadiens. Nous examinerons les prix que ces derniers devraient s'attendre à payer pour ces services. Nous voulons également cerner les régions du pays qui ne sont pas servies adéquatement.
Nous passerons ensuite à la deuxième étape, en invitant les Canadiens à nous parler des services qu'ils jugent nécessaires à leur participation pleine et entière à l'économie numérique. À la suite de quoi, nous tiendrons une audience publique en avril 2016.
Comment devrait-on définir les services de télécommunication de base aujourd'hui?
En 2011, le Conseil a décidé que le déploiement de l'accès Internet à large bande devait continuer grâce au libre jeu du marché, conjugué à un financement gouvernemental ciblé et à des partenariats public-privé.
Mais compte tenu de l'importance croissante d'Internet, nous avons fixé des vitesses cibles universelles de 5 mégabits pour les téléchargements et de 1 mégabit pour les téléversements. Nous parlons de vitesses réelles et non de vitesses annoncées comme pouvant atteindre un tel niveau. Nous espérions que ces cibles soient atteignables pour tous les Canadiens d'ici la fin de 2015.
Or, ce n'est pas encore le cas pour un grand nombre de foyers canadiens qui, de manière générale, se trouvent dans les zones rurales et éloignées, y compris le Nord.
À l'occasion de notre consultation, nous demandons s'il faut définir l'accès Internet à large bande comme un service de base. D'autres services devraient-ils également faire partie de cette catégorie?
Quelles sont les vitesses requises? Quelles autres exigences de rendement seraient appropriées?
Quels mécanismes de financement pourraient être nécessaires?
Quels rôles ont à jouer le secteur privé, les gouvernements et le CRTC?
Je vous invite à participer à cette consultation pour nous aider à nous assurer que les services de télécommunication répondent à l'évolution de vos besoins.
Conclusion
L'industrie canadienne des communications évolue très rapidement. Nouvelles technologies. Nouveaux services. Nouveaux choix. Nouveaux défis.
Au CRTC, nos yeux sont fixés sur l'avenir pour nous assurer que les Canadiens peuvent tirer le meilleur parti de de contexte, qu'ils regardent du contenu, écoutent la radio ou soient connectés à Internet.
Devant le changement, les gens ont le choix : ils peuvent lui résister ou l'adopter. Ce qui est certain, c'est que rien ne peut l'arrêter. J'ai la ferme conviction que vous saurez prendre les bonnes décisions en regardant vers l'avenir et continuerez à répondre aux besoins des Canadiens et à servir leurs intérêts comme vous le faites depuis plus de 60 ans.
Merci beaucoup.
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