Thomas Nangle (1889-1972)
Document d'information
Thomas Nangle est reconnu pour ses efforts témoignant de son zèle infatigable pour garder bien vivant le souvenir des sacrifices des Terre-Neuviens pendant la Première Guerre mondiale et des lieux incarnant ces sacrifices. M. Nangle a planifié et supervisé le choix et l’aménagement de tous les monuments commémoratifs des batailles auxquelles les soldats terre-neuviens avaient pris part en Europe; il a fait ainsi ériger sur les cinq lieux de bataille s’échelonnant le long du « sentier du Caribou » des monuments propres à Terre-Neuve. À Beaumont-Hamel, il a acheté une vaste parcelle du champ de bataille afin de préserver les tombes des soldats terre-neuviens morts au combat; il a aussi fait l’acquisition d’une partie du champ de bataille de la Somme, établissant ainsi un legs permanent destiné à rappeler la Première Guerre mondiale.
Thomas Nangle est né à St. John’s, Terre-Neuve, en 1889. Il fit ses études classiques au collège St. Bonaventure, à St. John’s, dirigé par les Irish Christian Brothers. Après l’obtention de son diplôme, il se rendit en Irlande où il étudia la prêtrise. L’archevêque de Terre-Neuve procéda à son ordination en 1913. Pendant les deux années qui suivirent, Thomas Nangle desservit des paroisses à Topsail et à l’île Bell, ainsi que l’église St. Patrick à St. John’s. Quand la Grande Guerre éclata, il demanda à s’enrôler, mais l’archevêque rejeta sa requête. Après la tragédie de Beaumont-Hamel en 1916, Nangle fut autorisé à se joindre à l’aumônerie de l’armée britannique. Affecté au Royal Newfoundland Regiment, il fut un « padre » fort populaire jusqu’à la fin de la guerre. Après le conflit, la réputation qu’il s’était taillée à cette époque lui valut de se voir confier de nouvelles responsabilités.
À la fin de la guerre, il rentra à Terre-Neuve où on lui confia la paroisse St. Michael, sur l’île Bell. Son ministère fut interrompu en 1919, lorsqu’il fut nommé représentant de Terre-Neuve auprès de la Directorate of War Graves and Enquiries et de l’Imperial War Graves Commission (IWGC). Thomas Nangle retourna alors en Europe où il entreprit de marquer et de documenter chaque lieu de sépulture où reposait un Terre-Neuvien. Chargé ensuite d’élaborer une stratégie pour commémorer la contribution de Terre-Neuve à la guerre, il suggéra d’ériger la sculpture d’un caribou sur chacun des cinq principaux champs de bataille où périrent des Terre-Neuviens. Pour amasser l’argent nécessaire, il parcourut Terre-Neuve, où il rendit visite aux familles des victimes. Ayant obtenu des fonds additionnels du gouvernement de Terre-Neuve, Thomas Nangle négocia avec plus de 250 propriétaires fonciers français afin d’acquérir les terrains où devaient être élevés les monuments. Il fut également responsable de la recherche des tombes des soldats terre-neuviens en Europe ainsi qu’à Terre-Neuve. À la même époque, Nangle contribua à la création d’un monument commémoratif national pour Terre-Neuve, également dévoilé en 1925 à St. John’s.
M. Nangle abandonna la prêtrise dans les années 1920. Quand son travail pour l’IWGC prit fin, il émigra en Rhodésie du Sud (aujourd’hui le Zimbabwe) où il se maria et eu quatre enfants. En 1966, Nangle se rendit en France où il participa aux cérémonies marquant le cinquantième anniversaire de la bataille de Beaumont-Hamel. Il ne retourna jamais à Terre-Neuve et décéda en Rhodésie, le 4 janvier 1972.
-30-
Recherche d'information connexe par mot-clés