Allocution devant la Communauté des régulateurs fédéraux - prix d’excellence en réglementation
Prononcée par Peter Watson, président de l'Office national de l'énergie
Ottawa (Ontario)
Le mercredi 17 juin 2015
L’allocution prononcée fait foi.
Je vous remercie de m’avoir invité à m’adresser à vous aujourd’hui. Les thèmes abordés ici m’interpellent véritablement : ces derniers temps, l’excellence en matière de réglementation a tenu le haut du pavé parmi nos priorités, pour moi comme pour notre organisme. J’ai récemment sillonné le Canada pour nouer le dialogue avec des personnes des quatre coins du pays, particulièrement dans les régions où se trouvent des installations réglementées par l’Office. J’ai entendu de nombreux commentaires sur différentes questions et sur les manières d’améliorer le travail de notre organisme. Cette information nous est précieuse et nous prendrons les mesures qui s’imposent. J’ajoute que cette occasion de réfléchir sur ce que nous, et d’autres organismes de réglementation fédéraux, faisons de bien est la bienvenue! Les organismes de réglementation canadiens font un travail considérable partout au pays et il est formidable d’en voir des exemples précis.
Il est aussi important de prendre un moment pour réfléchir à notre travail. Plus facile à dire qu’à faire, j’en conviens. Nous connaissons tous ces moments où un problème n’attend pas l’autre et où nous avons l’impression d’éteindre des feux ou de simplement tenter de suivre le rythme effréné du monde qui nous entoure. Les organismes de réglementation, tout particulièrement, subissent des pressions de tout acabit - qu’elles soient exercées par l’industrie, le public ou des gouvernements locaux - et je crois qu’on peut facilement se sentir enlisé par moments.
Des événements comme la remise de prix d’excellence en matière de réglementation sont des occasions de non seulement célébrer toutes nos réalisations, mais également de réfléchir sur les manières de nous améliorer et de montrer la voie dans notre domaine.
Notre travail revêt une importance capitale. Je crois que les organismes de réglementation sont dans une position très privilégiée, qui leur permet, chaque jour, d’améliorer la vie des Canadiens. Nous avons la chance inouïe de pouvoir poser des gestes concrets pour la sécurité, la sûreté, l’innovation, la justice et la prospérité au profit de nos concitoyens. Nous sommes en mesure d’observer ce qui se passe, de vérifier la qualité des actions menées et de guider les améliorations à apporter. Nous pouvons accomplir des changements pour le mieux. Nous avons le pouvoir d’influencer les choses.
Comme chefs de file, nous avons également l’énorme responsabilité de demeurer vigilants en tout temps, même les jours où nous nous sentons submergés de courriels et de réunions, parce que tant de choses dépendent de notre travail quotidien.
Il faut éviter de nous cantonner aux aspects transactionnels de notre travail. Il est trop facile, à mon avis, de porter des œillères pour ne voir que nos propres tâches; nous devons voir la situation dans son ensemble et rester alertes à ce qui se passe autour de nous.
Orienter l’excellence en matière de réglementation, c’est aussi réagir aux changements inévitables qui se produisent dans la société. À titre d’organisme de réglementation national sur l’énergie, l’Office en a appris beaucoup sur le sujet dernièrement. J’ai eu l’impression de me retrouver dans l’œil de la tempête : la perception et l’opinion des Canadiens ont beaucoup évolué quand on parle d’infrastructures énergétiques et du type d’information souhaité au sujet de l’industrie comme de l’Office, à titre d’organisme de réglementation.
Après de nombreuses années passées à réglementer les pipelines dans l’ombre, l’Office s’est tout à coup retrouvé à l’avant-scène. Les gens ont commencé à examiner avec attention nos manières de traiter les demandes visant des projets, d’inspecter les installations, de communiquer avec les sociétés et les propriétaires fonciers, ainsi que nos sources de financement; les appels des médias ont soudain décuplé et les demandes de comparution devant des comités parlementaires se sont multipliées.
Ce fut un changement radical pour nous, qui, depuis Calgary, ne ménagions aucun effort pour accomplir nos principales tâches de réglementation (le traitement des demandes et l’inspection des pipelines). Cela ne suffisait plus à convaincre les Canadiens que nous faisions notre travail et que nous veillions à la sécurité des pipelines. Nous avons dû retrousser nos manches et chercher à comprendre la source de cet engouement soudain ainsi que la place que nous y occupions.
