Fiche Technique Santé-Sécurité : Agents Pathogènes – Peptococcus niger

SECTION I – AGENT INFECTIEUX

NOM : Peptococcus niger

SYNONYME OU RENVOI : S.O.

CARACTÉRISTIQUES : Peptococcus niger est un cocci Gram positif, non mobile et anaérobie strict. Chez l’humain, il s’agit d’un constituant normal de la muqueuse intestinale et de la flore de l’ombilic1-5. Les cellules bactériennes ont un diamètre de 0,3 à 1,3 μm et elles apparaissent de façon isolée, en paires, en tétrades ou en amas irréguliers Footnote 6. Cette bactérie peut être cultivée  sur une gélose enrichie de sang, sur laquelle elle forme des colonies lisses, noires et irrégulières (elles virent au gris lorsqu’elles sont exposées à l’air) dont le diamètre est de 1 mm après 5 jours d’incubation4Footnote 6Footnote 7. Elle produit du H2S, du NH3 et du H2, mais elle n’a pas le pouvoir de liquéfier la gélatine et le sérum, de digérer le lait ni de fermenter les hydrates de carbone Footnote 6. En raison des similitudes et des liens entre le contenu en guanine-cytosine du Peptococcus et l’ADN du Peptostreptococcus, toutes les espèces qui faisaient auparavant partie du genre Peptococcus se retrouvent aujourd’hui sous le genre Peptostreptococcus, à l’exception de Peptococcus niger 2Footnote 7.

SECTION II – DÉTERMINATION DU RISQUE

PATHOGÉNICITÉ ET TOXICITÉ : La bactérie a été associée au piétin infectieux du mouton, mais on la retrouve rarement dans les infections animales Footnote 8. La très lente vitesse de croissance de P. niger et son manque de caractéristiques biochimiques pourraient expliquer sa faible pathogénicité Footnote 4, étant rarement isolé dans des échantillons cliniques ni cultivé à partir d’échantillons pathologiques humains1Footnote 2. Une étude a révélé que parmi les souches cultivées provenant d’un abcès rectal, d’un sinus pilonidal et d’un écouvillon vaginal, seulement une souche de P. niger avait été observée sur les 278 autres cocci Gram positif analysés Footnote 4.

ÉPIDÉMIOLOGIE : Partout dans le monde. P. niger fait partie de la flore ombilicale et de la flore intestinale normales de l’humain Footnote 4.

GAMME D’HÔTES : Bien que cela ne soit pas courant, P. niger a été isolé de la flore normale de l’ombilic humain Footnote 4, et, dans de rares cas, il a été isolé du piétin infectieux du mouton, une maladie touchant les animaux à onglons Footnote 8.

DOSE INFECTIEUSE : Inconnue pour les humains et les animaux. Cependant, il est probable que la dose infectieuse soit extrêmement élevée, étant donné que P. niger est rarement isolé dans des échantillons pathogènes humains Footnote 4.

MODE DE TRANSMISSION : Comme aucune maladie n’a été spécifiquement liée à P. niger, la voie de transmission de la bactérie est inconnue pour le moment.

PÉRIODE D’INCUBATION : Inconnue.

TRANSMISSIBILITÉ : Non connue pour être transmissible entre les humains.

SECTION III – DISSÉMINATION

RÉSERVOIR : Humains et animaux à onglons 4Footnote 8.

ZOONOSE : Aucune.

VECTEURS : Aucun.

SECTION IV – VIABILITÉ ET STABILITÉ

SENSIBILITÉ AUX MÉDICAMENTS : Des études ont révélé que les souches étaient sensibles aux médicaments suivants : pénicilline, ampicilline, azlocilline, pipéracilline, mexlocilline, métronidazole, céfuroxime, céfopérazone, céfotaxime, imipénem, érythromycine, clindamycine, chloramphénicol et tétracycline 4Footnote 9

RÉSISTANCE AUX MÉDICAMENTS : Une résistance au métronidazole et à la lincomycine a été signalée. Footnote 4.

SENSIBILITÉ AUX DÉSINFECTANTS : La plupart des bactéries sont sensibles à l’hypochlorite de sodium à 1 %, au glutaraldéhyde à 2 %, au formaldéhyde et à l’alcool éthylique ou isopropylique à 70 %Footnote 10.

