Fiche Technique Santé-Sécurité : Agents Pathogènes – Echinococcus granulosus

SECTION I - AGENT INFECTIEUX

NOM : Echinococcus granulosus

SYNONYME OU RENVOI : Cestodes1, échinococcose2, échinococcose kystique, hydatidose3, hydatidose kystique4.

CARACTÉRISTIQUES : E. granulosus est un ver de la classe des Cestoidea, de l’ordre des Cyclophyllidea et de la famille des Taeniidae.

Vers adultes : On ne trouve les vers adultes que dans l’intestin grêle des hôtes définitifs, les carnivores (chien et autres canins). Les vers adultes mesurent de 3 à 7 mm de longueur et ne comptent que trois proglottis. Le corps est constitué d’un scolex typique des Taeniidae, d’un cou court et de proglottis; le segment mature est celui du centre, et le segment gravide est le dernierNote de bas de page 1 Note de bas de page 2 Note de bas de page 5 Note de bas de page 6 .

Œufs : Les œufs sont présents dans les matières fécales de l’hôte définitif. Ils sont sphériques et ont un diamètre de 30 à 50 µm. L’embryon, ou oncosphère, est protégé par l’embryophore, une couche constituée de matériel semblable à de la kératine. L’embryophore est épais et imperméable, ce qui permet aux œufs d’être extrêmement résistants.

Forme larvaire : Lorsque l’hôte intermédiaire (animaux d’élevage) ou l’humain (hôte accidentel) ingère des œufs, les oncosphères éclosent et s’activent; elles sont transportées dans la circulation sanguine jusqu’au foie et aux autres organes cibles. Lorsque les oncosphères atteignent leur destination finale, elles se transforment en kystes hydatides uniloculaires qui grossissent et produisent des protoscolex ou des hydatides-filles dans la paroi intérieure des kystes hydatidesNote de bas de page 2 Note de bas de page 7 .

SECTION II - DÉTERMINATION DU RISQUE

PATHOGÉNICITÉ ET TOXICITÉ : L’échinococcose kystique est une maladie chronique causée par des kystes/métacestodes de E. granulosusNote de bas de page 2 Note de bas de page 3 . Chez l’humain, l’infection demeure souvent asymptomatique. Les kystes hydatides sont habituellement découverts fortuitement lors d’une échographie abdominale réalisée à des fins de dépistage ou lors de l’autopsie. La formation des kystes survient dans le foie (> 65 %), les poumons (25 %), la rate (3 à 8 %), les reins, le cœur, les os et le système nerveux centralNote de bas de page 2 Note de bas de page 3 . Cependant, les kystes associés aux cervidés (forme sylvatique nordique) se logent principalement dans les poumonsNote de bas de page 8-10 . L’infection est généralement contractée à l’enfance; les signes cliniques peuvent toutefois apparaître à un âge plus avancé (en moyenne, vers 50 ans), la croissance des kystes s’effectue lentementNote de bas de page 2 Note de bas de page 3 . Les manifestations cliniques de la maladie sont variables et dépendent du siège anatomique où se sont logés les kystes, de la taille des kystes et de l’état dans lequel ils se trouventNote de bas de page 2 . Les symptômes de l’échinococcose hépatique comprennent notamment une hépatomégalie, des douleurs épigastriques du côté droit, des nausées et des vomissementsNote de bas de page 2 . La libération du liquide hydatique par suite de la rupture spontanée des kystes peut provoquer une réaction allergique allant d’une anaphylaxie légère à mortelleNote de bas de page 2 Note de bas de page 3 . De multiples infections secondaires peuvent également se déclarer en raison de la dissémination de protoscolex d’E. granulosusNote de bas de page 2 .

ÉPIDÉMIOLOGIE : L’échinococcose kystique est présente dans les pays tempérés, y compris en Amérique du Sud, sur l’ensemble du littoral de la mer Méditerranée, dans les régions du Sud et du centre de l’ancienne Union soviétique, en Asie centrale, en Chine, en Australie et dans certaines régions d’AfriqueFootnote 2. Au Canada et dans diverses régions des États‑Unis, la maladie est aussi considérée comme endémiqueFootnote 3. La plupart des cas d’infection aux États‑Unis touchent des personnes originaires de pays où la maladie est fortement endémiqueFootnote 2. Cependant, on observe actuellement des cas sporadiques d’origine locale dans le Nord du Canada, en Alaska, en Arizona et au Nouveau‑Mexique11. La Chine est l’une des principales régions d’endémicité d’E. granulosus. Environ 0,6 à 1,3 million de cas humains d’échinococcose surviendraient en ChineFootnote 12.  

