Fiche Technique Santé-Sécurité : Agents Pathogènes – Clostridium spp.

FICHE TECHNIQUE SANTÉ-SÉCURITÉ : AGENTS PATHOGÈNES

SECTION I - AGENT INFECTIEUX

NOM : Clostridium spp. (sauf C. botulinum, C. difficile, C. perfingens et C. tetani)

SYNONYME OU RENVOI : Le genre comprend entre autres : Clostridium novyi Note de bas de page 1, Note de bas de page 2, C. septicum, C. sordellii, C. baratii, C. carnis, C. fallax, C. haemolyticum, C. histolyticum, C. limosum, C. bifermentans, C. clostridioforme, C. ramosum, C. sporogenes, C. tertium Note de bas de page 3, C. innocum, C. paraputificum et C. subterminale. Bactériémie à Clostridium Note de bas de page 4, myonécrose à Clostridium Note de bas de page 5.

CARACTÉRISTIQUES : Le genre Clostridium, de la famille des Clostridiaceae, regroupe des bactéries Gram positif sporulées apparaissant sous leur forme végétative comme des bacilles en paires ou en chaînettes courtes. La plupart des espèces du genre Clostridium sont obligatoirement anaérobiques; cependant, certaines espèces peuvent être aérotolérantes ou capables de croître dans des conditions aérobies. Le genre regroupe près de 200 espèces, dont seulement quelques‑unes sont pathogéniques pour l’humain. Plusieurs espèces sont toxigéniquesNote de bas de page 1 ,Note de bas de page 3.

SECTION II - DÉTERMINATION DU RISQUE

PATHOGÉNICITÉ ET TOXICITÉ : Les espèces pathogènes ne sont pas envahissantes; toutefois, certaines souches de Clostridium produisent des toxines qui provoquent des symptômes et des lésions associés à une infection, comme la nécrose des tissus (C. novyi, C. septicum, S. sordellii) ou le botulisme (C. baratii)Note de bas de page 6 . Outre C. botulinum et C. argentinense (anciennement C. botulinum de type G), certaines souches de C. baratii et de C. butyricum produisent la neurotoxine botuliniqueNote de bas de page 3 .

Les maladies suivantes sont principalement associées aux bactéries du genre Clostridium :

Bactériémie à Clostridium : Le tableau clinique peut varier grandement, mais il comprend en général une fièvre, une sensation de froid et une leucocytose Note de bas de page 4. Le taux de létalité se situe entre 25 et 50 % Note de bas de page 2. La bactériémie à anaérobies peut être attribuable à de nombreuses espèces du genre Clostridium, dont C. septicum, C. ramosum, C. clostridioforme et C. tertium Note de bas de page 2, Note de bas de page 7.

Myonécrose à Clostridium (gangrène gazeuse) : Atteinte rare mais souvent mortelle, la myonécrose à Clostridium consiste en une infection des tissus musculaires par les espèces de Clostridium produisant des exotoxinesNote de bas de page 5 . Les symptômes de l’affection comprennent habituellement une douleur aiguë dans la région atteinte, une fièvre et une tachycardie. Aux derniers stades de l’infection, on observe parfois une dyschromie, des bulles hémorragiques et une production gazeuse sous‑cutanéeNote de bas de page 8 . C. perfringens est la cause la plus courante de myonécrose à ClostridiumNote de bas de page 9 ; en effet, environ 70 % des cas sont consécutifs à une lésion traumatique et, de ce nombre, 80 % sont attribuables à C. perfringensNote de bas de page 10 . Plusieurs autres espèces ont été associées à des cas de myonécrose à Clostridium, dont C. septicum, C. novyi, C. histolyticum, C. bifermentans, C. tertium, C. fallax et C. sordelliiNote de bas de page 1 , Note de bas de page 3 ,Note de bas de page 9 ,Note de bas de page 10 .

Entérocolite nécrosante (ECN) : L’entérocolite nécrosante consiste en une nécrose ischémique de la muqueuse intestinale; il s’agit de l’urgence gastro‑intestinale la plus fréquente chez les nouveau‑nés (entre 1 et 3 cas par 1 000 naissances vivantes)Note de bas de page 4 ,Note de bas de page 11 . L’étiologie de l’ECN n’a pas été élucidée, mais on croit que la colonisation bactérienne des voies digestives joue un rôle dans l’affectionNote de bas de page 11 . Les bactéries du genre Clostridium ont fréquemment été associées aux cas graves d’ECNNote de bas de page 4 ,Note de bas de page 11 .

