Fiche Technique Santé-Sécurité : Agents Pathogènes – Virus de l’hépatite B (VHB)

FICHE TECHNIQUE SANTÉ-SÉCURITÉ : AGENTS PATHOGÈNES

SECTION I - AGENT INFECTIEUX

NOM : Virus de l’hépatite B (VHB).

SYNONYME OU RENVOI : VHB Note de bas de page 1-Note de bas de page 11, hépatite B Note de bas de page 1, infection par le VHB Note de bas de page 1-Note de bas de page 3,Note de bas de page 11, hépatite de type B Note de bas de page 4,Note de bas de page 12,Note de bas de page 13, hépatite sérique, hépatite à antigène Australie et HB Note de bas de page 4.

CARACTÉRISTIQUES : Le VHB appartient à la famille des Hepadnaviridae Note de bas de page 1,Note de bas de page 11, a un ADN circulaire dont une partie est à double brin et l’autre partie à simple brin, et son diamètre est de 42 nm Note de bas de page 1,Note de bas de page 2,Note de bas de page 4. Le VHB est constitué d’un certain nombre de protéines virales d’intérêt clinique, notamment les protéines d’enveloppe, l’antigène de surface du virus de l’hépatite B (AgHBs), l’antigène nucléocapsidique du virus de l’hépatite B (AgHBc) et une protéine soluble de la nucléocapside, l’antigène e du virus de l’hépatite B (AgHBe) Note de bas de page 3.

Huit génotypes du VHB ont été identifiés (A à H) Footnote 2-Footnote 4,Footnote 10,Footnote 14,Footnote 15, qui sont associés à des distributions géographiques Note de bas de page 2,Note de bas de page 14 et à des résultats cliniques différents Note de bas de page 14. Par exemple, les génotypes B et C sont répandus en Asie Note de bas de page 2,Note de bas de page 14, alors que les génotypes A et D sont plus fréquents en Europe, au Moyen‑Orient et en Inde Note de bas de page 2, et les génotypes A et C sont les plus courants en Amérique du Nord Note de bas de page 14.

SECTION II - DÉTERMINATION DU RISQUE

PATHOGÉNICITÉ ET TOXICITÉ : Infection aiguë par le virus de l’hépatite B : Les personnes souffrant d’une infection aiguë par le virus de l’hépatite B peuvent être asymptomatiques ou présenter un tableau clinique varié, allant d’une hépatite bénigne à une hépatite sévère Note de bas de page 2. Au nombre des signes et symptômes possibles d’une infection aiguë symptomatique figurent les nausées, les douleurs abdominales, les vomissements, la fièvre, l’ictère, les urines foncées, des changements dans la coloration des selles et une hépatomégalie ou une splénomégalie, de même que des signes de trouble fonctionnel hépatique Note de bas de page 1,Note de bas de page 2,Note de bas de page 11. L’issue de l’infection aiguë par le VHB est habituellement favorable, le patient se rétablit complètement de toutes les lésions hépatiques et développe des anticorps anti‑HBs, qui confèrent une protection durable contre l’infection par le VHB Note de bas de page 2.

Infection chronique par le virus de l’hépatite B  : L’infection est chronique si l’AgHBs persiste pendant plus de 6 mois Note de bas de page 1,Note de bas de page 2,Note de bas de page 6,Note de bas de page 11. Les personnes atteintes d’une infection chronique par le VHB peuvent être asymptomatiques ou peuvent présenter certains symptômes comme la fatigue, l’anorexie, les nausées, un malaise abdominal ou un trouble hépatique. Elles courent un beaucoup plus grand risque de développer une maladie chronique du foie, notamment une cirrhose ou un carcinome hépatocellulaire primitif Note de bas de page 11.

ÉPIDÉMIOLOGIE : L’infection à VHB est un problème de santé répandu dans le monde Note de bas de page 2,Note de bas de page 4,Note de bas de page 5. Deux milliards d’habitants sur la planète ont été infectés par le VHB, 360 millions souffrent d’une infection chronique par le VHB et 600 000 meurent chaque année d’une maladie du foie ou d’un carcinome hépatocellulaire liés au VHB Note de bas de page 1,Note de bas de page 4. L’infection à VHB est la plus répandue en Asie, en Afrique, dans le Sud de l’Europe et en Amérique latine, où la proportion de porteurs de l’AgHBs dans la population générale varie entre 2 et 20 % Note de bas de page 2. Dans ces régions, l’infection à VHB frappe surtout les enfants et les jeunes nourrissons. La prévalence en Amérique du Nord, dans le Nord de l’Europe et en Océanie est faible, le VHB infectant habituellement les adolescents et les jeunes adultes.