GAMME D’HÔTES : Les canidés, notamment le chien, le renard, le loup, le coyote et le chacal, et les grands félins, comme le lion et le léopard, sont les hôtes définitifs; les ovins, les caprins, les porcins, les bovins, les chevaux, les chameaux, les cerfs, les caribous et les orignaux, de même que l’humain, parfois, sont les hôtes intermédiairesNote de bas de page 2 Note de bas de page 3 Note de bas de page 7 .

DOSE INFECTIEUSE : Inconnue

MODE DE TRANSMISSION : La transmission à l’humain peut se faire par voie orofécale, par l’ingestion d’aliments ou d’eau contaminés par des œufs d’E. granulosus libérés dans les excréments des hôtes finaux, comme les chiens, ou par contact des mains avec du sol ou du sable contenant des œufs ou avec le poil de chiens infectés2Footnote 3. Les hôtes définitifs, comme le chien, sont infectés après avoir ingéré des kystes, par exemple après avoir mangé la chair de moutons renfermant des kystesFootnote 3.

PÉRIODE D’INCUBATION : Moins de 5 à 15 ansFootnote 13. L’ingestion de viande renfermant des kystes peut causer une infection chez l’hôte définitif lorsque les kystes parviennent à maturité et forment des vers adultes dans les 32 à 80 joursFootnote 2.  

TRANSMISSIBILITÉ : Aucun cas de transmission interhumaine n’a été déclaré pour ce qui concerne E. granulosus.

SECTION III - DISSÉMINATION

RÉSERVOIR : Les canidés, notamment le chien, le renard, le loup, le coyote et le chacal, et les grands félins, comme le lion et le léopard, sont les principaux réservoirs2Footnote 3Footnote 7.

ZOONOSE : Oui2Footnote 3. Les humains peuvent contracter l’infection s’ils sont exposés à des chiens qui ont été infectés après avoir mangé la chair de moutons infectésFootnote 2.

VECTEURS : Les mouches coprophages ainsi que d’autres arthropodes et animaux peuvent servir de vecteurs mécaniques et transmettre des œufs d’Echinococcus à l’humainFootnote 14.

SECTION IV - VIABILITÉ ET STABILITÉ

SENSIBILITÉ AUX MÉDICAMENTS : Chez la plupart des patients, les kystes peuvent être entièrement éliminés par les composés à base de benzimidazole, comme l’albendazole2Footnote 14Footnote 15. Chez les souches résistantes aux composés à base de benzimidazole, le praziquantel et les avermectines présentent une certaine activité2Footnote 15.

SENSIBILITÉ AUX DÉSINFECTANTS : Les œufs d’Echinococcus peuvent être tués par une exposition à de l’hypochlorite de sodium à 3,75 % pendant 10 minutesFootnote 3.

RÉSISTANCE AUX DÉSINFECTANTS : Les œufs d’Echinococcus résistent aux désinfectants à l’éthanol, au phénol et aux aldéhydesFootnote 3.

INACTIVATION PHYSIQUE : Les œufs d’Echinococcus peuvent être tués par congélation à ­70 °C pendant 4 jours ou à ­80 °C pendant 2 jours, ou par exposition à des températures supérieures à 60 °C pendant 3 minutesFootnote 3.

SURVIE À L’EXTÉRIEUR DE L’HÔTE : Les œufs d’Echinococcus peuvent survivre pendant de longues périodes dans l’environnement si le taux d’humidité est suffisamment élevéFootnote 3. Ils résistent également au froid (survie d’au moins 8 mois à ­18 °C)Footnote 3. Cependant, ils peuvent être tués s’ils se trouvent dans un milieu sec et s’ils sont exposés à des températures élevées dans l’environnementFootnote 3.

SECTION V - PREMIERS SOINS ET ASPECTS MÉDICAUX

SURVEILLANCE : Surveiller l’apparition de symptômes. On peut recourir à des techniques d’imagerie, comme l’échographie, la tomodensitométrie et l’imagerie par résonance magnétique, pour détecter les kystes. Des méthodes sérologiques, comme l’épreuve ELISA, peuvent être utilisées pour détecter des anticorps dirigés contre l’antigène B et l’antigène 5, deux lipoprotéines. La PCR (réaction en chaîne de la polymérase) ou la PCR en temps réel peuvent être utilisées pour détecter des acides nucléiques spécifiques d’Echinococcus dans des échantillons de tissus réséqués ou des biopsies2Footnote 3Footnote 16Footnote 17.

Remarque : Les méthodes de diagnostic ne sont pas nécessairement toutes disponibles dans tous les pays.

PREMIERS SOINS ET TRAITEMENT : L’échinococcose kystique peut être traitée par diverses méthodes.

