En juillet 2015, le gouvernement du Canada a annoncé l’octroi d’un financement permanent et stable de l’ordre de 120.5 millions de dollars destiné à 7 programmes de santé gérés par Santé Canada et l’Agence de la santé publique du Canada. Ce financement appuie les activités de promotion de la santé et de prévention des maladies chez les Autochtones, ainsi que 2 programmes visant à améliorer la capacité des collectivités de gérer les services de santé et d’en assurer la prestation.
Initiative sur le diabète chez les Autochtones
46,8 millions de dollars par année
L’Initiative sur le diabète chez les Autochtones (IDA) vise à réduire le diabète de type 2 chez les Premières Nations et les Inuits. Le financement appuie les activités et les services de promotion de la santé et de prévention des maladies offerts par des agents de santé communautaire et des fournisseurs de services de santé qualifiés. Ces services sont offerts dans toutes les collectivités inuites et des Premières Nations du pays. Selon l’Enquête régionale sur la santé de 2008 2010, l’IDA a permis d’accroître avec succès l’accès à l’information sur la prévention du diabète et aux services d’éducation connexes.
En outre, l’IDA vise à accroître la capacité de ressources humaines en santé. À titre d’exemple, les derniers résultats révèlent que les collectivités comptant des travailleurs accrédités dans le domaine du diabète financés dans le cadre de l’Initiative sont plus susceptibles d’appuyer le dépistage préventif du diabète et de collaborer avec d’autres professionnels de la santé et membres du personnel des divers programmes, pour ainsi favoriser la prestation de services à la clientèle plus exhaustifs et intégrés.
Programme de soins de santé maternelle et infantile
29,5 millions de dollars par année
Dans le cadre du Programme de soins de santé maternelle et infantile (PSSMI) de Santé Canada, des membres du personnel infirmier et des travailleurs communautaires effectuent des visites à domicile pour répondre aux besoins des femmes enceintes des Premières nations, de même que des familles ayant des nourrissons et de jeunes enfants. De même, le PSSMI favorise le dépistage et l’évaluation, ainsi que les activités de promotion de la santé, notamment des activités de prévention à l’appui de la santé buccodentaire des enfants. Le PSSMI prévoit divers programmes locaux et intégrés qui sont axés sur la culture des Premières nations et des Inuits et qui répondent aux besoins individuels, familiaux et communautaires.
Les services du PSSMI visent l’ensemble des collectivités canadiennes, et la prestation de ceux ci est assurée dans plus de 300 collectivités des Premières Nations. Au cours des 3 dernières années, les programmes prévus dans le cadre du PSSMI ont permis de répondre aux besoins de plus de 8 000 familles ayant de jeunes enfants, ainsi que d’offrir de la formation à quelque 250 membres de la collectivité. Parallèlement, les programmes axés sur la santé buccodentaire des enfants ont permis à environ 20 000 enfants d’avoir accès à des services préventifs et cliniques en matière de santé buccodentaire.
Stratégie nationale de prévention du suicide chez les jeunes Autochtones
13,5 millions de dollars par année
La Stratégie nationale de prévention du suicide chez les jeunes Autochtones (SNPSJA) vise à prévenir le suicide chez les jeunes Inuits et les jeunes des Premières Nations. Cette stratégie appuie des activités qui contribuent à réduire les facteurs de risque liés au suicide, notamment :
- le perfectionnement des compétences et l’acquisition d’habiletés d’adaptation;
- l’employabilité;
- les activités récréatives qui visent à réduire l’isolement et à accroître le soutien par les pairs, ainsi qu’à promouvoir l’activité physique;
- les activités qui favorisent les comportements sains et la résolution de problèmes;
- les activités qui permettent aux jeunes d’établir des liens avec les aînés, leur collectivité et leur culture.
À ce jour, jusqu’à 145 projets par année ont été financés dans le cadre de la SNPSJA. Les activités et l’approche communautaire prévus par la Stratégie sont conformes aux examens spécialisés de l’efficacité des programmes de prévention du suicide et s’harmonisent avec les stratégies internationales de prévention du suicide chez les populations autochtones, ainsi qu’avec le Cadre du continuum du mieux-être mental des Premières Nations.
Programme d’aide préscolaire aux Autochtones des réserves
5,0 millions de dollars par année pour compléter les fonds actuels du Programme de l’ordre de 42,7 millions de dollars par année
Le financement annoncé vient offrir un soutien supplémentaire dans le cadre de deux programmes d’aide préscolaire aux Autochtones : le Programme d’aide préscolaire aux Autochtones des réserves (PAPAR) et le Programme d’aide préscolaire aux Autochtones dans les collectivités urbaines et nordiques à l’intention des collectivités hors réserve.
L’Enquête régionale sur la santé de 2008 2010 révèle que les enfants qui ont participé au PAPAR étaient plus susceptibles d’avoir pris part à des activités physiques salutaires et à des activités parascolaires culturelles traditionnelles, comparativement aux enfants qui n’avaient pas participé au PAPAR.
À l’heure actuelle, le PAPAR complet répond aux besoins de plus de 11 300 enfants au sein de plus de 350 collectivités des Premières Nations partout au Canada. Ce financement supplémentaire appuie les activités de sensibilisation et de visites à domicile qui permettent d’étendre la portée des programmes offerts dans des centres à plus de 3 300 enfants et familles.