GAMME D'HÔTES : Les humains sont le seul hôte naturel Footnote 1-Footnote 7,Footnote 9,Footnote 11,Footnote 13 du virus. Les chimpanzés, utilisés comme animaux de laboratoire, sont réceptifs à l’infection Footnote 4,Footnote 9,Footnote 11,Footnote 12,Footnote 16.

DOSE INFECTIEUSE : Inconnue.

MODE DE TRANSMISSION : Le VHB se transmet lors d’une exposition percutanée ou muqueuse à du sang ou à d’autres liquides organiques infectés Note de bas de page 1,Note de bas de page 3,Note de bas de page 4,Note de bas de page 11. Différents modes de transmission ont été observés chez les humains : contact périnatal/mère‑enfant, contact familial (non sexuel), contact sexuel, partage de seringues et exposition professionnelle/iatrogène Note de bas de page 1,Note de bas de page 4,Note de bas de page 11.

PÉRIODE D'INCUBATION : Durée habituelle de 24 à 180 jours (moyenne de 60 à 90 jours) Note de bas de page 2,Note de bas de page 4. Cette période varie selon la quantité de virus dans l’inoculum, le mode de transmission et d’autres facteurs liés à l’hôte Note de bas de page 4.

TRANSMISSIBILITÉ : Toutes les personnes positives pour l’AgHBs sont potentiellement contagieuses, et le sang peut être infectieux pendant plusieurs semaines avant l’apparition de symptômes cliniques Note de bas de page 4.

SECTION III - DISSÉMINATION

RÉSERVOIR : Humains Note de bas de page 1.

ZOONOSE : Aucune.

VECTEURS : Aucun.

SECTION IV - VIABILITÉ ET STABILITÉ

SENSIBILITÉ AUX MÉDICAMENTS : Le virus est sensible aux antiviraux tels que l’interféron‑α, l’interféron α‑2a péguylé, la lamivudine, l’adéfovir, l’entécavir, la telbivudine et le ténofovir Note de bas de page 3.

SENSIBILITÉ AUX DÉSINFECTANTS : Le traitement du virus dilué dans du soluté physiologique tamponné au phosphate avec 1 % de détergent non ionique (Triton X‑100) en plus de 0,3 % de tri‑n‑butyl phosphate permet d’inactiver le VHB Note de bas de page 7. Le VHB est également inactivé par le formaldéhyde, le glutaraldéhyde, l’hypochlorite de sodium (5 000 ppm de chlore disponible), les composés d’ammonium quaternaire et les alcools (70‑80 %) Note de bas de page 8.

INACTIVATION PHYSIQUE : L’exposition à une chaleur humide à 98 °C pendant 1 minute inactivera partiellement le VHB dans une dilution de sérum 1 : 10 Note de bas de page 13. L’incubation à 60 °C pendant 10 heures (pasteurisation) inactivera aussi le VHB Note de bas de page 7.

SURVIE À L'EXTÉRIEUR DE L'HÔTE : Le VHB peut survivre et demeurer infectieux sur les surfaces environnementales pendant au moins 7 jours Note de bas de page 17.

SECTION V - PREMIERS SOINS ET ASPECTS MÉDICAUX

SURVEILLANCE : Surveiller l’apparition de symptômes. La mise en évidence dans le sérum d’antigènes du VHB et/ou d’anticorps spécifiques (AgHBs, anti‑HBs, AgHBe, anti‑HBe et anti‑HBc) à l’aide de techniques de dosage immunoenzymatique (p. ex. ELISA) confirme le diagnostic Note de bas de page 15. Parmi les autres tests possibles, citons le dosage radio‑immunologique Note de bas de page 12, la PCR Note de bas de page 2,Note de bas de page 6, la PCR en temps réel et les analyses d’ADN non basées sur la PCR Note de bas de page 6.

Remarque : Les méthodes de diagnostic ne sont pas nécessairement disponibles dans tous les pays.

PREMIERS SOINS ET TRAITEMENT : Après une exposition au VHB, la zone touchée devrait être lavée immédiatement avec de l’eau savonneuse. Les muqueuses et les conjonctives devraient être abondamment irriguées avec de l’eau Note de bas de page 10. Si l’on sait que le matériel contient le VHB ou est positif pour l’AgHBs, on devrait alors administrer de l’immunoglobuline anti‑hépatite B (HBIg), idéalement dans les 48 heures suivant l’exposition Note de bas de page 18.

Sept médicaments sont homologués aux États‑Unis pour le traitement de l’infection à VHB : interféron α, interféron α‑2a péguylé, lamivudine, adéfovir, entécavir, telbivudine et ténofovir Note de bas de page 3.

