Fiche Technique Santé-Sécurité : Agents Pathogènes – Virus de la grippe (B et C)

FICHE TECHNIQUE SANTÉ-SÉCURITÉ : AGENTS PATHOGÈNES

SECTION I - AGENT INFECTIEUX

NOM : Virus de la grippe (B et C).

SYNONYME OU RENVOI : Orthomyxovirus, grippe, influenza, épanchement pleural, pharyngite, infection des voies respiratoires supérieures Note de bas de page 1.

CARACTÉRISTIQUES : Membres de la famille des Orthomyxoviridae, constituée de virus à ARN monocaténaire segmenté de polarité négative Note de bas de page 1,Note de bas de page 2. Des modifications mineures (dérive antigénique) de la configuration des antigènes de surface peuvent survenir dans les virus grippaux B et C, donnant naissance à des souches différentes de virus Note de bas de page 3. Des comparaisons des divergences dans la séquence des gènes des virus grippaux de types A, B et C semblent indiquer que chez les humains, les virus grippaux B évoluent plus lentement que les virus grippaux A et plus rapidement que les virus C Note de bas de page 4.

SECTION II - DÉTERMINATION DU RISQUE

PATHOGÉNICITÉ ET TOXICITÉ : La grippe B est une maladie virale aiguë des voies respiratoires supérieures caractérisée par une fièvre aiguë, des frissons, des maux de tête, des myalgies, une faiblesse, un écoulement nasal, un mal de gorge et de la toux (qui peut être grave). Les nausées et vomissements sont rares, sauf chez les enfants, et le taux de létalité est généralement faible, sauf chez les sujets atteints d’une affection pulmonaire ou cardiaque chronique Note de bas de page 1. Les patients se rétablissent habituellement assez vite, mais la toux peut persister un certain temps. Le virus de la grippe B cause le même tableau clinique que celui de la grippe A mais ne provoque pas de pandémies. Le virus de la grippe C entraîne une infection bénigne des voies respiratoires supérieures, la fièvre, la toux et la rhinorrhée étant les symptômes les plus fréquents Note de bas de page 3.

ÉPIDÉMIOLOGIE : La grippe B peut sévir à l’état épidémique, mais il est rare que le virus de la grippe B cause une maladie grave, sauf chez les personnes âgées Note de bas de page 3. La grippe B est fréquente chez les enfants et les jeunes adultes, et cause des épidémies saisonnières tous les 2 à 4 ans Note de bas de page 5. Les virus de type B ont été les virus grippaux les plus souvent signalés en Europe pendant la saison 2005‑2006 Note de bas de page 6. Au Canada, au cours de la saison grippale 2007‑2008, 42,1 % de tous les cas détectés de grippe étaient attribuables à des virus de type B Note de bas de page 7. La grippe C a été associée à des cas sporadiques et à des éclosions localisées mineures, mais elle n’a jamais été liée à des épidémies, et une forte proportion des infections dues au virus de la grippe C sont cliniquement silencieuses Note de bas de page 1.

GAMME D'HÔTES : Les virus de la grippe B et C sont présents presque exclusivement chez les humains, mais le virus de type B a aussi été isolé chez des chevaux et des phoques Note de bas de page 1, Note de bas de page 8, Note de bas de page 9 et le virus de type C chez des porcs Note de bas de page 1.

DOSE INFECTIEUSE : Inconnue.

MODE DE TRANSMISSION : La grippe se transmet aux humains par des gouttelettes (projetées par la toux et les éternuements) ou par contact avec des surfaces contaminées Note de bas de page 1,Note de bas de page 10. Les milieux clos et les foules sont propices à la transmission Note de bas de page 1. Le virus grippal peut survivre pendant 2 à 8 heures sur des surfaces en acier inoxydable et quelques minutes sur des papiers‑mouchoirs Note de bas de page 10,Note de bas de page 11.

PÉRIODE D'INCUBATION : Un à 3 jours Note de bas de page 1.

TRANSMISSIBILITÉ : Hautement transmissible, probablement pendant 3 à 5 jours seulement après l’apparition des symptômes et jusqu’à 7 jours chez les jeunes enfants Note de bas de page 12.

SECTION III - DISSÉMINATION

RÉSERVOIR : Humains. Il n’existe pas de réservoir animal reconnu, mais on soupçonne que le porc puisse être une source de nouveaux sous‑types de virus chez les humains Note de bas de page 1. Des anticorps dirigés contre les virus grippaux B et C ont été par ailleurs détectés chez des chevaux et des chiens Note de bas de page 1, et une infection par le virus grippal B a été documentée chez des phoques Note de bas de page 1,Note de bas de page 8,Note de bas de page 9, lesquels sont considérés comme un réservoir potentiel de la grippe B Note de bas de page 9.

