Fiche Technique Santé-Sécurité : Agents Pathogènes – Virus de l’hépatite C (VHC)

Pest Management Regulatory Agency
19 July 2017
ISSN: 1925-0940 (PDF version)
Catalogue number: H113-25/2017-12E-PDF (PDF version)

(PDF Version - 144 K)

Fiche technique santé-sécurité : pathogènes

Section I - Agent infectieux

Synonyme ou renvoi : VHC Note de bas de page 1‑13, hépatite non A‑non B Note de bas de page 3, Note de bas de page 12, Note de bas de page 14, hépatite non A‑non B à transmission parentérale, hépatite non B associée à la transfusion, hépatite non A‑non B post‑transfusionnelle Note de bas de page 2 et infection à VHC Note de bas de page 1‑4, Note de bas de page 6, Note de bas de page 7, Note de bas de page 10, Note de bas de page 11.

Caractéristiques : Le VHC appartient à la famille des Flaviviridae Note de bas de page 3Note de bas de page 5 et au genre Hepacavirus; c’est un virus de petite taille (50 nm), à ARN à simple brin et enveloppéNote de bas de page 2Note de bas de page 3. Le VHC a été caractérisé pour la première fois en 1989Note de bas de page 14, et comporte 6 génotypes principaux et plus de 100 sous‑types Note de bas de page 5. Les principaux génotypes du VHC observés en Amérique du Nord sont les types 1, 2 et 3 Note de bas de page 1.

Section II - détermination du rusque

Pathogénicité et toxicité : Infection aiguë à VHC : asymptomatique chez la plupart des patients (60 à 75 %) Note de bas de page 1, Note de bas de page 3, Note de bas de page 5. Le syndrome d’hépatite aiguë est souvent précédé ou accompagné des symptômes suivants : fatigue, myalgie, fièvre de faible grade Note de bas de page 1, Note de bas de page 3, douleurs dans le quadrant supérieur droit, nausées, vomissements Note de bas de page 3, jaunisse, légère hépatosplénomégalie, éruptions maculopapulaires et arthralgie Note de bas de page 1. Ces symptômes peuvent durer de 2 à 12 semaines Note de bas de page 1.

Infection chronique à VHC : Une minorité des personnes infectées se rétabliront spontanément d’une infection aiguë à VHC, mais dans la plupart des cas (50 à 85 %), l’infection devient chronique Note de bas de page 1. Certains patients atteints d’une infection chronique à VCH présentent des malaises, des nausées, des douleurs abdominales et un prurit. Des variations dans les taux d’alanine transférase sont typiques de la maladie. Les séquelles tardives d’une infection chronique à VHC peuvent avoir des conséquences graves sur la santé, comme une hépatite chronique, une cirrhose et un carcinome hépatocellulaire Note de bas de page 5. Si une cirrhose apparaît, les patients pourront présenter une jaunisse, une splénomégalie, une ascite, des varices œsophagiennes et une encéphalopathie hépatique. Les manifestations extrahépatiques sont rares, mais elles peuvent comprendre une cryoglobulinémie essentielle mixte, une glomérulonéphrite extramembraneuse ou membranoproliférative, un lymphome de Hodgkin, un syndrome de Sjorgren, un lichen plan et une porphyrie cutanée tardive.

épidémiologie : L’infection à VHC est observée partout dans le monde Note de bas de page 2; l’Organisation mondiale de la santé (OMS) évalue la prévalence de cette maladie à 2,2 à 3 % Note de bas de page 2-5, soit environ 170 millions de casNote de bas de page 5. Les régions « Afrique » et « Méditerranée orientale » de l’OMS présentent les prévalences les plus élevées de l’infection à VHCNote de bas de page 4.

Gamme d'hôtes : Humains Note de bas de page 1‑5, Note de bas de page 7, Note de bas de page 10‑12, Note de bas de page 15. Les chimpanzés ont été utilisés comme hôte expérimental Note de bas de page 2, Note de bas de page 5, Note de bas de page 9, Note de bas de page 10, Note de bas de page 13.

Dose infectieuse : Inconnue.