Programme d’aide préscolaire aux Autochtones dans les collectivités urbaines et nordiques
5,0 millions de dollars par année pour compléter les fonds actuels du Programme de l’ordre de 31,1 millions de dollars par année (Agence de la santé publique du Canada)
Les programmes d’aide préscolaire aux Autochtones sont reconnus comme programmes modèles de la petite enfance. Les sites offrent de l’éducation préscolaire en classe qui amène les enfants à participer à des activités axées sur leur culture et leur langue, en plus de favoriser la participation des parents. De même, les parents bénéficient d’un soutien par les pairs et de renvois aux services de soutien communautaires.
Le Programme d’aide préscolaire aux Autochtones dans les collectivités urbaines et nordiques (PAPACUN) a une incidence positive sur la préparation à l’école, plus particulièrement sur l’amélioration des habiletés linguistiques, sociales et motrices ainsi que sur l’aptitude aux études des enfants. Certaines études révèlent l’efficacité du Programme pour ce qui est d’améliorer la littératie culturelle et d’accroître l’exposition aux cultures et aux langues autochtones, de même que l’incidence positive du Programme sur les comportements favorables à la santé, notamment l’accès des enfants à des activités physiques quotidiennes de même qu’à des services de santé et à des services dentaires. À l’heure actuelle, 133 sites hors réserve au Canada participant au PAPACUN de base offrent des programmes d’une demi journée en classe à l’intention de quelque 4 800 enfants autochtones âgés essentiellement de 3 à 5 ans. Ce financement supplémentaire appuie les sites qui participent actuellement au PAPACUN, puisqu’il permet d’offrir des activités de perfectionnement des compétences et de formation au personnel, de donner suite aux nouvelles questions, ainsi que de combler les lacunes (p. ex. collectivités ne recevant pas l’intégralité des services, réparation et amélioration des infrastructures, dépenses d’investissement).
Fonds d’intégration des services de santé
15,8 millions de dollars par année
Le Fonds d’intégration des services de santé (FISS) de Santé Canada reconnaît la nécessité de renforcer la capacité de gérer et d’harmoniser efficacement les services de santé à l’intention des collectivités inuites et des Premières Nations. De 2010 2011 à 2014 2015, le FISS était axé sur le financement de projets multicommunautaires à grande échelle appuyant l’intégration des services de santé offerts par les collectivités et les organisations inuites et des Premières Nations, ainsi que des services financés à l’échelle provinciale et territoriale. Depuis 2010, le FISS a financé 77 projets dans l’ensemble du pays visant 518 collectivités, plus de 70 organisations des Premières Nations et Inuites, 47 autorités régionales de la santé et 18 organismes gouvernementaux n’œuvrant pas dans le domaine de la santé (fédéraux, provinciaux ou municipaux).
Le FISS continuera de financer les organisations, les collectivités et d’autres entités inuites et des Premières Nations en vue d’établir des ententes de prestation de services intégrées et des activités régionales de collaboration « prêtes à mettre en œuvre » qui donneront lieu à l’élaboration de nouveaux modèles de prestation de services regroupés contrôlés par les Premières Nations et appartenant à ces dernières.
Initiative sur les ressources humaines en santé autochtone
4,9 millions de dollars par année
Dans le cadre de l’Initiative sur les ressources humaines en santé autochtone (IRHSA) de Santé Canada, des bourses sont accordées aux étudiants autochtones qui choisissent de faire carrière dans le domaine de la santé et une formation est offerte aux travailleurs communautaires, dont les gestionnaires en santé des Premières Nations.
De 2005 à 2013, l’IRHSA appuyé plus de 3 000 étudiants suivant un large éventail de programmes de formation professionnelle dans le domaine de la santé grâce à l’octroi de bourses. Dans le cadre de l’Initiative, on a également organisé 17 salons régionaux des carrières dans l’ensemble du pays auxquels ont participé plus de 9 000 jeunes. Depuis 2010, l’Initiative a permis de financer la formation accréditée de 450 travailleurs communautaires. En outre, l’Initiative a appuyé la création de l’Association nationale des gestionnaires en santé des Premières nations ainsi que la formation de gestionnaires en santé des Premières Nations, ce qui a contribué au maintien en poste des travailleurs communautaires.
Au cours des années à venir, l’IRHSA continuera de favoriser l’augmentation du nombre de membres des Premières Nations et d’Inuits qui choisissent de faire carrière dans le domaine de la santé, de même que l’amélioration des compétences et des accréditations des travailleurs communautaires. Les deux volets de l’Initiative permettront d’atteindre ces objectifs : l’octroi de bourses aux étudiants autochtones qui choisissent de faire carrière dans le domaine de la santé, ainsi que la formation et l’accréditation des travailleurs communautaires. Chaque année, 475 étudiants autochtones se verront accorder des bourses en vue de l’exercice d’une profession dans le domaine de la santé, notamment en soins infirmiers, en médecine, la profession de sage femme, en physiothérapie, en pharmacie, en santé buccodentaire, en technologie de laboratoire et en technologie de la radiation. En outre, le volet des travailleurs communautaires favorisera la prestation directe de formation aux Autochtones travaillant dans des domaines tels que l’alcoolisme et la toxicomanie, la santé mentale, l’éducation de la petite enfance et le diabète chez les Autochtones, de même qu’aux préposés aux services de soutien à la personne, ainsi que l’accréditation de ceux ci.