Fiche Technique Santé-Sécurité : Agents Pathogènes – Capnocytophaga spp.

FICHE TECHNIQUE SANTÉ-SÉCURITÉ : AGENTS PATHOGÈNES

SECTION I - AGENT INFECTIEUX

NOM : Capnocytophaga spp.

SYNONYME OU RENVOI : Capnocytophaga ochracea, Capnocytophaga canimorsus, Capnocytophaga cynodegmi, Capnocytophaga gingivalis, Capnocytophaga granulosa, Capnocytophaga haemolytica, Capnocytophaga leadbetteri, Capnocytophaga sputigena Note de bas de page 1-Note de bas de page 3.

CARACTÉRISTIQUES : Les bactéries du genre Capnocytophaga (famille des Flavobacteriaceae) sont des bacilles Gram négatif facultativement anaérobique de 3 à 6 µm mobiles par glissement. Habituellement longs, minces et effilés, les bacilles peuvent aussi prendre la forme de filaments incurvés, de coccobacilles ou de fuseaux Note de bas de page 2, Note de bas de page 4-Note de bas de page 7. Certaines souches sont capnophiles (c.‑à‑d. croissance à une concentration de CO2 de 5 à 10 %) et la plupart se cultivent bien dans des conditions anaérobies strictes. La couleur des colonies formées varie du rose au jaunâtre Note de bas de page 4, Note de bas de page 6.

SECTION II - DÉTERMINATION DU RISQUE

PATHOGÉNICITÉ ET TOXICITÉ : Les bactéries du genre Capnocytophaga sont des agents pathogènes occasionnels qui peuvent être responsables de maladies bucco-dentaires et d’abcès cérébrauxNote de bas de page 7 ,Note de bas de page 8 . À l’origine d’infections systémiques chez les patients immunodéprimés, elles peuvent aussi provoquer des maladies chez les patients immunocompétentsNote de bas de page 2 ,Note de bas de page 8 . La plupart des infections à Capnocytophaga signalées touchaient des régions contiguës à l’oropharynx; le microorganisme a entre autres été mis en cause dans des maladies parodontales, des lésions ophtalmiques, des infections des voies respiratoires, des péricardites traumatiques, des abcès médiastinaux et cervicaux et des péritonites. Une mucosite et des lésions de la barrière muqueuse orale constituent des voies d’entrée du pathogène, qui peut aussi être à l’origine de septicémies, d’endocardites, d’infections périnatales, de pyonéphroses, d’ostéomyélites et d’arthrite infectieuseNote de bas de page 2 .

C. canimorsus, dont la transmission de l’animal à l’humain est possible, peut être responsable d’états septiques et d’autres infections graves (endocardites, ostéomyélites, péritonites) chez les patients immunodéprimés ainsi que, rarement, chez les patients immunocompétentsNote de bas de page 7 ,Note de bas de page 9 . Les patients vus entre 8 et 12 h après avoir subi une morsure de chien pourront présenter des lésions localisées sans signes significatifs d’inflammation locale. L’infection pourra ensuite se manifester par une cellulite localisée, une douleur au site de la morsure, un écoulement purulent, une lymphangite ou une lymphadénopathie régionale. Les symptômes initiaux de la septicémie peuvent comprendre la fièvre, les frissons, la myalgie, la dyspnée, la confusion et les céphalées. Une évolution fulminante et grave caractérisée par l’apparition d’un état septique, d’une méningite, d’une ostéomyélite, d’une péritonite, d’une endocardite, d’une pneumonie, d’arthrite purulente, d’une coagulation intravasculaire disséminée (CIVD) ou d’un purpura fulminant pourrait être observée chez les patients immunodéprimés; des cas ont aussi été signalés chez des patients par ailleurs en bonne santéNote de bas de page 7 ,Note de bas de page 10 .

ÉPIDÉMIOLOGIE : Les bactéries du genre Capnocytophaga sont répandues dans le monde entier Note de bas de page 10. Depuis 1976, à l’échelle mondiale, environ 200 cas d’infection par C. canimorsus ont été signalés chez l’humain Note de bas de page 10.

GAMME D'HÔTES : Humain, chien, chat, lapin Note de bas de page 7.

