Fiche Technique Santé-Sécurité : Agents Pathogènes – Opisthorchis spp.

SECTION I – AGENT INFECTIEUX

NOM : Opisthorchis spp.

SYNONYME OU RENVOI : Opisthorchiase, clonorchiase, Opisthorchis felineus, Opisthorchis viverrini, douve du foie du chat, pa-yard bai-mai nai tub1Footnote 2

CARACTÉRISTIQUES : Opisthorchis est un genre de trématodes appelés « douve du foie » de la famille des OpisthorchiidaeFootnote 3. Les adultes mesurent de 5 à 10 mm de longueur sur 0,8 à 1,9 mm de largeur et demeurent dans la vésicule biliaire, les voies biliaires et, plus rarement, dans les canaux pancréatiques de l’hôte mammalien définitif2Footnote 4Footnote 5. Les œufs sont ingérés par le premier hôte intermédiaire (l’escargot). Dans plusieurs cas, le premier hôte intermédiaire est un gastéropode prosobranche du genre Bithynia. Dans l’escargot, les œufs libèrent des miracidies, lesquelles forment des sporocystes, des rédies et des cercaires sur une période de 6 à 8 semaines3Footnote 6. Les cercaires sont libérées et pénètrent des poissons d’eau douce (le second hôte intermédiaire), s’enkystant dans leurs muscles pour devenir des métacercaires. L’hôte définitif est infecté par l’ingestion de la chair crue ou insuffisamment cuite de poissons infestés par des métacercaires. Une fois parvenus à maturité, les adultes libèrent des œufs qui sont éliminés dans les excréments de l’hôte. Ces œufs sont de couleur jaune‑brun et de forme ovoïde, et ils mesurent environ 27 µm sur 16 µm5Footnote 7.

SECTION II – DÉTERMINATION DU RISQUE

PATHOGÉNICITÉ ET TOXICITÉ : Il existe un certain consensus selon lequel la biologie et les caractéristiques pathologiques d’Opisthorchis et de Clonorchis sont identiques, à savoir qu’il s’agit essentiellement d’agents pathogènes de faible grade ciblant les voies biliaires. La plupart des cas d’infection à Opisthorchis (environ 80 %) sont légers1Footnote 2. Une infection légère est caractérisée par la présence de moins de 1 000 œufs/g d’excrément et elle est habituellement asymptomatique sauf pour une éosinophilieFootnote 2. À ce stade-là, il n’y a aucune atteinte observable de la fonction hépatiqueFootnote 2. Une infection lourde est caractérisée par la présence de 10 000 à 30 000 œufs/g d’excrémentFootnote 2. Les manifestations cliniques d’une infection lourde sont notamment les suivantes : diarrhée, constipation, douleurs abdominales, anorexie, indigestion, saignement gastro‑intestinal, lassitude, faible fièvre, ictère, vésicule biliaire hypertrophiée ou non fonctionnelle, cholécystite, cholangite, abcès hépatique, lithiase biliaire2Footnote 3Footnote 7. Les manifestations cliniques d’une infection chronique non traitée sont notamment les suivantes : œdème au niveau des jambes, ascites, cirrhose légère, hépatomégalie, hyperplasie et inflammation de l’épithélium biliaireFootnote 2. Le cholangiocarcinome est étroitement associé aux cas d’infection par O. viverrini, et le taux de mortalité est élevéFootnote 2. La maladie apparaît habituellement de 30 à 40 ans après l’infection initiale, et les victimes meurent généralement dans les 3 à 6 mois2Footnote 8.

ÉPIDÉMIOLOGIE : L’infection à O. viverrini est endémique en Thaïlande, au Laos et au Cambodge. Des cas d’infection à O. felineus sont signalés en Asie et en Europe du NordFootnote 2. L’infection est plus courante de septembre à février. Dans les régions d’endémicité, le taux d’infection peut atteindre 90 % chez l’humain et 97 % chez le poissonFootnote 5. L’infection est rare chez les enfants de moins de 5 ans. La prévalence des cas d’infection à Opisthorchiasis est plus élevée dans les régions où les gens vivent dans des conditions de pauvreté ou d’insalubrité910.

GAMME D’HÔTES : Humain, escargot, poisson, chat, chien, reptiles, amphibiens et animaux piscivores4Footnote 11-13.

DOSE INFECTIEUSE : Possiblement aussi peu que 1 ou 2 métacercairesFootnote 8.

MODE DE TRANSMISSION : Les espèces du genre Opisthorchis sont transmises lors de l’ingestion de la chair crue ou insuffisamment cuite de poissons contaminés par des métacercairesFootnote 3.

PÉRIODE D’INCUBATION : Les métacercaires atteignent les voies biliaires quelques heures après avoir été ingéréesFootnote 7. Il faut environ 4 semaines pour que les espèces du genre Opisthorchis deviennent des vers adultes et produisent des œufs.

TRANSMISSIBILITÉ : Il n’y a pas de transmission interhumaine directe.

SECTION III – DISSÉMINATION

RÉSERVOIR : Poissons cyprinoïdes, chiens, chats, porcs, rats, lapins et mammifères se nourrissant de poissons2Footnote 12Footnote 13.

ZOONOSE : Oui, l’infection peut être transmise par l’hôte définitif, y compris le chat et le chien domestiques2Footnote 12.

VECTEURS : EscargotFootnote 3.

