Ottawa (Ontario)
Le 11 juin 2015
Scott Hutton, Directeur exécutif, Radiodiffusion
Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes
Priorité à l'allocution
Monsieur le Président, honorables Sénateurs,
Je vous remercie de nous avoir invités à fournir des renseignements dans le cadre de votre étude sur l’incidence croissante de l’obésité au Canada. Je m’appelle Scott Hutton et je suis le directeur exécutif de la Radiodiffusion au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC). Nanao Kachi, directeur de Politique sociale et des consommateurs, se joint à moi aujourd’hui.
Le CRTC est très conscient de la grande capacité des médias à influencer le comportement des consommateurs. Et bien que notre rôle soit de réglementer les radiodiffuseurs en vertu de la Loi sur la radiodiffusion, nous sommes néanmoins déterminés à appuyer des politiques contre l’obésité et l’alimentation malsaine. Nous sommes heureux de mettre à profit notre savoir-faire dans le cadre de cette cause si importante. Comme vous l’entendrez dans un instant, nous jouons un certain nombre de rôles importants pour assurer que la publicité dans les médias respecte certaines normes.
Vous nous avez demandé de parler au sujet de la publicité destinée aux enfants. Permettez-moi de commencer par dire que, même si le CRTC ne réglemente pas directement le contenu des publicités, nous intervenons lorsqu’il s’agit de normes de base concernant les publicités qui ciblent les Canadiens de 12 ans ou moins.
Le CRTC exige que les radiodiffuseurs se conforment au Code de la publicité radiotélévisée destinée aux enfants. Ce document a été créé par l’Association canadienne des radiodiffuseurs en collaboration avec les Normes canadiennes de la publicité. Son objectif est d’aider les annonceurs et les agences de publicité à reconnaître les caractéristiques particulières de l’auditoire des enfants dans le cadre de la préparation de messages publicitaires. Vous comprenez certainement que les enfants, et surtout les très jeunes enfants, ont souvent de la difficulté à distinguer les situations imaginaires de la réalité. Le Code de la publicité radiotélévisée destinée aux enfants exige que le contenu qui cible ce groupe d’âge respecte la puissance de l’imagination d’un enfant et ne l’exploite pas.
Le code n’est pas le seul outil à la disposition de l’industrie pour mesurer le caractère approprié de la publicité destinée aux enfants. Il y a aussi l’Initiative canadienne pour la publicité sur les aliments et boissons destinée aux enfants. Accepté par certaines des plus importantes entreprises d’aliments et de boissons du Canada et administré par les Normes canadiennes de la publicité, le programme demande aux participants de repenser leur approche de marketing de produits destinés aux enfants de moins de 12 ans. Au lieu de promouvoir la malbouffe, il est demandé aux participants de commercialiser seulement des produits conformes aux principes d’une saine alimentation : aliments à teneur réduite en calories, en matière grasse, en sels et en sucres ajoutés, et aux produits nutritifs. Signalons que cette initiative s’applique aux forums en ligne et mobiles tout autant qu’à la télédiffusion traditionnelle.
L’autre mesure au sein de notre système est l’autorisation préalable des publicités, un service des Normes canadiennes de la publicité qui est obligatoire pour les publicités qui ciblent les enfants. Un comité est chargé d’examiner toutes les publicités imprimées et radiodiffusées destinées aux enfants afin de s’assurer que le contenu respecte certains critères obligatoires et directeurs. Je souligne que mon collègue, monsieur Kachi, est membre de ce comité.
Ces mesures fonctionnent. Comme vous le savez, le CRTC recueille et traite les plaintes formulées par les Canadiens au sujet du caractère approprié du contenu de radiodiffusion. En 2014‑2015, nous avons reçu plus de 2 800 plaintes concernant la programmation télévisuelle. Seulement 30 de ces plaintes, moins d’un pour cent du total, portaient sur la publicité destinée aux enfants. Notamment, aucune plainte ne portait sur la malbouffe ou sur d’autres produits souvent associés à l’obésité infantile.
Honorables Sénateurs, je sais que l’une des mesures que votre comité envisage est que la publicité destinée aux enfants à la télévision soit interdite. Si vous permettez, je voudrais partager avec vous mes réflexions sur l’avenir de l’industrie de la télévision? Mes observations pourraient orienter vos recommandations.