Nous avons commencé avec la sensibilisation. Nous avons décidé de nous déplacer pour entendre ce que les Canadiens voulaient savoir sur nous, sur nos processus de réglementation et sur la sécurité publique relativement aux pipelines et aux installations énergétiques. Nous avons aussi voulu profiter de l’occasion pour rencontrer des groupes afin de les informer sur notre rôle, nos processus et nos tâches prioritaires.
Durant les six mois qu’a duré cette initiative nationale de mobilisation, des membres du personnel de l’Office et moi-même avons parcouru près de 40 000 km et avons assisté à plus de 70 réunions dans 34 villes réparties dans neuf provinces et deux territoires.
En outre, l’Office a lancé un forum en ligne, qui a été visité plus de 27 500 fois.
D’un bout à l’autre du pays, les gens voulaient notamment savoir de quelle manière nous protégions les ressources hydriques et les terres et si nous étions, à titre d’organisme, assez compétents pour faire le travail, particulièrement en cas d’urgence.
Les groupes qui étaient sceptiques au début des réunions, étaient tout ouïe vers la fin et dans la plupart des cas, nous accordaient leur appui. Le renouvellement de la confiance du public en notre travail était l’un des objectifs principaux de cette initiative, et j’ai été heureux de constater que nos réunions produisaient de bons résultats en ce sens. Bien sûr, la sensibilisation des Canadiens n’est pas terminée, mais nous avons atteint les premiers objectifs fixés.
Surtout, comme organisme de réglementation, nous sommes maintenant beaucoup mieux outillés. Nous avons une meilleure idée de ce qui est à la source des changements et nous élaborons actuellement des stratégies pour les aborder. Nous avons ouvert des bureaux régionaux à Montréal et à Vancouver. Ces régions stratégiques sont directement touchées par les infrastructures énergétiques et nous serons ainsi en mesure d’échanger avec les résidents, sur place.
Au début du mois, l’Office a été l’hôte d’un forum sur la sécurité, qui a permis de rassembler des spécialistes du secteur énergétique, de la sécurité et de la protection environnementale, des groupes d’environnementalistes et de propriétaires fonciers ainsi que des représentants de municipalités, afin de discuter des attentes des Canadiens à l’endroit de l’organisme de réglementation que nous sommes et de l’industrie énergétique dans son ensemble, ainsi que de ce que nous pouvons faire pour satisfaire ces attentes.
Nous avons amorcé des consultations sur certains aspects de nos programmes de sécurité, principalement sur la planification des interventions d’urgence et la promotion de la culture de sécurité, afin d’informer de façon concrète les personnes qui ont besoin de ces renseignements.
D’une certaine manière, nous avons fait évoluer notre mentalité qui nous empêchait de nous demander ce que l’on pouvait améliorer et de discuter de manière ouverte et transparente de différentes questions avec le public.
Ce renouveau, et les possibilités qu’il recèle, sont très stimulants pour notre organisme. Nous réfléchissons à ce que l’excellence signifie pour nous et aux moyens que nous prendrons pour l’atteindre, pour en devenir les chefs de file.
Cela exigera beaucoup d’efforts et de temps. Ce ne sera pas chose facile, mais nous sommes sur une lancée, laquelle est soutenue par le fait que nous sommes conscients de notre pouvoir véritable à améliorer la vie des Canadiens. Nous pouvons accroître la sécurité. Nous pouvons faire en sorte que le public regagne confiance dans les infrastructures énergétiques. Nous pouvons aider les collectivités à mieux comprendre les risques et à bien s’y préparer. Nous pouvons faire tout cela, dans l’intérêt public, et nous ferons plus.
Mes collègues et futurs leaders, comme M. Corey Dekker, qui accomplit un travail remarquable à l’Office, sont une grande source d’inspiration pour moi. Je me sens très privilégié de pouvoir orienter l’action et de travailler avec des gens comme vous, qui agissez au front en vue de créer un meilleur pays pour tous les Canadiens.
Merci.