Le 28 juillet 2015 Toronto (Ontario) Emploi et Développement social Canada
Bonjour.
J’aimerais commencer en remerciant le MaRS Discovery District de nous accueillir aujourd’hui. Je tiens aussi à remercier M. Goldthorp du Mount Sinai Hospital et Mme McEwen d’Innoweave pour leur présentation et leur collaboration dans le cadre de cette merveilleuse annonce. Je remercie aussi le Dr Andrew Wister et ses collègues du Conseil national des aînés d’avoir organisé l’événement d’aujourd’hui.
Je suis ravie d’être porteuse de bonnes nouvelles pour les aînés de la région du Grand Toronto.
Comme ministre d’État aux aînés, j’ai le devoir de collaborer avec des partenaires des secteurs privé, public et sans but lucratif pour trouver des solutions aux problèmes que vivent les aînés qui sont du ressort du gouvernement fédéral.
Quand nous parlons des Canadiens âgés, il est facile de s’arrêter à la notion d’« aînés ».
Nous devons nous rappeler ce qu’ils représentent vraiment.
Ces Canadiens ont façonné le pays où nous vivons aujourd’hui. Il est trop facile de tenir pour acquis qui ils sont et leur contribution à la société canadienne. Nous leur sommes redevables.
Ils ont administré notre pays. Ils l’ont bâti. Ils l’ont protégé pour les générations à venir, tout comme nous le faisons actuellement pour les générations qui nous suivent. Nous leur devons gratitude et respect.
Je suis heureuse de faire la présente annonce. Et je tiens à expliquer comment elle s’insère dans le contexte du travail que nous avons accompli depuis quatre ans. Beaucoup de nos dossiers ont été interdépendants. À certains égards, nous pouvons dire qu’au chapitre de la politique concernant les aînés, nous sommes arrivés après quatre ans de travail à une progression naturelle depuis notre point de départ.
L’information
Tout d’abord, l’information : elle est essentielle.
Très tôt, nous avons appris auprès des citoyens canadiens que bon nombre d’entre eux ne savent pas très bien ce que font les différents ordres de gouvernement et ont du mal à accéder aux renseignements de base dont ils ont besoin.
En réponse à ce constat, nous avons créé les portails Web Information pour les aînés et Information pour les aidants naturels, qui sont accessibles sur le site Web Canada.ca/Aines.
Au moyen d’une carte interactive du Canada, ces deux portails Web offrent des liens vers les programmes et les services offerts par les autorités fédérales, provinciales et municipales.
La création de ces portails a été le fruit d’une collaboration, avec mes homologues, les ministres provinciaux et territoriaux responsables des aînés, que j’ai eu le plaisir de rencontrer à quatre reprises au cours des quatre dernières années.
La politique sur les aînés
La carte interactive et les portails que nous avons créés sur le site Canada.ca/aînés illustrent un aspect important de la question des aînés et du vieillissement en tant que champ d’analyse des politiques publiques.
La politique concernant les aînés est interdisciplinaire.
Les questions touchant les aînés canadiens relèvent du domaine de compétence de nombreux ministères et organismes fédéraux.
Bien que le cabinet de la ministre d’État (Aînés) se trouve au sein d’Emploi et Développement social Canada, une partie de mon mandat consiste à travailler de concert avec d’autres ministres du Cabinet fédéral en ce qui concerne les questions qui touchent les aînés du Canada.
J’ai constaté que pour l’élaboration de politiques concernant les aînés, l’une des exigences de base consiste à réunir des renseignements et des points de vue de tous les secteurs de l’administration fédérale qui sont pertinents pour les aînés et à les évaluer globalement.
Dans ce travail, il faut parfois gérer les relations complexes qui existent au sein de ces grands ministères et organismes et entre ceux-ci, à l’échelle de l’administration fédérale. Or, cette tâche peut être difficile pour les fonctionnaires qui travaillent dans le domaine des politiques concernant les aînés.
Selon l’enjeu, l’expertise et les pouvoirs décisionnels peuvent se trouver dans un autre ministère, alors que c’est Emploi et Développement social Canada qui a le mandat global d’analyser les politiques concernant les aînés.
Cela pose des défis et requiert des approches axées sur la collaboration pour l’élaboration de politiques sur les aînés.
L’année dernière, nous avons publié le rapport intitulé Gouvernement du Canada : Mesures destinées aux aînés. Le principe sur lequel reposait ce rapport était simple : regrouper, dans un seul document, les diverses activités du gouvernement fédéral qui ont trait, d’une manière ou d’une autre, aux aînés. Nous sommes très heureux du résultat.
