Fiche Technique Santé-Sécurité : Agents Pathogènes – Virus Coxsackie

SECTION I – AGENT INFECTIEUX

NOM : Virus Coxsackie

SYNONYME OU RENVOI : Picornavirus, entérovirus, virus Coxsackie du groupe A (sérotypes 1‑22 et 24), virus Coxsackie du groupe B (sérotypes 1‑6), pharyngite vésiculeuse (herpangine), stomatite vésiculeuse entérovirale avec exanthème (syndrome pieds‑mains‑bouche), pharyngite lymphonodulaire à entérovirus (pharyngite lymphonodulaire aiguë), maladie de Bornholm (synonymes : myalgie épidémique, pleurodynie épidémique, grippe du diable)1Footnote 2.

CARACTÉRISTIQUES : Les virus Coxsackie sont des virus non enveloppés à ARN simple‑brin positif linéaire et à symétrie icosaédrale. Ils font partie de la famille des Picornaviridae et du genre Enterovirus1Footnote 3.

SECTION II – DÉTERMINATION DU RISQUE

PATHOGÉNICITÉ ET TOXICITÉ : Les infections par le virus Coxsackie sont majoritairement asymptomatiques et spontanément résolutives; cependant, elles peuvent aussi évoluer vers une variété d’atteintes rares dont certaines peuvent compromettre le pronostic vital1Footnote 2. L’évolution clinique peut varier au sein d’une même souche de virus Coxsackie et d’une souche à l’autre1Footnote 2 Footnote 4.

Les virus Coxsackie du groupe A sont associés aux atteintes suivantes : syndrome pieds‑mains‑bouche, herpangine, pharyngite lymphonodulaire aiguë, méningite aseptique, paralysie, exanthème, maladie pieds‑mains‑bouche (A10, A16), pneumonie du nourrisson, rhume commun, hépatite, diarrhée infantile, conjonctivite aiguë hémorragique (A24)1Footnote 5.

Les virus Coxsackie du groupe B sont associés aux atteintes suivantes : diabète, pleurodynie, méningite aseptique, paralysie, septicémie grave chez le nourrisson, méningo‑encéphalite, myocardite, péricardite, infection des voies respiratoires supérieures et pneumonie, éruption cutanée, hépatite et pancréatite1Footnote 6-8. Un syndrome fébrile indifférencié et un état parkinsonien pourraient aussi être associés aux infections par les virus Coxsackie du groupe B; cependant, cette association demeure controversée. 

Les atteintes nécessitant le plus souvent une hospitalisation sont les suivantes :
Syndrome pieds‑mains‑bouche : caractérisé par une fièvre et une éruption vésiculaire dans la bouche et sur les mains et les pieds, une inflammation de la gorge et une anorexieFootnote 5. L’atteinte est habituellement spontanément résolutive et ne requiert qu’un traitement symptomatiqueFootnote 5.

Méningite aseptique/méningo‑encéphalite : Syndrome clinique le plus couramment associé aux entérovirus, la méningite aseptique commande une attention médicaleFootnote 1. Le virus entraîne une inflammation non bactérienne des méninges associée à une fièvre, des céphalées et une photophobie, sans atteinte apparente du parenchymeFootnote 1. L’infection peut évoluer vers la méningo‑encéphalite avec infection du parenchyme, qui est caractérisée par une altération de l’état de conscience ainsi que par des signes neurologiques focaux et des crises convulsivesFootnote 1. Bien qu’une résolution spontanée de l’atteinte méningée grave soit habituellement observée, des cas de décès ont été signalésFootnote 1.

Myocardite et cardiomyopathie dilatée : La myocardite consiste en une inflammation du myocarde associée à des lésions non attribuables à une ischémie. En cas d’infection ou d’inflammation persistante, le syndrome peut évoluer vers une cardiomyopathie dilatée (caractérisée par une augmentation de la taille du cœur) pouvant mener à une insuffisance cardiaque [très rare]1Footnote 7.

ÉPIDÉMIOLOGIE : Le virus Coxsackie est répandu partout dans le monde et, bien que les cas d’infection soient plus fréquents pendant l’été et l’automne, des cas sporadiques peuvent être observés tout au long de l’année2Footnote 5. Les infections à Coxsackie peuvent toucher tous les groupes d’âge, le risque étant toutefois supérieur chez les jeunes enfants. La méningite virale, par exemple, est de 5 à 8 fois plus fréquente chez l’enfant que chez l’adulteFootnote 2.

