Je vous remercie d’être avec nous aujourd’hui et je tiens à souligner l’accueil chaleureux de l’ambassadeur ici à Washington. Si vous me le permettez, Mesdames et Messieurs, j’aimerais dire quelques mots. Il s’agit de ma quatrième visite officielle aux États-Unis et de ma deuxième à Washington.
Je viens tout juste de terminer deux jours de rencontres très fructueuses pour faire avancer notre longue tradition de collaboration sur une vaste gamme de questions concernant l’énergie. La collaboration en matière énergétique, ou tout simplement, la relation sur le plan de l’énergie entre le Canada et les États-Unis, constitue déjà le plus important partenariat de ce type entre deux États dans le monde.
Il s’agit d’une relation dont la valeur économique s’élève à 140 milliards de dollars par an. Nos réseaux électriques sont si interdépendants qu’il serait sans doute plus juste de parler d’un seul réseau. Le secrétaire à l’Énergie des États-Unis, M. Ernest Moniz, et moi-même continuons de renforcer ce partenariat extraordinaire et nous nous réjouissons d’avoir préparé le terrain récemment en vue de certains projets à réaliser.
Nous nous sommes rencontrés cinq fois en personne dans le cadre d’activités bilatérales, trilatérales, internationales ou du G7. Au cours des quatre derniers mois uniquement, nous avons signé un protocole d’entente sur la coopération en matière d’énergie qui renforce notre collaboration dans onze secteurs.
Le Canada a été l’hôte d’une séance de l’examen quadriennal de l’énergie des États-Unis, la seule consultation du secteur et des experts en la matière tenue à l’extérieur des États-Unis. Nos deux pays ont entrepris des démarches qui cadrent avec les priorités du G7 visant à appuyer l’Ukraine, et nous avons respecté nos engagements. Ce sont des solutions spécifiquement nord-américaines.
Le permis présidentiel a été accordé pour le tronçon américain d’une ligne de transport d’électricité de 540 km entre le Québec et New York; ce projet permettrait de répondre à 10 % de la demande en électricité de la ville de New York. Et bien sûr, le Canada, les États-Unis et le Mexique ont officialisé leur relation et leur stratégie en vue d’adopter une approche nord-américaine intégrée plus sûre, initiative qui améliorera notre avantage concurrentiel au niveau mondial. Nous avons fixé des dates repères pour poursuivre nos discussions en vue de consolider nos relations.
Autre exemple de notre solide relation avec les États-Unis, j’ai signé hier avec le secrétaire Moniz un accord bilatéral sur l’énergie nucléaire. Celui-ci permettra aux scientifiques de nos deux pays de mettre en commun des renseignements sur l’expertise en matière de sûreté, de sécurité nucléaire et de technologies nucléaires, de même que les pratiques exemplaires connexes. Ces mesures illustrent notre intérêt commun pour une approche intégrée vigoureuse, axée sur la collaboration en matière énergétique. Je sais que nous nous reverrons justement pour discuter de cette question au cours des mois à venir.
J’ai également rencontré d’autres gens pour discuter de notre priorité de travailler ensemble en vue d’accroître l’intégration et la sécurité énergétiques en Amérique du Nord. Il s’agit entre autres de représentants de la Chambre et de sénateurs clés. J’ai souligné les réalisations du Canada en tant que producteur et fournisseur d’énergie responsable et sûr. Par exemple, nous avons parlé du fait que le Canada bénéficie d’un des bouquets d’électricité les plus propres au monde, composé à 65 % de sources renouvelables, ce qui constitue la proportion la plus élevée parmi les pays du G7.
L’an dernier, le Canada s’est classé deuxième au sein du G20 pour le taux de croissance de son marché des énergies propres. Depuis 2005, son économie a pris de la vigueur et ses émissions de gaz à effet de serre ont tout de même diminué. Le Canada est le troisième producteur mondial d’hydroélectricité et occupe le troisième rang en matière de réserves de pétroles avérées, après le Venezuela et l’Arabie saoudite. Il possède les deuxièmes plus grandes réserves d’uranium au monde, est le cinquième producteur de gaz naturel et dispose de la neuvième capacité éolienne installée.
