Fiche Technique Santé-Sécurité : Agents Pathogènes – Mycoplasma hominis

FICHE TECHNIQUE SANTÉ-SÉCURITÉ: AGENTS PATHOGÈNES

SECTION I - AGENT INFECTIEUX

NOM: Mycoplasma hominis.

SYNONYME OU RENVOI: Maladie inflammatoire pelvienne (MIP)(1).

CARACTÉRISTIQUES: M. hominis est une bactérie Gram négatif intracellulaire pléomorphe mesurant entre 0,2 et 0,3 µm de diamètre, qui appartient à la famille des Mycoplasmataceae et à la classe des Mollicutes(2,3). M. hominis est l'un des plus petits organismes capables d'autoreproduction; il n'a pas les gènes codant la paroi cellulaire, ce qui conditionne sa vie parasitaire et saprophytique(2). Au lieu d'une paroi cellulaire, il possède une triple membrane, qui contient du stérol provenant de l'environnement. M. hominis est associé à la muqueuse génito-urinaire, mais pénètre rarement la sous-muqueuse. Il utilise le codon UGA pour coder le tryptophane au lieu d'un codon d'arrêt(4). En milieu de culture, M. hominis produit des colonies ressemblant à des « œufs poêlés » et métabolise l'arginine. M. hominis entretient une relation symbiotique avec Trichonomas vaginalis(5).

SECTION II - DÉTERMINATION DU RISQUE

PATHOGÉNICITÉ ET TOXICITÉ: M. hominis peut être en cause dans plusieurs maladies, bien que son rôle ne soit pas clair pour la plupart d'entre elles(1). Des données indiquent que M. hominis peut jouer un rôle dans les maladies inflammatoires pelviennes, qui peuvent provoquer une grossesse extra-utérine. Cette bactérie prospère dans un environnement créé par d'autres bactéries à Gram négatif mises en cause dans les cas de vaginose bactérienne et peut provoquer un accouchement prématuré ou une fausse couche. Elle peut aussi causer une endométrite et, pour cette raison, provoquer une fièvre postpartum. On soupçonne également M. hominis d'être à l'origine d'infections néonatales, se manifestant par exemple par une conjonctivite, une détresse respiratoire, une fièvre, une méningite, des abcès et une pneumonie congénitale, qui surviennent quelques heures après la naissance. Chez les adultes, M. hominis peut entraîner une pharyngite, une septicémie, des infections pulmonaires, des infections du système nerveux central, des infections des voies respiratoires, une infection articulaire et des infections de plaies. Les infections à M. hominis sont rares chez les adultes en santé.

ÉPIDÉMIOLOGIE: Ce pathogène est répandu partout dans le monde(1,3). Les patients immunodéprimés, les patients souffrant d'agammaglobulinémie et les patients prenant des médicaments immunodépresseurs sont particulièrement à risque. M. hominis ne persiste généralement pas chez les enfants après la naissance, mais 17 % des fillettes prépubères sont infectées par cette bactérie(1). La plupart des infections surviennent chez des adultes actifs sexuellement, et le risque de colonisation augmente en fonction du nombre de partenaires. Les femmes sont plus souvent colonisées (80 %) que les hommes (50 %)(2).

GAMME D'HÔTES: M. hominis peut coloniser les humains et les primates non humains(3).

DOSE INFECTIEUSE: Inconnue.

MODE DE TRANSMISSION: M. hominis se transmet principalement par contact sexuel et par contact avec le col de l'utérus et le vagin à la naissance(1). Les infections intra-utérines sont rares, mais possibles.

PÉRIODE D'INCUBATION: Inconnue.

TRANSMISSIBILITÉ: Le risque de transmission verticale de la mère à l'enfant est élevé(6).

SECTION III - DISSÉMINATION

RÉSERVOIR: Les pathogènes peuvent être présents chez l'humain et les primates non humains(3).

ZOONOSE: Aucun cas de zoonose n'a été rapporté pour ce pathogène, mais ce phénomène est théoriquement possible(3).

VECTEURS: Aucun.

SECTION IV - VIABILITÉ ET STABILITÉ

SENSIBILITÉ AUX MÉDICAMENTS: M. hominis est sensible à la tétracycline, à la clindamycine et à la quinolone(7).

