Déclaration de l'honorable Jane Philpott, ministre de la Santé, à l'assemblée plénière
Discours
Transformer notre monde : le Programme de développement durable à l'horizon 2030
Assemblée mondiale de la santé
Genève (Suisse)
23 mai 2016
Monsieur le président, Docteure Chan, honorables ministres, distingués délégués, bon après-midi.
Le Canada est fier de prendre part à cette 69e Assemblée mondiale de la Santé, une occasion unique où des citoyens et pays de tous les horizons se réunissent pour améliorer la santé mondiale.
C'est la première fois que j'ai l'honneur de m'adresser à l'Assemblée. J'ai été nommée ministre de la Santé du Canada il y a un peu plus de six mois, au sein du gouvernement du premier ministre Justin Trudeau.
Comme bon nombre d'entre vous le savent, le Canada défend depuis longtemps le principe selon lequel tous les citoyens doivent recevoir des soins de santé en fonction du besoin, et non de la capacité de payer.
Nos hôpitaux sont parmi les meilleurs et les plus efficaces au monde.
Les soins sont prodigués par certains des meilleurs médecins, infirmières et professionnels paramédicaux au monde.
Notre pays compte également des chercheurs en santé de renommée mondiale, y compris des pionniers dans divers secteurs de pointe allant de la mise au point de vaccins à la génomique.
Je suis moi-même médecin et j'ai passé les dix premières années de ma carrière médicale au Niger, en Afrique de l'Ouest.
J'ai ensuite travaillé comme médecin de famille au Canada pendant 17 ans, dont six à titre de chef du Département de médecine familiale de l'hôpital dans ma région.
Mon expérience clinique m'est très utile dans l'exercice de mes fonctions comme ministre de la Santé.
Cependant, comme tous les professionnels de la santé, j'ai vite découvert que la médecine ne suffit pas pour assurer la santé des gens.
Il faut aussi de l'eau pure. Des logements sécuritaires.
Une éducation de base. Des possibilités économiques.
L'absence de violence et de conflit.
Il s'agit des déterminants sociaux de la santé. Il appartient non seulement au ministre de la santé, mais à l'ensemble du gouvernement d'agir sur ces déterminants. Des mesures doivent être prises à cet égard par tous les pays désireux d'atteindre leurs objectifs de développement durable.
Si nous n'assurons pas un accès équitable à ces éléments essentiels à la santé, il continuera d'y avoir des injustices, des inégalités régionales et des populations vulnérables - même dans un pays aussi riche que le nôtre.
Au Canada par exemple, il existe des écarts indéniables entre les Autochtones et le reste de la population canadienne sur le plan des résultats en santé physique et mentale.
Les écarts sont flagrants si l'on compare les taux de suicide, de toxicomanie, de maladies infectieuses et de maladies chroniques.
Le Canada est bien décidé à réduire ces écarts en santé. Des solutions durables doivent être appliquées d'urgence.
C'est pourquoi notre plus récent budget prévoyait des investissements sans précédent afin de combler les écarts sur le plan de l'éducation et du niveau de vie entre les Autochtones et le reste de la population canadienne.
Cela montre notre ferme volonté de nous attaquer à la source des inégalités en santé - en améliorant les infrastructures sanitaires, en veillant à la mise en place de systèmes d'aqueduc et d'égouts, en améliorant l'éducation et en investissant dans des programmes d'apprentissage et de garde des jeunes enfants.
Mais notre engagement envers l'équité en santé et la justice sociale dépasse nos frontières. Au Canada, nous croyons qu'une mauvaise santé n'importe où constitue une menace pour le bien-être partout. Par conséquent, nous reconnaissons notre obligation de veiller à la santé mondiale. Permettez-moi d'énumérer quelques-unes des façons dont nous remplissons ce devoir.
Je vais commencer par l'une de nos réalisations les plus importantes. Cette année, nous avons poursuivi notre tradition d'accueillir des personnes déplacées de partout dans le monde. À ce jour, 28 000 réfugiés syriens sont venus reconstruire leur vie au Canada.
Nous travaillerons également avec nos partenaires du G7 pour aider des pays à observer le Règlement sanitaire international -- afin de renforcer leurs réseaux de santé et leur capacité de prévenir, de détecter et d'écarter les menaces pour la santé publique.
Le Canada s'est joint à d'autres pays pour coparrainer la Résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur la protection des missions médicales. Ensemble, nous faisons passer le message que les attaques contre les travailleurs et les installations humanitaires ne peuvent pas et ne seront pas tolérées.
Le Canada est fermement résolu à appuyer la mise en œuvre du Programme pour 2030 et l'atteinte des objectifs de développement durable.
En septembre, nous accueillerons la cinquième Conférence de reconstitution volontaire des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Nous avons augmenté notre contribution de 20 % afin d'enrayer les épidémies une fois pour toutes d'ici 2030.
La délégation canadienne est ravie de participer, dans cet esprit de collaboration, à l'Assemblée mondiale de la santé. Nous nous réjouissons à l'idée de poursuivre notre travail avec vous pour agir sur les déterminants de la santé, renforcer les réseaux de santé et, finalement, assurer à tous un avenir en santé.
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