Fiche technique santé-sécurité : Agents pathogènes - Norovirus

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Section I : Agent infectieux

Nom : Norovirus

Synonyme ou renvoinbsp;: Virus de Norwalk, agent Norwalk, virus de type Norwalk (Norwalk-like virus), gastro-entérite aiguë non bactérienne, syndrome diarrhéique aigu, Southampton virus, Desert Shield virus, Cruise Ship virus, Snow Mountain virus, Mexico virus, White River Lordsdale virus, Camberwell virus, Toronto virus, Hawaii virus1-3. CARACTÉRISTIQUESnbsp;: Les norovirus constituent un groupe de virus faisant partie de la famille des Caliciviridae et du genre NorovirusNote de bas de page 14. Selon la séquence de la principale protéine de la capside, ces virus sont subdivisés en six génogroupes (GI-GVI) composés de nombreux génotypesNote de bas de page 15. Les génogroupes GI, GII et GIV sont les seuls génogroupes connus pour infecter les humains; le génogroupe GIII infecte les bovins, et le génogroupe GV, les sourisNote de bas de page 16. Bien que les norovirus porcins appartiennent également au génogroupe GII, les génotypes des norovirus porcins et humains sont différents au sein du génogroupe GIINote de bas de page 17. Le génotype de norovirus le plus répandu au sein des populations humaines, le GII, représente plus de 95 % de tous les cas d'infectionNote de bas de page 15. Les norovirus sont légèrement plus petits que les autres virus de la famille des Caliciviridae; ils mesurent environ 27 nm de diamètreNote de bas de page 5 et présentent un contour diffus à la microscopie électroniqueNote de bas de page 5. Il s'agit d'un virus rond non enveloppé à ARN simple brin positif polyadényléNote de bas de page 1Note de bas de page 2. Chez les norovirus, la recombinaison et la dérive antigénique entraînent un remplacement des souches virales dominantes en circulation tous les deux à trois ans; les nouvelles variantes ont la capacité de réinfecter les hôtes immunisés contre des souches virales antérieures.

Section II : Détermination du risque

Pathogénicité et toxicité : L'infection par le norovirus cause la gastro-entérite aiguë, qui se caractérise par l'apparition soudaine de nausées, de vomissements, de diarrhée, de crampes abdominales, de douleur abdominale, de selles mucoïdes, d'une sensation de malaise, de maux de tête et de fièvreNote de bas de page 1Note de bas de page 5. Une résolution est habituellement observée en 12 à 60 heures; cependant, chez les sujets âgés ou immunodéprimés et les jeunes enfants, les symptômes peuvent persister plus longtempsNote de bas de page 1Note de bas de page 2Note de bas de page 3Note de bas de page 5 et être associés à une morbidité et un risque de mortalité accrusNote de bas de page 1. Jusqu'à 30 % des cas d'infection à norovirus sont asymptomatiques. Toutefois, les sujets asymptomatiques infectés peuvent transmettre le virusNote de bas de page 16.

Épidémiologie : Le norovirus est observé partout dans le monde et peut infecter des sujets de tout âge. La plupart des éclosions surviennent dans les hôpitaux, les centres d'hébergement et de soins de longue durée, les aires de repas, les écoles, les services de garde et les centres de villégiatureNote de bas de page 1Note de bas de page 4. Elles peuvent être observées tout au long de l'année, la majorité des cas survenant toutefois pendant l'hiverNote de bas de page 1. En raison de la persistance du norovirus dans l'environnement, les éclosions peuvent être de longue durée; certaines auraient déjà duré plus de 3 moisNote de bas de page 1. Le norovirus est responsable de 60 à 95 % des éclosions de diarrhée aiguë infectieuse non bactérienneNote de bas de page 1.

Gamme d'hôtes : Humain, porc, bovin et sourisNote de bas de page 17.

Dose infectieuse : Moins de 10 virionsNote de bas de page 2.

Mode de transmission : La transmission entre humains du norovirus se produit habituellement par voie fécale-oraleNote de bas de page 6. Le virus peut aussi se propager dans l'environnement et par le biais de surfaces, d'aliments, d'eau, vecteurs passifs, et d'aérosols contaminés4Note de bas de page 6.

Période d'incubation : Les symptômes apparaissent généralement de 15 à 48 heures après l'infectionNote de bas de page 2.

Transmissibilité : Les sujets infectés peuvent transmettre le virussans pour autant présenter de symptômesNote de bas de page 2. Les sujets asymptomatiques et les sujets chez qui les symptômes se sont résolus peuvent excréter des particules virales infectieuses jusqu'à trois semaines après l'expositionNote de bas de page 2.

Section III : Dissémination

réservoir : Crustacés, humainNote de bas de page 1.

Zoonose : Aucune.

Vecteurs : Aucun.

Section IV : Viabilité et stabilité

Sensibilité aux médicaments : Aucun agent antiviral spécifique.

Sensibilité aux désinfectants : Le norovirus est sensible à un contact de 10 minutes avec la Formulation R-82, à un contact de 10 à 20 minutes avec l'hypochlorite de sodium à 0,25-0,50 % et à un contact de 5 minutes avec l'acide peracétique ou le glutaraldéhyde1Note de bas de page 2Note de bas de page 7. Un lien a été établi entre les procédures inadéquates de décontamination et les éclosions récurrentes sur les paquebots de croisière et dans les centres de villégiature tropicaux8Note de bas de page 9.

