Calgary, Alberta, le mardi 2 juin 2015
Sous réserve de modifications
Bienvenue.
- Je veux commencer par vous remercier tous et toutes d’avoir pris le temps d’être ici aujourd’hui.
- Ce forum porte avant tout sur la sécurité et je ne pense pas que je pourrais exagérer l’importance des discussions que nous tiendrons au cours des deux prochaines journées.
- Il est énormément positif de constater que vous êtes si nombreux à vous joindre à nous pour tenir des échanges convergents et prospectifs sur la sécurité dans notre industrie, et je pense que votre présence démontre que nous comprenons tous que la sécurité et la protection de l’environnement constituent - obligatoirement - notre grande priorité.
- Comme beaucoup d’entre vous le savent déjà, j’ai beaucoup voyagé cet hiver et ce printemps, rencontré des dirigeants municipaux, des premiers intervenants, des groupes environnementaux, etc., pour parler de sécurité des pipelines et de protection de l’environnement d’un bout à l’autre du Canada dans le contexte de l’initiative de mobilisation pancanadienne lancée par l’Office.
Je peux vous garantir que lorsque l’on réduit les préoccupations communautaires à leur plus simple expression, la même question préoccupe certainement tout le monde : la sécurité.
C’est pourquoi je veux axer nos discussions des deux prochaines journées sur :
- les commentaires, les idées et les préoccupations dont les Canadiens me font part;
- la façon pour nous tous ici présents de conjuguer nos efforts pour chercher à appliquer des pratiques exemplaires et des solutions souples.
Ce forum a été conçu comme un espace où nous pouvons :
- échanger ouvertement de l’information sur des questions d’ordre technique liées aux pipelines;
- mieux comprendre les préoccupations des parties prenantes;
- tenir compte des possibilités que l’industrie tout autant que les organismes de réglementation peuvent saisir pour améliorer les résultats en matière de sécurité afin de mieux protéger les personnes, les biens et l’environnement.
*Pause
- Les sociétés pipelinières, leurs fournisseurs de services et les organismes de réglementation sont des experts techniques.
- C’est nous qui pouvons recommander des améliorations, être des moteurs de changement et instaurer une culture de sécurité dans nos organisations. La balle est dans notre camp et nous devons nous mettre au défi de redoubler d’efforts et de penser vraiment plus loin que le « statu quo ».
- Voilà sur quoi porte ce forum.
Donc, qu’est-ce que les Canadiens ont à me dire exactement? Eh bien... beaucoup de choses!
- Et comme vous pouvez très bien l’imaginer, les détails diffèrent selon le groupe, la ville et la région.
- Dans quelques minutes, j’inviterai des collègues de l’Office qui m’ont accompagné dans mes déplacements à parler un peu plus des gens que nous avons rencontrés, de ce que nous avons entendu, en particulier dans cette optique régionale.
Pour résumer en termes généraux ce que nous avons entendu, il s’est dégagé les thèmes communs suivants de nos assemblées :
- il faut protéger les personnes, l’eau et les terres contre des défaillances possibles de pipelines;
- il faut garantir qu’en cas d’incident lié à un pipeline, les autorités pourront réagir rapidement et de façon appropriée;
- tous les intervenants souhaitent continuer d’établir des liens avec l’Office et l’industrie et de les resserrer afin d’être mieux informés au sujet de l’activité pipelinière dans leur collectivité.
À mon avis, personne à l’Office ne me contredira lorsque j’affirme que l’Office n’a pas excellé sur le plan de la participation à l’extérieur de son processus d’audience.
- Nous avons traité les demandes reçues et réglementé les pipelines en service dans l’ombre et de façon efficiente et les gens ont formulé peu de commentaires.
- Puis, quelque chose a changé. Il y a eu Macondo. Il y a eu Kalamazoo. Les médias sociaux se sont enflammés au sujet des changements climatiques.
