Discours de l'honorable Jim Carr, ministre des Ressources naturelles du Canada, pour la remise du prix 2015 de la Personnalité canadienne de l'année dans le domaine de l'énergie du Conseil canadien de l'énergie. Calgary. 25 novembre 2015.

Discours

L’allocution prononcée fait foi

Merci beaucoup. Et merci au Conseil canadien de l’énergie de m’avoir invité à prononcer devant vous mon premier discours ministériel en sol canadien.

On ne pouvait trouver meilleur endroit que cette ville formidable. Ça me rappelle quand Jean Chrétien venait en Alberta. Il disait qu’il avait ici 45 cousins au troisième degré et 86 cousins au quatrième degré, et qu’il se sentait membre à part entière de la famille. J’ai une fille qui habite en Alberta – elle est ici ce soir –, alors ça bat tous les cousins au troisième degré du monde.

Je tiens aussi à rendre hommage à mon collègue Randy Boissonnault, député d’Edmonton-Centre. Félicitations pour ta victoire.

Quel honneur pour moi de contribuer à la célébration de la Personnalité canadienne de l’année dans le domaine de l’énergie, surtout qu’il s’agit de mon bon ami Mike Cleland. Mike a vécu dans l’ouest, dans l’est et dans le centre du pays. Il fait partie de la grande famille de la fondation Canada West. Il a travaillé dans le secteur public. Il a travaillé dans le privé. Il a été universitaire. Il a enseigné à l’université. Il a fait du mentorat à l’international.

Il a été sous-ministre adjoint dans notre ministère, Ressources naturelles Canada. On pourrait aussi le surnommer Monsieur Stratégie canadienne de l’énergie. Je sais qu’il sera en mesure de nous prodiguer une foule de conseils utiles. Il a montré la voie dans plusieurs dossiers stratégiques. Des dossiers comme la libéralisation des marchés, la durabilité et la confiance du public.  Des dossiers qui façonnent tous le paysage actuel et sur lesquels nous nous pencherons tous ensemble.

Une carrière remarquable donc, ponctuée de réalisations importantes. Et ce soir, il lui est décerné un honneur bien mérité. Félicitations Mike!

Le 19 octobre, la population canadienne a élu un nouveau gouvernement. Elle s’attend à une nouvelle approche. Il y a trois semaines, j’ai été nommé au Cabinet comme ministre des Ressources naturelles, un ministère qui se situe au carrefour d’un si grand nombre de questions importantes pour notre pays : les changements climatiques, la concertation avec les Autochtones, les grands projets d’énergie, l’innovation et la croissance économique. Et au-delà de ces grandes questions, il y a le fait que les ressources naturelles reflètent la relation qu’entretiennent les Canadiens avec le milieu naturel qui les leur fournit.

Aujourd’hui encore, les ressources naturelles contribuent énormément à notre produit intérieur brut, soit à hauteur de 20 %. Dans ce domaine, l’Ouest canadien occupe une place importante car on y trouve en abondance de nombreuses richesses naturelles, dont les hydrocarbures, de la potasse, différents minéraux, des forêts et de l’hydroélectricité.

Comme il ressort clairement de la lettre de mandat que m’a remise le premier ministre – et qui soit dit en passant a été rendue publique pour la première fois dans l’histoire du pays –, l’une de mes principales responsabilités est de faciliter la mise en marché de nos ressources naturelles.

Les instructions que j’ai reçues du premier ministre sont maintenant dans votre boîte de courriels. M. Trudeau s’attend à ce que je rende des comptes à cet égard – et vous aussi sans doute. J’estime que la mise en valeur de nos ressources, c’est véritablement bâtir notre pays, à un moment charnière de son histoire.

Comme vous le savez, forer un puits ou creuser un trou dans le sol n’est plus une affaire aussi simple que par le passé. Le monde change : les pratiques durables et les technologies sobres en carbone sont de plus en plus au programme. Il fut peut-être un temps où l’on pensait qu’il fallait choisir entre l’exploitation de nos ressources énergétiques et la saine gestion de l’environnement, mais aujourd’hui nous savons que la responsabilité environnementale est la condition nécessaire à l’exploitation de nos ressources énergétiques et qu’en fait les deux se conjuguent.

Voilà pourquoi je tiens particulièrement à travailler avec mes homologues des provinces et des territoires à la création d’une stratégie canadienne de l’énergie. Il y a un bon nombre de personnes dans cette salle qui font partie du cadre de travail qui s’est créé dans une salle de conférence à Winnipeg, un jour de grand froid en 2009, lorsque les ONG se sont mobilisées pour demander : nous serait-il possible, à nous qui n’appartenons pas au gouvernement, de commencer à esquisser ce que serait une stratégie canadienne?

C’est ce que nous sommes parvenus à faire, comme l’a montré l’excellent travail du Conseil de la fédération en juillet dernier. Le premier ministre a mis la table et donné le coup d’envoi pour cette mission en tenant une réunion historique de tous les premiers ministres du Canada et de tous les membres du Cabinet fédéral. S’il y a des historiens parmi nous, pourrait-on me dire à quand remonte la dernière fois où le premier ministre du Canada, tous les premiers ministres provinciaux et territoriaux et tout le Cabinet fédéral se sont trouvés réunis au même endroit? Je ne crois pas qu’ils le furent jamais.

