Fiche Technique Santé-Sécurité : Agents Pathogènes – Virus de la chorioméningite lymphocytaire

FICHE TECHNIQUE SANTÉ-SÉCURITÉ : AGENTS PATHOGÈNES

SECTION I – AGENT INFECTIEUX

NOM : Virus de la chorioméningite lymphocytaireNote de bas de page 1.

SYNONYME OU RENVOI : VCMLNote de bas de page 2-Note de bas de page 13, CMLNote de bas de page 14-Note de bas de page 18, méningite lymphocytaire bénigne (ou grave)Note de bas de page 14, maladie d’ArmstrongNote de bas de page 15.

CARACTÉRISTIQUES : Le VCML, qui appartient au genre Arenavirus de la famille des ArenaviridaeNote de bas de page 9,Note de bas de page 15, est un virion enveloppé rond, ovale ou pléomorphe, d’un diamètre d’environ 110 à 130 nm, et dont le génome est constitué d’ARN monocaténaire en deux segmentsNote de bas de page 6,Note de bas de page 15. L’intérieur du virion contient des granules ressemblant à des grains de sable, qui sont caractéristiques de la famille des Arenaviridae, tandis que la surface porte des projections ayant la forme de bâtons de golf creuxNote de bas de page 15.

SECTION II – DÉTERMINATION DU RISQUE

PATHOGÉNICITÉ ET TOXICITÉ : CML acquise (postnatale): L’infection à VCML chez les adultes immunocompétents peut être asymptomatique (près d’un tiers de toutes les infectionsNote de bas de page 2,Note de bas de page 8 ou être limitée à un syndrome viral aspécifique à résolution spontanée associé à des symptômes tels que de la fièvre, de la toux, un malaise, une myalgie, des céphalées, une photophobie, des nausées, des vomissements, une adénopathie et des maux de gorgeNote de bas de page 2,Note de bas de page 8,Note de bas de page 9,Note de bas de page 15,Note de bas de page 19. La maladie peut évoluer en méningite ou en méningo-encéphaliteNote de bas de page 6,Note de bas de page 8,Note de bas de page 14 et produire des symptômes neurologiques moins répandus tels que la paralysie, la perte d’audition neurosensorielleNote de bas de page 2,Note de bas de page 6,Note de bas de page 8 et le syndrome de Guillain-BarréNote de bas de page 8. Les manifestations non neurologiques plus rares de la maladie sont la pancréatiteNote de bas de page 2, l’orchiteNote de bas de page 2,Note de bas de page 8, l’arthrite, la péricardite, la parotiditeNote de bas de page 8, la pneumonite et les éruptions cutanéesNote de bas de page 2. L’infection à VCML acquise est en général non mortelle, le taux de mortalité étant inférieur à 1 %; la guérison, même de la forme grave de la maladie, s’effectue la plupart du temps sans séquellesNote de bas de page 5,Note de bas de page 6,Note de bas de page 14.

CML congénitale : L’infection à VCML peut produire une large gamme d’effets pathologiques dont la gravité varie selon le stade de développement du fœtus au moment de l’infectionNote de bas de page 12. Dans certains cas, l’infection peut entraîner un avortement spontanéNote de bas de page 2,Note de bas de page 9, une hydrocéphalie, une choriorétinite et un retard mental chez l’enfantNote de bas de page 6. Le taux de mortalité chez les nouveau-nés ayant reçu un diagnostic de CML congénitale est d’environ 35 %Note de bas de page 16. Parmi ceux qui survivent à l’infection à VCML congénitale, les deux tiers présentent des anomalies neurologiques chroniques telles qu’une microcéphalie, un retard mental, une paralysie cérébrale, des crises convulsives et une déficience visuelleNote de bas de page 2,Note de bas de page 8,Note de bas de page 16.

CML associée à une greffe : Récemment, on a observé des cas d’infection à VCML chez des individus ayant reçu des greffes d’organes pleins provenant de donneurs dont le décès n’était apparemment pas lié à une étiologie infectieuseNote de bas de page 7,Note de bas de page 20. Ces cas ont tous été mortels, à l’exception d’un receveur qui a été traité par la ribavirine lorsqu’une infection à VCML a été soupçonnée.