SENSIBILITÉ AUX DÉSINFECTANTS: Les désinfectants phénoliques, l'hypochlorite de sodium à 1 %, l'éthanol à 70 %, le formaldéhyde, le glutaraldéhyde, l'iodophore et l'acide peracétique sont efficaces contre M. hominis(8).

INACTIVATION PHYSIQUE: M. hominis est inactivé par le rayonnement UV, les micro-ondes, l'irradiation gamma, la chaleur humide (121 °C pendant au moins 20 minutes) et la chaleur sèche (165 à 170 °C pendant 2 heures)(9,10,11,12).

SURVIE À L'EXTÉRIEUR DE L'HÔTE: S'il est protégé de l'évaporation, M. hominis peut survivre une heure dans un échantillon liquide, et sa présence a été constatée sur les sièges de toilette(13,14).

SECTION V - PREMIERS SOINS ET ASPECTS MÉDICAUX

SURVEILLANCE: Surveiller la présence de symptômes. Le diagnostic peut être confirmé par culture microbienne et PCR(1).

Remarque: Les méthodes de diagnostic ne sont pas nécessairement toutes disponibles dans tous les pays.

PREMIERS SOINS ET TRAITEMENT: Administrer la pharmacothérapie appropriée(7).

IMMUNISATION: Aucune à ce jour.

PROPHYLAXIE: On peut administrer de la clindamycine en début de grossesse aux femmes infectées afin d'éviter une transmission néonatale, mais l'efficacité du traitement est discutable(1).

SECTION VI - DANGERS POUR LE PERSONNEL DE LABORATOIRE

INFECTIONS CONTRACTÉES AU LABORATOIRE: Aucun cas signalé à ce jour.

SOURCES ET ÉCHANTILLONS: M. hominis se retrouve dans les liquides organiques, les échantillons prélevés par écouvillonnage et les tissus de l'appareil génito-urinaire.

DANGERS PRIMAIRES: Les personnes qui travaillent en laboratoire doivent faire attention à une éventuelle exposition des muqueuses à des gouttelettes infectieuses, aux aérosols infectieux, à l'inoculation parentérale et à l'ingestion(2).

DANGERS PARTICULIERS: Aucun.

SECTION VII - CONTRÔLE DE L'EXPOSITION ET PROTECTION PERSONNELLE

CLASSIFICATION PAR GROUPE DE RISQUE: Groupe de risque 2.

EXIGENCES DE CONFINEMENT: Installations, équipement et pratiques opérationnelles de niveau de confinement 2 pour le travail avec des matières, cultures ou animaux infectieux ou potentiellement infectieux.

VÊTEMENTS DE PROTECTION: Sarrau. Gants, lorsqu'un contact direct de la peau avec des matières infectées ou des animaux est inévitable. Une protection pour les yeux doit être utilisée lorsqu'il y a un risque connu ou potentiel d'éclaboussure(12).

AUTRES PRÉCAUTIONS: Toutes les procédures pouvant produire des aérosols ou mettant en cause des concentrations ou des quantités élevées doivent s'effectuer dans une enceinte de sécurité biologique (ESB)(12). L'utilisation d'aiguilles, de seringues et d'autres objets tranchants doit être strictement restreinte. Des précautions supplémentaires doivent être envisagées pour les activités avec des animaux ou à grande échelle(12).

SECTION VIII - MANUTENTION ET ENTREPOSAGE

DÉVERSEMENTS: Laisser les aérosols se poser et, tout en portant des vêtements de protection, couvrir délicatement le déversement avec des essuie-tout et appliquer un désinfectant approprié, en commençant par le périmètre et en se rapprochant du centre. Laisser agir suffisamment longtemps avant de nettoyer (30 minutes)(12,13).

ÉLIMINATION: Décontaminer les déchets par stérilisation à la vapeur, incinération ou désinfection chimique(12).

ENTREPOSAGE: Dans des contenants étanches et scellés, étiquetés de façon appropriée et placés en lieu sûr(12).

