Environnement urbain contesté 2018

De Recherche et développement pour la défense Canada

Le 5 décembre 2018

Les avancées en science et technologie pour la défense résultent de la collaboration entre scientifiques et militaires. Les innovations naissent dans les laboratoires, sont mises ensuite à l’essai dans des environnements réalistes et pertinents, puis retournent aux laboratoires pour être améliorées, et éventuellement être adoptées par les militaires.

Un des meilleurs exemples de cette collaboration entre scientifiques de la défense et militaires est la campagne d’expérimentation Environnement urbain contesté (EUC), menée par le Canada pour le compte du Programme de coopération technique du Groupe des cinq. EUC vise à explorer des technologies nouvelles et émergentes adaptées à l’environnement urbain, à accroître l’interopérabilité entre les Alliés et minimiser les risques pour la population civile et le personnel militaire. En définitive, l’objectif est de mieux comprendre l’environnement urbain lui-même, ainsi que les risques et opportunités associés aux opérations militaires en environnement urbain.

L’EUC 2018, la seconde d’une série de quatre grandes expériences qui se déroule dans les pays participants, s’est déroulée à Montréal du 10 au 21 septembre 2018, et a été organisée par Recherche et développement pour la défense Canada. L’expérience a réuni plus de 150 scientifiques des cinq pays participants et 80 militaires canadiens de la compagnie B, 3e bataillon du Royal 22e Régiment.

La ville de Montréal a été choisie en raison de la densité de sa population vivant au centre-ville, de la variété des types de surfaces externes, pour ses composantes souterraines et la complexe interconnectivité de ses éléments urbains. La ville est un bon exemple d’environnement urbain vaste, moderne, dense et diversifié requis pour les besoins de l’expérience.

Les activités étaient concentrées dans trois endroits : le long de la rue de la Montagne parce celle-ci offre une grande variété d’utilisations de sol, de hauteurs et de densités de bâtiments le long d’un transect qui traverse le centre-ville; le belvédère Kondiaronk du Mont-Royal parce qu’il permet aux scientifiques et opérateurs de tester des technologies de détection à distance de matériel biologique et chimique ainsi que d’autres technologies reconnaissance, ainsi que finalement la zone du silo no 5 dans le Vieux-Port qui s’est avérée une excellente zone industrielle pour des expériences sur la collecte de renseignement géospatial, les manœuvres au sol, et l’évaluation des technologies de reconnaissance et surveillance aérienne et au sol.

Plus de 50 technologies ont été mises à l’essai. Parmi les innovations canadiennes figurent le système de modélisation Effets du Planificateur urbain rapide qui permet de tracer des routes plus sécuritaires pour les soldats ou de contribuer à la protection des périmètres vulnérable, la veste tactique ISS qui transforme littéralement les soldats déployés en un réseau distribué de communication et de capteurs, un système d’exosquelette qui améliore le rendement physique des soldats, le capteur CUPSS qui permet aux soldats de surveiller le périmètre des aires large et complexe et le télémètre laser CFSAS, multiplicateur de force, qui permet aux soldats de recueillir des données des autres systèmes de captage dispersé à l’intérieur et au-dessus des vastes zones urbaines.

Le système d’interopérabilité testé entre Alliés s’est avéré remarquable. La plupart des technologies ISR sol, portable ou aériennes déployées par l’Australie, le Canada, la Grande-Bretagne et les États-Unis à Montréal ont été rendus interopérables rapidement (de renversement, d’indices ou manuels), grâce à la norme étatsunienne de capteurs autonomes appelée OSUS.

Un autre exemple du niveau d’interopérabilité obtenu par la coalition est le système de raisonnement automatisé WISDOM initialement développé pour des taches de connaissance de la situation du domaine maritime, adaptés rapidement pour ingérer et traiter les données des vestes tactiques canadiennes ISS portées par les soldats déployés, les contacts britanniques de capteurs sol sans surveillance SAPIENT, les données de trace au sol acquis par les capteurs aériens canadien, transmis au protocole OSUS et ensuite diffusé comme conseils et alertes à tous le centre d’opérations de CUE18 et au quartier général, et surtout, quand cela est le cas, aux soldats en train d’effectuer des opérations au centre-ville.

Les scientifiques et les opérateurs ont travaillé côte à côte, ont acquis une meilleure compréhension de l’environnement urbain et amélioré leurs capacités en communication. Cela montre que dans un monde de plus en plus complexe et interconnecté, des expériences comme EUC 18 sont nécessaires pour protéger la vie des militaires et de la population civile.

Citation

« CUE18 est l'une des plus importantes – voire la plus importante – expérimentation organisée par RDDC en nombre de technologies et de participants. Très ambitieuse, elle est fort probablement la plus imposante expérimentation des 5 pays en milieu urbain dense. La série d’ expérimentations CUE relève un défi de taille quand à l’avancement de notre compréhension des milieux urbains complexes. »

Guy Vézina (Ph.D.), Directeur général S & T de l'Armée de terre, à RDDC
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