DOSE INFECTIEUSE : Inconnue.

MODE DE TRANSMISSION : C. canimorsus et C. cynodegmi se propagent principalement par morsure de chien ou de chat ou par contact étroit avec les animaux Note de bas de page 2, Note de bas de page 7, Note de bas de page 10.

PÉRIODE D'INCUBATION : La morsure et l’apparition des symptômes systémiques sont séparées par une période d’incubation d’environ 5 jours (habituellement de 1 à 8 jours; elle atteint parfois 30 jours)Note de bas de page 7 ,Note de bas de page 10 .

TRANSMISSIBILITÉ : La transmission directe entre humains est très rare Note de bas de page 10.

SECTION III - DISSÉMINATION

RÉSERVOIR : C. ochracea, C. gingivalis, C. granulosa, C. haemolytica, C. sputigena et C. leadbetteri font partie de la flore normale de la cavité buccale humaine et sont principalement trouvés dans la plaque dentaire Note de bas de page 2-Note de bas de page 4, Note de bas de page 7. C. canimorsus et C. cynodegmi font partie de la flore buccale du chien et, plus rarement, du chat et du lapin Note de bas de page 7, Note de bas de page 9.

ZOONOSE : Transmission par morsure, griffure ou léchage par des chiens ou des chats infectés par C. canimorsus ou C. cynodegmi, ou par la simple exposition à ces animaux Note de bas de page 7, Note de bas de page 10.

VECTEURS : Aucun.

SECTION IV - VIABILITÉ ET STABILITÉ

SENSIBILITÉ AUX MÉDICAMENTS : Les bactéries du genre Capnocytophaga sont habituellement sensibles aux macrolides, à la clindamycine, à la tétracycline, au linézolide, au chloramphénicol, à l’imipénem et aux quinolones Note de bas de page 7.

RÉSISTANCE AUX MÉDICAMENTS : Les bactéries du genre Capnocytophaga sont résistantes aux aminosides Note de bas de page 7, à la polymyxine, à l’acide fusidique, à la fosfomycine, à la colistine et au triméthoprime Note de bas de page 2.

SENSIBILITÉ AUX DÉSINFECTANTS : Sensibilité aux solutions antiseptiques de chlorhexidine ou de povidone‑iode à 1 % Note de bas de page 2.

INACTIVATION PHYSIQUE : Absence de données propres aux bactéries de l’espèce; cependant, une sensibilité à la chaleur humide (121 °C pendant au moins 15 minutes), à la chaleur sèche (160‑170 °C pendant au moins 1 heure) et à la stérilisation à basse température (c.‑à‑d. stérilisation à l’oxyde d’éthylène Note de bas de page 11 ,Note de bas de page 12  ou au plasmaNote de bas de page 13 ,Note de bas de page 14 ) ont été observées chez des microorganismes semblables.

SURVIE À L'EXTÉRIEUR DE L'HÔTE : Inconnue.

SECTION V - PREMIERS SOINS ET ASPECTS MÉDICAUX

SURVEILLANCE : Surveiller l’apparition de symptômes. Le diagnostic d’infection par une bactérie du genre Capnocytophaga est habituellement fondé sur l’isolement de la bactérie dans le sang ou d’autres liquides organiques (liquide céphalorachidien) ou, moins fréquemment, sur l’isolement à partir de prélèvements de plaie (morsure) ou de tissus réalisés chez le patient. Il est important d’employer un milieu enrichi pour isoler les bactéries du genre Capnocytophaga. Une croissance optimale du microorganisme peut être observée entre 35 et 37 °C dans une atmosphère aérobie enrichie en CO(5 à 10 %), ou encore en atmosphère anaérobie Note de bas de page 7, Note de bas de page 10.

Remarque : Les méthodes de diagnostic ne sont pas nécessairement disponibles dans tous les pays.

PREMIERS SOINS ET TRAITEMENT : Administrer l’antibiothérapie appropriée Note de bas de page 2, Note de bas de page 7. Un traitement par amoxicilline‑clavulanate devrait être amorcé dès qu’une infection à C. canimorsus est soupçonnée. En outre, ce traitement est particulièrement indiqué chez les patients splénectomisés ou immunodéprimés présentant une morsure de chien ou de chat Note de bas de page 7.

