Discours
de l'honorable Bernard Valcourt, C.P., député
Ministre des Affaires autochtones et du Développement du Nord canadien
à l'événement de clôture de la
Commission de vérité et réconciliation
Ottawa (Ontario)
Le 2 juin 2015
Tel que prononcé
Merci. Aînés, survivants, commissaires, chefs, d'invités de marque, mesdames et messieurs. Je suis très honoré de participer avec vous aujourd'hui à cet événement de clôture de la Commission de vérité et réconciliation. Il souligne une étape importante dans la mise en œuvre réussie de la Convention de règlement relative aux pensionnats indiens, ce sombre chapitre de l'histoire du Canada qui a laissé sa trace sur notre pays et bien qu'il s'agisse de l'événement de clôture des activités de la Commission de vérité et réconciliation, nous devons poursuivre notre travail pour respecter notre engagement continu à parvenir à une réconciliation durable entre les Autochtones et non-Autochtones.
J'ai la conviction que nous pourrons poursuivre le travail important accompli par la Commission de vérité et réconciliation ainsi que le processus de guérison amorcé, en tant que nation.
Nous savons que la découverte de la vérité a été au cœur de cet effort de réconciliation.
La vérité sur les expériences vécues par plus de 150 000 enfants autochtones placés dans les pensionnats indiens entre 1874 et 1996, sur leurs conséquences pour les 80 000 anciens élèves environ qui sont toujours en vie et sur le traumatisme intergénérationnel que ce système a provoqué.
Si la vérité nous permet de nous souvenir, elle nous permet aussi de penser à l'avenir en nous montrant attentifs aux besoins des prochaines générations d'enfants qui doivent avoir la chance de s'épanouir pleinement.
C'est une occasion pour moi de rendre hommage aux commissaires et au personnel de la Commission pour le dévouement et le travail rigoureux qu'ils ont accompli afin de faire connaître et de documenter ce qu'ont été les expériences vécues dans les pensionnats et leurs répercussions; de créer un milieu sécuritaire et d'appuyer les anciens élèves, leurs familles et leurs collectivités, et de créer un dossier historique sur le régime des pensionnats indiens et les séquelles qu'il a laissées.
Les ministres des Affaires autochtones et du Développement du Nord ont eu le privilège d'assister à sept événements nationaux organisés par la Commission de vérité et réconciliation. J'ai eu moi-même la chance de participer à ceux de Montréal, de Vancouver et d'Edmonton. Ici à Ottawa-Gatineau, j'ai eu le plaisir de participer dimanche à la Marche pour la réconciliation et à la Grande Entrée hier matin, et j'ai hâte d'assister à la cérémonie à Rideau Hall.
J'ai aussi eu l'honneur de rencontrer des anciens élèves et des jeunes, dont la force et la résilience qu'ils ont démontrées en racontant leur histoire sont admirables et essentielles pour nous guider vers la réconciliation.
Les parties à la Convention de règlement ont un rôle à jouer, non seulement en se mettant d'accord sur les autres éléments de la Convention de règlement, mais également en reprenant le flambeau de la Commission pour améliorer encore les relations entre Autochtones et non-Autochtones au Canada et parvenir à la réconciliation.
Le cheminement ne sera pas facile, mais nous avons commencé à créer les connaissances, les outils et les relations dont nous avons besoin pour avancer, et aujourd'hui, j'espère que nous pourrons nous engager à aller de l'avant avec la même détermination que celle dont nous faisons preuve depuis le début de ce très important mandat.
Le Canada tient à réaffirmer sa volonté de travailler à la réconciliation avec les peuples autochtones sur la question des pensionnats indiens et de ce lourd héritage.
Le dossier historique compilé par la Commission, grâce aux milliers de personnes qui ont eu le courage de parler publiquement de leur histoire, est une réalisation majeure de portée nationale.