En fait, nous sommes aussi le plus important fournisseur de pétrole des États-Unis. Le centre américain d’information sur l’énergie estime que les États-Unis importeront 8 millions de barils de pétrole par jour d’ici 2040, comparativement à 7,5 millions en ce moment. À la fin de l’an dernier, les exportations pétrolières canadiennes aux États-Unis étaient estimées à plus de trois millions de barils par jour pour la toute première fois, soit plus que celles de l’Arabie saoudite et du Venezuela combinées.
J’ai profité de l’occasion pour faire le point auprès des leaders du Congrès sur de nouvelles mesures qu’a prises le Canada dans le but d’améliorer l’un des régimes de sécurité des pipelines les plus rigoureux et les plus efficaces au monde. Notre nouvelle Loi sur la sûreté des pipelines, déposée en décembre, fait partie intégrante du renforcement de notre position de chef de file mondial en matière de sécurité et de performance environnementale.
Le Canada affiche un bilan de sécurité de 99,999 % sur plus de 72 000 km de pipelines sous réglementation fédérale. J’ai évoqué la sécurité énergétique. À ce propos, nous avons discuté de l’importance d’étendre la collaboration nord-américaine en matière d’énergie et d’infrastructure énergétique en vue de renforcer la sécurité énergétique sur le continent. Les événements en Ukraine et ailleurs mettent certainement en évidence l’importance de la diversification énergétique et des perspectives offertes par une telle diversification ainsi que son rôle de pierre angulaire de la sécurité économique et mondiale.
Nous avons également parlé du besoin de favoriser notre prospérité économique commune et d’améliorer davantage notre performance environnementale. Nous avons discuté particulièrement d’un autre sujet, à savoir l’oléoduc Keystone XL. Déjà, 70 pipelines traversent la frontière canado-américaine et transportent pétrole et gaz naturel en toute sécurité jour après jour. Naturellement, nous aimerions qu’il y en ait davantage. Nous croyons qu’il en faut au moins un de plus. Nous accueillons donc favorablement la décision récente de la Cour suprême du Nebraska qui ouvre la voie à l’achèvement du processus par le Département d’État.
Durant mon séjour à Washington, j’ai été informé des prochaines étapes de ce processus par des hauts fonctionnaires du Département d’État des États-Unis. Je ne commenterai pas expressément le processus politique américain, mais je tiens à souligner que notre position dans le dossier Keystone demeure la même. Nous estimons que le projet devrait être approuvé. Nous appuyons les données scientifiques et les faits, de même que les rapports scientifiques présentés au Département d’État et par le Département d’État.
Mesdames et Messieurs, j’ai transmis ce message durant mes réunions des derniers jours. L’oléoduc Keystone XL créera des emplois pour les travailleurs américains et canadiens. Il reçoit l’appui de groupes de travailleurs canadiens et américains. Le Département d’État lui-même a indiqué que son développement peut s’effectuer d’une manière écologiquement durable.
D’autres avantages s’ajoutent à cela, mais à l’heure actuelle, il ne s’agit pas d’un débat entre le Canada et les États-Unis. Il s’agit d’un débat entre le président et la population américaine, qui appuie massivement ce projet. Depuis 2005, les exportations canadiennes de pétrole brut vers les États-Unis ont crû de 59 % et atteignent désormais des sommets historiques. Nous soutenons que les pipelines offrent une solution raisonnable, sûre et économique pour le transport de produits énergétiques.
En conclusion, nous avons des économies profondément intégrées, des réserves abondantes et une infrastructure essentielle que nous partageons, ainsi que des valeurs communes qui sous-tendent notre collaboration forte et durable. Je me réjouis à l’idée de poursuivre cette collaboration et ces travaux importants avec le secrétaire Moniz et d’autres intervenants en vue d’assurer la sécurité et l’indépendance énergétiques sur le continent nord-américain.
Ce soir, je me rendrai à Houston afin de poursuivre ces pourparlers et de participer à une activité associée à un nouveau jalon dans la contribution du Canada à l’infrastructure et à la sécurité énergétiques. Je vais m’arrêter ici, Mesdames et Messieurs. Je tiens à vous remercier de m’avoir donné cette occasion de m’adresser à vous et je serai heureux de répondre à vos questions. Merci.