Mode de transmission : En Amérique du Nord, le VHC est surtout transmis par voie parentérale par des aiguilles infectées, en particulier les aiguilles employées par les utilisateurs de drogues injectables Note de bas de page 1, Note de bas de page 3, Note de bas de page 12. D’autres voies parentérales existent, par exemple les transfusions sanguines, les greffes d’organes, l’équipement médical contaminé, et l’équipement utilisé pour les tatouages et les perçages corporels Note de bas de page 3. Cela dit, depuis dix ans environ, le risque d’infection à VHC par transfusion sanguine au Canada, tout comme dans le reste de l’Amérique du Nord, est négligeable Note de bas de page 16. Parmi les voies plus rares de transmission du VHC, notons les contacts sexuels, le partage de rasoirs et/ou de brosses à dents, et la transmission de la mère à l’enfant pendant la grossesse et l’accouchement.

Période d'incubation : De 2 à 12 semaines Note de bas de page 1, Note de bas de page 3.

Transmissibilité : L’infection peut être transmise d’une personne à une autre. Le taux de transmission de la mère au fœtus dépend des taux de virémie maternelle (supérieur à 106 copies par mL de sang), et de la co‑infection de la mère par le VIH Note de bas de page 2, Note de bas de page 3, Note de bas de page 5.

Section III - Dissémination

Réservoir : Humains Note de bas de page 2, Note de bas de page 3, Note de bas de page 5.

Zoonose : Aucune.

Vecteurs : Aucun.

Section IV - Viabilité et stabilité

Sensibilité aux médicaments : Sensible à l’interféron‑α (IFN), au peginterféron (ou interféron pégylé) et à la ribavirine Note de bas de page 1. De nouveaux traitements antiviraux dont le mode d’action est axé sur le ciblage de la protéase et de la polymérase du VHC font actuellement l’objet d’essais cliniques Note de bas de page 17.

Résistance aux médicaments : Une résistance émergente a été observée contre les IFN et les méthodes actuelles de traitement Note de bas de page 18, et les résultats du traitement dépendent grandement du génotype viral Note de bas de page 19.

Sensibilité aux désinfectants : L’ARN du VHC est facilement dégradé par le glutaraldéhyde à 2 % lorsqu’il est ajouté à des échantillons biologiques à 37 °C Note de bas de page 6; le trempage de l’équipement médical (comme les gastroscopes et endoscopes) dans du glutaraldéhyde à 3 % limite la transmission du VHC de façon efficaceNote de bas de page 7. Dans les cultures de cellules VERO, les composés phénoliques (0,4 à 3 %) inhibent avec efficacité l’infectiosité du VHC et la fixation du virus aux cellules Note de bas de page 8. De plus, le traitement du VHC dilué dans une solution tampon phosphate avec un détergent non ionique à 1 % (Triton X‑100) et du tri‑n‑butyl‑phosphate à 0,3 % inactive le virus Note de bas de page 13.

Inactivation physique : Le VHC est inactivé par incubation à 60 °C pendant 10 heures (pasteurisation) Note de bas de page 13.

Survie à l'extérieur de l'hôte : Le VHC est relativement instable; dans le plasma, cependant, il peut survivre au séchage et à l’exposition à une température ambiante pendant au moins 16 heuresNote de bas de page 9.

Section V - premiers soins et aspects médicaux

Surveillance : Surveiller les symptômes. Le test initial pour déceler une infection à VHC est un dépistage des anticorps anti‑VHC par dosage immunologique Note de bas de page 1, Note de bas de page 2, Note de bas de page 12. Les méthodes fondées sur la PCR Note de bas de page 1‑3, Note de bas de page 12, Note de bas de page 13 sont aussi utilisées pour déceler l’ARN du VHC. Il existe également d’autres tests, comme le dosage d’ADN ramifié et l’amplification à médiation transcriptionnelle Note de bas de page 2, Note de bas de page 3.

Remarque : Les méthodes de diagnostic ne sont pas nécessairement toutes disponibles dans tous les pays.

Premiers soins et traitement : Les taux d’efficacité du traitement antiviral se sont considérablement améliorés dans les 10 dernières années Note de bas de page 1. Une monothérapie avec un peginterféron (ajout de polyéthylèneglycol à l’interféron‑α) et le traitement d’association peginterféron‑ribavirine, ou interféron standard et ribavirine, sont des méthodes courantes pour le traitement de l’infection à VHC Note de bas de page 1, Note de bas de page 10.

