William Berczy (1774-1813)

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William Berczy, de son nom de baptême Johann Albrecht Ulrich Moll, voit le jour en 1744 à Wallerstein, en Bavière (aujourd’hui l’Allemagne). Il est le fils d’un important diplomate. Il fréquente l’académie des beaux‑arts de Vienne et l’Université d’Iéna. Dans les années 1770, il gagne sa vie comme marchand et peintre et se promène entre différentes villes du nord de l’Allemagne, de Pologne, de Hongrie et de Croatie, où il aurait commencé à utiliser le nom de William Berczy. Vers 1777, il rompt tous les liens avec sa famille et se rend à Florence, en Italie, où il occupe son temps à peindre des miniatures. C’est à cet endroit qu’il rencontre la Suisse Jeanne-Charlotte Allamand, qu’il épouse en 1785. Le couple demeure à Florence jusqu’en 1790, puis déménage à Londres, en Angleterre. En 1792, par le biais d’un partenariat avec des spéculateurs fonciers britanniques, Berczy, son épouse et environ 200 colons qualifiés du centre de l’Europe quittent le continent pour aller développer un lopin de terre dans l’ouest de New York. Lorsqu’il constate que ses premiers efforts de colonisation sont vains, Berczy conduit ses colons dans le Haut‑Canada, où le lieutenant‑gouverneur John Graves Simcoe s’engage à lui donner des terres si ses hommes dégagent la rue Yonge jusqu’à la rivière Holland.

William Berczy devient ainsi l’un des premiers cofondateurs de Toronto et le fondateur de Markham. Les colons qu’il a conduits dans le Haut‑Canada dégagent une section importante de la rue Yonge, la principale artère militaire et commerciale au nord de la capitale provinciale. En 1794, à l’arrivée de Berczy à York, la nouvelle capitale du Haut‑Canada, la colonie britannique n’y existait que depuis trois ans, séparée du Bas‑Canada par l’Acte constitutionnel de 1791. La rue Yonge n’était alors qu’une étroite ligne d’arpentage dans les buissons et débutait à l’endroit où se trouve aujourd’hui l’avenue Eglinton. Berczy et les colons ont tout de suite commencé à dégager ce qui deviendrait la principale rue de la capitale; ils ont transformé le paysage naturel et marqué ainsi la naissance de Toronto et de Markham. Au début, les immigrants ont dû livrer bataille, mais au bout d’un certain temps, ils ont obtenu, grâce à Berczy, la permission de s’établir là où se trouve maintenant Markham, et où vivent leurs descendants.

Les années pendant lesquelles Berczy se dévoue à la colonisation sont bien remplies, mais celui‑ci trouve néanmoins le temps de peindre. Ce n’est toutefois qu’à la fin de sa vie qu’il commence à en faire une profession. Il jouit d’un succès remarquable. En tant qu’artiste, il se fait connaître pour les portraits qu’il réalise pendant l’âge d’or de la peinture dans les débuts du Canada, à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle. Les œuvres qu’il peint à Toronto et à Montréal sont le reflet de l’élite sociale de l’époque au Haut‑Canada et au Bas‑Canada. De plus, son travail de miniaturiste est reconnu comme l’un des meilleurs en son genre. Deux de ses portraits, Joseph Brant (vers 1807) et The Woolsey Family (1809), sont considérés comme des œuvres exceptionnelles.

Bien que le travail considérable qu’il a accompli en tant qu’architecte et ingénieur ne soit pas  totalement compris, Berczy est investi de mandats importants dans le Haut‑Canada et le Bas‑Canada, ce qui témoigne de sa grande réputation. Son premier mandat, qui constitue aussi son travail de conception le plus connu, consiste en l’église Christ Church, la première véritable église anglicane de Montréal, qui deviendra plus tard la cathédrale anglicane de la ville. Par ce concept, Berczy contribue au développement, dans l’ancienne colonie française, d’une architecture reflétant les goûts du régime britannique.

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2016-11-02