Fiche Technique Santé-Sécurité : Agents Pathogènes – Pasteurella spp.

FICHE TECHNIQUE SANTÉ-SÉCURITÉ : AGENTS PATHOGÈNES

SECTION I - AGENT INFECTIEUX

NOM : Pasteurella spp.

SYNONYME OU RENVOI : P. multocida, P. canis, P. stomatis, P. dagmatis,

P. lymphangitis, P. skyensis, P. langaaensis, pasteurellose Note de base de page 1-Note de base de page 3.

CARACTÉRISTIQUES : Pasteurella spp. sont des coccobacilles ou des bâtonnets, de 0,3 à 1,0 μm de diamètre et de 1,0 à 2,0 μm de longueur, bien qu’après plusieurs passages dans une culture tissulaire, ils peuvent sembler être pléomorphiques Note de base de page 1. Ils sont disposés en paires ou en courtes chaînes. Ce sont des bactéries Gram négatif, et une coloration bipolaire peut être observée dans le cas de certaines souches à la coloration de Giemsa ou de Wright. Ils sont asporulés et non mobiles. P. multocida se divise en trois sous‑espèces (multocida, septica, gallicida), et 5 sérogroupes (de A à E) selon l’antigène capsulaire. Les espèces du genre Pasteurella sont considérées comme spécifiques de l’hôte.

SECTION II - DÉTERMINATION DU RISQUE

PATHOGÉNICITÉ ET TOXICITÉ : Cinquante pour cent des cas de pasteurellose en Europe et en Amérique sont causés par des morsures ou des griffures d’animaux, habituellement des chats et des chiens, qui se sont infectées Note de base de page 4; 20 à 80 % des morsures de chats et 3 à 18 % des morsures de chiens deviendront infectées Note de base de page 3. Une cellulite locale importante apparaît 3 à 48 h après l’infection, parfois accompagnée d’une fébricule. Si l’infection progresse, un abcès sous‑cutané, une ostéomyélite, une pneumonie, une endocardite, une arthrite septique, une péricardite, un abcès cérébral, un abcès au foie, un abcès au rein, une bactériémie/septicémie, une conjonctivite et une lymphangite peuvent se développer Note de base de page 5.

Vingt‑cinq pour cent des cas présentent une maladie respiratoire Note de base de page 4, soit une épiglottite, une sinusite, une trachéobronchite, une pneumonie, un empyème ou des abcès pulmonaires Note de base de page 2. Une malacoplasie et une lésion pulmonaire granulomateuse sont rares mais également possibles.

Le reste des cas souffrent d’une infection urinaire, d’une septicémie ou d’une méningite Note de base de page 4.

La pasteurellose peut être fatale, le taux général de mortalité s’élevant à 30 % chez les cas signalés Note de base de page 6.

ÉPIDÉMIOLOGIE : Distribution dans le monde entier Note de base de page 3. P. multocida fait partie de la flore buccale des chats et des chiens. Les personnes qui ont des contacts intensifs avec des animaux (vétérinaires, gardiens d’animaux, agriculteurs, éleveurs, propriétaires d’animaux de compagnie, employés d’abattoirs) courent un plus grand risque d’infection et 3 à 5 % d’entre eux peuvent être colonisés Note de base de page 2, Note de base de page 7. Les nourrissons et les sujets immunodéprimés sont également plus à risque que la population générale Note de base de page 8.

GAMME D'HÔTES : Les animaux et les oiseaux sont des hôtes habituels, mais P. multocida, P. dagmatis, P. stomatis et P. canis peuvent aussi se transmettre aux humains Note de base de page 7, Note de base de page 9. Les tiques, les poux et les mouches peuvent héberger Pasteurella multocida, mais on ne considère pas qu’ils agissent comme vecteurs Note de base de page 10, Note de base de page 11. Les coquerelles (blattes) peuvent également contenir des espèces du genre Pasteurella Note de base de page 12. Des cas de transmission verticale et de transmission interhumaine ont été signalés de même que des cas de transmission par du sang contaminé Note de base de page 13.

DOSE INFECTIEUSE : Inconnue.

MODE DE TRANSMISSION : La transmission se fait principalement par des morsures ou griffures d’animaux infectés, le léchage d’une plaie par des animaux, des gouttelettes respiratoires et de la viande contaminée Note de base de page 7, Note de base de page 14. Les blattes peuvent propager la pasteurellose si elles viennent en contact avec des aliments Note de base de page 12.

PÉRIODE D'INCUBATION : Moins de 24 heures Note de base de page 8.

TRANSMISSIBILITÉ : Pasteurella spp. peuvent être transmises durant la colonisation. La transmissibilité interhumaine est soupçonnée, mais non confirmée Note de base de page 3.

SECTION III - DISSÉMINATION

RÉSERVOIR : Les animaux et les oiseaux peuvent propager la pasteurellose Note de base de page 7.

ZOONOSE : Possible. Tous les animaux peuvent propager la maladie aux humains, mais habituellement elle se transmet par les animaux domestiques Note de base de page 7.

VECTEURS : Les blattes sont des vecteurs indirects potentiels et peuvent propager Pasteurella dans les aliments Note de base de page 12.

SECTION IV - VIABILITÉ ET STABILITÉ

SENSIBILITÉ AUX MÉDICAMENTS : Sensibilité aux pénicillines et à la doxycycline Note de base de page 7.

