Fiche Technique Santé-Sécurité : Agents Pathogènes – Balantidium coli

SECTION I - AGENT INFECTIEUX

NOM : Balantidium coli

SYNONYME OU RENVOI : Balantidiase (ou balantidiose)Note de bas de page 1.

CARACTÉRISTIQUES : Balantidium coli est le plus gros et le seul protozoaire cilié parasite de l'humain. B. coli fait partie de la classe des Ciliata, de l'ordre des Trichomonadida et de la famille des Balantidiidae. Son cycle évolutif comporte deux stades : un stade trophozoïte cilié et un stade kystique avec résistance environnementale. Les kystes sont infectieux. Après avoir été ingérés, les kystes perdent leur coque protectrice dans l'intestin grêle et les trophozoïtes se fixent sur la muqueuse de l'iléon terminal et du côlon. De forme oblongue, sphéroïde ou effilée, les trophozoïtes mesurent de 30 à 150 µm de long et de 25 à 120 µm de large. Les kystes, qu'on trouve le plus souvent dans les selles, sont sphéroïdes ou ovoïdes et mesurent de 40 à 60 µm de diamètreNote de bas de page 1Note de bas de page 2. La cellule de B. coli contient un gros macronucléus réniforme, un micronucléus sphérique et deux vacuoles contractiles dans le cytoplasme. La reproduction se fait par division asexuée. Les cellules peuvent être présentes dans le milieu anaérobie de l'intestin et croître entre 20 et 40 °C. La surface du corps de B. coli est couverte de rangées longitudinales de cils. L'organisme se déplace par rotation dans le côlonNote de bas de page 3Note de bas de page 4.

SECTION II - DÉTERMINATION DU RISQUE

PATHOGÉNICITÉ ET TOXICITÉ : Les foyers d'infection (> 95 %) les plus courants de B. coli sont l'iléon terminal et le côlon, en particulier la région rectosigmoïdienne. B. coli est le seul protozoaire cilié qui s'avère pathogène chez l'humainNote de bas de page 5; l'infection du tractus gastro-intestinal est souvent bénigne et peut être asymptomatique. Les infections à B. coli ressemblent à l'amibiase, en ce sens qu'elles peuvent être asymptomatiques. Toutefois, il est possible d'observer des symptômes de dysenterie chez des patients malnutris, alcooliques ou immunodéprimésNote de bas de page 4. En phase aiguë, la balantidiase fulminante se caractérise par une diarrhée intense et des selles muco-sanglantes, des nausées, des vomissements, des céphalées; elle affiche un taux de mortalité de 30 %Note de bas de page 3 Note de bas de page 4. Les infections chroniques se manifestent par une diarrhée non sanglante, des crampes, une halitose et des douleurs abdominales consécutives à un envahissement du gros intestin par les trophozoïtes. Les protozoaires qui infiltrent la sous-muqueuse peuvent provoquer des abcès et des lésions hémorragiques pouvant finalement entraîner une appendicite et des infections secondaires d'origine bactérienne, telles que des infections utérines, une vaginite ou une cystiteNote de bas de page 3Note de bas de page 4. Parmi les symptômes les plus graves de l'infection, citons l'anorexie, la perte de poids, le ténesme, les selles sanglantes, l'hémorragie et la perforation intestinales. Bien que rares, les infections graves sont parfois mortelles chez les personnes dénutries et immunodéficientesNote de bas de page 1.

ÉPIDÉMIOLOGIE : Partout dans le monde, B. coli affiche une prévalence de 0,02 à 1 %; cet agent pathogène de l'homme n'est donc pas très répandu malgré sa répartition mondialeNote de bas de page 4. Il est plus fréquent dans les climats chauds comme les régions tropicales et subtropicales, ainsi que les régions où les conditions d'hygiènes sont déficientes. On l'observe souvent en Chine, aux Philippines, au Moyen-Orient, en Indonésie, au Japon, dans les îles du Pacifique Sud, au Brésil, au Pérou, au Panama et à CubaNote de bas de page 5. La prévalence est élevée dans les endroits où les populations vivent en contact étroit avec les porcs ou les excréments de porc, comme les fermes et les abattoirs. Le taux d'infection chez les producteurs de porc en Nouvelle-Guinée est de 28 %Note de bas de page 6, et le taux d'infection à B. coli dans la région de l'altiplano bolivien oscille entre 6 et 29 %Note de bas de page 7. La maladie a également été confirmée dans des asiles, des orphelinats et des prisonsNote de bas de page 4.