Emploi et Développement social Canada préside un comité interministériel qui réunit des représentants de plus de 23 ministères et organismes fédéraux et qui sert de point de convergence pour le large éventail de disciplines touchées par les questions relatives aux aînés. C’est le travail de ce comité qui nous a permis de produire le rapport intitulé Gouvernement du Canada : Mesures destinées aux aînés.
Le rapport a été accueilli très favorablement par les Canadiens. Mais, abstraction faite du rapport proprement dit, j’aimerais ajouter que le processus de production du rapport a été utile pour nous, étant donné qu’il a fourni un point de convergence pour un examen exhaustif de la politique concernant les aînés à l’échelle fédérale.
Ainsi, l’enseignement que j’en ai tiré est que la politique concernant les aînés est interdisciplinaire et comprend de nombreuses sources à l’échelle gouvernementale, et que pour résoudre des questions touchant les aînés, il faut s’efforcer de réunir et d’évaluer tous les avis pertinents au sein du gouvernement.
Ce n’est pas une tâche facile, mais à mon avis, elle est essentielle.
Par ailleurs, je suis heureuse d’annoncer qu’on est en train de mettre sur pied un nouveau centre d’expertise sur le droit des aînés au sein d’Emploi et Développement social Canada.
Actuellement, le droit des aînés touche beaucoup de domaines juridiques, y compris le droit successoral et testamentaire, la fiducie, la prise de décision des représentants légaux, la succession, les soins de santé, le consentement, les soins de longue durée, le logement, la consommation, la criminalité, l’immobilier, les pensions et les prestations de retraite et les anciens combattants. De plus, nous sommes au cœur du plus important transfert de richesse dans l’histoire du Canada, qui aura des répercussions sur le droit des regroupements d’affaires et, en particulier, sur les petites entreprises.
L’acquisition d’une expertise juridique et en matière de politiques dans le domaine du droit des aînés sera essentielle au travail du gouvernement en matière de politique concernant les aînés.
Cela deviendra par ailleurs un utile carrefour fédéral pour le nombre croissant de juristes qui se consacreront à ce volet du droit.
L’isolement social
En 2014, j’ai été heureuse de nommer le professeur Andrew Wister à la présidence du Conseil national des aînés.
En novembre dernier, le Conseil national des aînés a publié son Rapport sur l’isolement social des aînés. Ce rapport s’est révélé tout particulièrement important puisqu’il a mis en lumière la question de l’isolement social des personnes âgées au Canada.
L’isolement social peut être défini comme « le fait d’avoir des contacts rares et de piètre qualité avec autrui ». L’isolement social est différent de la solitude, qui est la perception subjective d’un manque d’interaction ou de contact avec les autres. Une personne isolée sur le plan social a peu de contacts sociaux et de fonctions sociales, et elle n’entretient pas de relations mutuellement enrichissantes avec d’autres personnes.
Les répercussions de l’isolement social sur les aînés sont très troublantes. Certaines des principales constatations du rapport illustrent les défis particuliers et les risques que l’isolement social peut poser pour les aînés.
L’isolement social peut causer un manque de cohésion sociale et comporter un risque de perte permanente des précieuses contributions sociales que les aînés apportent à leur collectivité.
Les aînés isolés sur le plan social sont plus exposés à des préjudices, comme les mauvais traitements envers les aînés, y compris l’exploitation financière et la fraude.
Ils sont également plus susceptibles d'éprouver des problèmes de santé mentale, comme la dépression, l'anxiété d'origine sociale, la solitude et la toxicomanie. Il existe également une corrélation entre l'isolement social et la démence.
Par ailleurs, il est clair que la qualité des contacts avec une communauté ou un réseau de soutien peut avoir des répercussions profondes sur les moyens de subsistance, la santé physique et mentale et le bien-être des aînés ainsi que sur la prospérité des collectivités locales.
Le rapport du Conseil national des aînés a cerné un certain nombre de mesures qui peuvent aider à réduire l’isolement social des aînés.
Une des recommandations principales invitait le gouvernement fédéral à aider à renforcer les capacités collectives des organismes en vue de remédier à l’isolement social des aînés.
Ce rapport nous a incités à examiner les nouvelles façons novatrices dont le programme Nouveaux Horizons pour les aînés pourrait appuyer le travail d’un large éventail d’organismes en vue de s’attaquer à ce problème complexe.
C’est ce qui nous amène ici au MaRS Discovery District aujourd’hui. Nous avons choisi cet endroit pour présenter cette annonce parce que ce centre incarne l’innovation et la collaboration à l’œuvre.
Depuis sa création en 2005, MaRS s’est employé à contribuer à la prospérité sociale en canalisant les partenariats et la pensée novatrice. MaRs représente les intersections entre l’innovation et le partenariat. En réunissant le secteur privé, les petites entreprises, les gouvernements et le milieu universitaire et de la recherche, MaRS s’efforce de donner aux organismes les méthodologies et les partenariats stratégiques nécessaires pour maximiser leur influence sociale.