SECTION IV – VIABILITÉ ET STABILITÉ

SENSIBILITÉ AUX MÉDICAMENTS : Sensible à une dose unique de praziquantel et à des doses multiples d’albendazole2Footnote 14Footnote 15.

SENSIBILITÉ AUX DÉSINFECTANTS : Sensible au sulfate d’ammonium à 0,7 %Footnote 7.

INACTIVATION PHYSIQUE : Les kystes sont sensibles à la congélation à des températures très basses (-30 °C) pendant 32 heuresFootnote 2. Les espèces du genre Opisthorchis sont sensibles à une exposition de 30 minutes à une température de 56 °C, et ce, à tous les stades de vieFootnote 16.

SURVIE À L’EXTÉRIEUR DE L’HÔTE : Les cercaires demeurent infectieuses dans l’eau douce pendant environ 20 heuresFootnote 17.

SECTION V – PREMIERS SOINS ET ASPECTS MÉDICAUX

SURVEILLANCE : Le diagnostic d’opisthorchiase se fait de façon identique à celui de la clonorchiase. Surveiller l’apparition de symptômes, confirmer l’infection par des méthodes microscopiques visant à déceler la présence d’œufs dans les excréments ou le suc duodénal (plus étroits que les œufs de Clonorchis)2Footnote 14. Il est également possible d’utiliser une épreuve ELISA pour détecter les antigènes dirigés contre O. viverriniFootnote 2. L’infection peut par ailleurs être confirmée par PCR5Footnote 18.

Remarque : Les méthodes de diagnostic ne sont pas nécessairement toutes disponibles dans tous les pays.

PREMIERS SOINS ET TRAITEMENT : Administrer du praziquantel2Footnote 14. Si la substance n’est pas tolérée, utiliser plutôt de l’albendazoleFootnote 14.

IMMUNISATION : Aucune.

PROPHYLAXIE : Aucune.

SECTION VI – DANGERS POUR LE PERSONNEL DE LABORATOIRE

INFECTIONS CONTRACTÉES EN LABORATOIRE : Aucun cas signalé jusqu’en 2010.

SOURCES ET ÉCHANTILLONS : Aspirats de rate et de foie, selles3Footnote 5.

DANGERS PRIMAIRES : Ingestion d’agents infectieux.

DANGERS PARTICULIERS : Les animaux infectés par une espèce du genre Opisthorchis représentent un danger potentiel.

SECTION VII – CONTRÔLE DE L’EXPOSITION ET PROTECTION PERSONNELLE

CLASSIFICATION PAR GROUPE DE RISQUE: Groupe de risque 2.

EXIGENCES DE CONFINEMENT : Installations, équipement et pratiques opérationnelles de niveau de confinement 2 pour le travail avec des matières, cultures ou animaux infectieux ou potentiellement infectieux.

VÊTEMENTS DE PROTECTION : Sarrau. Gants, lorsqu’un contact direct de la peau avec des matières infectées ou des animaux est inévitable. Une protection pour les yeux doit être utilisée lorsqu’il y a un risque connu ou potentiel d’éclaboussure Footnote 19.

AUTRES PRÉCAUTIONS : Toutes les procédures pouvant produire des aérosols ou mettant en cause des concentrations ou des quantités élevées doivent s’effectuer dans une enceinte de sécurité biologique (ESB). L’utilisation d’aiguilles, de seringues et d’autres objets tranchants doit être strictement restreinte. Des précautions supplémentaires doivent être envisagées pour les activités avec des animaux ou à grande échelle Footnote 19.

SECTION VIII – MANUTENTION ET ENTREPOSAGE

DÉVERSEMENTS : Laisser les aérosols se déposer et, tout en portant des vêtements de protection, couvrir délicatement le déversement avec des essuie‑tout et appliquer un désinfectant approprié, en commençant par le périmètre et en se rapprochant du centre. Laisser agir suffisamment longtemps avant de nettoyer.

ÉLIMINATION : Décontaminer toutes les matières à éliminer contenant l’agent infectieux ou ayant été en contact avec celui‑ci par stérilisation à la vapeur, désinfection chimique, rayonnement gamma ou incinération.

ENTREPOSAGE : L’agent infectieux doit être entreposé dans des contenants étanches étiquetés de façon appropriée.

SECTION IX – RENSEIGNEMENTS SUR LA RÉGLEMENTATION ET AUTRES

INFORMATION SUR LA RÉGLEMENTATION : L’importation, le transport et l’utilisation de pathogènes au Canada sont régis par de nombreux organismes de réglementation, dont l’Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments, Environnement Canada et Transports Canada. Il incombe aux utilisateurs de veiller à respecter tous les règlements et toutes les lois, directives et normes applicables.

DERNIÈRE MISE À JOUR : Novembre 2011

Préparée par : Direction de la règlementation des agents pathogènes, Agence de la santé publique du Canada.Bien que les renseignements, opinions et recommandations présentés dans cette Fiche de renseignements proviennent de sources que nous jugeons fiables, nous ne nous rendons pas responsables de leur justesse, de leur caractère exhaustif ou de leur fiabilité, ni des pertes ou blessures pouvant résulter de l’utilisation de ces renseignements. Comme on découvre fréquemment de nouveaux dangers, il est possible que ces renseignements ne soient pas tout à fait à jour.

Tous droits réservés © Agence de la santé publique du Canada, 2011 Canada

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