GAMME D'HÔTES : HumainNote de bas de page 1Note de bas de page 5Note de bas de page 8, porcNote de bas de page 4, cobaye, sanglier, cheval, bovins, insecte, poisson, amphibienNote de bas de page 8, rat, chimpanzé, orang-outan, chien et chatNote de bas de page 4.

DOSE INFECTIEUSE : Inconnue, on estime qu'elle est faibleNote de bas de page 9.

MODE DE TRANSMISSION : Le contact étroit avec le porc ou les excréments de porc constitue le principal facteur de risque pour l'humainNote de bas de page 10. La transmission se fait le plus souvent par voie fécale-orale après l'ingestion de kystes de protozoaires provenant d'aliments contaminés ou par un contact direct avec des animauxNote de bas de page 5. L'eau est le principal facteur de dissémination des infections à B. coliNote de bas de page 4. Les rats peuvent être porteurs de l'agent pathogène, mais on ignore si la transmission à l'humain est possible. Les blattes peuvent agir comme agent mécanique de transmission des excréments aux alimentsNote de bas de page 11.

PÉRIODE D'INCUBATION : Vraisemblablement en 3 ou 4 joursNote de bas de page 12Note de bas de page 13. La période d'incubation dépend également de la dose infectieuse et de l'état de santé du patientNote de bas de page 5.

TRANSMISSIBILITÉ : Le transfert de la balantidiase d'un humain à l'autre est possible par la propagation du kyste de B. coli à la suite d'une contamination fécale des aliments ou de l'approvisionnement en eauNote de bas de page 14, mais cela est rareNote de bas de page 5.

SECTION III - DISSÉMINATION

RÉSERVOIR : Le porc constitue le principal hôte réservoir. Toutefois, on trouve également B. coli chez les insectes, les poissons, les primates non humains et les amphibiensNote de bas de page 5Note de bas de page 8.

ZOONOSE : Le transfert vers l'humain est possible à la suite d'un contact étroit avec des porcs ou de la manipulation de ces derniers, et il se produit par la voie fécale-oraleNote de bas de page 14.

VECTEURS : Les mouches et les blattes peuvent transmettre mécaniquement l'agent présent dans les excréments de porc aux aliments destinés à la consommation humaineNote de bas de page 4Note de bas de page 5.

SECTION IV - VIABILITÉ ET STABILITÉ

SENSIBILITÉ AUX MÉDICAMENTS : B. coli est sensible à la tétracycline et au métronidazole, qui sont les médicaments de choix dans le traitement de l'infection. L'iodoquinol, la doxycycline et le nitazoxanide sont des médicaments de remplacement acceptablesNote de bas de page 4Note de bas de page 5.

SENSIBILITÉ AUX DÉSINFECTANTS : Le protozoaire peut être détruit par la désinfection au moyen de produits chimiques : détergents acides anioniques, composés d'ammonium quaternaires, iodophores et composés d'hypochlorite organiques et inorganiques (c.-à-d. hypochlorite de sodium à 1 %)Note de bas de page 15. L'eau contaminée par le protozoaire peut être désinfectée avec du chlore, de l'ozone et du dioxyde de carboneNote de bas de page 15. Toutefois, le chlore, utilisé normalement à des concentrations visant à assurer la salubrité de l'eau, n'est pas efficace contre les kystes de BalantidiumNote de bas de page 4.

INACTIVATION PHYSIQUE : Le protozoaire peut être inactivé par la chaleur, le rayonnement, l'entreposage à basse température et la dessiccationNote de bas de page 15.

SURVIE À L'EXTÉRIEUR DE L'HÔTE : Le protozoaire peut demeurer viable pendant des semaines dans les excréments de porc lorsqu'ils sont conservés dans un endroit humide et loin de la lumière du soleil, et il peut survivre pendant 10 jours dans l'environnementNote de bas de page 14. Les cultures de ciliés trophiques conservées à une température supérieure à 40 °CNote de bas de page 4 peuvent survivre pendant 24 à 48 heures.

SECTION V - PREMIERS SOINS ET ASPECTS MÉDICAUX

SURVEILLANCE : Les stades kystiques sont plus fréquents dans les selles formées. Le diagnostic physique comprend l'examen au microscope des excréments de porc pour la détection de mouvement ciliaireNote de bas de page 5 et l'examen histologique d'une pièce de biopsie de l'intestinNote de bas de page 1. Le protozoaire peut être détecté à partir de concentrés de selles et au moyen de méthodes sérologiquesNote de bas de page 5. La sédimentation et la flottation font partie des méthodes de concentration des parasites dans les échantillons de selles et rendent la détection plus facileNote de bas de page 16. Les techniques de biologie moléculaire comme la PCR sont une autre méthode de détection de B. coli Note de bas de page 1.

