Fiche Technique Santé-Sécurité : Agents Pathogènes – Naegleria fowleri

FICHE TECHNIQUE SANTÉ-SÉCURITÉ: AGENTS PATHOGÈNES

SECTION I – AGENT INFECTIEUX

NOM: Naegleria fowleri

SYNONYME OU RENVOI: Méningo-encéphalite amibienne primaire (MAP)Note de bas de page 1, Note de bas de page 2, amibe mangeuse de cerveauNote de bas de page 3, naegleriaseNote de bas de page 4.

CARACTÉRISTIQUES: La forme amiboïde de Naegleria fowleri est allongée, mesure de 15 à 30 µm et se nourrit de bactéries Gram négatifNote de bas de page 4, Note de bas de page 5. Le cytoplasme est granulaire, ne possède qu’un seul noyau avec un nucléole proéminent et renferme des vacuolesNote de bas de page 6. Des pseudopodes lobés se forment au point le plus large. La forme flagellée est plus petite, piriforme, et comporte deux flagelles à l’extrémité large. Les kystes de N. fowleri sont ronds, ont un diamètre de 7 à 15 µm et possèdent une double paroi lisse et épaisseNote de bas de page 4, Note de bas de page 5. N. fowleri est thermophile, préférant les températures de l’eau entre 35 et 46 °CNote de bas de page 7.

SECTION II – DÉTERMINATION DU RISQUE

PATHOGÉNICITÉ ET TOXICITÉ: N. fowleri est l’agent causal de la méningo-encéphalite amibienne primaire (MAP)Note de bas de page 4 Note de bas de page 5 Note de bas de page 8 Note de bas de page 10 . La MAP est une maladie aiguë, fulminante, qui peut mener rapidement à la mort et qui est souvent observée après une exposition à de l’eau douce; elle se manifeste par des symptômes tels qu’un mal de gorge, une obstruction des voies nasales, de la fièvre, des vomissements, une raideur au cou, une confusion et des anomalies du comportementNote de bas de page 4 Note de bas de page 6 Note de bas de page 11 Note de bas de page 12 . Trois à quatre jours après l’apparition des premiers symptômes, on observe une confusion mentale et un coma. Le décès survient habituellement 3 à 4 jours après le coma. Il s’écoule de 7 à 10 jours entre le moment de l’infection et le décèsNote de bas de page 9 . On estime que le taux de mortalité est supérieur à 95 %Note de bas de page 7 .

ÉPIDÉMIOLOGIE: L’organisme est présent partout dans le mondeNote de bas de page 4. Les sujets les plus couramment infectés sont les enfants, les jeunes adultes et les patients immunocompétents. Entre 1996 et 2003, 179 cas ont été signalés chez l’humain.

GAMME D’HÔTES:Humains et animaux, y compris les bovins et le tapir d’Amérique du SudNote de bas de page 11. Des infections induites par voie expérimentale ont été observées chez le mouton, le rat, le lapin, le singe et le cobayeNote de bas de page 4, Note de bas de page 12.

DOSE INFECTIEUSE: Inconnue.

MODE DE TRANSMISSION: N. fowleri pénètre dans les voies nasales de la victime alors que celle-ci nage ou plonge dans de l’eau douce contaminée; l’amibe traverse la muqueuse puis se déplace le long du nerf olfactif jusqu’au cerveauNote de bas de page 5. Une fois dans le cerveau, N. fowleri se nourrit de globules rouges et de cellules nerveuses, entraînant des lésions et une inflammationNote de bas de page 9 . L’ingestion d’eau contaminée ne permet pas de contracter la MAPNote de bas de page 5 .

PÉRIODE D’INCUBATION: Les premiers symptômes apparaissent entre 1 et 7 jours après l’infectionNote de bas de page 4, Note de bas de page 12, et le décès consécutif à la MAP peut se produire de 7 à 10 jours après l’infectionNote de bas de page 12.

TRANSMISSIBILITÉ: Non transmise d’une personne à une autreNote de bas de page 4, Note de bas de page 5.