ÉPIDÉMIOLOGIE : Le VCML, qui a été le premier virus du genre Arenavirus à être caractérisé, a été isolé en 1933 chez une femme dont on pensait qu’elle souffrait de l’encéphalite de St. LouisNote de bas de page 1. À la différence des autres espèces du genre Arenavirus, dont la répartition géographique est limitée, le VCML est présent en Europe, dans les Amériques et en Asie, principalement dans les régions où les souris cohabitent avec les humainsNote de bas de page 15. L’éclosion la plus importante, au cours de laquelle on a compté 181 cas d’infection mais aucun décès, est survenue aux États-Unis entre 1973 et 1974Note de bas de page 19. D’autres éclosions ont été enregistrées en Allemagne et en FranceNote de bas de page 9. Le nombre de cas de CML acquise est sous-estimé, car les personnes atteintes sont pour la plupart asymptomatiques et consultent rarement un médecinNote de bas de page 12. La plus grande sensibilisation à la maladie et l’amélioration des méthodes de détection pourraient expliquer la prévalence accrue que nous observonsNote de bas de page 6. Environ 5 % des humains montrent des signes d’infection antérieure au VCMLNote de bas de page 5. Depuis la caractérisation de la CML congénitale en 1955, on en a signalé 54 cas dans le monde entierNote de bas de page 3,Note de bas de page 6,Note de bas de page 21, dont 63 % depuis 1993Note de bas de page 6. On ignore si le nombre réel de cas est considérablement plus élevé que ce chiffre, car seuls les cas les plus graves sont signalésNote de bas de page 13 et la CML congénitale peut produire une large gamme d’effets pathologiques de gravité variableNote de bas de page 12.

GAMME D’HÔTES : HumainsNote de bas de page 2-Note de bas de page 4,Note de bas de page 6,Note de bas de page 8,Note de bas de page 9,Note de bas de page 12-Note de bas de page 17, sourisNote de bas de page 2,Note de bas de page 3,Note de bas de page 6,Note de bas de page 14,Note de bas de page 15, hamstersNote de bas de page 3,Note de bas de page 4,Note de bas de page 15,Note de bas de page 17,Note de bas de page 18, cobayes, porcs, rats, singes, chiens, lapins et pouletsNote de bas de page 17.

DOSE INFECTIEUSE : Inconnue.

MODE DE TRANSMISSION : Les souris infectées in utero excrètent de manière asymptomatique le VCML dans les fèces, l’urine, la salive, le lait maternel et le spermeNote de bas de page 2,Note de bas de page 3,Note de bas de page 8,Note de bas de page 14,Note de bas de page 15 et transmettent le virus à l’humain (et aux autres rongeurs, comme les hamsters) par contact directNote de bas de page 2,Note de bas de page 3 avec une peau léséeNote de bas de page 14 ou les muqueusesNote de bas de page 14,Note de bas de page 15, par inhalation du virus en aérosolNote de bas de page 2,Note de bas de page 3,Note de bas de page 8,Note de bas de page 14, par ingestion d’aliments contaminésNote de bas de page 8,Note de bas de page 9,Note de bas de page 14,Note de bas de page 15 ou de poussières contaminéesNote de bas de page 9,Note de bas de page 14, par la morsure de rongeursNote de bas de page 8,Note de bas de page 15 ou par contact avec des fomitesNote de bas de page 2,Note de bas de page 14. La transmission est également possible après la greffe d’un organe provenant d’un donneur infecté par le VCMLNote de bas de page 4,Note de bas de page 7, et verticalement, de la mère au fœtusNote de bas de page 3.

PÉRIODE D’INCUBATION : Environ 8 à 13 joursNote de bas de page 9,Note de bas de page 14 et 15 à 21 jours avant l’apparition du premier symptôme méningéNote de bas de page 14,Note de bas de page 15.

TRANSMISSIBILITÉ : Aucune preuve de transmission d’une personne à une autreNote de bas de page 14, à l’exception de la transmission verticale d’une mère infectée au fœtus durant la grossesseNote de bas de page 3 et de la greffe d’organes pleins provenant de donneurs infectésNote de bas de page 4,Note de bas de page 7.

SECTION III – DISSÉMINATION

RÉSERVOIR : Le principal réservoir est la souris commune (Mus musculus)Note de bas de page 2,Note de bas de page 5,Note de bas de page 14-Note de bas de page 16, mais le hamster de Syrie pourrait en être un aussiNote de bas de page 17.

ZOONOSE : Oui, le VCML se propage principalement par contact avec des sécrétions/excrétions de rongeurs contaminésNote de bas de page 2,Note de bas de page 5,Note de bas de page 14,Note de bas de page 15,Note de bas de page 18.