Ceci est révélateur d’un nouveau ton et d’une nouvelle collaboration, car nous ne pouvons agir seuls. Nous devons combler les fossés entre les régions et entre les secteurs. La perspective, l’autre jour, d’une première ministre néo-démocrate debout aux côtés de leaders du secteur et de la collectivité des ONG – tous réunis – avait quelque chose d’historique et illustre le genre de collaboration qui va nous être essentielle à l’avenir.

Je félicité la première ministre pour son rôle à cet égard. L’Alberta a déjà fait preuve d’un solide leadership. Je crois que le leadership que manifestent l’industrie et les groupes environnementaux en travaillant ensemble témoignent d’un monde nouveau et d’une réalité nouvelle. Ces questions ne concernent pas que le Canada. Je reviens tout juste des réunions de l’Agence internationale de l’énergie à Paris et je peux vous assurer que d’autres pays se trouvent devant les mêmes défis et les mêmes possibilités que nous.

Nous avons été très heureux de l’accueil qui a été réservé à notre pays. Le ministre McKenna était à Paris la semaine précédente en préparation pour les réunions de la 21e Conférence des Parties, et nous avons pris la relève. Nos partenaires se sont réjouis de voir le Canada reprendre sa place dans les forums multilatéraux, car nous savons que nos objectifs sont les mêmes, et nous allons jouer un grand rôle dans cette action mondiale.

J’ai eu des conversations avec le secrétaire Moniz des États-Unis et le secrétaire Caldwell du Mexique concernant le moyen d’établir une stratégie nord-américaine sur l’énergie propre et un accord sur l’environnement. Au cœur de toute initiative de mise en valeur de nos ressources énergétiques se trouve la confiance du public. Si nous voulons construire les infrastructures qui achemineront notre énergie aux marchés ou qui attireront les investissements, nous devons rallier la population à nos projets.

C’est on ne peut plus simple, et tout à fait fondamental. Les citoyens comprennent l’importance de l’énergie – pour notre économie et dans leur quotidien, mais il faut restaurer leur confiance dans les méthodes que nous employons pour évaluer les projets d’envergure comme les pipelines. Il est donc primordial que la procédure des évaluations environnementales regagne la confiance du public, et pour ce faire nous miserons notamment sur la modernisation de l’Office national de l’énergie.

Une surveillance plus stricte et des évaluations environnementales rigoureuses sous-entendront également la prise en compte des impacts sur l’évolution du climat. Ainsi, je travaillerai en étroite collaboration avec la ministre de l’Environnement et du Changement climatique pour élaborer les plans de notre gouvernement. Nous savons que ces changements exigeront une période de transition pour les projets en cours d’examen, et je peux vous assurer que nous sommes d’ores et déjà à pied d’œuvre.

Nous fournirons plus de certitudes sur ce plan le plus rapidement possible. Mais je peux vous dire tout de suite qu’aucun promoteur n’aura à retourner à la case départ pour un projet actuellement en cours d’évaluation.

Pour regagner la confiance du public, il sera crucial de dialoguer avec les peuples autochtones, non seulement parce que la constitution nous impose le devoir de consultation, mais aussi parce que c’est une occasion exceptionnelle d’inclure ces communautés, de partager avec elles les retombées économiques de l’exploitation des ressources.

D’ailleurs, nous avons besoin des peuples autochtones comme partenaires. Nous avons besoin de leur sagesse, de leur savoir, de leur appui. Aucun projet ne devrait se faire sans leur participation pleine et entière.

Permettez-moi de m’adresser un moment à ceux d’entre vous qui travaillent dans le secteur pétrolier. Je n’ai pas besoin de vous rappeler à quel point la dernière année a été pénible. Recul des prix. Décisions difficiles concernant les dépenses en immobilisations. Et décisions encore plus difficiles concernant le personnel.

Derrière tous les chiffres sur les engins de forage à l’arrêt ou les projets reportés, il y a les gens. Des gens qui, non seulement ici dans l’Ouest canadien, mais d’un bout à l’autre du pays, ont été les premiers à souffrir de la situation et se trouvent maintenant face à un avenir incertain. Ici en Alberta, plus de 63 000 emplois ont été perdus au cours des huit premiers mois de l’année. Et l’onde de choc s’est étendue aux secteurs de la finance, du détail et des services.

Les difficultés sont bien réelles. Et personne n’a de baguette magique. Pourtant j’entrevois un avenir plus prometteur. Un avenir fondé sur l’innovation et l’adaptation au changement. Un avenir où nos combustibles fossiles sont extraits et exploités de façon plus écologique.  Un avenir où nous mettons mieux en valeur nos énergies renouvelables. Un avenir où l’efficacité énergétique jouera un rôle de plus en plus important. Un avenir où nous impliquerons les Canadiennes et les Canadiens pour décider comment produire l’énergie dont nous avons tant besoin tout en protégeant cette planète que nous chérissons.

L’avenir est entre nos mains. On dit parfois que les épreuves font ressortir ce qu’il y a de meilleur en nous. Je le croirais. Et je crois aussi que nous pouvons nous serrer les coudes pour traverser cette difficile période et préparer le Canada à prospérer en bâtissant un secteur de l’énergie durable et résilient pour l’avenir.

Peu de gens y ont réfléchi autant que Mike Cleland. Véritable visionnaire, Mike a toujours trouvé le moyen d’agir selon son cœur tout en prenant les décisions les plus rationnelles. Mike, c’est votre soirée. Merci de m’avoir donné l’occasion d’y prendre part. Écrivons ensemble un nouveau chapitre dans l’histoire de notre beau pays.

Je vous remercie.


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