05 Août 2015 – Montréal – Office national du film du Canada (ONF)
L'Office national du film du Canada (ONF) revient au Festival international du film de Toronto (TIFF) (tenu du 10 au 20 septembre 2015) avec une brillante sélection de longs métrages de Mina Shum, Mark Lewis et Guy Maddin, et de courts métrages signés par l'animateur primé Howie Shia, les membres du groupe musical Godspeed You! Black Emperor David Bryant et Karl Lemieux, la journaliste Katherine Monk et l'artiste pluridisciplinaire Caroline Monnet.
Longs métrages
La réalisatrice vancouvéroise Mina Shum est de retour au Festival pour y présenter son premier documentaire. Ninth Floor réexamine la célèbre « émeute de Sir George » survenue en 1969 à l’Université Sir George Williams (aujourd’hui l'Université Concordia), à Montréal, qui a marqué un tournant décisif dans le contexte des relations raciales au Canada. Le visualiste originaire de Hamilton, en Ontario, Mark Lewis explore les changements constants dans l’aménagement de Paris, São Paulo et Toronto dans Invention (Mark Lewis Studio/ONF/Soda Film + Art). Dans The Forbidden Room (Phi Films/Buffalo Gal Pictures/ONF), l'auteur winnipégois Guy Maddin fait équipe avec le réalisateur Evan Johnson pour rendre hommage au cinéma classique en nous entraînant très haut dans les airs, autour du monde et dans des paysages oniriques, et en racontant des histoires d'amnésie et de captivité, de tromperie et de meurtre, de femmes squelettes et de bananes vampiriques. The Forbidden Room est issu du projet interactif Seances produit par l'ONF, qui sera lancé en 2016.
Courts métrages
Quatre œuvres de l'ONF sont projetées dans le programme Short Cuts. Pour son court métrage d'animation BAM, le Torontois Howie Shia (Flutter) s'inspire d'événements de la vie de son grand-père taïwanais pour créer une adaptation moderne du mythe d'Hercule.
Dans Quiet Zone (Ondes et silence), les cinéastes montréalais Karl Lemieux et David Bryant alternent entre documentaire, essai cinématographique et film expérimental pour plonger le spectateur dans l'univers de gens souffrant d'hypersensibilité électromagnétique. La critique de cinéma et auteure vancouvéroise Katherine Monk signe sa première œuvre en tant que réalisatrice avec Rock the Box, regard sur les efforts de Rhiannon Rozier en vue de pénétrer dans la chasse gardée masculine que représente la profession de DJ. Enfin, Mobilize (Mobiliser), de l'artiste établie à Montréal Caroline Monnet, explore la tension entre les modes de vie traditionnelle et moderne qu’éprouvent les peuples autochtones du Canada à l'aide d'images entièrement puisées dans les chutes de plus de 700 films de l'ONF remontant jusqu'à 1939, et d'une trame sonore percutante de Tanya Tagaq.
Longs métrages
Ninth Floor, première mondiale, section TIFF Docs, 81 min
• Plus de 40 ans après la tristement célèbre « émeute de Sir George », Ninth Floor fait revivre l'un des épisodes les plus contestés de l'histoire de la nation. Effectuant une première incursion dans l’univers du documentaire, l'auteure et réalisatrice Mina Shum livre un témoignage filmique de reconnaissance et de rédemption dans lequel les protagonistes de cet événement historique filmés à divers endroits, tant à Trinidad qu’à Montréal, rétablissent les faits… et se déchargent de leur fardeau.
• Ninth Floor est scénarisé et réalisé par Mina Shum, et produit par Selwyn Jacob. Shirley Vercruysse en est la productrice exécutive pour le Centre du Pacifique et du Yukon de l'ONF à Vancouver.
• Double Happiness (1994), le premier long métrage de Mina Shum, coproduit par l'ONF, avait été présenté en première au Festival international du film de Toronto, où il avait obtenu une mention spéciale du jury pour le meilleur long métrage canadien et remporté le prix Toronto Metro Media. Les deuxième et troisième longs métrages de Mina Shum – Drive, She Said (1997) et Long Life, Happiness and Prosperity (2002) – ont aussi eu leur première au Festival de Toronto. Parmi ses courts métrages, mentionnons Me, Mom and Mona, lequel a reçu une mention spéciale du jury au Festival international du film de Toronto en 1993, et plus récemment, I Saw You.
Invention, première mondiale, section Wavelengths, 87 min
• Tourné sur une période de deux ans à Paris, São Paulo et Toronto, Invention est le premier long métrage de Mark Lewis . Des salles célèbres du Louvre aux immeubles modernistes d’Oscar Niemeyer, au Brésil, et de Mies van der Rohe, au Canada, Lewis nous entraîne dans une dynamique tournée de paysages urbains mouvants où le verre, la lumière, la réflexion, le béton, les escaliers en colimaçon et les peintures sont mis à contribution pour capter la texture de ces endroits, leurs points d'intérêt, les gens qui peuplent leurs rues et leurs immeubles. Hommage aux films du genre « symphonie urbaine » réalisés dans les années 1920, Invention est une déclaration d’amour aux espaces urbains, à l’art et au cinéma.