Inactivation physique : Le norovirus peut être inactivé par une exposition de 1 minute à une température de 71,3 °CNote de bas de page 10, mais il peut survivre sous un pH de 2,7 pendant au moins 3 heuresNote de bas de page 10. Le rayonnement UV pourrait avoir un effet intermédiaireNote de bas de page 10.

Survie à l'extérieur de l'hôte : Le norovirus est doté d'une capside protéique offrant une protection contre l'environnementNote de bas de page 2. Il peut survivre dans l'eau de mer, l'eau de surface, l'eau douce et le sol de même que sur les surfaces inanimées pendant une période qui demeure inconnue. À ce jour, le norovirus ne peut pas être cultivé en laboratoire. Le calicivirus félin, qui fait partie de la même famille que le norovirus et présente une structure similaire, peut survivre sur les surfaces de verre pendant 21 à 28 jours à température pièce et pendant de plus longues périodes à 4 °CNote de bas de page 11. À 37 °C, le calicivirus félin peut survivre pendant plus de 24 heuresNote de bas de page 11.

Section V : Premiers soins et aspects médicaux

Surveillance : Surveiller l'apparition de symptômes et confirmer le diagnosticNote de bas de page 1. Il est possible de détecter l'ARN viral par RT-PCR à partir d'échantillons de sellesNote de bas de page 10. Les norovirus peuvent aussi être identifiés par ELISANote de bas de page 3.

Remarquenbsp;: Les méthodes de diagnostic ne sont pas nécessairement toutes disponibles dans tous les pays.

Premiers soins et traitement : Aucun traitement particulier; repos, réhydratation orale et correction intraveineuse des déséquilibres électrolytiquesNote de bas de page 2.

Immunisation : AucuneNote de bas de page 1.

Prophylaxie : Aucune.

Section VI : Dangers pour le personnel de laboratoire

Infections contractées en laboratoire : Aucun cas n'avait été signalé en date de 2010.

Sources et échantillons : Selles, aérosols de vomissures1Note de bas de page 6.

Dangers primaires : Ingestion, exposition des muqueuses aux aérosols infectieuxNote de bas de page 6.

Dangers particuliers : Aucun.

Section VII : Contrôle de l'exposition et protection personnelle

Classification par groupe de risque : Groupe de risque 2Note de bas de page 12.

Exigences de confinement : Installations, équipement et pratiques opérationnelles de niveau de confinement 2 pour le travail avec des matières, cultures ou animaux infectieux ou potentiellement infectieux.

Vêtements de protection : Sarrau. Gants, lorsqu'un contact direct de la peau avec des matières infectées ou des animaux est inévitable. Une protection pour les yeux doit être utilisée lorsqu'il y a un risque connu ou potentiel d'éclaboussures Note de bas de page 13.

Autres précautions : Toutes les procédures pouvant produire des aérosols ou mettant en cause des concentrations ou des quantités élevées doivent s'effectuer dans une enceinte de sécurité biologique (ESB). L'utilisation d'aiguilles, de seringues et d'autres objets tranchants doit être strictement restreinte. Des précautions supplémentaires doivent être envisagées pour les activités avec des animaux ou à grande échelle Note de bas de page 13.

Section VIII : Manutention et entreposage

Déversements : Laisser les aérosols se déposer et, tout en portant des vêtements de protection, couvrir délicatement le déversement avec des essuie-tout et appliquer un désinfectant approprié, en commençant par le périmètre et en se rapprochant du centre. Laisser agir suffisamment longtemps avant de nettoyer Note de bas de page 13.

Élimination : Décontaminer toutes les matières à éliminer contenant l'agent infectieux ou ayant été en contact avec celui-ci par stérilisation à la vapeur, désinfection chimique, rayonnement gamma ou incinération Note de bas de page 13.

Entreposage : L'agent infectieux doit être entreposé dans des contenants étanches étiquetés de façon appropriée Note de bas de page 13.

Section IX : Renseignements sur la réglementation et autres

Information sur la réglementation : L'importation, le transport et l'utilisation de pathogènes au Canada sont régis par de nombreux organismes de réglementation, dont l'Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada, l'Agence canadienne d'inspection des aliments, Environnement Canada et Transports Canada. Il incombe aux utilisateurs de veiller à respecter tous les règlements et toutes les lois, directives et normes applicables.

Dernière mise à jour : Mars 2017

Préparée par : Agence de la santé publique du Canada

Bien que les renseignements, opinions et recommandations présentés dans cette Fiche de renseignements proviennent de sources que nous jugeons fiables, nous ne nous rendons pas responsables de leur justesse, de leur caractère exhaustif ou de leur fiabilité, ni des pertes ou blessures pouvant résulter de l'utilisation de ces renseignements. Comme on découvre fréquemment de nouveaux dangers, il est possible que ces renseignements ne soient pas tout à fait à jour.

Tous droits réservés© Agence de la santé publique du Canada, 2017 Canada

Références

Footnotes

Notes de bas de page 1

Goodgame, R. (2006). Norovirus gastroenteritis. Current Gastroenterology Reports, 8(5), 401-408.

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Notes de bas de page 2

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Notes de bas de page 11

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Notes de bas de page 12

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Notes de bas de page 13

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Notes de bas de page 14

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Notes de bas de page 15

White, P.A. (2014) Evolution of norovirus. Clinical Microbiology and Infection, 20(8) :741-745.

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Notes de bas de page 16

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Notes de bas de page 17

Mattison, K.; Shukla, A.; Cook, A.; Pollari, F.; Friendship, R.; Kelton, D.; Bidawid, S.; Farber, J.M. (2007) Human Noroviruses in Swine and Cattle, Emerging Infectious Diseases 13(8) : 1184-1188.

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