Choc septique associé à Clostridium sordellii (CSTS) : C. sordellii fait partie des causes possibles des chocs septiques consécutifs aux interventions gynécologiques, aux accouchements et aux avortements Note de bas de page 12. Les chocs septiques associés à Clostridium sordelli sont caractérisés par une détérioration rapide de l’état de la patiente, associée à un état de choc (œdème, épanchement, leucocytose marquée et hémoconcentration suivis d’un état de choc et d’une défaillance multiviscérale), et ils sont fréquemment observés chez des patientes auparavant en bonne santé. Leur incidence demeure mal décrite.

ÉPIDÉMIOLOGIE : Les bactéries du genre Clostridium sont observées partout dans le monde; ubiquistes dans l’environnement, elles peuvent être présentes dans le sol, les excréments, les eaux usées et les sédiments marinsNote de bas de page 3 . La bactériémie et la myonécrose à Clostridum sont relativement rares, et les personnes atteintes de maladies sous‑jacentes ainsi que les personnes âgées présentent un risque accru d’infectionNote de bas de page 2 ,Note de bas de page 3 , Note de bas de page 7 ,Note de bas de page 13 . Des éclosions de myonécrose à Clostridium ont été observées chez les utilisateurs de drogues par injectionNote de bas de page 14 ,Note de bas de page 15 .

GAMME D'HÔTES : Tractus gastro‑intestinal des vertébrés et des invertébrés Note de bas de page 1, Note de bas de page 3.

DOSE INFECTIEUSE : Inconnue.

MODE DE TRANSMISSION : Contamination des plaies et altération de l’intégrité du tractus gastro‑intestinal; des cas spontanés sont aussi possiblesNote de bas de page 8 .

PÉRIODE D'INCUBATION : De 6 heures à 3 jours en cas de myonécrose à Clostridium Note de bas de page 5.

TRANSMISSIBILITÉ : Il n’y aurait aucune transmission directe entre humains.

SECTION III - DISSÉMINATION

RÉSERVOIR : Les bactéries du genre Clostridium sont ubiquistesNote de bas de page 1 ; on les retrouve chez l’humain, chez les animaux et dans l’environnementNote de bas de page 1 ,Note de bas de page 3 .

ZOONOSE : Aucune. Aucune donnée ne permet de croire qu’une transmission directe des bactéries du genre Clostridium de l’animal à l’humain est possible Note de bas de page 16.

VECTEURS : Aucun.

SECTION IV - VIABILITÉ ET STABILITÉ

SENSIBILITÉ AUX MÉDICAMENTS : Les bactéries du genre Clostridium présentent une sensibilité variable aux antibiotiquesNote de bas de page 3 ,Note de bas de page 4 ; cependant, la plupart des espèces sont sensibles à la pénicilline, à la clindamycine, au chloramphénicol, à la pipéracilline, au métronidazole, à l’imipénem et aux associations b‑lactamines/inhibiteurs des b‑lactamasesNote de bas de page 3 ,Note de bas de page 9 , Note de bas de page 12 .

SENSIBILITÉ AUX DÉSINFECTANTS : Les spores sont résistantes à la plupart des désinfectants et, en cas de sensibilité, leur inactivation nécessite l’emploi de temps de contact prolongésNote de bas de page 17 -Note de bas de page 19 . Les spores de Clostridium spp., en particulier, sont résistantes aux alcools éthyliques et propyliquesNote de bas de page 17 ; elles sont cependant sensibles à un contact de 3 heures avec des désinfectants de haut niveau comme le glutaraldéhyde à 2 % en solution aqueuse, au formaldéhyde à 8 % et à l’hypochlorite de sodium à 20 ppmNote de bas de page 17 , Note de bas de page 19 .

INACTIVATION PHYSIQUE : Les spores de Clostridium spp. sont généralement résistantes à la chaleurNote de bas de page 18 ,Note de bas de page 20  et peuvent survivre pendant 3 heures à une température de 116 °C, tandis que la forme végétative peut être rapidement inactivée par des températures de seulement 55 à 65 °CNote de bas de page 21 . Il est toutefois possible d’inactiver les spores par exposition à la vapeur d’eau saturée, à une pression de 15 livres et une température de 121 °C Note de bas de page 21 ; les spores seront aussi sensibles à une chaleur humide de 100 °C pendant 29 minutes sous un pH de 7 et pendant 11 minutes sous un pH de 10,2 ou de 4,1Note de bas de page 20 .

SURVIE À L'EXTÉRIEUR DE L'HÔTE : Les bactéries du genre Clostridium forment des endospores résistantes ubiquistes dans l’environnement Note de bas de page 3.