• Invention est le premier long métrage de Mark Lewis Studio en coproduction avec l'ONF et en association avec Soda Film + Art. Les producteurs en sont Eve Gabereau (Soda Film + Art), Gerry Flahive et Anita Lee (ONF). Emily Morgan (Soda Film + Art) est coproductrice. Les producteurs exécutifs sont Anita Lee (ONF) et Mark Lewis.
• Mark Lewis est un visualiste reconnu sur la scène de l’art contemporain. En 2009, il représente le Canada à la Biennale de Venise, et son travail fait l’objet d'une rétrospective au Festival international du film de Toronto. Ses œuvres portent principalement sur la technologie cinématographique et sur les différents genres qui se sont développés en plus d’un siècle d’histoire du cinéma. Il a participé à des expositions tenues notamment au Musée des beaux-arts du Canada, au MoMA (New York), au BFI Southbank (Londres) et au Centre Pompidou (Paris), et a tourné un film à la National Gallery (Londres).
• Invention marque sa deuxième collaboration avec l'ONF, la première ayant été pour Cold Morning: Trilogy (2009), projeté dans le cadre du programme Future Projections du Festival international du film de Toronto.
The Forbidden Room, première canadienne, section Wavelengths, 128 min
• Si le prodige canadien Guy Maddin est une légende vivante à Winnipeg, The Forbidden Room constitue certainement une parfaite fantasmagorie épique. Hommage au cinéma classique avec une dose d'électrochocs, ce film est un véritable jeu de poupées russes : la première scène se déroule dans un sous-marin où l'équipage mâche des crêpes américaines dans une tentative désespérée de respirer l'oxygène qu'elles contiennent. Soudain, un bûcheron arrive tranquillement de nulle part et leur raconte comment il a fui un clan de redoutables hommes des cavernes. De là, Maddin nous entraîne très haut dans les airs, autour du monde et dans des paysages oniriques, et raconte des histoires d'amnésie et de captivité, de tromperie et de meurtre, de femmes squelettes et de bananes vampiriques. Se déroulant comme une glorieuse rencontre entre Italo Calvino, Sergei Eisenstein et un enfant de six ans à l'esprit pervers, The Forbidden Room est une ode aux films perdus.
• Réalisé par Guy Maddin et coréalisé par Evan Johnson, The Forbidden Room est scénarisé par Guy Maddin, Evan Johnson et Robert Kotyk. Le film est produit par Phyllis Laing, Guy Maddin, David Christensen (ONF) Phoebe Greenberg et Penny Mancuso. David Christensen (ONF), Niv Fichman, Jody Shapiro et François-Pierre Clavel en sont les producteurs exécutifs. The Forbidden Room est une production de Phi Films et Buffalo Gal Pictures en coproduction avec le Centre du Nord-Ouest de l'ONF.
• The Forbidden Room dérive du projet interactif réalisé par Maddin pour l'ONF Seances, une expérience Web immersive qui ressuscite et combine des films perdus de l'époque du cinéma muet. Auparavant, Maddin a collaboré avec l'ONF pour Night Mayor (Maire de nuit) (2009), film commandé pour marquer le 70e anniversaire de l'institution, et son court métrage Nude Caboose (2006), lequel faisait partie de la révolutionnaire série de mobimétrages de l'ONF Shorts in Motion: The Art of Seduction.
Films présentés dans la section Short Cuts
BAM, première mondiale, 5 min, 48 s
• Adaptation moderne du mythe d’Hercule, BAM raconte l’histoire d’un jeune boxeur qui se débat entre sa nature timide et studieuse et un caractère extrêmement violent. D’où vient donc la rage qui l’habite? Est-elle attribuable à des facteurs psychologiques, environnementaux… ou à quelque chose de bien plus primitif?
• Howie Shia s’adjoint la collaboration de sa famille en recrutant ses frères musiciens — l'artiste hip-hop Leo Shia (alias LEO37) et le compositeur Tim Shia — pour créer la bande sonore du film. Méditant sur les complexités de l'identité masculine, le cinéaste s'inspire de l'expérience de son grand-père taïwanais, lequel était un officier de police de haut rang ainsi qu'un calligraphe et poète de renom.
• BAM, le cinquième film réalisé par Howie Shia à l'ONF est produit par Maral Mohammadian. Michael Fukushima en est le producteur exécutif pour le Studio d'animation de l'ONF.
