Gdynia (Pologne) - 10 juin 2015
Merci beaucoup.
Merci beaucoup, capitaine Murray, pour cette aimable présentation et félicitations pour votre première année aux commandes du Fredericton, la première frégate de classe Halifax déployée après le parachèvement du projet de modernisation et de prolongement de la durée de vie de l’équipement.
Capitaines et équipage, Laureen et moi vous remercions tous pour votre très chaleureuse hospitalité.
Monsieur le Ministre Kenney, collègues parlementaires, Madame l’Ambassadrice.
Mesdames et messieurs, vous êtes ici dans les pays Baltes pour participer à l’Opération RÉASSURANCE en appui à l’OTAN.
L’Opération RÉASSURANCE est la contribution du Canada aux efforts de l’OTAN pour soutenir ses alliés d’Europe de l’Est face à l’agression russe qui s’intensifie.
Mais votre présence ici représente plus.
Vous perpétuez la riche tradition de service et de sacrifice de ces Canadiens qui ont porté l’uniforme avant vous.
La présence de la Marine royale canadienne est une démonstration concrète du fait que le Canada agit pour ce qui est juste et bon dans un monde troublé.
Plus important encore, votre service ici, de concert avec nos alliés, sert à protéger le Canada et les Canadiens.
Nous, Canadiens, nous sommes des gens pacifiques.
Nous croyons en la liberté, la démocratie et la justice.
Nous croyons que la puissance en elle-même ne suffit pas.
Nous croyons que les gens sont libres de choisir leur propre destin et nous n’oublierons pas les leçons du passé, des leçons qu’il a fallu payer terriblement cher.
Nous savons que l’ordre d’après-guerre, la pierre angulaire de notre paix et de notre sécurité, réside dans le caractère sacré de l’intégrité territoriale et le droit des personnes libres de s’autogouverner.
L’OTAN a été constituée pour protéger ces principes, le caractère sacré de l’intégrité territoriale et le droit des peuples libres à se gouverner eux-mêmes face à l’agression russe et à l’occupation de l’Europe de l’Est.
Sécurisé en partie grâce à l’engagement collectif de l’OTAN à l’autodéfense, le Canada a cherché à s’affranchir des conflits du 20e siècle pour passer à une ère de paix et de stabilité.
Et pendant des décennies, nous l’avons fait.
Quand l’Union soviétique s’est finalement écroulée, l’Europe a connu des frontières stables pendant une génération.
Et ensuite, les pays d’Europe de l’Est se sont libérés de l’emprise du communisme pour prendre la place qui leur revenait dans le monde.
Mais maintenant, juste au-delà des frontières de l’OTAN, nous assistons à de nouvelles tentatives pour enlever à des populations leur liberté et redessiner par la force les frontières.
Le conflit figé en Moldavie, l’offensive russe en Géorgie en 2008 et maintenant l’invasion et l’annexion de parties de l’Ukraine par M. Poutine.
Les actions de M. Poutine ont coûté la vie à plus de six mille Ukrainiens et causé la mort de centaines de civils innocents qui voyageaient à bord d’un avion de passagers.
L’imprudence de M. Poutine menace la stabilité mondiale, la stabilité régionale et elle a répandu la peur chez nos alliés de l’Est.
Voilà pourquoi, mes amis, les hommes et les femmes de la Marine royale canadienne sont ici.
Animé par une volonté de défendre, de dissuader et d’assurer la désescalade, le Canada s’est uni à nos alliés de l’OTAN afin de manifester notre solidarité, notre solidarité à l’égard de nos alliés de longue date et des nouvelles démocraties de l’Europe de l’Est au moment où une fois de plus ils disent non à l’impérialisme russe.
Et vous n’êtes pas seuls.
L’aviation royale canadienne a patrouillé le ciel de l’Europe de l’Est et l’Aviation royale canadienne patrouille encore l’espace aérien – l’espace aérien de l’Europe de l’Est – et l’Armée canadienne est actuellement déployée en Pologne, elle s’entraîne avec les forces polonaises et avec d’autres forces de l’OTAN.
Mais nous ne cherchons pas seulement à rassurer les alliés de l’OTAN.