SECTION V - PREMIERS SOINS ET ASPECTS MÉDICAUX

SURVEILLANCE : Surveiller l’apparition de symptômes. Le diagnostic est fondé sur le tableau clinique et sur l’isolement de la bactérie à partir des échantillons Note de bas de page 3, Note de bas de page 13. Les plaies perforantes doivent être examinées à la recherche d’abcès et d’une production gazeuse, états qu’il est primordial de diagnostiquer rapidement Note de bas de page 3.

PREMIERS SOINS ET TRAITEMENT : Antibiothérapie et excision chirurgicale des tissus infectés en cas de myonécrose à Clostridium Note de bas de page 3, Note de bas de page 4, Note de bas de page 8.

IMMUNISATION : Aucune.

PROPHYLAXIE : Nettoyage de toute blessure à l’aide d’un agent antiseptique; une antibiothérapie pourrait être prescriteNote de bas de page 1 .

SECTION VI - DANGERS POUR LE PERSONNEL DE LABORATOIRE

INFECTIONS CONTRACTÉES AU LABORATOIRE : Au moins six cas d’infection à Clostridium acquise au laboratoire ont été signalés avant 1976 Note de bas de page 22.

SOURCES ET ÉCHANTILLONS : Sang, selles, matériel de biopsie et prélèvements de plaie Note de bas de page 3, Note de bas de page 23.

DANGERS PRIMAIRES : Inoculation parentérale.

DANGERS PARTICULIERS : Aucun.

SECTION VII - CONTRÔLE DE L'EXPOSITION ET PROTECTION PERSONNELLE

CLASSIFICATION PAR GROUPE DE RISQUE : Groupe de risque 2 Note de bas de page 24. Le groupe de risque correspond au genre dans son ensemble et peut ne pas s’appliquer à toutes les espèces du genre.

EXIGENCES DE CONFINEMENT : Installations, équipement et pratiques opérationnelles de niveau de confinement 2 pour le travail avec des matières, cultures ou animaux infectieux ou potentiellement infectieux Note de bas de page 25. Ces exigences de confinement s’appliquent au genre dans son ensemble et peuvent ne pas s’appliquer à chaque espèce du genre. 

VÊTEMENTS DE PROTECTION : Sarrau. Gants, lorsqu’un contact direct de la peau avec des matières infectées ou des animaux est inévitable. Une protection pour les yeux doit être utilisée lorsqu’il y a un risque connu ou potentiel d’éclaboussure Note de bas de page 25.

AUTRES PRÉCAUTIONS : Toutes les procédures pouvant produire des aérosols ou mettant en cause des concentrations ou des quantités élevées doivent s’effectuer dans une enceinte de sécurité biologique (ESB). L’utilisation d’aiguilles, de seringues et d’autres objets tranchants doit être strictement restreinte. Des précautions supplémentaires doivent être envisagées pour les activités avec des animaux ou à grande échelle Note de bas de page 25.

SECTION VIII - MANUTENTION ET ENTREPOSAGE

DÉVERSEMENTS : Laisser les aérosols se déposer et, tout en portant des vêtements de protection, couvrir délicatement le déversement avec des essuie‑tout et appliquer un désinfectant approprié, en commençant par le périmètre et en se rapprochant du centre. Laisser agir suffisamment longtemps avant de nettoyer Note de bas de page 25.

ÉLIMINATION : Décontaminer les matières à éliminer qui contiennent l’agent infectieux ou sont venues en contact avec celui‑ci par autoclavage, désinfection chimique, irradiation gamma ou incinération Note de bas de page 25.

ENTREPOSAGE : L’agent infectieux devrait être conservé dans des contenants étanches dûment étiquetés de façon appropriée Note de bas de page 25.

SECTION IX - RENSEIGNEMENTS SUR LA RÉGLEMENTATION ET AUTRES

INFORMATION SUR LA RÉGLEMENTATION : L’importation, le transport et l’utilisation de pathogènes au Canada sont régis par de nombreux organismes de réglementation, dont l’Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments, Environnement Canada et Transports Canada. Il incombe aux utilisateurs de veiller à respecter tous les règlements et toutes les lois, directives et normes applicables.

DERNIÈRE MISE À JOUR : Décembre 2011

PRÉPARÉE PAR : Direction de la règlementation des agents pathogènes, agence de la santé publique du Canada.

Bien que les renseignements, opinions et recommandations présentés dans cette Fiche de renseignements proviennent de sources que nous jugeons fiables, nous ne nous rendons pas responsables de leur justesse, de leur caractère exhaustif ou de leur fiabilité, ni des pertes ou blessures pouvant résulter de l’utilisation de ces renseignements. Comme on découvre fréquemment de nouveaux dangers, il est possible que ces renseignements ne soient pas tout à fait à jour.

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