Quiet Zone (Ondes et silence), première canadienne, 14 min
• Par un travail complexe sur l’image et le son, les cinéastes nous font pénétrer dans l’univers de citoyens souffrant d’hypersensibilité électromagnétique. Entre le documentaire, l’essai cinématographique et le film expérimental, Ondes et silence défie les genres et tisse une trame singulière où le traitement visuel et sonore transfigure la réalité pour faire sentir le désarroi de ces « réfugiés des ondes ».
• Ondes et silence est un film de Karl Lemieux et David Bryant. Julie Roy est la productrice et la productrice exécutive pour le Studio d’animation français de l’ONF. Il s’agit d’une deuxième collaboration de Lemieux avec l’ONF (Mamori, 2010), et de la première pour David Bryant.
• Karl Lemieux a réalisé plusieurs films expérimentaux (Mouvement de lumière, 2004; Western Sunburn, 2006; Mamori, 2010) et donné de nombreuses performances de cinéma en direct avec des musiciens d’avant-garde. Il est également cofondateur du collectif Double Négatif. Depuis 2010, il performe avec le groupe Godspeed You! Black Emperor.
• Guitariste, musicien et concepteur sonore, David Bryant est connu pour sa participation aux groupes Godpeed You! Black Emperor, Hiss Tracts et Set Fire to Flames. En 2004, il a créé le studio The Pines, lieu essentiel de la musique actuelle à Montréal, en plus de signer la musique et la conception sonore de Madame Tutli-Putli (Chris Lavis et Maciek Szczerbowski, 2007) et Passage (Karl Lemieux, 2007).
Rock the Box, première mondiale, 10 min
• La musique électro de danse (EDM) est le secteur le plus lucratif de l'industrie de la musique. Mais c'est un univers dominé par les hommes qui représentent cent pour cent des professionnels les mieux payés de ce secteur. Rhiannon Rozier a voulu pénétrer dans cette chasse gardée, mais la DJ de Vancouver dit qu'elle a heurté le « plafond de verre». Ne pouvant accéder à la cour des grands, elle a fait ce qu'elle n'aurait jamais pensé faire : elle a posé pour Playboy.
• Rock the Box est scénarisé et réalisé par Katherine Monk. Le film est produit par Shirley Vercruysse et Selwyn Jacob; Shirley Vercruysse en est la productrice exécutive pour le Centre du Pacifique et du Yukon à Vancouver.
• Katherine Monk est une critique de cinéma et une auteure établie à Vancouver. Critique de cinéma nationale pour Postmedia News, elle contribue régulièrement à différentes émissions à CBC Radio, Global Television, Corus Radio. Elle a donné des conférences et enseigné le cinéma dans diverses institutions, dont l’Institut d’études canadiennes de McGill, l’Université Simon Fraser et l’Université Capilano. Elle est l’auteure à succès de Weird Sex and Snowshoes and Other Canadian Film Phenomena – transposé en long métrage documentaire réalisé par Jill Sharpe – ainsi que de Joni: The Creative Odyssey of Joni Mitchell. Rock the Box est son premier film.
Mobilize (Mobiliser), première mondiale, 3 min, 30 s
• S’inspirant habilement de ceux et celles qui vivent sur le territoire et du rythme de la nature, Mobiliser, de Caroline Monnet, entreprend un exaltant voyage qui nous emmène du Grand-Nord jusqu’au Sud urbain. Peu importe le paysage ou les conditions, chacun vaque à ses activités quotidiennes avec ardeur, dextérité et compétence. Les rythmes fracassants du punk polaire Uja, qu’interprète Tanya Tagaq, accentuent la perpétuelle tension entre les modes de vie moderne et traditionnelle que subit un peuple qui va sans cesse de l’avant.
• Mobiliser s'inscrit dans la série Souvenir composée de quatre courts métrages sur l’identité et la représentation des Autochtones créés par des artistes autochtones à partir des chutes de plus de 700 films de l’ONF. Souvenir a été présentée sous forme d’installation à l’exposition multimédia Gazing Back, Looking Forward tenue au Pavillon autochtone, un festival qui s’est déroulé durant les Jeux panaméricains et parapanaméricains 2015 de Toronto.
• Mobiliser est réalisé par Caroline Monnet. La productrice et productrice exécutive pour l'ONF est Anita Lee, du Centre de l'Ontario de l'ONF à Toronto.
• La cinéaste et artiste multidisciplinaire algonquine Caroline Monnet est l’une des membres du collectif d’arts numériques autochtone ITWÉ, établi à Winnipeg et à Montréal. Ses œuvres — films/vidéos, sérigraphies et installations — ont été présentées dans les festivals et galeries partout dans le monde. Ses courtes vidéos Ikwé et Warchild ont toutes deux été sélectionnées par le Festival international du film de Toronto, et son plus récent court métrage, Gephyrophobia a été retenu pour être présenté à Cannes dans le cadre du programme Talent tout court de Téléfilm.
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