SENSIBILITÉ AUX DÉSINFECTANTS : Les désinfectants phénoliques, l’hypochlorite de sodium à 1 %, l’éthanol à 70 %, le formaldéhyde, le glutaraldéhyde, l’iodophore et l’acide peracétique sont efficaces contre Pasteurella spp. Note de base de page 15.

INACTIVATION PHYSIQUE : Les espèces du genre Pasteurella sont inactivées par les rayons UV, les micro‑ondes, les rayons gamma, la chaleur humide (121 °C pendant au moins 20 min) et la chaleur sèche (165‑170 °C pendant 2 h) Note de base de page 16-Note de base de page 19.

SURVIE À L'EXTÉRIEUR DE L'HÔTE : P. multocida peut survivre dans l’air (5 % après 45 min), dans l’eau distillée et l’eau de l’océan (14 jours à 4 °C, moins de 24 heures à 37 °C) et dans le lisier de porc (3 jours à 4 °C et 6 jours à 37 °C) Note de base de page 20. Il peut également survivre dans le sang Note de base de page 13.

SECTION V - PREMIERS SOINS ET ASPECTS MÉDICAUX

SURVEILLANCE : Surveiller l’apparition de symptômes et confirmer par un examen bactériologique et par la PCR Note de base de page 21.

PREMIERS SOINS ET TRAITEMENT : Administrer une antibiothérapie appropriée Note de base de page 5.

IMMUNISATION : Aucune n’est actuellement offerte sur le marché.

PROPHYLAXIE : Des antibiotiques comme la pénicilline ou un dérivé sont administrés et les morsures infectées font l’objet d’une observation clinique Note de base de page 5.

SECTION VI - DANGERS POUR LE PERSONNEL DE LABORATOIRE

INFECTIONS CONTRACTÉES AU LABORATOIRE : Deux infections de ce type ont été signalées, qui étaient dans les deux cas associées au travail avec des animaux de laboratoire Note de base de page 22.

SOURCES ET ÉCHANTILLONS : Les morsures et abcès infectés, le pus, les sécrétions bronchiques, le LCR et le sang peuvent contenir Pasteurella spp. Note de base de page 7.

DANGERS PRIMAIRES : Morsures d’animaux de laboratoire, exposition à des aérosols infectieux et inoculation parentérale Note de base de page 7.

DANGERS PARTICULIERS : Aucun.

SECTION VII - CONTRÔLE DE L'EXPOSITION ET PROTECTION PERSONNELLE

CLASSIFICATION PAR GROUPE DE RISQUE : Groupe de risque 2 Note de base de page 23. Le groupe de risque correspond au genre dans son ensemble et peut ne pas s’appliquer à toutes les espèces du genre. 

EXIGENCES DE CONFINEMENT : Installations, équipement et pratiques opérationnelles de niveau de confinement 2 pour le travail avec des matières, cultures ou animaux infectieux ou potentiellement infectieux.

VÊTEMENTS DE PROTECTION : Sarrau. Gants, lorsqu’un contact direct de la peau avec des matières infectées ou des animaux est inévitable. Une protection pour les yeux doit être utilisée lorsqu’il y a un risque connu ou potentiel d’éclaboussure Note de base de page 24.

AUTRES PRÉCAUTIONS : Toutes les procédures pouvant produire des aérosols ou mettant en cause des concentrations ou des quantités élevées doivent s’effectuer dans une enceinte de sécurité biologique (ESB). L’utilisation d’aiguilles, de seringues et d’autres objets tranchants doit être strictement restreinte. Des précautions supplémentaires doivent être envisagées pour les activités avec des animaux ou à grande échelle Note de base de page 24.

SECTION VIII - MANUTENTION ET ENTREPOSAGE

DÉVERSEMENTS : Laisser les aérosols se déposer et, tout en portant des vêtements de protection, couvrir délicatement le déversement avec des essuie‑tout et appliquer un désinfectant approprié, en commençant par le périmètre et en se rapprochant du centre. Laisser agir suffisamment longtemps avant de nettoyer.

ÉLIMINATION : Décontaminer les matières à éliminer qui contiennent l’agent infectieux ou sont venues en contact avec celui‑ci par stérilisation à la vapeur, désinfection chimique, irradiation gamma ou incinération.

ENTREPOSAGE : L’agent infectieux devrait être conservé dans des contenants étanches qui sont étiquetés de façon appropriée.

SECTION IX - RENSEIGNEMENTS SUR LA RÉGLEMENTATION ET AUTRES

INFORMATION SUR LA RÉGLEMENTATION : L’importation, le transport et l’utilisation de pathogènes au Canada sont régis par de nombreux organismes de réglementation, dont l’Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments, Environnement Canada et Transports Canada. Il incombe aux utilisateurs de veiller à respecter tous les règlements et toutes les lois, directives et normes applicables.

DERNIÈRE MISE À JOUR : Décembre 2011

PRÉPARÉE PAR : Direction de la règlementation des agents pathogènes, agence de la santé publique du Canada.

Bien que les renseignements, opinions et recommandations présentés dans cette Fiche de renseignements proviennent de sources que nous jugeons fiables, nous ne nous rendons pas responsables de leur justesse, de leur caractère exhaustif ou de leur fiabilité, ni des pertes ou blessures pouvant résulter de l’utilisation de ces renseignements. Comme on découvre fréquemment de nouveaux dangers, il est possible que ces renseignements ne soient pas tout à fait à jour.

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