VECTEURS : La présence de VCML a été observée chez la puce, chez les moucherons du genre Culicoides, chez diverses espèces de moustiques du genre Aedes, chez la tique et chez la coquerelle, mais il est peu probable que les arthropodes jouent un rôle dans la transmission du virusNote de bas de page 15.

SECTION IV - VIABILITÉ ET STABILITÉ

SENSIBILITÉ AUX MÉDICAMENTS : Il a été démontré que la ribavirine inactive les arénavirus in vitro et pourrait atténuer les symptômes dans des conditions cliniquesNote de bas de page 5,Note de bas de page 7,Note de bas de page 21.

SENSIBILITÉ AUX DÉSINFECTANTS : L’eau de Javel (hypochlorite de sodium) et les autres désinfectants ménagers courants inactivent le VCMLNote de bas de page 11.

INACTIVATION PHYSIQUE : Le VCML est inactivé par les rayons UVNote de bas de page 10 et la chaleur (55 °C pendant au moins 20 minutes)Note de bas de page 1.

SURVIE À L’EXTÉRIEUR DE L’HÔTE : Sauf s’il est conservé à -80 °C, le VCML est rapidement inactivé à l’extérieur de son hôteNote de bas de page 9. Le VCML conserve son infectiosité pendant au moins 206 jours s’il est conservé dans une solution saline à 0,85 % contenant 50 % de glycérine entre 4 et 10 °CNote de bas de page 1.

SECTION V - PREMIERS SOINS ET ASPECTS MÉDICAUX

SURVEILLANCE : Rechercher les symptômes. La confirmation du diagnostic se fait par les moyens suivants: sérologie, ELISANote de bas de page 2-Note de bas de page 4,Note de bas de page 8,Note de bas de page 9,Note de bas de page 15, RT-PCRNote de bas de page 3,Note de bas de page 4,Note de bas de page 15, transfert de WesternNote de bas de page 9,Note de bas de page 15, coloration immunohistochimiqueNote de bas de page 4,Note de bas de page 17, épreuves de neutralisationNote de bas de page 17, immunofluorescenceNote de bas de page 8,Note de bas de page 9 et culture virale à partir de sang ou de liquide céphalorachidienNote de bas de page 4,Note de bas de page 9. Le test de fixation du complément, qui est disponible partout, est jugé insensible et son utilisation n’est plus recommandéeNote de bas de page 6,Note de bas de page 8.

Remarque : Les méthodes diagnostiques ne sont pas nécessairement toutes disponibles dans tous les pays.

PREMIERS SOINS ET TRAITEMENT : Il s’agit en général d’un traitement de soutien qui vise à atténuer les symptômesNote de bas de page 12,Note de bas de page 15. La ribavirine est efficace in vitro, et pourrait l’être aussi dans le traitement de la CMLNote de bas de page 5,Note de bas de page 7,Note de bas de page 21.

IMMUNISATION : AucuneNote de bas de page 14.

PROPHYLAXIE : Aucune.

SECTION VI - DANGERS POUR LE PERSONNEL DE LABORATOIRE

INFECTIONS CONTRACTÉES AU LABORATOIRE : L’infection à VCML est un risque professionnel bien connu pour les personnes travaillant avec les rongeurs, en particulier les hamsters et les souris. Jusqu’à 1978, 76 cas ont été déclarésNote de bas de page 22, dont 3 éclosions entre 1973 et 1975 chez des techniciens de laboratoire qui avaient manipulé des hamsters auxquels avaient été greffées des tumeurs contenant le VCMLNote de bas de page 18,Note de bas de page 19. Depuis, d’autres cas ont été signalés, notamment lors d’une éclosion associée à des souris nude, dans laquelle on a constaté que 9 % des 82 préposés aux soins des animaux étaient séropositifs à l’égard du VCMLNote de bas de page 23.

SOURCES ET ÉCHANTILLONS : SangNote de bas de page 1,Note de bas de page 14,Note de bas de page 18, liquide céphalorachidienNote de bas de page 1,Note de bas de page 8,Note de bas de page 14,Note de bas de page 18, urineNote de bas de page 1,Note de bas de page 17,Note de bas de page 18, tumeurs transplantablesNote de bas de page 15,Note de bas de page 18, sécrétions du nasopharynxNote de bas de page 8,Note de bas de page 14,Note de bas de page 15,Note de bas de page 18, fècesNote de bas de page 8,Note de bas de page 14,Note de bas de page 15 et tissus infectés d’origine animale et humaineNote de bas de page 5.