Le récent appel de propositions visant des projets pancanadiens appuie les principes de l’innovation sociale et constitue une nouvelle façon dynamique de régler certains problèmes comme l’isolement social chez les aînés.
Cette approche amène divers groupes (gouvernements municipaux, entreprises, organisations communautaires et universités) à collaborer pour trouver des solutions aux problèmes touchant les aînés.
Dans le cadre de cet appel de proposition, nous nous sommes associés à La fondation J.W. McConnell et à son initiative Innoweave.
Les organismes qui ont présenté une demande de financement ont dû mettre au point un plan d’impact visant un groupe de projets s’attaquant à l’isolement social au moyen d’efforts collectifs dans une région en particulier.
Nous avons reçu plus de 200 propositions. J’ai été ravie de constater un tel engouement pour cet appel de propositions.
Aujourd’hui, je suis fière d’annoncer la première proposition acceptée parmi de nombreuses autres à venir. Je tiens à préciser aux nombreux demandeurs que les décisions sur les projets seront prises en temps opportun.
Je suis donc heureuse d’annoncer l’octroi combiné de 3,7 millions de dollars à six organismes de Toronto qui ont uni leurs forces pour créer ENRICHES.
ENRICHES est le sigle anglais pour Engagement to Reduce Isolation of Caregivers at Home et Enhancing Seniors Collective Impact Plan, soit « plan d’impact collectif concernant l’engagement à réduire l’isolement social des personnes qui prennent soin d’un proche à domicile et à améliorer la vie des aînés ».
Ces organismes mettront en commun leurs connaissances et leur expertise et uniront leurs efforts en vue d’atteindre les objectifs du projet.
Ces partenaires renforceront la capacité de la région du Grand Toronto à réduire l’isolement social chez les aînés qui sont aussi des aidants naturels.
Les aînés qui prennent soin d’un proche, souvent leur conjointe ou leur conjoint, courent un plus grand risque de se sentir isolés. L’isolement peut s’installer peu à peu et, parfois, de façon insidieuse.
Forts d’une vision partagée, ces partenaires s’efforceront d’identifier les aidants naturels âgés qui sont vulnérables à l’isolement social. ENRICHES contribuera à aider ces personnes et à prévenir l’isolement social au moyen de la sensibilisation aux principaux risques, de la diffusion de renseignements, de programmes de formation et d’activités de sensibilisation ciblées dans diverses localités de la région du Grand Toronto.
Leurs efforts concertés auront de profondes répercussions sur les aînés de la région et sur l’actuel réseau d’organismes au service des aînés.
Au nombre des partenaires du projet, mentionnons la Fondation de l’hôpital Mount Sinaï de Toronto, le réseau de la santé Sinai–Reitman Centre, WoodGreen Community Services, la Société Alzheimer de Toronto, l’Association canadienne pour la santé mentale et la North York Community House.
Ces organismes ont à cœur de répondre aux besoins des aînés et de soutenir les aidants naturels qui sont aussi des aînés – des aînés qui doivent composer avec les difficultés et les répercussions complexes de la solitude et de l’isolement qu’entraîne la lourde responsabilité de prendre soin d’une autre personne.
Mesdames et Messieurs, ce n’est qu’un début. Dans les mois à venir, d’autres projets canadiens présentés en réponse à l’appel de proposition seront financés.
Au cours des cinq prochaines années, les projets pancanadiens réalisés dans le cadre du programme Nouveaux Horizons pour les aînés porteront principalement sur la réduction de l’isolement social chez les aînés, et ils amélioreront tangiblement la vie des Canadiens âgés en favorisant les rapports sociaux, en renforçant les liens sociaux et créant un sentiment d’appartenance à une collectivité.
Le gouvernement du Canada a adopté cette même approche d’innovation et de collaboration avec le secteur privé, les collectivités et les organismes sans but lucratif au cours des quatre dernières années dans le cadre d’autres initiatives visant à améliorer la qualité de vie des aînés.
Travailler avec le secteur privé
En juin dernier, j’ai mis sur pied le Groupe d’employeurs sur la question des aidants naturels. Ce groupe était composé de représentants de petites, moyennes et grandes entreprises de partout au pays, dont Johnson & Johnson, Ernst & Young et Home Depot.
Le groupe d’experts a été mis sur pied afin d’engager une discussion nationale sur les aidants naturels en milieu de travail. À l’heure actuelle, 6,1 millions de Canadiens (35 % de la population active du pays) prodiguent des soins à un membre de leur famille ou à un ami. Le Conference Board du Canada estime que la perte de productivité liée aux responsabilités d’aidant naturel coûte aux employeurs canadiens 1,3 milliard de dollars par année.
