Le lac Supérieur est le plus grand lac d’eau douce au monde. Les rives qu'englobe l'aire marine nationale de conservation (AMNC) mettent en valeur les caractéristiques géologiques de la région : elles témoignent éloquemment de ses origines volcaniques et révèlent qu'un météorite s'y est déjà écrasé. On y trouve également des fossiles attestant des débuts de la vie sur Terre, qui datent de près de 2,1 milliards d'années. Ces vestiges de formes de vie primitives revêtent une grande importance universelle pour notre compréhension du processus d'évolution.
Le bassin du lac a été creusé par des glaciers, comme en témoignent les stries que présentent ses roches érodées par l'eau. Des plages surélevées montrent où se trouvait autrefois le rivage, qui a pris de l’altitude par rapport au niveau actuel du lac lorsque s’est retiré le glacier d’un mille d’épaisseur qui recouvrait la majeure partie de l’Amérique du Nord. Une grande partie de la flore témoigne du dur climat postglaciaire, et on y a recensé 25 espèces plus souvent associées à des écosystèmes arctiques ou alpins.
Les eaux limpides du lac abritent plus de 70 espèces de poissons, parmi lesquelles le cisco, le doré jaune, la perchaude, le grand corégone, le touladi et l’omble de fontaine. S’y nourrissent goélands à bec cerclé et argenté, cormorans, grands hérons et pélicans d’Amérique. Fin printemps et début été, les îles du lac offrent à toutes ces espèces un habitat pour nicher.
La présence de l’homme dans la région remonte à au moins 5 000 ans. Des événements antérieurs à l’arrivée des Européens sont peints sur des parois rocheuses à proximité du lac Supérieur, et de nombreuses structures en pierre appelées « fosses de Pukaskwa » sont présentes dans le secteur. Les premiers explorateurs européens croyaient que cette immense mer intérieure déboucherait sur un passage vers l’ouest, c'est-à-dire vers l'Orient. L’économie du Canada s’est développée avec le commerce des fourrures qui a suivi et qui a également ouvert la voie à l’industrie moderne du transport maritime dans les Grands Lacs.
Cette mer intérieure s’est avérée plus résistante que l’homme et plus puissante que la technologie. Il pourrait y avoir une cinquantaine d’épaves, dont celle du Gunilda qui repose par 75 mètres de fond et que Jacques Cousteau a qualifiée de plus belle épave au monde, à l’intérieur des limites de l’AMNC. En 1911, ce luxueux yacht à vapeur de 50 m de long s’est échoué avant de couler, après que son propriétaire, un millionnaire, ait refusé de payer les droits de pilotage pour se rendre à bon port à Rossport.
Les aires marines nationales de conservation font partie de la famille des aires protégées administrées par Parcs Canada. Le gouvernement du Canada cherche à protéger les portions représentatives de chacune des 29 régions naturelles marines du Canada comprises dans l'Atlantique, le Pacifique, l'Arctique et les Grands Lacs, en les représentant dans son réseau national d'AMNC. Les AMNC sont des zones protégées et des zones à utilisation multiple faisant l’objet d’une gestion coopérative où des activités telles que la pêche commerciale et le transport de marchandises se poursuivent. Le principe directeur sur lequel repose leur gestion est l’utilisation durable sur le plan écologique. Les rejets, l’exploitation minière ainsi que l’exploration et l’extraction d’hydrocarbures sont interdits dans les AMNC.
Il y a de nombreuses façons de profiter de l’aire marine nationale de conservation du Lac-Supérieur : les visiteurs peuvent faire de la randonnée, du kayak, pêcher, nager, camper ou simplement se promener le long d’un sentier. En œuvrant en collaboration avec les collectivités de la région, l’AMNC atteindra son potentiel de destination touristique de renommée mondiale et attirera des visiteurs qui viendront découvrir les splendeurs de la rive nord du lac Supérieur. Les investissements de Parcs Canada dans la région soutiennent les collectivités afin de développer et de promouvoir divers projets touristiques et d’infrastructures.
Parcs Canada gère 44 parcs nationaux, 168 lieux historiques nationaux et quatre aires marines nationales de conservation, qui forment la riche mosaïque du patrimoine culturel et naturel du Canada.
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