SECTION III – DISSÉMINATION

RÉSERVOIR: N. fowleri a été isolée dans l’eau douce, le sol, les eaux usées, la boue et la poussièreNote de bas de page 2, ainsi qu’à partir des voies nasales et de la gorge de personnes en bonne santéNote de bas de page 6.

ZOONOSE: Aucune.

VECTEURS: Aucun.

SECTION IV - VIABILITÉ ET STABILITÉ

SENSIBILITÉ AUX MÉDICAMENTS: N. fowleri est sensible à l’amphotéricine B, qui est souvent utilisée en association avec la rifampicine, l’ornidazole, le miconazole, le sulfisoxazole ou le chloramphénicolNote de bas de page 13. La miltéfosine et le voriconazole se sont également avérés efficaces contre l’infectionNote de bas de page 6.

RÉSISTANCE AUX MÉDICAMENTS : Il a été montré que Naegleria spp. résiste au fluconazole et à l’itraconazoleNote de bas de page 14. Cette résistance demeure une préoccupation croissante lorsque des doses répétées sont administrées, en particulier dans les régions d’endémicité.

SENSIBILITÉ AUX DÉSINFECTANTS:N. fowleri est sensible au NaCl à des concentrations supérieures à 1 % (p/v)Note de bas de page 15. N. fowleri est sensible au chlore à des concentrations de 0,5 et de 1,0 mg/L, à l’ozone et à Deciquam 222Note de bas de page 16.

INACTIVATION PHYSIQUE: Le chauffage de l’eau à 50 °C pendant 5 minutes aura pour effet de tuer toutes les formes d’amibesNote de bas de page 17. Tant les amibes que les kystes peuvent tolérer une température de 65 °C pendant 1 à 3 minutes, et les températures inférieures à 20 °C ont pour effet d’en inhiber la reproductionNote de bas de page 15. Il y a dégradation lorsque les températures descendent en deçà de 10 °C. La déshydratation est mortelle pour N. fowleri.

SURVIE À L’EXTÉRIEUR DE L’HÔTE: N. fowleri peut survivre dans l’eau jusqu’à 45 °C, à un pH de 4,6 à 9,5Note de bas de page 5.

SECTION V - PREMIERS SOINS ET ASPECTS MÉDICAUX

SURVEILLANCE: Rechercher les symptômes. On détermine la présence d’organismes amibiensNote de bas de page 2, Note de bas de page 4, Note de bas de page 8 au moyen d’un examen microscopique du liquide céphalo-rachidien (LCR). Des techniques de biologie moléculaire permettant de détecter N. fowleri, telles que la PCR et la PCR en temps réel, ont récemment été mises au pointNote de bas de page 18.

Remarque: Les méthodes de diagnostic ne sont pas nécessairement toutes disponibles dans tous les pays.

PREMIERS SOINS ET TRAITEMENT: Le traitement de la MAP aboutit rarement à des résultats positifs; il dépend d’un diagnostic précoce et de l’administration rapide de médicamentsNote de bas de page 9. Le traitement habituel repose sur l’amphotéricine B administrée en association avec la rifampicine et d’autres antifongiquesNote de bas de page 13.

IMMUNISATION: Aucune.

PROPHYLAXIE: Aucune. Des concentrations suffisantes de chlore devraient être maintenues dans les eaux destinées à des fins récréatives pour empêcher la prolifération des amibes N. fowleriNote de bas de page 12.

SECTION VI - DANGERS POUR LE PERSONNEL DE LABORATOIRE

INFECTIONS CONTRACTÉES AU LABORATOIRE: Aucun cas signalé à ce jourNote de bas de page 10.

SOURCES ET ÉCHANTILLONS: Eau, solNote de bas de page 11, LCR, tissu cérébral et pulmonaire, peau, échantillons de biopsie cornéenneNote de bas de page 2.