SECTION IX – RENSEIGNEMENTS SUR LA RÉGLEMENTATION ET AUTRES

INFORMATION SUR LA RÉGLEMENTATION: L'importation, le transport et l'utilisation de pathogènes au Canada sont régis par de nombreux organismes de réglementation, dont l'Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada, l'Agence canadienne d'inspection des aliments, Environnement Canada et Transports Canada. Il incombe aux utilisateurs de veiller à respecter tous les règlements et toutes les lois, directives et normes applicables.

DERNIÈRE MISE À JOUR: Septembre 2010

PRÉPARÉE PAR: Direction de la règlementation des agents pathogènes, agence de la santé publique du Canada.

Bien que les renseignements, opinions et recommandations présentés dans cette Fiche de renseignements proviennent de sources que nous jugeons fiables, nous ne nous rendons pas responsables de leur justesse, de leur caractère exhaustif ou de leur fiabilité, ni des pertes ou blessures pouvant résulter de l'utilisation de ces renseignements. Comme on découvre fréquemment de nouveaux dangers, il est possible que ces renseignements ne soient pas tout à fait à jour.

Tous droits réservés
© Agence de la santé publique du Canada, 2010
Canada

RÉFÉRENCES

  1. Taylor-Robinson, D. (2007). The role of mycoplasmas in pregnancy outcome. Best Practice & Research Clinical Obstetrics & Gynaecology, 21 (3), 425-438. doi:DOI: 10.1016/j.bpobgyn.2007.01.011
  2. Waites, K. B. (2006). Mycoplasma and ureaplasma. Congenital and Perianal Infections (pp. 271-288) Springer.
  3. Pitcher, D. G., & Nicholas, R. A. J. (2005). Mycoplasma host specificity: Fact or fiction? The Veterinary Journal, 170 (3), 300-306.
  4. Jensen, J. S. (2006). Mycoplasma genitalium infections. Dan.Med.Bull, 53 , 1-27.
  5. Dessi, D., Rappelli, P., Diaz, N., Cappuccinelli, P., & Fiori, P. L. (2006). Mycoplasma hominis and Trichomonas vaginalis: a unique case of symbiotic relationship between two obligate human parasites. Frontiers in Bioscience: A Journal and Virtual Library, 11, 2028-2034.
  6. Stellrecht, K. A., Woron, A. M., Mishrik, N. G., & Venezia, R. A. (2004). Comparison of multiplex PCR assay with culture for detection of genital mycoplasmas. Journal of Clinical Microbiology, 42 (4), 1528.
  7. Taylor-Robinson, D., & Bebear, C. (1997). Antibiotic susceptibilities of mycoplasmas and treatment of mycoplasmal infections. Journal of Antimicrobial Chemotherapy, 40 (5), 622.
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  9. Katara, G., Hemvani, N., Chitnis, S., Chitnis, V., & Chitnis, D. S. (2008). Surface disinfection by exposure to germicidal UV light. Indian Journal of Medical Microbiology, 26 (3), 241-242.
  10. Wu, Y., & Yao, M.Inactivation of bacteria and fungus aerosols using microwave irradiation. Journal of Aerosol Science, In Press, Corrected Proof doi:DOI: 10.1016/j.jaerosci.2010.04.004
  11. Farkas, J. (1998). Irradiation as a method for decontaminating food. A review. International Journal of Food Microbiology, 44 (3), 189-204.
  12. Csucos, M., & Csucos, C. (1999). Microbiological obseration of water and wastewater . United States: CRC Press.
  13. Potasman, I., Oren, A., & . Srugo, I. (1999). Isolation of Ureaplasma urealyticum and Mycoplasma hominis From Public Toilet Bowls Infection Control and Hospital Epidemiology, 20 (1), 66-68. Retrieved from dx.doi.org/10.1086/501545
  14. Waites, K. B., Rikihisa, Y., & Taylor-Robinson, D. (2003). Mycoplasma and Ureaplasma . In P. R. Murray, E. J. Baron, M. A. Pfaller, J. H. Jorgensen & R. H. Yolken (Eds.), Manual of Clinical Microbiology (8th ed., pp. 972-990). Washington, D.C.: ASM Press.
  15. Public Health Agency of Canada. (2004). In Best M., Graham M. L., Leitner R., Ouellette M. and Ugwu K. (Eds.), Laboratory Biosafety Guidelines (3rd ed.). Canada: Public Health Agency of Canada.
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