LA SÉRIE DU SIÈCLE (1972)

Document d'information

La Série du siècle en 1972, qui oppose les équipes nationales de hockey du Canada et de l’URSS, représente le premier affrontement entre les joueurs de hockey professionnel du Canada et l’équipe nationale de l’Union soviétique, dans une série spéciale que plusieurs considèrent comme un tournant dans l’histoire du hockey. Si les Canadiens peuvent s’enorgueillir de compter parmi eux les meilleurs joueurs de hockey au monde, l’URSS s’affaire depuis la Deuxième Guerre mondiale à mettre sur pied un programme de hockey de premier plan; parvenant ainsi à créer une équipe nationale qui domine rapidement les compétitions internationales. Comme les règles de la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF) excluent les joueurs professionnels de ces compétitions, le Canada n’a d’autre choix que d’y envoyer des équipes composées d’amateurs. L’Union soviétique, pour sa part, peut faire participer son équipe nationale, qui est considérée comme une équipe amateure. Le Canada domine le monde du hockey depuis les années 1920, soit depuis l’époque où le sport fait l’objet de compétitions internationales. Cependant, à la fin des années 1950, les équipes canadiennes s’inclinent souvent devant les équipes européennes, et plus particulièrement soviétiques. En 1968, le premier ministre Pierre Elliott Trudeau met sur pied un groupe de réflexion chargé d’étudier la place du Canada sur la scène sportive internationale, ce qui mène à la fondation de Hockey Canada. À la suite de négociations avec les représentants soviétiques et de rencontres officielles entre Trudeau et le premier ministre soviétique Alexei Kosygin, une série de huit parties est annoncée pour septembre 1972, les quatre premières devant être disputées au Canada et les suivantes, en Union soviétique.

 

Bien que l’entraîneur Harry Sinden déconseille une attitude arrogante, les Canadiens sont certains d’une victoire facile. Plusieurs joueurs se sont présentés au camp d’entraînement en mauvaise forme physique, et ils ont peine à rivaliser avec les joueurs soviétiques qui sont extrêmement bien préparés. Ils subissent une cinglante défaite de 7-3 lors du premier match, qui se déroule au Forum de Montréal. Équipe Canada se ressaisit et remporte le deuxième match (4-1) à Toronto, mais fait match nul lors de la troisième partie à Winnipeg (4-4), puis perd à Vancouver (5-3). Les médias et les partisans sont frustrés, renversés et en colère. Certains partisans en viennent même à huer les joueurs canadiens, ce qui amène Phil Esposito à faire une déclaration passionnée aux Canadiens à la télévision nationale. L’équipe part ensuite pour l’Europe, où elle joue deux matchs hors-concours en Suède pour se familiariser avec le style des arbitres et le jeu sur les grandes patinoires européennes. L’équipe s’envole ensuite pour Moscou, où les quatre derniers matchs doivent être joués. Équipe Canada doit revenir sur son plan initial, qui prévoyait que chaque joueur de chaque équipe de la LNH participe à au moins une partie; on décide plutôt de faire jouer ceux qui sont les mieux placés pour rivaliser avec les joueurs soviétiques, qui sont très talentueux et bien entraînés.

 

L’équipe canadienne perd la partie suivante (5-4), mais elle parvient à remporter les matchs 6 et 7 par la marque de 3-2 et de 4-3. Paul Henderson, marque le but gagnant de ces deux parties. C’est maintenant l’heure de la grande finale, et les deux équipes sont à égalité dans la série. Selon les règles de l’IIHF, les Soviétiques, en raison de leur différence de buts supérieure, pourraient remporter la victoire si la partie se terminait par un pointage nul. Dans ce contexte, le Canada doit absolument gagner cette ultime partie. Amorçant la troisième période avec cinq buts en poche contre trois pour le Canada, les Soviétiques semblent assurés de remporter la victoire. Cependant, les Canadiens montrent le courage, la détermination et l’effort individuel que même les Soviétiques admireront. Phil Esposito et Yvan Cournoyer marquent chacun un but pour former l’égalité, puis, avec seulement 34 secondes avant la fin de la partie, Paul Henderson marque son but le plus célèbre, que plusieurs considèrent encore comme le plus grand moment dans l’histoire du sport canadien.

 

La série génère un nationalisme passionné tant au Canada qu’en Union soviétique. Des partisans canadiens se rendent à Moscou pour encourager Équipe Canada et d’autres envoient des télégrammes aux joueurs, qui les affichent sur les murs de leur vestiaire. La série semble unir les Canadiens encore plus que ne l’avait fait tout autre événement sportif auparavant, alors que les partisans se rallie derrière Équipe Canada dans l’espoir de redorer l’image du pays qui, autrefois, régnait sur le monde du hockey. On estime que 15 des 20 millions de Canadiens suivent la série; de nombreux établissements d’enseignement et commerces installent des télévisions afin que tous puissent regarder la grande finale, diffusée par satellite. Les Canadiens explosent de joie en entendant le commentateur René Lecavalier s’exclamer, 34 secondes seulement avant la fin de la partie : « ET LE BUT DE HENDERSON! ».

 

La série suscite un intérêt hors du commun, car elle se déroule dans le contexte de la guerre froide. Le style de jeu adopté par chacune des équipes illustre des différences fondamentales entre deux nations au système politique bien différent. Les Soviétiques adoptent un jeu discipliné, axé sur le travail d’équipe, les déplacements rapides, les passes précises et la stratégie. Les Canadiens, pour leur part, mettent l’accent sur les tirs au but et les mises en échec. Nombreux sont les Canadiens qui croient que la victoire de leur équipe est attribuable à la passion et au courage de joueurs qui, comme Paul Henderson et Phil Esposito, illustrent les mérites du système démocratique et capitaliste, qui met l’accent sur les libertés individuelles. Jamais une série n’aura suscité autant de passion. On se souvient encore aujourd’hui de la Série du siècle comme un moment marquant dans l’histoire qui a amené tous les Canadiens à s’unir pour encourager Équipe Canada.

 

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