- Les gens ont commencé à s’intéresser beaucoup plus à ce que faisait l’organisme de réglementation pour assurer la sécurité du public et protéger l’environnement.
Les gens se sont aussi intéressés beaucoup plus à nos processus d’audience parce qu’ils croyaient qu’il s’agissait là du seul rôle de l’Office. À la suite de ce changement, des demandes qui attiraient quelques intervenants il y a quelques années ont commencé soudain à en attirer des centaines.
- Des processus qui nous semblaient assez simples en tant que tribunal quasi judiciaire leur paraissaient obscurs et peut-être injustes pour eux.
- Après une audience, peu de gens semblaient savoir quel était notre rôle par la suite.
Ce fut là une leçon clé. Les gens ne comprenaient pas vraiment que l’Office national de l’énergie réglemente les installations de son ressort tout au long de leur cycle de vie et qu’il réglemente les projets du début à la fin.
- En tant qu’organisme de réglementation sur l’ensemble du cycle de vie, l’Office doit donc être un meilleur partenaire avec les personnes et les collectivités touchées,
- Il doit échanger davantage d’information non seulement sur le processus d’approbation ou de refus d’une installation, mais aussi,
- sur la façon de garantir la sécurité du public et la protection de l’environnement pendant toute la durée d’un pipeline.
- Nous exigeons aussi des entreprises que nous réglementons qu’elles communiquent régulièrement avec les collectivités et les propriétaires fonciers touchés et qu’elles les mettent à contribution. D’après ce que j’ai vu, les entreprises s’améliorent sur le plan de la mobilisation et se rendent compte qu’elles ne peuvent se livrer simplement à un exercice de relations publiques. Les échanges doivent être vrais, respectueux et authentiques.
- Il faut maintenant plus que jamais aller au-delà des aspects techniques d’un projet. Il faut comprendre les valeurs et les attentes des communautés et adopter une approche plus globale de manière à protéger ce qui importe le plus aux intéressés.
- Le public s’attend à nous voir tous - organismes de réglementation, industrie et collectivités - conjuguer nos efforts afin d’obtenir de meilleurs résultats.
- Voici un exemple qui témoigne de la façon différente de participer de l’Office : nous avons conclu, avec la Communauté métropolitaine de Montréal, un protocole d’entente afin de mieux échanger de l’information sur les activités réglementaires, le rendement de l’industrie et les préoccupations des collectivités dans la région. Ce processus de participation est nouveau pour nous, mais il démontre que nous sommes déterminés à être meilleurs comme organisme de réglementation à l’échelon local.
- Nous devons continuer de démontrer de façon claire comment notre surveillance réglementaire axée sur le cycle de vie, conjuguée à une plus grande importance accordée à la culture de sécurité, évite les déversements.
- Il ne suffit pas d’affirmer simplement que 99,9995 % des liquides sont transportés en toute sécurité.
- Lorsque nous tenons de tels propos, je crois que les gens ont l’impression que nous cédons à la complaisance, que nous nous reposons sur nos lauriers et que nous ne craignons pas qu’il puisse y avoir des problèmes.
- Les gens ont besoin de savoir et d’être certains que nous sommes toujours sur nos gardes, que nous nous préoccupons de notre rendement et de celui de nos systèmes et que nous agissons même lorsque cela pourrait ne pas sembler être nécessaire pour faire de la sécurité notre principale priorité!
- Les gens ont aussi besoin de savoir que nous savons ce que nous faisons. Mais ce n’est pas suffisant! Ils veulent aussi savoir qu’ils sont importants pour nous et que nous sommes vraiment engagés envers eux et leur collectivité.
- C’est ainsi que nous gagnons la confiance du public.
Un autre domaine où je constate que nous pouvons faire mieux, c’est celui de la planification des interventions en cas d’urgence.
- Le public doit avoir la certitude que nous avons de bons plans et que nous sommes capables de les mettre en application.
