Fiche Technique Santé-Sécurité : Agents Pathogènes – Virus de la fièvre à tiques du Colorado

FICHE TECHNIQUE SANTÉ-SÉCURITÉ : AGENTS PATHOGÈNES

SECTION I - AGENT INFECTIEUX

NOM : Virus de la fièvre à tiques du Colorado

SYNONYME OU RENVOI : Fièvre à tiques du Colorado, fièvre des montagnes Note de bas de page 1, Note de bas de page 2 et arbovirus.

CARACTÉRISTIQUES : Le virus de la fièvre à tiques du Colorado (VFTC) est un virus du genre Coltivirus appartenant à la famille des Reoviridae Note de bas de page 1. Il mesure 80 nm de diamètre, est dépourvu d’enveloppe, possède une double capside et son génome se présente sous forme d’ARN bicaténaire Note de bas de page 2. Il est aussi considéré comme un arbovirus, car il se transmet par des insectes Note de bas de page 3.

SECTION II - DÉTERMINATION DU RISQUE

PATHOGÉNICITÉ ET TOXICITÉ : Le VFTC est l’agent causal de la fièvre à tiques du Colorado Note de bas de page 1. Il occasionne une maladie fébrile aiguë qui peut se manifester par une fièvre d’apparition brutale, des frissons, des céphalées, des douleurs rétro-orbitaires, des myalgies, une photophobie et des nausées Note de bas de page 2, Note de bas de page 4, Note de bas de page 5. Dans la moitié des cas, les patients présentent une fièvre diphasique, une deuxième poussée de fièvre survenant après une période de rémission Note de bas de page 4, Note de bas de page 6. La plupart des patients se rétablissent dans les deux semaines qui suivent Note de bas de page 6. Dans de rares cas, les enfants présentent de graves complications telles que la méningite, l’encéphalite et une maladie hémorragique Note de bas de page 4, Note de bas de page 7. La virémie persistante est caractéristique de la maladie : le virus peut être décelé dans le sang jusqu’à 120 jours après l’infection Note de bas de page 6.

ÉPIDÉMIOLOGIE : Présent dans l’Ouest de l’Amérique du Nord (Californie, Colorado, Idaho, Montana, Nevada, Nouveau-Mexique, Oregon, Dakota du Sud, Utah, Washington, Wyoming, Alberta et Colombie-Britannique), dans les régions situées à une altitude de 4 000 à 10 000 pieds Note de bas de page 2. Dans la plupart des cas, la maladie se déclare de mai à juillet Note de bas de page 1, Note de bas de page 2. Aux États-Unis, on signale environ 200 à 400 cas de fièvre à tiques du Colorado chaque année Note de bas de page 1, Note de bas de page 6. Le ratio hommes : femmes est de 2 : 1. La maladie touche plus souvent les personnes de 20 à 30 ans, bien que l’infection ait été décelée chez des personnes de 2 à 85 ans Note de bas de page 1. Les cas de mortalité due au VFTC sont rares Note de bas de page 2.

GAMME D'HÔTES : L’humain, de nombreuses espèces de petits mammifères (p. ex. écureuils, tamias, porc-épic, souris sylvestre et rat à queue touffue) et les tiques Note de bas de page 2, Note de bas de page 4.

DOSE INFECTIEUSE : Inconnue.

MODE DE TRANSMISSION : Transmission vectorielle (par les tiques). Les tiques contractent le virus en se nourrissant d’hôtes virémiques et le transmettent ultérieurement par leur salive lorsqu’elles se nourrissent d’un autre hôte Note de bas de page 8. On a également fait état de transmission du virus par transfusion sanguine Note de bas de page 2, Note de bas de page 4.

PÉRIODE D'INCUBATION : De 0 à 14 jours (mais généralement de 3 à 6 jours) Note de bas de page 1, Note de bas de page 2.

TRANSMISSIBILITÉ : Ne se transmet habituellement pas d’une personne à une autre, mais la transmission du VFTC par transfusion sanguine a déjà été signalée Note de bas de page 2, Note de bas de page 4.

SECTION III - DISSÉMINATION

RÉSERVOIR : Écureuils terrestres, tamias de l’Ouest, rats des bois (du genre Neotoma), souris sylvestre Note de bas de page 2, Note de bas de page 4.

ZOONOSE : Oui, par morsure de tique Note de bas de page 4, Note de bas de page 5, Note de bas de page 7.

VECTEURS : Les tiques, surtout l’espèce Dermacentor andersoni Note de bas de page 1, Note de bas de page 2. Cependant, le virus a déjà été décelé chez d’autres espèces de tiques, notamment D. occidentalis, D. albipictus, D. arumapertus, Haemaphysalis leporispalustris, Otobius lagophilus, Ixodes sculptus et I. spinipalpus Note de bas de page 2, Note de bas de page 5. Une tique peut contracter le virus en se nourrissant d’un mammifère hôte infecté Note de bas de page 2.

SECTION IV - VIABILITÉ ET STABILITÉ

SENSIBILITÉ AUX MÉDICAMENTS : La ribavirine a présenté des propriétés antivirales contre le VFTC dans des modèles animaux, mais on ne connaît pas son efficacité chez l’humain Note de bas de page 1.

SENSIBILITÉ AUX DÉSINFECTANTS : Le virus est partiellement résistant aux solvants lipophiles Note de bas de page 7. Il n’existe pas d’autres données précises sur le VFTC, mais les virus appartenant à la famille des Reoviridae se sont révélés sensibles au glutaraldéhyde à 2 % et au peroxyde d’hydrogène accéléré à 7 % (v/v) Note de bas de page 9.

