Fiche Technique Santé-Sécurité : Agents Pathogènes – Virus de l'encéphalite japonaise

FICHE TECHNIQUE SANTÉ-SÉCURITÉ - MATIÈRES INFECTIEUSES

SECTION 1 - AGENT INFECTIEUX

NOM : virus de l'encéphalite japonaise

SYNONYME OU RENVOI : EJ, VEJ, encéphalite japonaise B, arbovirus B, virus d'encéphalite transmis par des moustiques

CARACTÉRISTIQUES : virus de la famille des Flaviviridae (anciennement : Togaviridae), ARN simple brin de polarité positive, enveloppé, 40-50 nm de diamètre; membre prototype du complexe antigénique de l'encéphalite japonaise qui englobe aussi le virus de l'encéphalite de Saint-Louis, le virus de l'encéphalite de Murray Valley et le virus West Nile

SECTION II - DANGER POUR LA SANTÉ

PATHOGÉNICITÉ : maladie virale inflammatoire aiguë de courte durée touchant des parties du cerveau, de la moelle épinière et des méninges; ses manifestations vont d'un syndrome fébrile accompagné de céphalée à une encéphalite aiguë; les infections graves sont caractérisées par une survenue brutale, une céphalée, une forte fièvre, des frissons, des nausées et des vomissements, suivis d'une raideur de la nuque, de photophobie et de signes neurologiques objectifs, stupeur, désorientation, coma, tremblements, convulsions chez les enfants et paralysie des membres supérieurs; les nourrissons et les personnes âgées sont plus sujets aux affections graves; taux de létalité de 5-40 %; 45-70 % des cas graves entraînent des séquelles neuropsychiatriques : parkinsonisme, troubles convulsifs, paralysie, retard mental

ÉPIDÉMIOLOGIE : les cas d'EJ surviennent dans les îles de l'ouest du Pacifique, du Japon aux Philippines, et dans de nombreuses régions de l'Asie, de la Corée, de l'Indonésie, de la Chine et de l'Inde; les cas surviennent en été et au début de l'automne dans les zones tempérées et sont limités aux régions et aux années caractérisées par des températures élevées et une abondance de moustiques

GAMME D'HÔTES  : l'humain, les oiseaux, les porcs, le bétail, les chevaux, les chauve-souris et les reptiles

DOSE INFECTIEUSE : inconnue

MODE DE TRANSMISSION : par piqûre de moustiques infectieux

PÉRIODE D'INCUBATION : habituellement 5-15 jours

TRANSMISSIBILITÉ : ne se transmet pas directement d'une personne à l'autre; le virus n'est généralement pas détecté dans le sang humain après l'apparition de la maladie, mais il peut être isolé à partir d'échantillons de liquide du SNC dans 1/3 des cas d'encéphalite aiguë; chez les oiseaux, la virémie dure habituellement 2-5 jours; les moustiques sont infectieux à vie; chez les chevaux, une virémie à titre élevé pendant de longues périodes est rare

SECTION III - DISSÉMINATION

RÉSERVOIR : les porcs et les oiseaux sont les principaux hôtes amplificateurs; l'humain, les chevaux et le bétail sont des sources peu fréquentes d'infection de moustiques; le virus passe peut-être l'hiver dans des oiseaux, d'autres animaux ou des moustiques

ZOONOSE : oui, par des animaux infectés par des piqûres de moustiques; cause l'encéphalite chez les chevaux, l'avortement spontané et une mortinatalité chez les porcs

VECTEURS : Culex spp. et Aedes spp.

Les vecteurs les plus importants sont :
-Culex tritaeniorhynchus (vecteur majeur d'épidémie)
-Culex vishnui complexe - Culex gelidus (dans les tropiques)
-Culex fuscocephalus - Culex annulus

SECTION IV - VIABILITÉ

SENSIBILITÉ AUX MÉDICAMENTS : inconnue

SENSIBILITÉ AUX DÉSINFECTANTS : sensible aux désinfectants - éthanol à 70 %, glutaraldéhyde à 2 %, formol à 3-8 %, hypochlorite de sodium à 1 %, iode, iodophores/phénol et solvants/détergents organiques