- Or,... comment peut-il avoir cette certitude si nos plans demeurent confidentiels... Si nous ne croyons pas qu’il vaut la peine de le faire participer parce qu’il n’est pas expert et n’a pas besoin de savoir?
- Le défi consiste donc à cesser de nous comporter comme si de telles préoccupations nous laissent indifférents et à commencer à mobiliser davantage les personnes et les collectivités sur ces questions.
- Il ne nous suffit pas non plus de penser seulement à nos plans et à nos responsabilités; nous devons nous soucier des besoins et des capacités d’autres intervenants du système de gestion des urgences sur lesquels nous comptons tous en cas de problème.
- Les mesures de préparation et d’intervention en cas d’urgence ne sont pas quelque chose qui se passe uniquement entre la société et l’organisme de réglementation. Il est temps que nous comprenions parfaitement ce que cela signifie.
Au cours des dernières années, l’Office a réalisé des progrès intéressants pour être plus transparent dans son travail :
- Nous affichons en ligne les mesures d’exécution qui sont prises pour que le public y ait accès.
- Nous avons un tableau de bord sur la sécurité des pipelines et la protection de l’environnement sur notre site Web que nous mettons à jour tous les trimestres et qui suit le rendement des sociétés...
- ...et nous venons tout juste de créer une carte en ligne qui indique aux Canadiens où il y a eu des incidents mettant en cause des pipelines.
- Je signale que les gens s’intéressent vivement à l’information que nous rendons disponible et l’apprécient. Cette information aide à éclairer les gens et leur donne une idée de nos activités et de notre façon de faire.
- J’ai signalé récemment à un des membres de mon personnel que même les médias avec lesquels je m’entretiens depuis quelques mois semblent vraiment reconnaissants et heureux d’obtenir cette information, de voir l’envers de la médaille ou de pouvoir faire un reportage sur des enjeux énergétiques en ayant de l’information qui provient de l’organisme de réglementation.
Nous souhaitons maintenant que l’industrie emboîte le pas... particulièrement, comme je l’ai mentionné, dans le cas d’éléments d’information critiques comme les plans d’intervention en cas d’urgence qui mettent à contribution d’une façon tellement directe et importante non seulement la société et l’organisme de réglementation, mais aussi les collectivités dans lesquelles les plans en question seraient exécutés.
- L’Office va de l’avant dans cet environnement de médias sociaux, hostile aux sables bitumineux, dans l’après-Macando et l’après-Kalamazoo.
- Nos trois priorités stratégiques consistent à Être actif dans le domaine de la sécurité, Se rapprocher des Canadiens et Faire preuve d’excellence en matière de réglementation.
- Je suis absolument convaincu que les autres membres de l’Office et les quelque 450 membres du personnel technique qui nous appuient sont passionnément et profondément engagés dans chacune de ces trois priorités. Notre orientation est claire.
- L’invitation et le défi que je vous lance ici aujourd’hui le sont tout autant.
- Comment allez-vous de l’avant? Comment agirez-vous dans ce nouveau contexte opérationnel très public?
- Qu’allez-vous faire, en collaboration avec d’autres intervenants, pour vous assurer que vos projets, vos systèmes, vos organisations sont gérés de manière à faire de la sécurité et de la protection de l’environnement votre premier but?
- Qu’allez-vous faire pour améliorer la situation par rapport au « statu quo »?
- Comment allez-vous discuter de cette question avec la population canadienne et comment gagnerez-vous sa confiance?
- J’espère que nous pourrons commencer à dégager certaines des réponses ici, aujourd’hui. Je fais le tour de la salle et je sais que nous y avons réuni les bonnes personnes. Il reste seulement à engager le dialogue.
Maintenant, je veux vous relater un peu plus en détail ce que nous avons entendu des Canadiens. Je vais demander à quelques collègues de se joindre à moi pour contribuer à la discussion par leurs observations... ROBERT S’AVANCE...