Le groupe d’experts a consulté des entreprises de différentes tailles à ce sujet, ce qui a donné lieu à la publication en janvier 2015 d’un excellent rapport intitulé Quand il faut jongler entre travail et soins.
Le rapport renferme les constatations du groupe et propose des ressources pratiques que les entreprises de toutes tailles peuvent utiliser pour évaluer l’incidence de la prestation de soins sur leurs activités ainsi que la façon dont des pratiques flexibles en milieu de travail peuvent les aider à garder leurs meilleurs et plus brillants employés.
Le projet annoncé aujourd’hui aborde la question des aidants naturels d’un autre angle : celui de l’isolement que peuvent vivent ces personnes.
Travailler avec les provinces
Dans le cadre du Forum fédéral, provincial et territorial des ministres responsables des aînés, nous accomplissons beaucoup pour réduire l’isolement social.
La collaboration est essentielle.
Grâce à ce Forum, non seulement mettons-nous en commun des approches prometteuses, mais nous encourageons organismes et les collectivités à s’unir pour motiver les personnes âgées seules à participer à des projets novateurs pour réduire et prévenir l’isolement social.
Travailler avec les collectivités
J’aimerais aussi aborder la question des personnes âgées sans abri du point de vue de la nécessité d’adopter des approches novatrices pour résoudre des problèmes complexes.
L’itinérance chez les aînés est troublante, notamment dans le cas des personnes souffrant d’une maladie mentale ou d’un handicap, qui peuvent être incapables de présenter une demande de prestations du Régime de pensions du Canada, de la Sécurité de la vieillesse et du Supplément de revenu garanti.
Vendredi dernier, j’ai annoncé le Programme de soutien aux aînés sans abri. Le gouvernement du Canada s’est engagé à veiller à ce que les aînés canadiens reçoivent les prestations du Régime de pensions du Canada et de la Sécurité de la vieillesse auxquelles ils ont droit.
Nous collaborons étroitement avec les organismes de première ligne afin de venir en aide aux aînés les plus vulnérables du Canada.
Grâce à ce programme, des organismes communautaires comme l’Armée du Salut peuvent faire une demande afin d’administrer ces prestations au nom des aînés sans abri.
Un organisme sans but lucratif ou de bienfaisance enregistré ou une municipalité peut agir à titre d’administrateur au nom d’une personne.
En tant qu’administrateurs, les organismes qualifiés et les municipalités peuvent présenter une demande afin de recevoir les prestations du Régime de pensions ou de la Sécurité de la vieillesse au nom des aînés qu’ils représentent, puis verser ces prestations dans le meilleur intérêt de ces personnes.
Les personnes sans domicile fixe ne devraient pas et ne doivent plus être privées de ces revenus.
Grâce à ce programme novateur, qui consiste à collaborer avec des organismes sans but lucratif et de bienfaisance et des municipalités afin de pouvoir remettre ces prestations, nous veillons à ce que personne ne soit laissé pour compte.
Conclusion
Je vous suis reconnaissante de votre patience et de m’avoir permis de prendre un peu plus de temps pour expliquer le contexte de cette annonce.
Je me suis efforcée de résumer quatre ans de travail :
- nos portails Web Information pour les aînés et Information pour les aidants naturels;
- notre travail acharné pour mettre au point une méthode d’analyse de la politique concernant les aînés tenant compte du fait qu’il s’agit d’un secteur interdisciplinaire de politique publique qui exige une rigoureuse analyse globale dans l’ensemble du gouvernement;
- l’établissement de l’isolement social comme enjeu au cœur de notre travail au cours des cinq prochaines années. Cela se traduit dans le programme Nouveaux Horizons pour les aînés et dans notre partenariat avec McConnell et Innoweave, ainsi que dans les activités des ministres fédéral, provinciaux et territoriaux responsables des aînés et, évidemment, dans le travail et le rapport du Conseil national des aînés qui, à bien des égards, constitue le fondement d’une grande part de ces travaux;
- le travail du Groupe d’employeurs sur la question des aidants naturels;
- le Programme de soutien aux aînés sans abri;
- et bien entendu, la merveilleuse annonce d’aujourd’hui au sujet du projet ENRICHES dirigé par le Mount Sinaï Hospital et ses partenaires.
- Nous sommes à l’aube du plus important virage démographique de l’histoire canadienne. Toutes ces activités ont en commun la nécessité d’adopter une approche globale des questions touchant les aînés, une approche qui regroupe beaucoup domaines et de disciplines ainsi que des gens qui contribuent au travail de diverses façons et qui, de concert, réfléchissent et agissent avec créativité et innovation, et avec la détermination de s’attaquer à des difficultés que nous aurons tous à surmonter.
- Je me sens très privilégiée de faire ce travail.