Remarque : Les méthodes de diagnostic ne sont pas nécessairement toutes disponibles dans tous les pays.

PREMIERS SOINS ET TRAITEMENT : L'infection peut être traitée par des antibiotiquesNote de bas de page 1Note de bas de page 5Note de bas de page 14.

IMMUNISATION : Aucune.

PROPHYLAXIE : Aucune.

SECTION VI - DANGERS POUR LE PERSONNEL DE LABORATOIRE

INFECTIONS CONTRACTÉES EN LABORATOIRE : Aucun cas signalé à ce jour, le risque d'infection en laboratoire est considéré comme faibleNote de bas de page 4.

SOURCES ET ÉCHANTILLONS : Excréments et échantillons de tissus infectés prélevés dans l'intestin.

DANGERS PARTICULIERS : Les échantillons d'excréments humains ou porcins pourraient contenir des kystes. La prudence est donc de mise lors de leur manipulation.

SECTION VII - CONTRÔLE DE L'EXPOSITION ET PROTECTION PERSONNELLE

CLASSIFICATION PAR GROUPE DE RISQUE: Groupe de risque 2.

EXIGENCES DE CONFINEMENT : Installations, équipement et pratiques opérationnelles de niveau de confinement 2 pour le travail avec des matières, cultures ou animaux infectieux ou potentiellement infectieux.

VÊTEMENTS DE PROTECTION : Sarrau. Gants, lorsqu'un contact direct de la peau avec des matières infectées ou des animaux est inévitable. Une protection pour les yeux doit être utilisée lorsqu'il y a un risque connu ou potentiel d'éclaboussure Note de bas de page 18.

AUTRES PRÉCAUTIONS : Toutes les procédures pouvant produire des aérosols ou mettant en cause des concentrations ou des quantités élevées doivent s'effectuer dans une enceinte de sécurité biologique (ESB). L'utilisation d'aiguilles, de seringues et d'autres objets tranchants doit être strictement restreinte. Des précautions supplémentaires doivent être envisagées pour les activités avec des animaux ou à grande échelle Note de bas de page 18.

SECTION VIII - MANUTENTION ET ENTREPOSAGE

DÉVERSEMENTS : Laisser les aérosols se déposer et, tout en portant des vêtements de protection, couvrir délicatement le déversement avec des essuie-tout et appliquer un désinfectant approprié, en commençant par le périmètre et en se rapprochant du centre. Laisser agir suffisamment longtemps avant de nettoyer Note de bas de page 18.

ÉLIMINATION : Décontaminer toutes les matières à éliminer contenant l'agent infectieux ou ayant été en contact avec celui-ci par stérilisation à la vapeur, désinfection chimique, rayonnement gamma ou incinération Note de bas de page 18.

ENTREPOSAGE : L'agent infectieux doit être entreposé dans des contenants étanches étiquetés de façon appropriée Note de bas de page 18.

SECTION IX - RENSEIGNEMENTS SUR LA RÉGLEMENTATION ET AUTRES

INFORMATION SUR LA RÉGLEMENTATION : L'importation, le transport et l'utilisation de pathogènes au Canada sont régis par de nombreux organismes de réglementation, dont l'Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada, l'Agence canadienne d'inspection des aliments, Environnement Canada et Transports Canada. Il incombe aux utilisateurs de veiller à respecter tous les règlements et toutes les lois, directives et normes applicables.

DERNIÈRE MISE À JOUR : Décembre 2011

Préparée par : Direction de la règlementation des agents pathogènes, Agence de la santé publique du Canada.

Bien que les renseignements, opinions et recommandations présentés dans cette Fiche de renseignements proviennent de sources que nous jugeons fiables, nous ne nous rendons pas responsables de leur justesse, de leur caractère exhaustif ou de leur fiabilité, ni des pertes ou blessures pouvant résulter de l'utilisation de ces renseignements. Comme on découvre fréquemment de nouveaux dangers, il est possible que ces renseignements ne soient pas tout à fait à jour.

Tous droits réservés © Agence de la santé publique du Canada, 2011 Canada

RÉFÉRENCES

Signaler un problème ou une erreur sur cette page
Veuillez cocher toutes les réponses pertinentes :

Déclaration de confidentialité

Merci de votre aide!

Vous ne recevrez pas de réponse. Pour toute question, contactez-nous.

Date de modification :