La création de ce dossier historique est aussi une mesure essentielle afin que les Canadiens puissent mieux comprendre les préjudices persistants causés aux Autochtones par le régime des pensionnats indiens.
Se réconcilier ne veut pas dire pardonner et oublier, mais se souvenir et changer. La Commission de vérité et réconciliation a déclaré que la réconciliation est un objectif qui demandera l'engagement de plusieurs générations. Dans cette optique, le Canada est résolu à continuer à faire fond sur les excuses historiques présentées par le premier ministre aux anciens élèves des pensionnats indiens, à leur famille et aux communautés.
Dans ses excuses, le Canada énonçait son engagement de collaborer avec les Autochtones pour entreprendre un cheminement de guérison et de réconciliation.
Depuis la création de la Commission de vérité et de réconciliation, le Canada s'est efforcé d'assumer ses responsabilités et ses obligations aux termes de la Convention de règlement, et il continuera de le faire.
Les travaux publiés aujourd'hui par la Commission révèlent bon nombre de problèmes auxquels sont confrontés de nombreux Autochtones et de nombreuses collectivités dans toutes les régions du pays.
C'est avec une grande tristesse que j'ai appris que les victimes de sévices et d'abus ont vécu avec le fardeau de la honte et de la colère durant toute leur vie et je tiens à leur faire un message.
Ce sont les agresseurs qui devraient vivre dans la honte, pas leurs victimes.
Comme l'a dit le premier ministre Harper dans ses excuses :
[…] ces institutions donnaient lieu à des cas de sévices ou de négligence et n'étaient pas contrôlées de manière adéquate, et nous nous excusons de ne pas avoir su vous protéger. Non seulement vous avez subi ces mauvais traitements pendant votre enfance, mais, en tant que parents, vous étiez impuissants à éviter le même sort à vos enfants, et nous le regrettons. Le fardeau de cette expérience pèse sur vos épaules depuis beaucoup trop longtemps. Ce fardeau nous revient directement, en tant que gouvernement et en tant que pays. Il n'y a pas de place au Canada pour les attitudes qui ont inspiré le système de pensionnats indiens, pour qu'elles puissent prévaloir à nouveau.
Comme l'indiquent les conclusions de la Commission de vérité et réconciliation, la réconciliation nécessite un travail d'éducation publique et de dialogue, y compris l'éducation des jeunes au sujet de l'histoire et des séquelles des pensionnats indiens.
Afin de continuer les travaux entrepris, notre gouvernement versera, en guise de réconciliation, des fonds à l'organisme Réconciliation Canada et à la Fondation autochtone de l'espoir afin de continuer à sensibiliser les Canadiens aux séquelles laissées par les pensionnats indiens et à ouvrir un dialogue avec les Canadiens au moyen d'activités et d'outils éducatifs sur la réconciliation.
Aussi, comme les travaux de la Commission de vérité et réconciliation l'ont clairement montré, nous devons documenter les séquelles des pensionnats indiens et à cette fin, notre gouvernement fournira du soutien afin d'appuyer les importants travaux du Centre national de recherche pour la vérité et la réconciliation, en partenariat avec l'Université du Manitoba.
Le Centre conservera les millions de documents historiques recueillis par la Commission auprès des parties à la Convention de règlement.
Le vitrail installé dans l'édifice du Centre du Parlement rappelle de façon poignante la signification réelle de la réconciliation, non seulement aux députés qui empruntent l'entrée surplombée par le vitrail, mais aussi à tous les Canadiens. Conçu par Christi Belcourt, ce symbole durable incarne l'idée de regarder vers l'avenir. Le vitrail nous appelle « à pardonner, mais aussi à nous souvenir du passé et à rechercher le changement, non seulement pour les anciens élèves et leur famille, mais aussi pour ceux qui ne sont pas encore nés – nos générations futures ».
C'est dans cet esprit que le Canada s'engage à poursuivre ses efforts en faveur de la réconciliation dans ce grand pays qu'est le nôtre. Merci