Ottawa (Ontario), le mercredi 10 juin 2015
Sous réserve de modifications
C’est un plaisir d’être associée à l’Institut Vanier de la famille et à son travail. C’est l’Institut Vanier qui m’a fait découvrir la communauté de L’Arche, qui offre un soutien familial riche et remarquable au niveau du quartier. J’ai visité L’Arche Ottawa l’an dernier pour lancer la Tournée de consultations et participer à une discussion des plus intéressantes sur les familles.
Jean Vanier a eu une belle idée en voulant réunir, dans une même famille, des personnes ayant ou non un handicap intellectuel.
La composition des familles varie. Durant votre tournée pancanadienne, vous avez constaté que l’amour, le soutien et les soins sont au cœur de la famille, peu importe le contexte culturel, économique et démographique des gens à qui vous avez parlé.
J’ai grandi dans une petite famille, avec ma mère, ma grand-mère et ma sœur aînée. Chaque jour, l’amour, les soins et le soutien étaient au rendez-vous. Ces valeurs essentielles étaient aussi présentes dans ma communauté, qui nous a beaucoup appuyées après le divorce de ma mère. Comme vous pouvez l’imaginer, le divorce était rare à l’époque.
À l’âge adulte, je me suis assurée de témoigner aux jeunes la même gentillesse qu’on m’avait montrée durant mon enfance. C’est comme ça que j’ai servi de mère à une jeune femme dont la mère s’était suicidée. Nous avons ouvert notre cœur à Line et l’avons entourée lorsque sa famille vivait des moments difficiles. Line Dubois a enrichi ma vie et celle de ma famille. Aujourd’hui, c’est au tour de nos 12 petits-enfants de faire de même. Certains d’entre eux ont été adoptés, et une des petites a le syndrome de Down. Chacun d’eux fait ressortir le meilleur en nous.
Souvent, les enfants qui viennent de foyers en difficulté ou brisés cherchent des amis vivant dans une famille heureuse, en particulier à l’heure du repas. Ce n’est pas bien compliqué que d’ajouter un couvert et de faire savoir à cet enfant délaissé qu’il est le bienvenu.
La famille est le tissu de la société, et l’enfant délaissé est le fil trop lâche. Nous ne pouvons pas prendre en charge l’enfant d’une autre personne, mais nous pouvons le rassurer lorsque sa famille connaît des difficultés.
J’aimerais vous raconter une expérience profondément touchante que j’ai vécue récemment comme témoin honoraire de la Commission de vérité et de réconciliation, dirigée par le juge Sinclair.
La Commission a entendu les témoignages de milliers de Canadiens autochtones qui ont été enlevés à leurs familles et placés dans des pensionnats indiens. Pensons à ces enfants qui ont été séparés de leurs parents et aux nombreuses conséquences dévastatrices de ne pas avoir grandi dans une famille.
Entre autres, les survivants des pensionnats ont eu de la difficulté à devenir de bons parents.
J’ai été émue aux larmes par ce que j’ai entendu. J’ai réalisé que les familles sont vraiment au cœur de notre société et qu’elles ont une importance critique pour chacun de nous, peu importe la définition que nous en avons. Finalement, l’amour, la compassion et le soutien comptent énormément.
En terminant, je vous souhaite des conversations inspirantes et instructives sur la famille qui profiteront à tous les Canadiens. Je félicite aussi l’Institut Vanier de nous avoir brossé un portrait à jour de la famille moderne. Vous avez accompli, et continuez d’accomplir, un travail important.
Merci.