INACTIVATION PAR DES MOYENS PHYSIQUES : inactivé par la chaleur; réduction de 50 % après 10 minutes à 50o C, inactivation complète après 30 min à 56o C; sensible aux rayons UV et à l'irradiation gamma

SURVIE À L'EXTÉRIEUR DE L'HÔTE : survit pendant de longues périodes dans les oeufs de moustiques (le virus peut survivre pendant l'hiver dans des oeufs)

SECTION V - ASPECTS MÉDICAUX

SURVEILLANCE : surveiller les symptômes, analyses sérologiques (détection d'anticorps : immunoglobulines  M et G) ou isolement du virus dans le sang, le LCR ou d'autres liquides organiques

PREMIERS SOINS ET TRAITEMENT : aucun traitement particulier

IMMUNISATION : un vaccin inactivé au formol (JE-VAX) est homologué au Canada et recommandé pour les personnes particulièrement exposées à ce risque comme le personnel de laboratoire et les voyageurs devant passer plus d'un mois dans une région endémique/épidémique pendant la saison où le virus se transmet; 3 doses du vaccin doivent être administrées aux jours 0, 7 et 30, pour assurer une bonne protection; le vaccin est contre-indiqué chez les femmes enceintes et les immunodéprimés; 2 vaccins vivants sont homologués en Chine

PROPHYLAXIE : pour conférer une immunité passive aux employés de laboratoire exposés accidentellement au virus, administrer de l'antisérum humain ou animal

SECTION VI - DANGERS POUR LE PERSONNEL DE LABORATOIRE

INFECTIONS ACQUISES AU LABORATOIRE : 22 cas signalés jusqu'en 1980, aucun décès

SOURCES ET ÉCHANTILLONS : sang, liquide céphalorachidien (LCR), autres tissus (du cerveau), arthropodes infectés

DANGERS PRIMAIRES : contact direct avec des lésions cutanées ou des muqueuses, inoculation parentérale accidentelle, exposition à des aérosols infectieux

DANGERS PARTICULIERS : morsures ou égratignures d'animaux de laboratoire, y compris piqûres d'arthropodes (moustiques)

SECTION VII - PRÉCAUTIONS RECOMMANDÉES

EXIGENCES DE CONFINEMENT : méthodes, matériel et installation de confinement du niveau de biosécurité 3 pour tous les travaux réalisés avec des matières potentiellement infectieuses et des cultures tissulaires, des animaux ou des arthropodes infectés

VÊTEMENTS PROTECTEURS : il faut porter une blouse de laboratoire, des gants et une chemise d'hôpital (avec attaches dans le dos et poignets serrés) lorsqu'on travaille avec des matières infectieuses

AUTRES PRÉCAUTIONS : vaccination du personnel qui travaille directement et régulièrement avec l'agent de l'EJ; d'importantes précautions sont nécessaires pour éviter les piqûres d'aiguilles - ne pas plier, briser ou replacer les aiguilles dans leur gaine; les jeter directement dans un contenant imperforable

SECTION VIII - RENSEIGNEMENTS RELATIFS À LA MANIPULATION

DÉVERSEMENTS : laisser retomber les aérosols; endosser des vêtements protecteurs, couvrir soigneusement la substance déversée avec une serviette de papier absorbant et appliquer de l'hypochlorite de sodium à 1 %, de la périphérie vers le centre; laisser agir pendant une période suffisante avant de procéder au nettoyage

ÉLIMINATION : décontaminer tous les déchets avant de les éliminer; stérilisation par la vapeur, incinération

ENTREPOSAGE : dans des contenants scellés étiquetés de façon appropriée (dans un laboratoire de niveau 3 verrouillé)

SECTION IX - RENSEIGNEMENTS DIVERS

Date : mars 2001

Préparée par : Bureau de la sécurité des laboratoires, ASPC

Bien que les renseignements, opinions et recommandations contenus dans la présente Fiche technique santé-sécurité proviennent de sources que nous jugeons fiables, nous ne nous rendons pas responsables de leur justesse, de leur caractère exhaustif ou de leur fiabilité, ni des pertes ou blessures encourues par suite de l'utilisation des renseignements. Comme on découvre fréquemment de nouveaux dangers, il est possible que ces renseignements ne soient pas à jour.

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Santé Canada, 2001

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