Ce bâtiment, situé au 336, rue Fraser à Saint-Patrice-de-la-Rivière-du-Loup dans le Bas-Saint-Laurent, sert de lieu de détente ainsi que de lieu de travail à sir John A. Macdonald (1815-1891), un des principaux Pères de la Confédération et premier titulaire de la charge de premier ministre du Canada. Acquise en 1882, cette maison est plus qu’une résidence d’été pour Macdonald. Elle est aussi un lieu de travail d’où il continue de gouverner le pays. Il y exerce une bonne partie de ses fonctions officielles, reçoit des invités illustres et discute d’affaires importantes. Au nombre des questions étudiées lors des séjours de Macdonald figurent la construction du chemin de fer dans l’Ouest canadien, les difficultés économiques du début des années 1880 et le développement de l’Ouest. En 1885, une réunion du cabinet y a lieu pour discuter de l’affaire Riel. Macdonald affectionnait particulièrement cet endroit qui lui procurait le calme et le dépaysement dont il avait besoin une fois l’été venu.
Construite vers 1850, sur un cran rocheux faisant office de promontoire qui permet une vue saisissante sur le fleuve Saint-Laurent, la maison est acquise par Lady Macdonald en 1882 et nommée « Les Rochers ». Sa superficie est alors plus que doublée par l’ajout, dans sa partie ouest, d’une aile de style Second Empire caractérisée par son toit mansardé percé de lucarnes. L’ancienne partie est quant à elle dotée d’une lucarne centrale triangulaire de style néo-gothique. La longue galerie couverte s’étendant sur la façade, le mur arrière et une extrémité, de même que les larges fenêtres à volets, lui confèrent son caractère de résidence de villégiature.
La présence des Macdonald attire des amis et des associés qui s’établissent à proximité. À la fin du XIXe siècle, Saint-Patrice est devenu un lieu apprécié des estivants, fréquenté par des gens d’affaires, de hauts fonctionnaires et des hommes politiques, y compris les gouverneurs généraux lord Monck, lord Dufferin, et lord Shaughnessy, qui a acheté la propriété de la famille Macdonald en 1895, quatre ans après la mort de sir John. Au fil du temps, cette maison, considérée comme un exemple typique des résidences d’été situées à Saint-Patrice, est demeurée en excellent état de conservation tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Le peu de changements qui y ont été apportés lui confèrent une valeur exceptionnelle parmi la quarantaine d’édifices du Vieux Saint-Patrice.
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