Chirurgie : L’enlèvement chirurgical de kystes intacts, lorsqu’il est possible, est considéré comme le traitement optimal permettant une guérison totale2Footnote 14. Une chimiothérapie est recommandée 4 semaines avant et 1 mois après la chirurgie.

Chimiothérapie : L’échinococcose kystique peut être traitée par l’albendazole2Footnote 14. L’association praziquantel et albendazole s’est révélée plus efficace que l’albendazole seul pour ce qui concerne le traitement de l’échinococcose kystique2Footnote 14.

Aspiration percutanée, injection, réaspiration : On utilise cette méthode chez les patients qui présentent des kystes intraparenchymateux non opérablesFootnote 3. On effectue d’abord une ponction percutanée guidée sous échographie, puis on aspire le liquide des kystes, on injecte un agent protoscolicide (p. ex. de l’éthanol à 95 % ou une solution saline de NaCl hypertonique, à 20 %) pendant au moins 15 minutes, et on effectue une réaspiration2Footnote 3Footnote 14

IMMUNISATION : Aucune.

PROPHYLAXIE : Aucune.

SECTION VI - DANGERS POUR LE PERSONNEL DE LABORATOIRE

INFECTIONS CONTRACTÉES EN LABORATOIRE : Aucun cas déclaré18Footnote 19.

SOURCES ET ÉCHANTILLONS : Excréments d’animaux; tissus humains et animaux, comme la rate, les reins, le cœur, les os et le cerveauNote de bas de page 2 , crachat.

DANGERS PRIMAIRES : Ingestion des œufs infectieux1-3.

DANGERS PARTICULIERS : Travail avec des animaux infectés2Footnote 3Footnote 18.

SECTION VII- CONTRÔLE DE L’EXPOSITION ET PROTECTION PERSONNELLE

CLASSIFICATION PAR GROUPE DE RISQUE: Groupe de risque 2.

EXIGENCES DE CONFINEMENT : Installations, équipement et pratiques opérationnelles de niveau de confinement 2 pour le travail avec des matières, cultures ou animaux infectieux ou potentiellement infectieux Footnote 21.

VÊTEMENTS DE PROTECTION : Sarrau. Gants, lorsqu’un contact direct de la peau avec des matières infectées ou des animaux est inévitable. Une protection pour les yeux doit être utilisée lorsqu’il y a un risque connu ou potentiel d’éclaboussure Footnote 21.

AUTRES PRÉCAUTIONS : Toutes les procédures pouvant produire des aérosols ou mettant en cause des concentrations ou des quantités élevées doivent s’effectuer dans une enceinte de sécurité biologique (ESB). L’utilisation d’aiguilles, de seringues et d’autres objets tranchants doit être strictement restreinte. Des précautions supplémentaires doivent être envisagées pour les activités avec des animaux ou à grande échelle Footnote 21.

SECTION VIII - MANUTENTION ET ENTREPOSAGE

DÉVERSEMENTS : Laisser les aérosols se déposer et, tout en portant des vêtements de protection, couvrir délicatement le déversement avec des essuie‑tout et appliquer un désinfectant approprié, en commençant par le périmètre et en se rapprochant du centre. Laisser agir suffisamment longtemps avant de nettoyer Footnote 21.

ÉLIMINATION : Décontaminer toutes les matières à éliminer contenant l’agent infectieux ou ayant été en contact avec celui‑ci par stérilisation à la vapeur, désinfection chimique, rayonnement gamma ou incinération Footnote 21.

ENTREPOSAGE : L’agent infectieux doit être entreposé dans des contenants étanches étiquetés de façon appropriée Footnote 21.

SECTION IX - RENSEIGNEMENTS SUR LA RÉGLEMENTATION ET AUTRES

INFORMATION SUR LA RÉGLEMENTATION : L’importation, le transport et l’utilisation de pathogènes au Canada sont régis par de nombreux organismes de réglementation, dont l’Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments, Environnement Canada et Transports Canada. Il incombe aux utilisateurs de veiller à respecter tous les règlements et toutes les lois, directives et normes applicables.

DERNIÈRE MISE À JOUR : Décembre 2011

Préparée par : Direction de la règlementation des agents pathogènes, Agence de la santé publique du Canada.

Bien que les renseignements, opinions et recommandations présentés dans cette Fiche de renseignements proviennent de sources que nous jugeons fiables, nous ne nous rendons pas responsables de leur justesse, de leur caractère exhaustif ou de leur fiabilité, ni des pertes ou blessures pouvant résulter de l’utilisation de ces renseignements. Comme on découvre fréquemment de nouveaux dangers, il est possible que ces renseignements ne soient pas tout à fait à jour.

Tous droits réservés © Agence de la santé publique du Canada, 2011 Canada

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