Fiche Technique Santé-Sécurité : Agents Pathogènes – Edwardsiella tarda

FICHE TECHNIQUE SANTÉ-SÉCURITÉ : AGENTS PATHOGÈNES

SECTION I - AGENT INFECTIEUX

NOM : Edwardsiella tarda

SYNONYME OU RENVOI : Bacterium 1483‑59, groupe Bartholomew, groupe Asakusa Note de bas de page 1, Edwardsiella anguillimortifera.

CARACTÉRISTIQUES : Edwardsiella tarda appartient à la famille des Enterobacteriaceae Note de bas de page 2, Note de bas de page 3. Ce sont des bacilles Gram négative mobiles, facultativement anaérobiques à flagelles péritriches. Ils ont un diamètre de 1 µm et une longueur de 2 à 3 µm Note de bas de page 2-Note de bas de page 4, produisent des résultats négatifs aux épreuves lactose et oxydase, des résultats positifs aux épreuves H2S, catalase et indole Note de bas de page 1-Note de bas de page 3 et sont producteurs d’hémolysine Note de bas de page 5.

SECTION II - DÉTERMINATION DU RISQUE

PATHOGÉNICITÉ ET TOXICITÉ : E. tarda est une bactérie pathogénique opportunistique causant des infections intestinales et extra‑intestinales chez les humains, principalement chez les personnes immunodépriméesNote de bas de page 2 ,Note de bas de page 3 , Note de bas de page 6 . La gastro‑entérite est l’affection la plus fréquemment associée à E. tarda; ses symptômes varient, allant de l’entérite sécrétoire bénigne à l’entérocolite chroniqueNote de bas de page 3 . La gastro‑entérite aigüe est caractérisée par l’évacuation de selles liquides cinq ou six fois par jour, des nausées, des vomissements et une faible fièvreNote de bas de page 3 . L’entérocolite et la dysenterie bacillaire sont des conséquences plus graves caractérisées par des selles liquides et sanglantes et par des ulcères du côlon, des pseudomembranes et un aspect nodulaire de l’iléon terminalNote de bas de page 3 . Les manifestations extra‑gastrointestinales associées aux infections par E. tarda sont rares et comprennent l’endocardite, l’empyème, les infections hépato‑biliaires, la péritonite, les abcès intra‑abdominaux, l’ostéomyélite, l’infection des plaies, la septicémie, la bactériémie, urosepsie, et la méningiteNote de bas de page 1 , Note de bas de page 3 ,Note de bas de page 7 ,Note de bas de page 8 .

Bien que ces infections soient rares, elles peuvent s’avérer graves et même fatales Note de bas de page 1. Un taux de mortalité de 40 à 50 % a été signalé chez les patients atteints d’une bactériémie attribuable à une infection par E. tarda Note de bas de page 1, Note de bas de page 7.

ÉPIDÉMIOLOGIE : Les gastro‑entérites dues à E. tarda s’observent partout dans le monde, mais elles sont plus courantes dans les régions tropicales et subtropicales où l’on consomme du poisson cru Note de bas de page 3. Les principaux facteurs de risque d’infection extra‑intestinale par E. tarda sont les affections hépato‑biliaires, les tumeurs malignes/cancers et le diabète Note de bas de page 1. La gastro‑entérite touche plus souvent les enfants, alors que les infections extra‑intestinales sont plus fréquentes chez les adultes Note de bas de page 9.

GAMME D'HÔTES : Humains, animaux d’eau douce et d’eau salée tels que les reptiles (serpents et tortues), amphibiens, poissons, mammifères et mammifères marins Note de bas de page 2, Note de bas de page 8-Note de bas de page 10.

DOSE INFECTIEUSE : Inconnue.

MODE DE TRANSMISSION : Contact avec des environnements ou des animaux aquatiques ou avec des animaux exotiques comme des reptiles; consommation de poisson contaminéNote de bas de page 1 ,Note de bas de page 3 .

