Kiev (Ukraine) - 6 juin 2015
Merci, Monsieur le Président, Petro.
Merci encore pour l’accueil chaleureux que vous nous avez fait, à moi et à tous mes collègues, à mes collègues parlementaires, Ted Opitz, Raynell Andreychuk, James Bezan, Wladyslaw Lizon, et à la délégation ukraino-canadienne qui m’accompagne.
C’est ma quatrième visite en Ukraine et chaque fois j’ai été touché par la chaleur de votre accueil.
J’ai beaucoup apprécié l’hospitalité dont vous avez fait preuve et les discussions approfondies que nous avons tenues plus tôt ainsi que, bien entendu, ma rencontre avec le Premier ministre Iatseniouk.
Monsieur le Président, il y a presque un an jour pour jour, je me trouvais ici à vos côtés.
Cela fera en fait un an demain, le jour où vous avez accepté vos hautes fonctions dans ce pays extraordinaire.
J’étais ici pour montrer la solidarité du Canada envers le peuple ukrainien.
Un an plus tard, je suis fier de vous retrouver pour vous faire part de notre détermination constante devant les énormes défis que vous et le peuple ukrainien devez affronter.
Comme vous l’avez mentionné, je rencontrerai demain les chefs des pays du G7 en Allemagne et, bien que l’Ukraine ne siège pas à cette table, je peux vous assurer, Monsieur le Président, que la situation qui prévaut ici sera au sommet de l’ordre du jour du Canada.
Notre position demeure très claire.
Nous n’acceptons pas l’invasion et l’annexion illégales de la Crimée et de secteurs dans l’est de l’Ukraine.
Jamais, jamais, le Canada ne reconnaîtra l’occupation illégale du territoire ukrainien par des forces russes.
Et, comme je l’ai déjà dit, que cela prenne cinq ans ou cinquante ans, nous n’accepterons jamais que des frontières d’un pays souverain soient redessinées de force.
De concert avec nos alliés, nous exhortons M. Poutine à mettre fin à son invasion dans l’est de l’Ukraine, à retirer ses soldats, ses chars d’assaut et ses armes lourdes et à cesser de fournir de l’aide militaire aux séparatistes.
Nous appuyons les efforts en cours en vue d’une solution diplomatique et de la mise en œuvre des accords intérieurs.
Mais pour que la mise en œuvre soit considérée comme réussie, les soldats de monsieur Poutine et leurs alliés séparatistes doivent cesser leurs combats.
Aucun pays du monde ne devrait détourner le regard des attaques qui surviennent presque chaque jour et qui tuent et blessent des Ukrainiens, qu’ils soient militaires ou civils, chez eux.
Le Canada ne détournera pas le regard.
Les Nations Unies estiment que, depuis le début du conflit, près de 6 500 personnes ont été tuées et près de 16 000 personnes ont été blessées.
Sans compter l’avion de ligne civil qui a été abattu.
Et, jusqu’à ce qu’une véritable paix règne, que les forces d’occupation quittent le territoire et que l’Ukraine retrouve sa souveraineté territoriale, le régime de M. Poutine devra subir les conséquences constantes de ses actes.
Des sanctions économiques doivent rester en place.
Le Canada a déjà imposé des sanctions à l’endroit de plus de 270 individus et entités russes et pro-séparatistes et nous demeurons prêts à travailler avec nos alliés à l’ajout de nouvelles sanctions si la situation l’exigeait.
Le Canada offre également de l’aide financière à l’Ukraine.
L’an dernier, en fait, le Canada a plus que doublé l’aide bilatérale au développement annuelle sans précédent qu’elle offre à l’Ukraine.
Plus précisément, depuis janvier 2014, le gouvernement du Canada a annoncé qu’il verserait près de 700 millions de dollars d’aide additionnelle à l’Ukraine.
Pendant cette visite, j’ai eu le plaisir d’annoncer un soutien pour la réforme des services de police.
Nous offrons également une assistance technique diversifiée pour appuyer votre travail de réforme, Monsieur le Président.
J’aimerais d’ailleurs vous féliciter pour ce travail, que vous faites dans des conditions extrêmement difficiles, et je vous encourage vivement à le poursuivre.
Le Canada cherche aussi à aider les militaires et les services de sécurité de l’Ukraine.
Nous avons aussi fourni à l’Ukraine du matériel militaire non létal varié et, en coopération avec les États-Unis, les Forces armées canadiennes seront bientôt déployées dans l’ouest du pays pour commencer la formation des forces ukrainiennes.
Monsieur le Président, ces mesures sont toutes des manifestations concrètes de l’appui du Canada à l’Ukraine, de notre soutien à l’égard de votre droit, en tant que pays indépendant et démocratique, de choisir votre propre avenir.
Et je dois ajouter que les Canadiens demeurent très impressionnés et sont inspirés par la résilience, le courage et la détermination dont le peuple ukrainien fait preuve tandis qu’il se bâtit un avenir pacifique, libre, démocratique et prospère, quels que soient les obstacles qui se dressent devant lui.
Comme je l’ai mentionné, Monsieur le Président, il y a exactement un an, j’étais ici, dans votre Parlement, à Kiev, lorsque vous avez prêté le serment de, et je cite, « protéger la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine ».
Je me souviens vous avoir entendu dire à ce moment-là, et je vous citerai encore : « Personne ne fera des Ukrainiens les esclaves de criminels ou les serviteurs d’une puissance coloniale ».
Le monde, avez-vous dit, nous appuie.
Quelques mois plus tard, vous vous êtes adressé avec la même éloquence et la même détermination à notre propre parlement.
Monsieur le Président, je suis ici aujourd’hui à vos côtés, au moment où vous et tous les Ukrainiens et Ukrainiennes affrontez une grave menace, pour manifester encore une fois la solidarité indéfectible et le plein appui de la population canadienne.
Slava Ukrayini!