Immunisation : Aucune Note de bas de page 1Note de bas de page 8 Note de bas de page 11; cela dit, plusieurs vaccins permettant de prévenir l’infection initiale ou d’empêcher la persistance virale, ou qui éliminent la virémie chez les personnes atteintes d’une infection chronique à VHC, sont en cours de mise au point Note de bas de page 10Note de bas de page 20.

Prophylaxie : La prophylaxie postexposition avec une immunoglobuline ou des agents antiviraux n’est pas recommandée Note de bas de page 11.

Section VI - dangers pour le personnel de laboratoire

Infections contractées au laboratoire : Inconnue, même si des études de séroprévalence ont signalé des taux d’infection à VHC de 1 % en milieu hospitalier (y compris les travailleurs en laboratoire et les fournisseurs de soins de santé) dans les pays occidentaux Note de bas de page 12.

Sources et échantillions : Sang Note de bas de page 1, Note de bas de page 3, Note de bas de page 9, Note de bas de page 12, Note de bas de page 13, produits sanguins Note de bas de page 1, Note de bas de page 3, Note de bas de page 12, et liquides organiques, tissus, ou équipement contaminés par du sang infecté par le VHC Note de bas de page 1, Note de bas de page 7, Note de bas de page 9.

Dangers primaires : Piqûres accidentelles avec des aiguilles Note de bas de page 3, Note de bas de page 12, ou blessures avec des objets coupants Note de bas de page 12.

Dangers particuliers : Aucun.

Section VII - contrôle de l'exposition et protection personnelle

Classification du groupe de risque : Groupe de risque 2 Note de bas de page 21.

Exigences de confinement : Installations, équipement et pratiques opérationnelles de niveau de confinement 2 pour le travail avec des matières, cultures ou animaux infectieux ou potentiellement infectieux Note de bas de page 22.

VÊtements de protection : Sarrau. Gants, lorsqu’un contact direct de la peau avec des matières infectées ou des animaux est inévitable. Une protection pour les yeux doit être utilisée lorsqu’il y a un risque connu ou potentiel d’éclaboussure Note de bas de page 22.

Autres précautions : Toutes les procédures pouvant produire des aérosols ou mettant en cause des concentrations ou des quantités élevées doivent s’effectuer dans une enceinte de sécurité biologique (ESB). L’utilisation d’aiguilles, de seringues et d’autres objets tranchants doit être strictement restreinte. Des précautions supplémentaires doivent être envisagées pour les activités avec des animaux ou à grande échelle Note de bas de page 22.

Section VIII - manutention et entreposage

Déversements : Laisser les aérosols se déposer et, tout en portant des vêtements de protection, couvrir délicatement le déversement avec des essuie‑tout et appliquer un désinfectant approprié, en commençant par le périmètre et en se rapprochant du centre. Laisser agir suffisamment longtemps avant de nettoyer.

élimination : Avant sa mise au rebut, décontaminer tout le matériel par stérilisation à la vapeur, désinfection chimique et/ou incinération.

Entreposage : Dans des contenants scellés étiquetés de façon appropriée.

Section IX - renseignements sur la réglementation et autres

Information sur la réglementation : L’importation, le transport et l’utilisation de pathogènes au Canada sont régis par de nombreux organismes de réglementation, dont l’Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments, Environnement Canada et Transports Canada. Il incombe aux utilisateurs de veiller à respecter tous les règlements et toutes les lois, directives et normes applicables.

Dernière mise à jour : Novembre 2010.

Préparée par : Direction de la règlementation des agents pathogènes, agence de la santé publique du Canada.

Bien que les renseignements, opinions et recommandations présentés dans cette Fiche de renseignements proviennent de sources que nous jugeons fiables, nous ne nous rendons pas responsables de leur justesse, de leur caractère exhaustif ou de leur fiabilité, ni des pertes ou blessures pouvant résulter de l’utilisation de ces renseignements. Comme on découvre fréquemment de nouveaux dangers, il est possible que ces renseignements ne soient pas tout à fait à jour.

Tous droits réservés
© Agence de la santé publique du Canada, 2010
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