ZOONOSE : La transmission de l’animal à l’être humain est, semble‑t‑il, extrêmement rare Note de bas de page 13. La transmission du virus grippal C du porc à l’humain a été signalée Note de bas de page 14.

VECTEURS : Aucun.

SECTION IV - VIABILITÉ ET STABILITÉ

SENSIBILITÉ AUX MÉDICAMENTS : Les principaux antiviraux utilisés pour traiter la grippe B qui sont offerts aux États‑Unis et au Canada sont deux inhibiteurs de la neuraminidase, le zanamivir et l’oseltamivir Note de bas de page 15. L’oseltamivir est approuvé au Canada pour le traitement et la prophylaxie post-exposition et le zanamivir est approuvé pour le traitement et la prophylaxie Note de bas de page 16,Note de bas de page 17. Selon les données dont on dispose, l’oseltamivir serait cependant moins efficace contre la grippe B que contre la grippe A Note de bas de page 18. L’amantadine, un inhibiteur de la protéine M2, qui est souvent utilisé pour traiter la grippe A, n’a pas d’effet sur la grippe B Note de bas de page 11,Note de bas de page 15,Note de bas de page 16. L’amantadine n’est plus utilisée au Canada parce qu’une résistance se développe rapidement Note de bas de page 19.

SENSIBILITÉ AUX DÉSINFECTANTS : Sensibilité non documentée, mais probablement la même que celle des sous‑types de la grippe A, notamment sensibilité à l’hypochlorite de sodium (dilution 1 : 10 d’eau de Javel fraîchement préparée), à l’éthanol à 60‑95 %, au glutaraldéhyde alcalin à 2 %, au formol à 5‑8 %, lysol à 3 % et au phénol à 5 % Note de bas de page 20.

INACTIVATION PHYSIQUE : Non documentée, mais probablement la même que pour les sous‑types de la grippe A, notamment une inactivation par la chaleur humide à 121 ºC pendant 20 minutes ou par la chaleur sèche à 170 ºC pendant 1 heure, à 160 ºC pendant 2 heures ou à 121 ºC pendant au moins 16 heures Note de bas de page 20.

SURVIE À L'EXTÉRIEUR DE L'HÔTE : Le virus de la grippe B peut survivre durant 24 à 48 heures sur des surfaces non poreuses dures telles que l’acier inoxydable et le plastique, et durant 8 à 12 heures ou moins sur le tissu, le papier et les papiers‑mouchoirs Note de bas de page 10.

SECTION V - PREMIERS SOINS ET ASPECTS MÉDICAUX

SURVEILLANCE : Surveiller les symptômes de la grippe Note de bas de page 1. Une confirmation en laboratoire de la présence du virus n’est pas effectuée systématiquement; elle consiste à inoculer des cultures cellulaires avec des produits d’écouvillonnage ou de lavage nasal prélevés durant les premiers jours de la maladie. Des tests rapides au point de service, à l’aide de trousses diagnostiques vendues dans le commerce, peuvent être également réalisés afin de distinguer la grippe A de la grippe B, en particulier lors d’éclosions hors saison Note de bas de page 21.

PREMIERS SOINS ET TRAITEMENT : Traitement de soutien. L’oseltamivir et le zanamivir sont utilisés pour traiter les virus de la grippe B Note de bas de page 15, bien que l’oseltamivir soit considéré moins efficace contre la grippe B que contre la grippe A Note de bas de page 18. Ces médicaments ne sont pas efficaces contre la grippe C.

IMMUNISATION : La stratégie la plus efficace pour réduire l’impact de la grippe consiste à administrer chaque année un vaccin à virus vivant atténué (VVVA) ou un vaccin trivalent inactivé (VTI) contre la grippe Note de bas de page 15. Le VVVA comme le VTI contiennent des souches du virus grippal qui sont équivalentes sur le plan antigénique aux souches vaccinales recommandées chaque année : 1 virus de la grippe A (H3N2), 1 virus de la grippe A (H1N1) et 1 virus de la grippe B Note de bas de page 15,Note de bas de page 16. Chaque année, une ou plusieurs souches du virus peuvent être remplacées, la décision étant basée sur les données de la surveillance mondiale des virus de la grippe et sur la propagation de nouvelles souches Note de bas de page 15. Le VVVA est administré par voie intranasale au moyen d’un vaporisateur, alors que le VTI est injecté par voie intramusculaire. L’usage du VVVA est actuellement approuvé uniquement pour les personnes en santé de 5 à 49 ans Note de bas de page 15. Le vaccin actuel n’assure pas de protection contre la grippe C Note de bas de page 22. Le VVVA n’est pas offert au Canada.