INACTIVATION PHYSIQUE : Inactivé par la chaleur humide (121°C pendant 15 à 30 minutes) et à la chaleur sèche (de 160 à 170 °C pendant 1 à 2 heures) Footnote 11.

SURVIE À L’EXTÉRIEUR DE L’HÔTE : Inconnue, mais en raison de sa lente vitesse de croissance sur une gélose enrichie de sang Footnote 14, la probabilité que la bactérie puisse survivre dans des conditions difficiles à l’extérieur de l’hôte ou dans des effluents de laboratoire est très faible.

SECTION V – PREMIERS SOINS ET ASPECTS MÉDICAUX

SURVEILLANCE : Surveiller l’apparition de symptômes.

PREMIERS SOINS ET TRAITEMENT : Administrer le traitement médicamenteux approprié.

IMMUNISATION : Aucune n’est actuellement offerte sur le marché.

PROPHYLAXIE : Aucune n’est actuellement offerte sur le marché.

SECTION VI – DANGERS POUR LE PERSONNEL DE LABORATOIRE

INFECTIONS CONTRACTÉES EN LABORATOIRE : Aucun cas signalé à ce jour.

SOURCES ET ÉCHANTILLONS : Tissu intestinal ou ombilical humain et muqueuses. La souche H4 de P. niger peut être isolée à partir du tractus gastro-intestinal humain et des onglons d’animaux touchés par le piétin infectieux du mouton 2Footnote 3Footnote 8Footnote 12.

DANGERS PRIMAIRES : La manipulation de tissu intestinal ou ombilical humain infecté et le contact avec des muqueuses ou des onglons d’animaux infectés porteurs de la bactérie sont des dangers potentiels 2Footnote 3Footnote 8.

DANGERS PARTICULIERS : Aucun.

SECTION VII – CONTRÔLE DE L’EXPOSITION ET PROTECTION PERSONNELLE

CLASSIFICATION DU GROUPE DE RISQUE: Groupe de risque 1.

EXIGENCES DE CONFINEMENT : Installations, équipement et pratiques opérationnelles de niveau de confinement 1 pour le travail avec des matières, cultures ou animaux infectieux ou potentiellement infectieux13.

VÊTEMENTS DE PROTECTION : Vêtements de laboratoire de protection adéquatement ajustés. Gants, lorsqu’un contact direct de la peau avec des matières infectées ou des animaux est inévitable Footnote 14.

AUTRES PRÉCAUTIONS : Aucune.

SECTION VIII – MANUTENTION ET ENTREPOSAGE

DÉVERSEMENTS : Laisser les aérosols se déposer et, tout en portant des vêtements de protection, couvrir délicatement le déversement avec des essuie‑tout et appliquer un désinfectant approprié, en commençant par le périmètre et en se rapprochant du centre. Laisser agir suffisamment longtemps avant de nettoyer.

ÉLIMINATION : Décontaminer toutes les matières à éliminer contenant l’agent infectieux ou ayant été en contact avec celui‑ci par stérilisation à la vapeur, désinfection chimique, rayonnement gamma ou incinération Footnote 13.

ENTREPOSAGE : L’agent infectieux doit être entreposé dans des contenants étanches étiquetés de façon appropriée.

SECTION IX – RENSEIGNEMENTS SUR LA RÉGLEMENTATION ET AUTRES

INFORMATION SUR LA RÉGLEMENTATION : L’importation, le transport et l’utilisation de pathogènes au Canada sont régis par de nombreux organismes de réglementation, dont l’Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments, Environnement Canada et Transports Canada. Il incombe aux utilisateurs de veiller à respecter tous les règlements et toutes les lois, directives et normes applicables.

DERNIÈRE MISE À JOUR : Novembre 2011

Préparée par : Direction de la règlementation des agents pathogènes, Agence de la santé publique du Canada.

Bien que les renseignements, opinions et recommandations présentés dans cette Fiche de renseignements proviennent de sources que nous jugeons fiables, nous ne nous rendons pas responsables de leur justesse, de leur caractère exhaustif ou de leur fiabilité, ni des pertes ou blessures pouvant résulter de l’utilisation de ces renseignements. Comme on découvre fréquemment de nouveaux dangers, il est possible que ces renseignements ne soient pas tout à fait à jour.

Tous droits réservés © Agence de la santé publique du Canada, 2011 Canada

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