IMMUNISATION : Deux types de vaccins contre l’HB ont été homologués et se sont révélés très efficaces contre tous les sous‑types du VHB Note de bas de page 4,Note de bas de page 11. Le premier, préparé à partir de plasma de personnes positives pour l’AgHBs, est encore couramment utilisé. Le deuxième est produit par recombinaison de l’ADN Note de bas de page 4. La vaccination contre le VHB devrait maintenant être la norme au sein du personnel de laboratoire Note de bas de page 10.

PROPHYLAXIE : Les adultes non auparavant immunisés qui sont exposés à du sang positif pour l’AgHBs devraient recevoir de l’HBIg le plus tôt possible de même qu’un vaccin contre l’HB à moins qu’il ne soit possible de confirmer l’immunité naturelle Note de bas de page 4,Note de bas de page 10.

SECTION VI - DANGERS POUR LE PERSONNEL DE LABORATOIRE

INFECTIONS CONTRACTÉES AU LABORATOIRE : Selon les rapports, les taux d’infection à VHB chez le personnel de laboratoire dépassent de plusieurs fois celui dans la population générale, et l’infection à VHB est l’infection contractée en laboratoire le plus souvent signalée Note de bas de page 10.

SOURCES ET ÉCHANTILLONS : Sang Note de bas de page 1-Note de bas de page 12, liquide céphalorachidien, salive, sperme, liquide synovial Note de bas de page 4,Note de bas de page 12, lait maternel, bile, fèces, produits de lavage nasopharyngé, sueur Note de bas de page 12, liquide péritonéal, pleural, péricardique, amniotique et tissus et organes non fixés Note de bas de page 4.

DANGERS PRIMAIRES : Expositions percutanées (p. ex. piqûre d’aiguille) ou muqueuses à du sang qui peut contenir l’AgHB Note de bas de page 4.

DANGERS PARTICULIERS : Il y a un risque d’infection par contact avec des aérosols et des surfaces contaminées par le VHB Note de bas de page 10.

SECTION VII - CONTRÔLE DE L'EXPOSITION ET PROTECTION PERSONNELLE

CLASSIFICATION PAR GROUPE DE RISQUE : Groupe de risque 2 Note de bas de page 19.

EXIGENCES DE CONFINEMENT : Installations, équipement et pratiques opérationnelles de niveau de confinement 2 pour le travail avec des matières, cultures ou animaux infectieux ou potentiellement infectieux.

VÊTEMENTS DE PROTECTION : Sarrau. Gants, lorsqu’un contact direct de la peau avec des matières infectées ou des animaux est inévitable. Une protection pour les yeux doit être utilisée lorsqu’il y a un risque connu ou potentiel d’éclaboussure Note de bas de page 20.

AUTRES PRÉCAUTIONS : Toutes les procédures pouvant produire des aérosols ou mettant en cause des concentrations ou des quantités élevées doivent s’effectuer dans une enceinte de sécurité biologique (ESB). L’utilisation d’aiguilles, de seringues et d’autres objets tranchants doit être strictement restreinte. Des précautions supplémentaires doivent être envisagées pour les activités avec des animaux ou à grande échelle Note de bas de page 20.

SECTION VIII - MANUTENTION ET ENTREPOSAGE

DÉVERSEMENTS : Laisser les aérosols se déposer et, tout en portant des vêtements de protection, couvrir délicatement le déversement avec des essuie‑tout et appliquer un désinfectant approprié, en commençant par le périmètre et en se rapprochant du centre. Laisser agir suffisamment longtemps avant de nettoyer Note de bas de page 20.

ÉLIMINATION : Décontaminer les matières à éliminer qui contiennent l’agent infectieux ou sont venues en contact avec celui‑ci par autoclavage, désinfection chimique, irradiation gamma ou incinération Note de bas de page 20.

ENTREPOSAGE : L’agent infectieux devrait être conservé dans des contenants étanches dûment étiquetés de façon appropriée Note de bas de page 20.

SECTION IX - RENSEIGNEMENTS SUR LA RÉGLEMENTATION ET AUTRES

INFORMATION SUR LA RÉGLEMENTATION : L’importation, le transport et l’utilisation de pathogènes au Canada sont régis par de nombreux organismes de réglementation, dont l’Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments, Environnement Canada et Transports Canada. Il incombe aux utilisateurs de veiller à respecter tous les règlements et toutes les lois, directives et normes applicables.

DERNIÈRE MISE À JOUR : Décembre 2011

PRÉPARÉE PAR : Direction de la règlementation des agents pathogènes, agence de la santé publique du Canada.

Bien que les renseignements, opinions et recommandations présentés dans cette Fiche de renseignements proviennent de sources que nous jugeons fiables, nous ne nous rendons pas responsables de leur justesse, de leur caractère exhaustif ou de leur fiabilité, ni des pertes ou blessures pouvant résulter de l’utilisation de ces renseignements. Comme on découvre fréquemment de nouveaux dangers, il est possible que ces renseignements ne soient pas tout à fait à jour.

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