La défense aérienne continentale durant la guerre froide

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Après la Seconde Guerre mondiale, le Canada et les États-Unis forment une alliance pour défendre le continent contre une éventuelle attaque aérienne par les Soviétiques. La contribution du Canada sur le plan des ressources humaines, des ressources financières, de l’ingénierie et du savoir scientifique se révèle essentielle à la défense du pays et de toute l’Amérique du Nord à une époque où le continent semble exposé à de graves dangers. Bien qu’importante tout au long de la guerre froide (1945-1991), la tâche première du Canada, soit de défendre le continent contre une offensive par des bombardiers soviétiques, prend des proportions cruciales dans les années 1950, époque où ce genre d’attaque représente la principale menace. Les stations radars et les escadrons d’avions pilotés qui sont disséminés un peu partout au Canada sont le principal moyen de détecter et d’intercepter l’ennemi.

Dans les années 1950, le Canada cède aux instances des États-Unis, qui craignent une attaque de l’Union soviétique, et accepte de prendre part à la création d’un réseau de défense sans précédent de par son niveau de perfectionnement technologique, sa complexité et son étendue géographique. Les deux pays travaillent de concert à l’installation de trois lignes radars qui s’étendent d’un bout à l’autre du Canada (Pinetree, Centre du Canada et DEW [détection lointaine avancée]). Ils construisent aussi des bases aériennes de leur côté respectif du 49e parallèle pour faciliter l’utilisation de chasseurs dans l’interception de l’ennemi. Les bases du Canada sont bientôt équipées d’aéronefs CF‑100 de fabrication canadienne. À la fin de la décennie, l’alliance est officialisée sous l’égide du NORAD, et la construction d’un centre névralgique canadien débute à North Bay, en Ontario, où des données provenant du Nord et de l’Est du Canada sont coordonnées et analysées, puis transmises à l’état-major continental au Colorado, au besoin. Dans les années 1960, la contribution du Canada à ce réseau perd quelque peu de son importance avec l’avènement d’armes telles que des missiles balistiques intercontinentaux et des missiles lancés à partir de sous-marins, qui surclassent les bombardiers dans l’échelle des menaces. À la fin des années 1970, cependant, des améliorations technologiques ramènent au premier plan la possibilité d’une première frappe par des bombardiers. En 1985, le Canada participe à l’établissement d’une nouvelle ligne radar plus perfectionnée.

Conséquence de la coopération entre le Canada et les États-Unis, la question de la défense aérienne continentale soulève de sérieuses préoccupations au sujet de la souveraineté, plus particulièrement en ce qui concerne la politique du Canada sur les armes nucléaires et le contrôle de l’espace aérien et du territoire canadien. Les dirigeants canadiens se montrent très réticents à acheter des armes nucléaires, et le Canada en arrive graduellement à adopter à cet égard une politique qui diffère de celle des États-Unis. En outre, les coûts élevés de la souveraineté territoriale amènent le Canada à accepter la participation des Américains à divers aspects de la défense aérienne du pays en sol canadien. Ce n’est qu’à la fin des années 1960, lorsque la guerre nucléaire semble avoir perdu son caractère imminent, que le pays commence à assumer un contrôle militaire accru sur son espace aérien et son territoire.

Les effets sociaux et économiques de la défense aérienne continentale se feront ressentir dans des dizaines de collectivités du pays. À Toronto et dans des centres urbains de plus petite taille, les besoins en matière de défense mènent à la création d’emplois dans la production d’équipement militaire, en particulier des aéronefs. Les installations militaires embauchent des civils locaux, principalement des gens de métier. Dans les nombreuses petites collectivités isolées du pays qui abritent les aérodromes, les stations météorologiques et les stations radars, la militarisation donne souvent lieu à un cycle d’expansion économique suivie d’un ralentissement. Les effets sont particulièrement marqués dans l’Arctique, où ces installations militaires accélèrent la transformation du mode de vie des Inuits par l’introduction du travail salarié et d’une plus grande sédentarité.

  • L’expression guerre froide désigne une période allant de la fin de la Seconde Guerre mondiale à l’effondrement de l’Union soviétique en 1991. Cette période a été caractérisée par un gouffre idéologique entre le capitalisme occidental, dirigé par les États-Unis, et le communisme des pays de l’Est, dominé par les Soviétiques. Cette profonde divergence est à l’origine de grandes tensions militaires et politiques.

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Titre de l'image : Chasseur-intercepteur Avro CF-100 Mk 4b
Source de l'image: Passerelle pour l'histoire militaire canadienne – fait partie du Ministère de la Défense nationale
De: http://www.cmhg.gc.ca/cmh/image-636-fra.asp?page_id=726

Image : Chasseur-intercepteur Avro CF-100 Mk 4b
Droit d¿auteur : Passerelle pour l'histoire militaire canadienne ¿ fait partie du Ministère de la Défense nationale
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2016-11-02