GAMME D’HÔTES : Humain, singe, sourisFootnote 1.

DOSE INFECTIEUSE : Inconnue; cependant, une dose de 15‑50 TCID50 s’est montrée infectieuse chez des volontaires adultes9.

MODE DE TRANSMISSION : L’infection est consécutive à un contact direct avec des sécrétions infectieuses et à une auto‑inoculation subséquente par la bouche, le nez ou les yeuxFootnote 1. L’ingestion d’eau contaminée pourrait aussi contribuer à la transmission de l’infectionFootnote 1. La transmission par voie intranasale et par aérosols mettant en cause des sécrétions respiratoires contaminées est possible dans le cas de certains variants1Footnote 9Footnote 10. Après son entrée dans l’organisme, le virus Coxsackie se multiplie dans les tissus lymphoïdes pour ensuite se disséminer dans le sangFootnote 2.

PÉRIODE D’INCUBATION : La période d’incubation varie de quelques jours (syndrome pieds‑mains‑bouche) à plusieurs années (myocardite), selon l’évolution clinique5Footnote 7Footnote 8.

TRANSMISSIBILITÉ : La transmission directe entre humains est fréquente et peut se produire par voie orale, oculaire, respiratoire ou fécale‑orale1Footnote 9Footnote 10.

SECTION III – DISSÉMINATION

RÉSERVOIR : HumainFootnote 1.

ZOONOSE : Aucune.

VECTEURS : Aucun.

SECTION IV – VIABILITÉ ET STABILITÉ

SENSIBILITÉ AUX MÉDICAMENTS : Aucun médicament antiviral contre les virus Coxsackie n’est pour le moment homologué. Bien que Pleconaril® ait été employé contre des infections à Coxsackie graves dans le cadre d’essais cliniques, aucun effet notable sur la morbidité ou la mortalité n’a été mis en évidence4Footnote 11.

SENSIBILITÉ AUX DÉSINFECTANTS : Le virus Coxsackie est sensible au formaldéhyde, au glutaraldéhyde, aux acides forts, à l’hypochlorite de sodium (eau de Javel) et au chlore libre résiduel1Footnote 12. Cette sensibilité est fonction d’une concentration de désinfectant, d’un pH et d’un temps de contact suffisants, et elle est réduite par la présence de matières organiques étrangèresFootnote 1.

RÉSISTANCE AUX DÉSINFECTANTS : Les particules infectieuses sont habituellement résistantes à de nombreux désinfectants couramment employés en laboratoire, y compris l’éthanol à 70 %, l’isopropanol, les solutions de Lysol et les composés d’ammonium quaternaire1Footnote 13. Le virus Coxsackie est résistant aux solvants lipidiques, notamment à l’éther et au chloroformeFootnote 1, et sa stabilité a été observée dans de nombreux détergents conservés à température pièceFootnote 1.

INACTIVATION PHYSIQUE : Le virus Coxsackie peut être inactivé par rayonnement UVFootnote 1. Le séchage entraîne quant à lui une réduction du titre viral dont l’importance varie selon la porosité de la surface et la présence de matières organiques étrangèresFootnote 1. Dans la majorité des cas, le virus sera rapidement inactivé par une température de 42 °C; cependant, sa stabilité et sa résistance à la chaleur peuvent être accrues en présence d’agents réducteurs de type sulfhydryl et de cations magnésiumFootnote 1.

SURVIE À L’EXTÉRIEUR DE L’HÔTE : Le virus Coxsackie peut survivre pendant des mois dans des conditions favorables, c’est-à-dire sous un pH neutre, une humidité élevée et des températures basses, et sa survie est supérieure en présence de matières organiquesFootnote 1. Une survie pouvant atteindre 3 semaines a été observée à des températures de 1 °C à 20 °C dans des fruits de mer ayant été conservés dans de l’eau contaminée par le virus Coxsackie1Footnote 14.

SECTION V – PREMIERS SOINS ET ASPECTS MÉDICAUX

SURVEILLANCE : Surveiller l’apparition de symptômes. Le diagnostic pourra être confirmé par sérologie, isolement du virus ou PCR à partir d’échantillons prélevés aux sites des lésions, d’échantillons nasopharyngés ou d’échantillons de selles2Footnote 11. Le recours à la culture virale tend à être délaissé car certains sérotypes se multiplient mal sur culture cellulaire. Les méthodes de typage moléculaire ont largement remplacé les méthodes de sérotypage.