PÉRIODE D'INCUBATION : Inconnue.

TRANSMISSIBILITÉ : Aucune transmission interhumaine n’a été signalée Note de bas de page 3.

SECTION III - DISSÉMINATION

RÉSERVOIR : Environnements aquatiques et animaux vivant dans de tels environnements (p. ex. poissons, reptiles) Note de bas de page 1, Note de bas de page 9.

ZOONOSE : Zoonose possible; transmission par contact avec un animal aquatique infectéNote de bas de page 2 .

VECTEURS : Aucun.

SECTION IV - VIABILITÉ ET STABILITÉ

SENSIBILITÉ AUX MÉDICAMENTS : On a constaté qu’une souche isolée chez un patient pédiatrique, receveur d’une transplantation rénale et atteint d’une gastro‑entérite causée par Edwardsiella tarda, était sensible in vitro à l’ampicilline, au céfotaxime, à la ceftazidime, la piperacilline et à l’association ticarcilline‑clavulanate Note de bas de page 3. E. tarda a aussi présenté une sensibilité in vitro aux tétracyclines, aux quinolones, aux antifoliques, au chloramphénicol, à la nitrofurantoïne, la fosfomycine, la céphalexine et la gentamicine Note de bas de page 8, Note de bas de page 11.

RÉSISTANCE AUX MÉDICAMENTS : La plupart des souches sont résistantes à la colistine, la polymixine B, l’oxacilline, la rifampicine, l’acide fusidique et la pénicilline Note de bas de page 3, Note de bas de page 8, Note de bas de page 12. Des souches résistantes à l’ampicilline, la piperacilline, la gentamicine et au triméthoprime‑sulfaméthoxazole ont aussi été isolées Note de bas de page 1.

SENSIBILITÉ AUX DÉSINFECTANTS : E. tarda est sensible au peroxyde d’hydrogène à 1 600 ppm, à l’hypochlorite de sodium à 11,5 %, au povidone-iode à 800 ppm, à la formaline à 3 200 ppm, au glutaraldéhyde, au sulfate de cuivre à 3 200 ppm, aux composés d'ammonium quaternaire, au chlorure de didécyldiméthylammonium (CDDA) et au 1,2‑dichlorobenzène Note de bas de page 13.

INACTIVATION PHYSIQUE : On ne dispose pas de données portant expressément sur Edwardsiella tarda; cependant, la plupart des bactéries végétatives sont sensibles à la chaleur humide (121 °C pendant 15 minutes ou plus) et à la chaleur sèche (160‑170 °C pendant une 1 heure ou plus) Note de bas de page 14 . L’hémolysine produite par E. tarda est thermolabile et sensible aux protéases; elle peut être détruite par la formalineNote de bas de page 5 .

SURVIE À L'EXTÉRIEUR DE L'HÔTE : Survit dans l’eau douce et dans l’eau salée Note de bas de page 8, Note de bas de page 9.

SECTION V - PREMIERS SOINS ET ASPECTS MÉDICAUX

SURVEILLANCE : Surveiller l’apparition des symptômes. Le diagnostic peut être posé par l’isolement de la bactérie à partir d’un échantillon clinique et la fixation sur une gélose à l’éosine-bleu de méthylène (EMB), suivis d’épreuves biochimiques Note de bas de page 1-Note de bas de page 3.

Remarque : Les méthodes de diagnostic ne sont pas nécessairement disponibles dans tous les pays.

PREMIERS SOINS ET TRAITEMENT : La gastro‑entérite attribuable à E. tarda disparaît spontanément, sans antibiothérapie Note de bas de page 3. Les cas les plus graves peuvent cependant être traités par l’amoxicilline (p. ex., 80 mg/kg deux fois par jour pendant trois jours), le cotrimoxazole ou les céphalosporines Note de bas de page 3. Les infections extra‑intestinales par E. tarda sont traitées au moyen d’antibiotiques ou d’une intervention chirurgicale (débridement et drainage) Note de bas de page 1.

