Chef Kw'eh (v. 1755-1840)

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Le chef Kw’eh (vers 1755-1840) est devenu un important leader autochtone durant une période de guerres intertribales dévastatrices dans le plateau intérieur de ce qui est aujourd’hui la Colombie‑Britannique. Cette période de perturbations majeures s’amorce avec l’entrée de nouvelles marchandises et de maladies provenant des navires étrangers sur la côte du Pacifique à la fin du 18e siècle. Dans les communautés dakelh autour de Fort St. James, les gens se souviennent avant tout de Kw’eh comme un père fondateur en raison de la façon dont il se souciait du bien‑être de son peuple, qu’il a guidé pendant toute une époque de changements profonds.

 

Alors qu’il est encore très jeune, Kw’eh se distingue durant un événement terrible, à savoir la perte de ses parents et de la majeure partie de sa famille lors d’une attaque ennemie sanglante. Au cours d’une contre‑attaque soigneusement planifiée, il venge les siens et démontre ainsi non seulement sa détermination et ses aptitudes de guerrier, mais également sa puissance spirituelle. En outre, il s’approprie le nom ou le titre ancestral (et par le fait même, la position et les responsabilités) du meurtrier de son père, et ce faisant, contribue à désamorcer les hostilités ayant cours depuis longtemps. Il se marie avec sa première femme (il en aura plusieurs) et se réinstalle dans le village de Nak’azdli (aujourd’hui Fort St. James), lieu d’origine de son épouse, où il continue de gagner le respect de ses pairs, d’acquérir de nouveaux territoires et de veiller au bien-être de nouvelles personnes.

 

Plus tard, au début du XIXe siècle, ses interventions devant l’arrivée de commerçants de fourrure eurocanadiens sur ses territoires traditionnels influent sur la croissance de la traite des fourrures en Amérique du Nord, sur la côte du Pacifique. Dans un but stratégique, les nouveaux venus confèrent à Kw’eh un nouveau nom, celui de « chef de la traite des fourrures », lequel s’ajoute ainsi à ses autres titres de respect, de leadership, et évidemment, de responsabilités. Peu de temps après, le chef Kw’eh entreprend d’assurer l’acheminement des fourrures et du saumon jusqu’au poste de traite, et en échange, distribue toute une gamme de marchandises à l’occasion de potlatchs qui contribuent à rehausser son propre statut dans la région. Cette coexistence demeure fragile. Dans certains cas, seuls le discernement et la retenue de Kw’eh empêchent la situation de sombrer dans l’agitation et la violence.

 

Le chef Kw’eh est reconnu pour sa grande force morale qui lui évite de réagir avec violence lors d’une confrontation décisive à Fort St. James, en 1828, avec James Douglas, jeune commis de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Douglas deviendra plus tard le premier gouverneur de la colonie de la Colombie‑Britannique. Jusqu’à sa mort en 1840, le chef Kw’eh est considéré comme le leader autochtone le plus important de la région, et ce, du point de vue des Premières Nations des environs et des commerçants étrangers. Le chef Kw’eh, appelé aussi « rêveur du saumon », s’est vu attribuer des qualités légendaires, en partie en raison de sa promesse de subvenir aux besoins de son peuple aussi longtemps que l’on perpétuerait sa mémoire. Quelque 175 ans après sa mort, ses descendants continuent d’entretenir soigneusement son lieu de sépulture, que Kw’eh avait lui‑même choisi à l’embouchure de la rivière Stuart. On raconte qu’à cet endroit, le son de sa crécelle se fait entendre au début de la remonte du saumon, et annonce ainsi de bonnes nouvelles à son peuple.

 


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