C’est en 1842 que le Corps royal du génie a bâti le bâtiment des magasins militaires à Saint John, au Nouveau-Brunswick. Conçu pour entreposer de façon sûre des armes et des munitions ainsi que l’équipement nécessaire au maintien d’une force militaire, ce bâtiment a été construit pendant une période cruciale de fortification militaire de l’Amérique du Nord britannique. Sa construction a été recommandée par la Commission royale de 1825, laquelle avait défini pour les colonies une stratégie de défense générale appuyée par le commandant en chef de l’Armée britannique, le duc de Wellington. L’édifice représente un rare exemple de bâtiment des magasins militaires construits pendant la période coloniale.
Le bâtiment compte trois étages et, vu de la rue, en impose par sa hauteur. Le troisième étage est coiffé d’un saisissant toit de cuivre en mansarde, percé de 19 lucarnes. Ses robustes murs de maçonnerie sont faits de matériaux régionaux, notamment de pierre de grès terra cotta de Mary’s Point, au Nouveau‑Brunswick, et de grès vert olive de Wallace en Nouvelle‑Écosse. À l’extérieur, ses chaînes d’angle décoratives de même que tous les ornements des fenêtres et des portes sont en granit. Son intérieur a fait l’objet de travaux de conservation minutieux, afin d’en préserver l’aspect d’époque dans la mesure du possible. Les murs de brique originaux, les poutres de bois massives et les supports en fonte sont entièrement exposés aux trois étages.
L’architecture de ce bâtiment des magasins militaires est à la fois unique et typique des magasins militaires au Canada. Par son style utilitaire classique, sa construction robuste et la flexibilité éprouvée de son plan, qui a été adapté à des fins très diverses au fil du temps en fonction des besoins administratifs et des besoins en matière d’entreposage, cet édifice est un exemple typique de l’architecture des magasins militaires conçus par le Corps royal du génie au Canada et dans l’Empire britannique. En 1911, un toit mansardé (un type de toit distinctif à quatre versants) a été conçu afin de remplacer le second toit de l’édifice, qui avait été installé après que le grand incendie de Saint John a ravagé le premier en 1877. Ce toit mansardé imposant, mais pratique, a ajouté un troisième étage à la structure, ce qui témoigne des besoins de l’armée canadienne au début du XXe siècle.
Il s’agit de l’unique bâtiment militaire de la période coloniale à Saint John et de l’un des rares bâtiments à avoir survécu au grand incendie de Saint John en 1877. À l’exception du bâtiment des magasins militaires, toutes les structures militaires bâties à Barrack Green pendant la période coloniale sont maintenant disparues. La présence de cet édifice à Barrack Green constitue un important vestige du rôle de Saint John dans l’histoire militaire du Canada.
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