Lieu historique national du Canada d'Arvida
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Située dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean à quelque 250 km au nord de la ville de Québec, Arvida a été conçue à partir de 1925 et réalisée en trois phases, échelonnées jusqu’en 1950. Elle constitue une excellente synthèse des concepts urbanistiques de l’époque, tels les mouvements City Beautiful et cité-jardin. Exemple très bien conservé de ville mono-industrielle canadienne, il s’agit d’un projet singulier de logement ouvrier de qualité où l’édification rapide du paysage urbain s’est faite au moyen d’une grande variété de modèles de résidences. Associée au premier complexe aluminier au Canada, l’expansion d’Arvida témoigne de plus de l’essor et du développement liés à l’industrie de l’aluminium au pays.
La ville d’Arvida, dont le nom provient de l’acronyme formé à partir des premières lettres du nom de son fondateur, ARthur VIning DAvis (1867-1962), président de la compagnie Alcoa, est fondée à la suite de l’implantation, en 1924, d’une usine d’aluminium. Par l’entremise de sa filiale Arvida Works, la compagnie est responsable de l’aménagement du territoire selon un plan conçu en 1926 par Harry B. Brainerd et Hjalmar Ejnar Skougor. Les 270 résidences de la phase originale sont construites en seulement 135 jours, ce qui vaut à la ville d’Arvida le surnom de « ville construite en 135 jours ». Après des débuts prospères, l’usine vit un ralentissement marqué au début des années 1930. L’avènement de la Seconde Guerre mondiale assure toutefois une reprise importante de la production d’aluminium pour Alcan et amène une expansion considérable de la ville d’Arvida. La deuxième phase de construction s’amorce dès 1936, notamment par l’édification des maisons dont les plans sont signés par l’architecte Ernest Isbel Barott et la construction, en 1939, du Saguenay Inn. L’expansion de la ville, gérée depuis sa fondation par la compagnie Alcan, sera, à partir de 1942, sous la supervision d’une commission d’urbanisme. Cette période coïncide avec la troisième phase de construction d’Arvida au cours de laquelle des maisons sont érigées selon les plans des architectes Fetherstonhaugh and Durnford et de R.H. Wiggs en 1944.
Au Canada, c’est par le biais de planificateurs urbains ou d’architectes paysagistes américains que plusieurs mouvements de réforme urbanistique nés en Europe au cours du XIXe siècle seront introduits, dont notamment les mouvements City Beautiful et cité-jardin. L’organisation cohérente du plan d’origine d’Arvida, l’utilisation de lignes courbes et de lignes droites et la présence de larges boulevards bordés d’immeubles qui convergent vers une place publique sont des manifestations tangibles du mouvement City Beautiful. Par ailleurs, la séparation fonctionnelle des diverses zones d’Arvida, la présence d’une ceinture verte et de voies de circulation hiérarchisées ainsi que le tracé organique épousant la topographie du sol sont issus de l’influence du mouvement cité-jardin. Arvida fut également le théâtre d’une manifestation très importante de l’architecture dite « régionaliste », popularisée au Québec au cours des années 1930 et 1940 et inspirée de l’architecture « canadienne-française ».
Le site est particulièrement évocateur de l’essor et du développement liés à l’industrie de l’aluminium au pays. Arvida devient le premier complexe aluminier au Canada, et, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le centre de production d’aluminium le plus important du monde occidental. Parce que les installations industrielles d’Arvida plaçaient la compagnie au premier rang mondial de l’industrie, la ville se devait d’être à la hauteur des aspirations de la compagnie. Ce souci d’excellence se reflétait donc par un environnement bâti de haute qualité et un plan d’urbanisme étoffé et particulièrement réussi, réalisés par des concepteurs de renom.
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