Les personnes derrière l'hymne

La musique de notre hymne national, l’« Ô Canada! » a été composée par Calixa Lavallée en 1880. Les paroles françaises de la musique ont été écrites par sir Adolphe-Basile Routhier et au fur et à mesure que la chanson a gagné en popularité, de nombreuses versions anglaises ont émergé au fil des ans. Enfin, les paroles de la version anglaise officielle sont basées sur une version composée par le juge Robert Stanley Weir.

Calixa Lavallée, compositeur

Calixa Lavallée était un « Canadian errant » – un homme ayant quitté son pays pour un endroit meilleur – bien qu’il aimait le Canada et y soit retourné. Il s’est bâti une réputation d’abord aux États-Unis et en France, pour ensuite devenir le « musicien national du Canada ».

Calixa Lavallée a composé des opérettes, au moins une symphonie et plusieurs pièces et chansons pour des occasions précises. Il était pianiste et un organiste renommé, de même qu’un professeur qui souhaitait fonder le premier conservatoire canadien.

Calixa Lavallée est né le 28 décembre 1842 à Verchères (Canada-Est)Note de bas de page 1, fils d'Augustin Lavallée, bûcheron et forgeron, devenu réparateur d’instruments, directeur musical et professeur de musique. Plus tard, lorsque sa famille déménage à Saint-Hyacinthe, son père travaille pour la populaire compagnie d’orgues Joseph Casavant et dirige l’orchestre municipal.

À un jeune âge, Calixa Lavallée fait déjà preuve de talent et à 11 ans, il joue de l’orgue à la cathédrale. Deux ans plus tard, il offre un récital de piano au Théâtre Royal de Montréal. C’est aussi dans cette ville qu’il fait la connaissance de Léon Derome, un riche boucher mélomane. Il devient le mécène permanent de Calixa Lavallée, lui apportant souvent son appui dans les périodes difficiles.

C’est à cette époque que Calixa Lavallée se lasse de la routine des leçons et qu’il quitte Montréal pour tenter sa chance aux États-Unis. À la nouvelle Orléans, il remporte un concours qui lui permet d’obtenir le poste d’accompagnateur du célèbre violoniste espagnol du nom d’Olivera. Après une tournée avec lui au Brésil et dans les Antilles, Calixa Lavallée s’enrôle dans l’armée du Nord pendant la guerre de Sécession. Il est lieutenant lorsqu’il quitte l’armée américaine pour retourner à Montréal où il donne des leçons de piano et joue du cornet à pistons dans l’orchestre d’un théâtre.

En 1865, il retourne aux États-Unis pour enseigner et fait une série de tournées. Après s’être marié, il entame une collaboration avec Arnold de Thiers avec qui il compose un opéra ludique appelé « Loulou ». La veille de la première, le propriétaire de l’opéra est tué par balle et le théâtre est fermé. Calixa Lavallée, qui avait été chef d’orchestre et directeur artistique du New York Grand Opera House, se retrouve sans emploi.

En 1872, il retourne à Montréal où on l’accueille chaleureusement. Rapidement, il met en place un studio avec les musiciens de renom Jehin Prume et Rositadel Vecchio. Le succès qu’il connaît à Montréal lui permet de réaliser son grand rêve de poursuivre sa formation musicale à Paris. Grâce à l’allocation mensuelle que lui verse son bon ami Léon Derome, il étudie Bazin, Boieldieu et Marmontel. En 1874, un orchestre parisien joue une symphonie de Lavallée et ses professeurs lui prédisent un avenir prometteur.

Calixa Lavallée décide de dédier sa vie à la création d’un conservatoire canadien. Pour démontrer l’existence de talents, il met sur pied une pièce de GounodNote de bas de page 2 avec une distribution entièrement canadienne de 80 artistes. L’initiative connaît un immense succès et Calixa Lavallée a beaucoup d’espoir que son idée intéresse le gouvernement. Malgré l’accueil chaleureux du public, les responsables du gouvernement ne font que de vagues promesses.

C’est pendant cette période au Québec en 1880 que Calixa Lavallée compose la musique de l’« Ô Canada! » pour le Congrès national des Canadiens français. Comme il ne se voyait qu’enseigner de façon routinière et jouer, il repart pour les États-Unis.

Sa chance tourne et il est nommé organiste et directeur de chorale, effectue une tournée avec la célèbre soprano hongroise Etelka Gerster et compose de plus en plus. Plusieurs de ses œuvres sont jouées, dont « Tiq », une satire musicale mélodramatique sur l’enjeu indien, de même que son opéra burlesque « The Widow ».

En 1887, il est élu président de la Music Teachers’ National Association, qui l’envoie l’année suivante au congrès de la National Society of Professional Musicians à Londres.

La santé de Calixa Lavallée est précaire depuis quelques années et à son retour de Boston, celle-ci s’aggrave considérablement. À l’automne de 1890, il est alité et sa situation financière est précaire. Il meurt le 21 janvier 1891 à l’âge de 49 ans. Il laisse quelque 60 œuvres dont seulement environ la moitié ont été retrouvées.

Calixa Lavallée est inhumé près de Boston, mais son corps est rapatrié au Canada en 1933. Il repose maintenant au cimetière Notre-Dame-des-Neiges à Montréal.

Sir Adolphe-Basile Routhier, poète

Adolphe-Basile Routhier est né le 8 mai 1839 à Saint-Placide (Bas-CanadaNote de bas de page 3), il fait ses études en droit à l'Université Laval et devient un éminent avocat qui pratique à Kamouraska. Il est nommé juge à la Cour supérieure du Québec en 1873, et devint juge en chef du Québec de 1904 jusqu'à sa retraite en 1906.

Il était probablement mieux connu comme poète qu’en tant que juge. On peut donc comprendre que l'honorable Théodore Robitaille, lieutenant-gouverneur du Québec, lui demanda d'écrire un hymne qui sera présenté au Congrès national des Canadiens français en 1880. Son poème, « Ô Canada! », est un grand succès dès sa première présentation.

Sir Adolphe est fait Chevalier de l'Ordre du Bain en 1911. Il est membre fondateur de la Société royale du Canada, dont il est le président en 1914-1915.

Sir Adolphe-Basile Routhier meurt à Saint-Irenée-les-Bains (Québec) le 27 juin 1920.

L’honorable Robert Stanley Weir, poète

Robert Stanley Weir (1856-1926) est né à Hamilton (Ontario), alors le Canada-OuestNote de bas de page 4. Après avoir fait ses études supérieures à Montréal, il est qualifié en enseignement et en droit.

Il se tourne vers le droit et fait une ascension rapide au sein de la profession. Tout comme Adolphe-Basile Routhier, il devient juge d’abord à la cour municipale et ensuite à la Cour de l'Échiquier du Canada, aujourd’hui la cour fédérale du Canada. Il écrit des ouvrages juridiques et de poésie. Sa célébrité comme auteur lui permet d’être élu membre de la Société royale du Canada, et nommé à la Cour de l'Échiquier (que Routhier avait contribué à mettre sur pied).

Les paroles de l’hymne national en français de Routhier sont les mêmes depuis 1880. Quant aux paroles en anglais, plusieurs versions ont vu le jour. La version de Robert Stanley Weir écrite en 1908 est celle qui a le plus résisté à l’épreuve du temps. Son poème est proclamé hymne national lors de l’adoption de la Loi sur l’hymne national en 1980.

Consultez les différentes versions en anglais de l’hymne national en lisant l’historique de l’« Ô Canada! »

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