Le Canada est allé plus loin.
Nous offrons une aide directe à l’Ukraine en ce moment déterminant de l’histoire difficile de ce pays.
L’invasion de l’Ukraine par le Président Poutine ne sert que son propre agenda national, son agenda politique; elle ne sert qu’à détourner l’attention du long déclin de la Russie sous son règne et à nuire aux aspirations démocratiques d’un pays souverain, ce qu’il ne faut pas permettre.
La population de l’Ukraine, comme celle de tous les peuples libres, doit pouvoir choisir son propre avenir et si elle le souhaite, un avenir euro-atlantique ou un avenir au sein de l’OTAN.
Ainsi, même sans y être tenu en vertu d’un traité, le Canada continuera à offrir diverses formes d’assistance à l’Ukraine.
Cette assistance fournie à l’Ukraine comprend de l’équipement militaire non létal, la formation des militaires et de la police, un soutien financier, une assistance technique, une aide humanitaire et naturellement, des sanctions contre ses persécuteurs russes.
Et tout en fournissant cette aide, je tiens à vous en assurer, vous et tous les Canadiens, le Canada cherchera toujours et favorisera toujours des solutions diplomatiques.
Le Canada n’a pas de différends avec le peuple russe.
Au contraire.
Le Canada a hâte que la Russie puisse à nouveau être accueillie dans la communauté des pays pacifiques, à titre de participant responsable, pour qu’elle contribue aux affaires mondiales.
Nous nous réjouissons qu’un jour, un gouvernement russe concentre ses efforts à procurer la prospérité et la démocratie au peuple russe, la paix et la stabilité à la région.
Nous nous réjouissons à l’idée d’une Russie qui ne sera pas attirée par des aventures à l’étranger, des conquêtes territoriales et des tentatives absurdes pour nier la réalité ou changer l’issue de la guerre froide.
Je regrette beaucoup que ce ne soit pas et que ce ne soit jamais la Russie de M. Poutine.
Entre-temps, le dialogue, les discussions et la diplomatie doivent suivre leur cours, mais ils ne signifient rien sans un ferme appui et de vraies conséquences.
Le Canada continuera de juger M. Poutine non pas à ses paroles mais à ses actes.
Et si on en juge par ce qu’il a fait jusqu’à présent, il faut que les sanctions contre le régime Poutine restent en place.
En effet, nous devons être prêts à sévir à cet égard au besoin.
Les mesures d’assurance de l’OTAN et l’Opération RÉASSURANCE doivent continuer.
L’aide vitale dont a besoin l’Ukraine ne doit pas cesser et l’attention de nos alliés, l’attention du monde ne doit pas se détourner tant que des bottes et de l’équipement russes fouleront encore le sol ukrainien.
Tant que le régime Poutine occupera la Crimée et parrainera les rebelles à l’Ukraine de l’Est, les choses ne pourront jamais revenir à la normale.
Certes, nous subissons les conséquences économiques, comme nos alliés européens, certainement, du maintien en place de ces mesures.
Mais nous n’oublierons jamais, et nos alliés ne doivent jamais oublier, jamais, les conséquences beaucoup plus graves de fermer l’œil, de prétendre qu’on peut continuer comme d’habitude pendant que des libertés sont piétinées et que des frontières sont effacées.
C’est pourquoi nos militaires, ceux de l’armée de Terre, de l’armée de l’Air et vous, de la Marine, doivent poursuivre cette mission critique.
Parce que tous les efforts que vous faites pour la liberté ici servent aussi à protéger notre sécurité et notre liberté, à nous Canadiens, chez nous.
Tous les Canadiens et Canadiennes sont remplis d’admiration et de la plus profonde gratitude pour vos services rendus ici et ailleurs dans le monde.
Au nom de tous les Canadiens, je suis fier de vous et je vous remercie de servir ainsi votre pays.
Jusqu’à votre retour en toute sécurité chez nous, nous vous garderons dans nos pensées et dans nos cœurs.
Bon vent et bonne mer.
Que Dieu bénisse votre travail.
Que Dieu bénisse le Canada.