DANGERS PRIMAIRES: L’inhalation d’aérosols pendant la manipulation d’échantillons infectieux ou de cultures infectieuses est le principal danger associé à N. fowleriNote de bas de page 19.

DANGERS PARTICULIERS: Aucun.

SECTION VII - CONTRÔLE DE L’EXPOSITION ET PROTECTION PERSONNELLE

CLASSIFICATION DU GROUPE DE RISQUE: Groupe de risque 3.

EXIGENCES DE CONFINEMENT : Installations, équipement et pratiques opérationnelles de niveau de confinement 3 pour le travail avec des matières, cultures ou animaux infectieux ou potentiellement infectieux.

VÊTEMENTS DE PROTECTION : Avant d’entrer dans le laboratoire, le personnel doit enlever sa tenue de ville et ses bijoux pour ensuite mettre des vêtements et des chaussures réservés aux travaux en laboratoire, ou mettre un vêtement protecteur complet (c’est-à-dire qui couvre entièrement la tenue de ville). Une protection supplémentaire peut être portée par-dessus les vêtements de laboratoire lors de la manipulation directe de matériel infectieux, comme une blouse ne s'ouvrant pas à l'avant avec poignets serrés, des gants et une protection respiratoire. Une protection pour les yeux doit être utilisée lorsqu’il y a un risque connu ou potentiel d’éclaboussure Note de bas de page 21.

AUTRES PRÉCAUTIONS : Toutes les activités avec du matériel infectieux doivent s’effectuer dans une enceinte de sécurité biologique (ESB) ou dans un autre dispositif de confinement primaire adéquat, avec un équipement de protection individuelle. La centrifugation des matières infectées doit s’effectuer dans des enceintes scellées placées dans des réservoirs hermétiques ou des rotors qui sont remplis et vidés dans une ESB. L’utilisation d’aiguilles, de seringues et d’autres objets tranchants doit être strictement restreinte. Les plaies ouvertes, les coupures et les éraflures doivent être couvertes avec des pansements imperméables. Des précautions supplémentaires doivent être envisagées pour les activités avec des animaux ou à grande échelle Note de bas de page 21.

SECTION VIII - MANUTENTION ET ENTREPOSAGE

DÉVERSEMENTS: Laisser les aérosols se déposer et, tout en portant des vêtements de protection, couvrir délicatement le déversement avec des essuie-tout et appliquer un désinfectant approprié, en commençant par le périmètre et en se rapprochant du centre. Laisser agir suffisamment longtemps avant de nettoyer Note de bas de page 21.

ÉLIMINATION: Avant la mise au rebut, décontaminer tous les déchets qui contiennent ou ont été en contact avec l’organisme infectieux par autoclavage, désinfection chimique, exposition aux rayons gamma ou incinérationNote de bas de page 21.

ENTREPOSAGE: L’agent infectieux doit être entreposé dans des contenants étanches étiquetés de façon appropriéeNote de bas de page 21.

SECTION IX - RENSEIGNEMENTS SUR LA RÉGLEMENTATION ET AUTRES

INFORMATION SUR LA RÉGLEMENTATION: L’importation, le transport et l’utilisation de pathogènes au Canada sont régis par de nombreux organismes de réglementation, dont l’Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments, Environnement Canada et Transports Canada. Il incombe aux utilisateurs de veiller à respecter tous les règlements et toutes les lois, directives et normes applicables.

DERNIÈRE MISE À JOUR: Septembre 2011

PRÉPARÉE PAR: Direction de la règlementation des agents pathogènes, agence de la santé publique du Canada.

Bien que les renseignements, opinions et recommandations présentés dans cette Fiche de renseignements proviennent de sources que nous jugeons fiables, nous ne nous rendons pas responsables de leur justesse, de leur caractère exhaustif ou de leur fiabilité, ni des pertes ou blessures pouvant résulter de l’utilisation de ces renseignements. Comme on découvre fréquemment de nouveaux dangers, il est possible que ces renseignements ne soient pas tout à fait à jour.

Tous droits réservés

© Agence de la santé publique du Canada, 2011

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