DANGERS PRIMAIRES : AérosolsNote de bas de page 5 et contact direct des muqueuses avec le virusNote de bas de page 14,Note de bas de page 15.

DANGERS PARTICULIERS : Les lignées tumorales transplantables représentent un dangerNote de bas de page 14,Note de bas de page 15.

SECTION VII - CONTRÔLE DE L’EXPOSITION ET PROTECTION PERSONNELLE

CLASSIFICATION DU GROUPE DE RISQUE : Groupe de risque 3Note de bas de page 24. Le groupe de risque correspond au genre dans son ensemble et peut ne pas s’appliquer à toutes les espèces du genre.

EXIGENCES DE CONFINEMENT : Installations, équipement et pratiques opérationnelles de niveau de confinement 3 pour le travail avec des matières, cultures ou animaux infectieux ou potentiellement infectieux. Ces exigences de confinement s’appliquent au genre dans son ensemble et peuvent ne pas s’appliquer à chaque espèce du genre.

VÊTEMENTS DE PROTECTION : Avant d’entrer dans le laboratoire, le personnel doit enlever sa tenue de ville et ses bijoux pour ensuite mettre des vêtements et des chaussures réservés aux travaux en laboratoire, ou mettre un vêtement protecteur complet (c’est-à-dire qui couvre entièrement la tenue de ville). Une protection supplémentaire peut être portée par-dessus les vêtements de laboratoire lors de la manipulation directe de matériel infectieux, comme une blouse ne s'ouvrant pas à l'avant avec poignets serrés, des gants et une protection respiratoire. Une protection pour les yeux doit être utilisée lorsqu’il y a un risque connu ou potentiel d’éclaboussureNote de bas de page 25.

AUTRES PRÉCAUTIONS : Toutes les activités avec du matériel infectieux doivent s’effectuer dans une enceinte de sécurité biologique (ESB) ou dans un autre dispositif de confinement primaire adéquat, avec un équipement de protection individuelle. La centrifugation des matières infectées doit s’effectuer dans des enceintes scellées placées dans des réservoirs hermétiques ou des rotors qui sont remplis et vidés dans une ESB. L’utilisation d’aiguilles, de seringues et d’autres objets tranchants doit être strictement restreinte. Les plaies ouvertes, les coupures et les éraflures doivent être couvertes avec des pansements imperméables. Des précautions supplémentaires doivent être envisagées pour les activités avec des animaux ou à grande échelleNote de bas de page 25.

SECTION VIII - MANUTENTION ET ENTREPOSAGE

DÉVERSEMENTS : Laisser les aérosols se déposer et, tout en portant des vêtements de protection, couvrir délicatement le déversement avec des essuie-tout et appliquer un désinfectant approprié, en commençant par le périmètre et en se rapprochant du centre. Laisser agir suffisamment longtemps avant de nettoyer.

ÉLIMINATION : Avant la mise au rebut, décontaminer tout le matériel par stérilisation à la vapeur, désinfection chimique ou incinération.

ENTREPOSAGE : Dans des contenants scellés étiquetés de façon appropriée.

SECTION IX - RENSEIGNEMENTS SUR LA RÉGLEMENTATION ET AUTRES

INFORMATION SUR LA RÉGLEMENTATION : L’importation, le transport et l’utilisation de pathogènes au Canada sont régis par de nombreux organismes de réglementation, dont l’Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments, Environnement Canada et Transports Canada. Il incombe aux utilisateurs de veiller à respecter tous les règlements et toutes les lois, directives et normes applicables.

DERNIÈRE MISE À JOUR : Septembre 2011

PRÉPARÉE PAR : Direction de la règlementation des agents pathogènes, agence de la santé publique du Canada.

Bien que les renseignements, opinions et recommandations présentés dans cette Fiche de renseignements proviennent de sources que nous jugeons fiables, nous ne nous rendons pas responsables de leur justesse, de leur caractère exhaustif ou de leur fiabilité, ni des pertes ou blessures pouvant résulter de l’utilisation de ces renseignements. Comme on découvre fréquemment de nouveaux dangers, il est possible que ces renseignements ne soient pas tout à fait à jour.

Tous droits réservés

© Agence de la santé publique du Canada, 2011

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