Remarque : Les méthodes de diagnostic ne sont pas nécessairement toutes disponibles dans tous les pays.

PREMIERS SOINS ET TRAITEMENT : Aucun traitement contre le virus Coxsackie n’est à l’heure actuelle commercialiséFootnote 1Footnote 11.

IMMUNISATION : Il n’existe aucun vaccin général contre le virus Coxsackie; cependant, un vaccin contre les atteintes cardiaques attribuables au virus est en cours de développement3Footnote 11.

PROPHYLAXIE : Aucune.

SECTION VI – DANGERS POUR LE PERSONNEL DE LABORATOIRE

INFECTIONS CONTRACTÉES EN LABORATOIRE : En date de 2006, 39 cas d’infection avaient été signalés15-17.

SOURCES ET ÉCHANTILLONS : Prélèvements de gorge, prélèvements rectaux, échantillons de selles, liquide céphalorachidien (méningite aseptique) Footnote 2Footnote 16Footnote 17.

DANGERS PRIMAIRES : Ingestion ou inhalation d’aérosols, contact direct des muqueuses avec l’agent infectieux1Footnote 2Footnote 9Footnote 10.

DANGERS PARTICULIERS : Aucun.

SECTION VII – CONTRÔLE DE L’EXPOSITION ET PROTECTION PERSONNELLE

CLASSIFICATION PAR GROUPE DE RISQUE : Groupe de risque 218.

EXIGENCES DE CONFINEMENT : Installations, équipement et pratiques opérationnelles de niveau de confinement 2 pour le travail avec des matières, cultures ou animaux infectieux ou potentiellement infectieux.

VÊTEMENTS DE PROTECTION : Sarrau. Gants, lorsqu’un contact direct de la peau avec des matières infectées ou des animaux est inévitable. Une protection pour les yeux doit être utilisée lorsqu’il y a un risque connu ou potentiel d’éclaboussure Footnote 19.

AUTRES PRÉCAUTIONS : Toutes les procédures pouvant produire des aérosols ou mettant en cause des concentrations ou des quantités élevées doivent s’effectuer dans une enceinte de sécurité biologique (ESB). L’utilisation d’aiguilles, de seringues et d’autres objets tranchants doit être strictement restreinte. Des précautions supplémentaires doivent être envisagées pour les activités avec des animaux ou à grande échelle Footnote 19.

SECTION VIII – MANUTENTION ET ENTREPOSAGE

DÉVERSEMENTS : Laisser les aérosols se déposer et, tout en portant des vêtements de protection, couvrir délicatement le déversement avec des essuie‑tout et appliquer un désinfectant approprié, en commençant par le périmètre et en se rapprochant du centre. Laisser agir suffisamment longtemps avant de nettoyer Footnote 19.

ÉLIMINATION : Décontaminer toutes les matières à éliminer contenant l’agent infectieux ou ayant été en contact avec celui‑ci par stérilisation à la vapeur, désinfection chimique, rayonnement gamma ou incinérationFootnote 19.

ENTREPOSAGE : L’agent infectieux doit être entreposé dans des contenants étanches étiquetés de façon appropriée Footnote 19.

SECTION IX – RENSEIGNEMENTS SUR LA RÉGLEMENTATION ET AUTRES

INFORMATION SUR LA RÉGLEMENTATION : L’importation, le transport et l’utilisation de pathogènes au Canada sont régis par de nombreux organismes de réglementation, dont l’Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments, Environnement Canada et Transports Canada. Il incombe aux utilisateurs de veiller à respecter tous les règlements et toutes les lois, directives et normes applicables.

DERNIÈRE MISE À JOUR : Novembre 2011

Préparée par : Direction de la règlementation des agents pathogènes, Agence de la santé publique du Canada.Bien que les renseignements, opinions et recommandations présentés dans cette Fiche de renseignements proviennent de sources que nous jugeons fiables, nous ne nous rendons pas responsables de leur justesse, de leur caractère exhaustif ou de leur fiabilité, ni des pertes ou blessures pouvant résulter de l’utilisation de ces renseignements. Comme on découvre fréquemment de nouveaux dangers, il est possible que ces renseignements ne soient pas tout à fait à jour.

Tous droits réservés © Agence de la santé publique du Canada, 2011 Canada

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