PROPHYLAXIE : Il existe sur le marché des vaccins qui protègent contre la grippe B Note de bas de page 15 Note de bas de page 16; mais les médicaments chimioprophylactiques peuvent également être utiles dans le contrôle ou la prévention de la grippe. La prophylaxie antivirale doit débuter dans les 3 jours suivant la détection de la maladie chez le cas index pour qu’elle puisse ralentir efficacement la transmission Note de bas de page 23. Les médicaments prophylactiques disponibles sont les inhibiteurs de la neuraminidase : le zanamivir et l’oseltamivir Note de bas de page 15 Note de bas de page 16.

SECTION VI - DANGERS POUR LE PERSONNEL DE LABORATOIRE

INFECTIONS CONTRACTÉES AU LABORATOIRE : Inconnue.

SOURCES ET ÉCHANTILLONS : Tissus respiratoires, sécrétions humaines et animaux infectés Note de bas de page 1.

DANGERS PRIMAIRES : Inhalation du virus contenu dans les aérosols pendant l’aspiration, la distribution ou le mélange d’échantillons Note de bas de page 1.

DANGERS PARTICULIERS : On ne sait pas si la manipulation génétique du virus risque de modifier la gamme d’hôtes et la pathogénicité ou d’introduire chez l’humain des virus transmissibles possédant une nouvelle composition antigénique Note de bas de page 24.

SECTION VII - CONTRÔLE DE L'EXPOSITION ET PROTECTION PERSONNELLE

CLASSIFICATION PAR GROUPE DE RISQUE : Groupe de risque 2 Note de bas de page 25.

EXIGENCES DE CONFINEMENT : Des installations et pratiques de niveau de confinement 2 sont nécessaires pour la réception et l’inoculation d’échantillons courants de virus humains en circulation à des fins diagnostiques Note de bas de page 26; des précautions opérationnelles additionnelles doivent toutefois être prises pour réduire le risque de transmission directe et de réassortiment du virus chez les humains. Toute opération comportant la co-infection intentionnelle par des virus grippaux humains et animaux dans des modèles animaux doit se faire dans des installations et avec des procédures opérationnelles de niveau de confinement 3 et doit respecter scrupuleusement les protocoles additionnels pour la protection respiratoire et le changement de vêtements Note de bas de page 16.

VÊTEMENTS DE PROTECTION : Porter des blouses protectrices boutonnées dans le dos, des gants et un respirateur N95. Les manipulations susceptibles de produire des aérosols devraient être effectuées dans une enceinte de sécurité biologique certifiée Note de bas de page 26.

AUTRES PRÉCAUTIONS : La centrifugation des échantillons respiratoires et des échantillons de tissus doit s’effectuer au moyen de godets et de rotors étanches, lesquels doivent être chargés et vidés dans une enceinte de sécurité biologique Note de bas de page 26.

SECTION VIII - MANUTENTION ET ENTREPOSAGE

DÉVERSEMENTS : Laisser les aérosols se déposer et, tout en portant des vêtements de protection, couvrir délicatement le déversement avec des essuie‑tout et appliquer un désinfectant approprié, en commençant par le périmètre et en se rapprochant du centre. Laisser agir suffisamment longtemps avant de nettoyer Note de bas de page 16, Note de bas de page 20.

ÉLIMINATION : Décontaminer les matières à éliminer qui contiennent l’agent infectieux, ou sont venues en contact avec celui-ci, par autoclavage, désinfection chimique, irradiation gamma ou incinération Note de bas de page 20,Note de bas de page 26.

ENTREPOSAGE : L’agent infectieux devrait être conservé dans des contenants étanches qui sont étiquetés de façon appropriée Note de bas de page 26.

SECTION IX - RENSEIGNEMENTS SUR LA RÉGLEMENTATION ET AUTRES

INFORMATION SUR LA RÉGLEMENTATION : L’importation, le transport et l’utilisation de pathogènes au Canada sont régis par de nombreux organismes de réglementation, dont l’Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments, Environnement Canada et Transports Canada. Il incombe aux utilisateurs de veiller à respecter tous les règlements et toutes les lois, directives et normes applicables.

DERNIÈRE MISE À JOUR : Décembre 2011

PRÉPARÉE PAR : Direction de la règlementation des agents pathogènes, agence de la santé publique du Canada.

Bien que les renseignements, opinions et recommandations présentés dans cette Fiche de renseignements proviennent de sources que nous jugeons fiables, nous ne nous rendons pas responsables de leur justesse, de leur caractère exhaustif ou de leur fiabilité, ni des pertes ou blessures pouvant résulter de l’utilisation de ces renseignements. Comme on découvre fréquemment de nouveaux dangers, il est possible que ces renseignements ne soient pas tout à fait à jour.

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