INACTIVATION PHYSIQUE : Le virus est totalement inactivé lorsqu’il est exposé à une température de 60 ºC pendant 30 minutes Note de bas de page 10 ou est placé en milieu acide (pH 3,0) Note de bas de page 7.

SURVIE À L'EXTÉRIEUR DE L'HÔTE : Le virus peut survivre plusieurs jours dans du sérum salé à 37 ºC Note de bas de page 10. Il survit également jusqu’à six semaines dans du sang réfrigéré et de 16 à 18 mois dans des caillots de sang Note de bas de page 11

SECTION V - PREMIERS SOINS ET ASPECTS MÉDICAUX

SURVEILLANCE : Surveiller les symptômes. Le virus peut être isolé dans le sang ou bien décelé dans les érythrocytes au moyen d’une technique d’immunofluorescence. Il existe aussi des tests de diagnostic par ELISA, PCR et transfert Western Note de bas de page 4, Note de bas de page 6, Note de bas de page 8.

Remarque : L’accès aux différentes méthodes diagnostiques peut varier d’un pays à l’autre.

PREMIERS SOINS ET TRAITEMENT : La fièvre à tiques du Colorado est une maladie habituellement bénigne et spontanément résolutive Note de bas de page 1. Il n’existe aucun traitement antiviral spécifique; le traitement vise principalement le soutien Note de bas de page 2. Il faut éviter l’acide acétylsalicylique (aspirine), car elle augmente le risque d’hémorragie associé à la thrombopénie.

IMMUNISATION : Aucune.

PROPHYLAXIE : Aucune.

SECTION VI - DANGERS POUR LE PERSONNEL DE LABORATOIRE

INFECTIONS CONTRACTÉES AU LABORATOIRE : Jusqu’en 1980, 16 cas d’infection contractée au laboratoire avaient été signalés Note de bas de page 12.

SOURCES ET ÉCHANTILLONS : Sang, liquide céphalorachidien et tissus provenant d’humains et d’animaux infectés, et échantillons de tiques infectées Note de bas de page 2, Note de bas de page 5.

DANGERS PRIMAIRES : Inoculation parentérale accidentelle, exposition à des aérosols infectieux et morsures d’animaux de laboratoire et/ou d’arthropodes (tiques) infectés Note de bas de page 12.

DANGERS PARTICULIERS : Aucun.

SECTION VII - CONTRÔLE DE L'EXPOSITION ET PROTECTION PERSONNELLE

CLASSIFICATION PAR GROUPE DE RISQUE : Groupe de risque 2 Note de bas de page 13.

EXIGENCES DE CONFINEMENT : Installations, équipement et pratiques opérationnelles de niveau de confinement 2 pour le travail avec des matières, cultures ou animaux infectieux ou potentiellement infectieux.

VÊTEMENTS DE PROTECTION : Sarrau. Gants, lorsqu’un contact direct de la peau avec des matières infectées ou des animaux est inévitable. Une protection pour les yeux doit être utilisée lorsqu’il y a un risque connu ou potentiel d’éclaboussure Note de bas de page 14.

AUTRES PRÉCAUTIONS : Toutes les procédures pouvant produire des aérosols ou mettant en cause des concentrations ou des quantités élevées doivent s’effectuer dans une enceinte de sécurité biologique (ESB). L’utilisation d’aiguilles, de seringues et d’autres objets tranchants doit être strictement restreinte. Des précautions supplémentaires doivent être envisagées pour les activités avec des animaux ou à grande échelle Note de bas de page 14.

SECTION VIII - MANUTENTION ET ENTREPOSAGE

DÉVERSEMENTS : Laisser les aérosols se déposer et, tout en portant des vêtements de protection, couvrir délicatement le déversement avec des essuie‑tout et appliquer un désinfectant approprié, en commençant par le périmètre et en se rapprochant du centre. Laisser agir suffisamment longtemps avant de nettoyer Note de bas de page 14, Note de bas de page 15.

ÉLIMINATION : Décontaminer tous les déchets qui contiennent ou ont été en contact avec l’organisme infectieux par autoclavage, désinfection chimique, exposition aux rayons gamma ou incinération Note de bas de page 14.

ENTREPOSAGE : L’agent infectieux doit être entreposé dans des contenants étanches étiquetés de façon appropriée Note de bas de page 14.

SECTION IX - RENSEIGNEMENTS SUR LA RÉGLEMENTATION ET AUTRES

INFORMATION SUR LA RÉGLEMENTATION : L’importation, le transport et l’utilisation de pathogènes au Canada sont régis par de nombreux organismes de réglementation, dont l’Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments, Environnement Canada et Transports Canada. Il incombe aux utilisateurs de veiller à respecter tous les règlements et toutes les lois, directives et normes applicables.

DERNIÈRE MISE À JOUR : Février 2012

PRÉPARÉE PAR : Direction de la règlementation des agents pathogènes, agence de la santé publique du Canada.

Bien que les renseignements, opinions et recommandations présentés dans cette Fiche de renseignements proviennent de sources que nous jugeons fiables, nous ne nous rendons pas responsables de leur justesse, de leur caractère exhaustif ou de leur fiabilité, ni des pertes ou blessures pouvant résulter de l’utilisation de ces renseignements. Comme on découvre fréquemment de nouveaux dangers, il est possible que ces renseignements ne soient pas tout à fait à jour.

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