Vous avez peut-être entendu parler du travail accompli par le CRTC dans le cadre de notre instance Parlons télé : une conversation avec les Canadiens. Nous avons demandé aux Canadiens de s’exprimer au sujet de l’avenir de la télévision et, en particulier, de leurs manières de se brancher au contenu. La conversation a relevé de nombreuses idées importantes, mais pas autant que le fait que les Canadiens accordent une grande valeur à la télévision, cependant la manière dont ceux-ci interagissent avec elle évolue. Les téléspectateurs visionnent de plus en plus le contenu sur de nouvelles plateformes que peu d’entre nous aurions pu imaginer il y a à peine 10 ans. Au lieu de s’asseoir dans leur salon pour regarder la télévision aux heures de grande écoute ou dans le créneau horaire de fin de soirée, ils regardent tout ce qu’ils veulent sur leur téléphone, leur tablette, leur ordinateur, à des moments de la journée qui leur convient le mieux plutôt que selon les horaires et la séquence organisés par les radiodiffuseurs. Dans le contexte actuel, le contenu télévisuel est abondant. Il est partout disponible à toute personne et en tout temps.
Les jeunes, plus que les Canadiens plus âgés, sont à l’avant-garde de ce changement. Honorables Sénateurs, des statistiques de l’étude de l’Observateur des technologies médias, publiée le 25 septembre 2014, le confirment. Parmi les anglophones qui ont un enfant à la maison, près de 60 % ont une tablette, plus de 80 % ont un téléphone intelligent. Plus d’un quart des familles canadiennes ont quatre écrans qui permettent d’accéder à Internet. Plus de trois quarts des Canadiens qui ont des enfants ont une console de jeu qui se branche à Internet. Et parmi les familles qui souscrivent à un service en ligne de vidéo sur demande, ce sont les enfants qui en sont les principaux utilisateurs.
Ce sont les jeunes qui adoptent et apprécient les nouvelles technologies, plus volontiers que ceux d’entre nous qui sont peut-être confortables dans leurs habitudes. Ce sont les jeunes qui trouvent que les modèles traditionnels de consommation de télévision sont désuets et dépassés. Ce sont ces jeunes pour qui nous tous de l’industrie de la télévision, les créateurs, les producteurs, les distributeurs, les annonceurs et même nous, les organismes de réglementation, devons adapter nos stratégies de service. Parce que, et cela est essentiel, les outils traditionnels tels que les quotas de radiodiffusion et les mesures de protection des genres qui ont bien fonctionné dans l'ère de la télévision d'hier, lorsque les auditeurs consommaient le contenu de façon linéaire, c’est-à-dire selon des horaires fixes et des chaînes traditionnelles, ces outils ne fonctionnent pas aussi bien dans la nouvelle ère de contenu abondant et disponible à tous, en tout temps, sur toutes sortes de plateformes.
Dans un monde numérique, la population canadienne et les enfants en particulier sont bien servis par la littératie numérique et les outils éducationnels. Pensons, par exemple, aux travaux d’HabiloMédias, un organisme indépendant qui aide les parents, les adolescents et les enfants à développer et à enrichir la pensée critique qu’ils peuvent utiliser lorsqu’ils interagissent avec les médias.
Dans le monde de la télévision de l'avenir et aussi dans le monde de la télévision d'aujourd'hui, habiliter les Canadiens, jeunes et vieux, de compétences dont ils ont besoin pour devenir des consommateurs responsables des médias est un objectif important.
Merci.
- 30 -
Suivez-nous sur Twitter : @CRTCfra
Suivez-nous sur Facebook : www.facebook.com/crtcfra
Relations avec les médias :
Téléphone : 819-997-9403; télécopieur : 819-997-4245
Renseignements généraux :
Téléphone : 819-997-0313, ATME : 819-994-0423; télécopieur : 819-994-0218
Numéro sans frais : 1-877-249-CRTC (2782)
ATME - numéro sans frais : 1-877-909-CRTC (2782)
Poser une question ou formuler une plainte
Ces documents sont disponibles, sur demande, en média substitut.