IMMUNISATION : Aucune.

PROPHYLAXIE : Nettoyage de toute morsure animale à l’aide d’une solution antiseptique. Une antibiothérapie prophylactique pourra être prescrite Note de bas de page 10.

SECTION VI - DANGERS POUR LE PERSONNEL DE LABORATOIRE

INFECTIONS CONTRACTÉES AU LABORATOIRE : Aucun cas n’a jusqu’à présent été signalé.

SOURCES ET ÉCHANTILLONS : Sang, liquide céphalorachidien, prélèvements salivaires humains, canins ou félins Note de bas de page 10.

DANGERS PRIMAIRES : Inoculation parentérale accidentelle.

DANGERS PARTICULIERS : Manipulation d’animaux de laboratoire, notamment de chiens Note de bas de page 5, Note de bas de page 10.

SECTION VII - CONTRÔLE DE L'EXPOSITION ET PROTECTION PERSONNELLE

CLASSIFICATION PAR GROUPE DE RISQUE : Groupe de risque 2 Note de bas de page 15. Le groupe de risque correspond au genre dans son ensemble et peut ne pas s’appliquer à toutes les espèces du genre.

EXIGENCES DE CONFINEMENT : Installations, équipement et pratiques opérationnelles de niveau de confinement 2 pour le travail avec des matières, cultures ou animaux infectieux ou potentiellement infectieux. Ces exigences de confinement s’appliquent au genre dans son ensemble et peuvent ne pas s’appliquer à chaque espèce du genre. 

VÊTEMENTS DE PROTECTION : Sarrau. Gants, lorsqu’un contact direct de la peau avec des matières infectées ou des animaux est inévitable. Une protection pour les yeux doit être utilisée lorsqu’il y a un risque connu ou potentiel d’éclaboussure Note de bas de page 16.

AUTRES PRÉCAUTIONS : Toutes les procédures pouvant produire des aérosols ou mettant en cause des concentrations ou des quantités élevées doivent s’effectuer dans une enceinte de sécurité biologique (ESB). L’utilisation d’aiguilles, de seringues et d’autres objets tranchants doit être strictement restreinte. Des précautions supplémentaires doivent être envisagées pour les activités avec des animaux ou à grande échelle Note de bas de page 16.

SECTION VIII - MANUTENTION ET ENTREPOSAGE

DÉVERSEMENTS : Laisser les aérosols se déposer et, tout en portant des vêtements de protection, couvrir délicatement le déversement avec des essuie‑tout et appliquer un désinfectant approprié, en commençant par le périmètre et en se rapprochant du centre. Laisser agir suffisamment longtemps avant de nettoyer.

ÉLIMINATION : Décontaminer toutes les matières à éliminer contenant l’agent infectieux ou ayant été en contact avec celui‑ci par stérilisation à la vapeur, désinfection chimique, rayonnement gamma ou incinération Note de bas de page 16.

ENTREPOSAGE : Dans des contenants étanches étiquetés de façon appropriée Note de bas de page 16.

SECTION IX - RENSEIGNEMENTS SUR LA RÉGLEMENTATION ET AUTRES

INFORMATION SUR LA RÉGLEMENTATION : L’importation, le transport et l’utilisation de pathogènes au Canada sont régis par de nombreux organismes de réglementation, dont l’Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments, Environnement Canada et Transports Canada. Il incombe aux utilisateurs de veiller à respecter tous les règlements et toutes les lois, directives et normes applicables.

DERNIÈRE MISE À JOUR : Décembre 2011

PRÉPARÉE PAR : Direction de la règlementation des agents pathogènes, agence de la santé publique du Canada.

Bien que les renseignements, opinions et recommandations présentés dans cette Fiche de renseignements proviennent de sources que nous jugeons fiables, nous ne nous rendons pas responsables de leur justesse, de leur caractère exhaustif ou de leur fiabilité, ni des pertes ou blessures pouvant résulter de l’utilisation de ces renseignements. Comme on découvre fréquemment de nouveaux dangers, il est possible que ces renseignements ne soient pas tout à fait à jour.

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