Jeanne Dugas (1731-1817)
Document d'information
L’histoire de Jeanne Dugas, une Acadienne née à Louisbourg en 1731, offre un portrait réaliste des expériences et des points de vue partagés par les femmes acadiennes au XVIIIe siècle durant une période charnière de l’histoire acadienne au Canada. Dès 1755, les Acadiens de la Nouvelle-Écosse qui refusent de prêter un serment d’allégeance inconditionnel à la Couronne britannique sont rassemblés et embarqués sur des bateaux en partance pour les colonies britanniques. C’est le début du Grand Dérangement, aussi appelé la Déportation des Acadiens. À l’époque où commence la déportation, Jeanne Dugas et sa famille vivent à l’Île‑Royale (aujourd’hui l’île du Cap-Breton), qui est encore un territoire français. Cependant, en 1758, Louisbourg tombe aux mains des Britanniques et les Acadiens de l’Île-Royale sont aussi menacés. Dugas et les membres de sa famille s’enfuient pour éviter d’être capturés et trouvent refuge avec d’autres Acadiens le long du golfe du Saint-Laurent. En 1761, ils sont faits prisonniers lors d’une rafle dans les camps de réfugiés et sont détenus près de Halifax. Après sa libération, Dugas vit dans plusieurs communautés acadiennes avant de s’établir à Chéticamp.
L’histoire personnelle de Jeanne Dugas illustre les expériences des Acadiens du XVIIIe et du début du XIXe siècle avant, pendant, et après le Grand Dérangement (la Déportation). Dugas et sa famille ont vécu huit déracinements en l’espace de cinquante ans; sa vie faite d’incessants déplacements dépeint la déportation comme un phénomène plus long et plus complexe qu’on ne l’imagine généralement. L’histoire de Dugas met en lumière les liens entre les Acadiens des quatre coins de la région, dont ceux d’Acadie, de l’Île‑Royale, de l’Île-Saint-Jean, de Restigouche et le long du golfe du Saint-Laurent. Ses nombreux déplacements relient des endroits éloignés les uns des autres qui, ensemble, jouent un rôle important dans l’histoire acadienne.
Dugas et les autres Acadiennes de l’époque assurent la survie de leurs familles et de leurs communautés, contribuant ainsi à la survivance du peuple acadien. Malgré l’instabilité résultant de la guerre, Dugas réussit à nourrir sa famille et à en prendre soin, l’aidant à refaire sa vie dans de nouveaux endroits peu familiers. À Chéticamp, elle occupe les fonctions de sage-femme du village. Puisqu’à l’époque les sages-femmes sont également des soignantes, elle s’occupe probablement aussi de ses concitoyens malades. Grâce à ce rôle, elle contribue à l’essor de sa communauté durant les années d’établissement des Acadiens à l’île du Cap-Breton, après 1764. Figurant au recensement de 1809 en qualité de veuve, elle meurt huit ans plus tard à l’âge de 86 ans. La vie de Dugas constitue un exemple de l’histoire des Acadiennes durant la déportation et témoigne du courage dont ces dernières ont dû faire preuve pour surmonter les épreuves et assurer leur survie.
Recherche d'information connexe par mot-clés
L'hon. Catherine McKenna Parcs Canada Histoire et archéologie