IMMUNISATION : Aucune.

PROPHYLAXIE : Aucune.

SECTION VI - DANGERS POUR LE PERSONNEL DE LABORATOIRE

INFECTIONS CONTRACTÉES AU LABORATOIRE : Aucune n’a été signalée.

SOURCES ET ÉCHANTILLONS : Échantillons cliniques tels que les selles; l’urine; le liquide céphalorachidien; le contenu intra‑utérin; le pus; la bile; le liquide péritonéal; les abcès hépatiques, ovario‑tubaires et intra‑abdominaux; le sang Note de bas de page 1 , Note de bas de page 3 ,Note de bas de page 7 .

DANGERS PRIMAIRES : Ingestion, inoculation parentérale accidentelle, contact direct d’une plaie avec l’agent pathogène Note de bas de page 1.

DANGERS PARTICULIERS : Aucun.

SECTION VII - CONTRÔLE DE L'EXPOSITION ET PROTECTION PERSONNELLE

CLASSIFICATION PAR GROUPE DE RISQUE : Groupe de risque 2 Note de bas de page 15.

EXIGENCES DE CONFINEMENT : Installations, équipement et pratiques opérationnelles de niveau de confinement 2 pour le travail avec des matières, cultures ou animaux infectieux ou potentiellement infectieux.

VÊTEMENTS DE PROTECTION : Sarrau. Gants, lorsqu’un contact direct de la peau avec des matières infectées ou des animaux est inévitable. Une protection pour les yeux doit être utilisée lorsqu’il y a un risque connu ou potentiel d’éclaboussure Note de bas de page 16.

AUTRES PRÉCAUTIONS : Toutes les procédures pouvant produire des aérosols ou mettant en cause des concentrations ou des quantités élevées doivent s’effectuer dans une enceinte de sécurité biologique (ESB). L’utilisation d’aiguilles, de seringues et d’autres objets tranchants doit être strictement restreinte. Des précautions supplémentaires doivent être envisagées pour les activités avec des animaux ou à grande échelle Note de bas de page 16.

SECTION VIII - MANUTENTION ET ENTREPOSAGE

DÉVERSEMENTS : Laisser les aérosols se déposer et, tout en portant des vêtements de protection, couvrir délicatement le déversement avec des essuie‑tout et appliquer un désinfectant approprié, en commençant par le périmètre et en se rapprochant du centre. Laisser agir suffisamment longtemps avant de nettoyer Note de bas de page 16.

ÉLIMINATION : Décontaminer toutes les matières à éliminer contenant l’agent infectieux ou ayant été en contact avec celui‑ci par autoclavage, désinfection chimique, irradiation gamma ou incinération Note de bas de page 16.

ENTREPOSAGE : Dans des contenants étanches étiquetés de façon appropriée Note de bas de page 16.

SECTION IX - RENSEIGNEMENTS SUR LA RÉGLEMENTATION ET AUTRES

INFORMATION SUR LA RÉGLEMENTATION : L’importation, le transport et l’utilisation de pathogènes au Canada sont régis par de nombreux organismes de réglementation, dont l’Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments, Environnement Canada et Transports Canada. Il incombe aux utilisateurs de veiller à respecter tous les règlements et toutes les lois, directives et normes applicables.

DERNIÈRE MISE À JOUR : Décembre 2011

PRÉPARÉE PAR : Direction de la règlementation des agents pathogènes, agence de la santé publique du Canada.

Bien que les renseignements, opinions et recommandations présentés dans cette Fiche de renseignements proviennent de sources que nous jugeons fiables, nous ne nous rendons pas responsables de leur justesse, de leur caractère exhaustif ou de leur fiabilité, ni des pertes ou blessures pouvant résulter de l’utilisation de ces renseignements. Comme on découvre fréquemment de nouveaux dangers, il est possible que ces renseignements ne soient pas tout à fait à jour.

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