Virus Junin : Fiche technique santé-sécurité : agents pathogènes 

Section I – Agent infectieux

Nom

Virus Junin

Type d'agent

Virus

Taxonomie

Famille

Arenaviridae

Genre

Mammarenavirus

Espèce

Mammarenavirus juninense

Synonyme ou renvoi

Le virus Junin (VJUN) provoque la fièvre hémorragique argentine (FHA)Note de bas de page 1.

Caractéristiques

Brève description

Le virus Junin est un membre de la famille des Arénaviridés, genre Mammarenavirus, et fait partie du complexe Tacaribé (arénavirus du Nouveau Monde)Note de bas de page 2. Comme tous les autres arénavirus, c'est un virion enveloppé pléomorphique qui mesure environ 40 à plus de 200 nm de diamètre et possède un génome de deux segments d'acide ribonucléique (ARN) sens négatifNote de bas de page 3. Les segments du génome sont composés du petit segment (P) et du grand segment (G), dont la taille est respectivement de 3,5 kb et de 7,3 kbNote de bas de page 2Note de bas de page 3. Une stratégie d'encodage ambisens est utilisée par les deux segments afin de permettre la synthèse de deux polypeptides à orientation opposéeNote de bas de page 3. Le segment G encode la protéine Z de la matrice liant le zinc et l'ARN polymérase dépendant de l'ARN, tandis que le segment P encode le précurseur de la glycoprotéine, le GPC, et la protéine nucléocapside NNote de bas de page 2. Le GPC est clivé après la traduction pour produire les glycoprotéines de virion matures G1 et G2, ainsi qu'un peptide de signal stable, le SSP. Le trimère G1/G2/SSP forme les spicules sur la surface du virion qui font partie intégrante de la reconnaissance des récepteurs et de l'entrée viraleNote de bas de page 1Note de bas de page 2. L'intérieur du virion contient des granules d'apparence sablonneuse, des ribosomes de la cellule hôte, caractéristiques de la famille des ArenaviridaeNote de bas de page 4.

Propriétés

Comme d'autres arénavirus du Nouveau Monde, le VJUN utilise le récepteur de la transferrine 1 (TfR1) pour infecter les cellulesNote de bas de page 1Note de bas de page 3. Le VJUN pénètre dans la cellule par endocytose dépendante de la clathrine. L'acidification de l'endosome est nécessaire pour permettre un changement conformationnel dépendant du pH de la protéine de spicule et révéler la G2Note de bas de page 3. Cette glycoprotéine facilite la fusion du virion à la membrane cellulaire de l'hôte et la libération du noyau de la ribonucléoprotéine virale (RNP) dans le cytoplasme où se produisent la réplication et la transcriptionNote de bas de page 2Note de bas de page 3. La protéine Z joue un rôle important dans l'assemblage de la nucléocapside et des glycoprotéines, et dans le bourgeonnement des particules virales, mais elle peut aussi être impliquée dans l'évitement de la réponse immunitaire de l'hôte en se liant aux récepteurs RIG-I, ce qui entraîne une réduction de la réponse de l'interféron β (IFNβ)Note de bas de page 2Note de bas de page 3.

Section II – Identification des dangers

Pathogénicité et toxicité

80 % des infections causées par le VJUN entraînent une maladie clinique, connue sous le nom de fièvre hémorragique argentine (FHA)Note de bas de page 5. L'évolution de la maladie comprend trois stades : le stade prodromique, le stade neurologico-hémorragique et la convalescenceNote de bas de page 5Note de bas de page 6.

Stade prodromique : généralement six jours à partir de l'apparition des symptômesNote de bas de page 6 grippaux comme les frissons, les malaises, l'anorexie, les maux de tête, la myalgie, les vomissements, les douleurs articulaires, le rythme cardiaque lent, la conjonctivite et la fièvre (de 38 °C à 39 °C)Note de bas de page 1Note de bas de page 5Note de bas de page 7Note de bas de page 8Note de bas de page 9. D'autres symptômes communs inclus les douleurs rétro-orbitales, les nausées ou vomissements, les douleurs épigastriques, la photophobie, des étourdissements, de la constipation ou diarrhée légèreNote de bas de page 5Note de bas de page 7. Un indicateur précoce, dans certains cas, est le tremblement de la langue et la pneumoniteNote de bas de page 8. L'examen physique peut révéler la présence de rougeurs au visage, dans le cou et sur le haut de la poitrine, de congestion conjonctivale et d'œdèmes périorbitairesNote de bas de page 5. Des signes initiaux de lésions vasculaires peuvent apparaître pendant ce stadeNote de bas de page 7. Chez les femmes, des saignements utérins non menstruels sont courantsNote de bas de page 5. La première semaine de maladie est marquée par une leucopénie et une thrombocytopénie progressivesNote de bas de page 5. Environ 75 % des patients présenteront des signes d'amélioration après ce stade, suite à la réponse robuste des anticorps neutralisantsNote de bas de page 6Note de bas de page 8Note de bas de page 9.

Stade neurologico-hémorragique : Entre 20 % et 30 % des cas de FHA ont des symptômes neurologiques et hémorragiques ou des infections bactériennes secondaires, habituellement au cours de la deuxième semaine de maladieNote de bas de page 5Note de bas de page 7. Les signes d'hémorragie comprennent les hémorragies des muqueuses, du sang dans les vomissements, les pétéchies dans la muqueuse orale, du sang dans l'urine, l'accumulation de sang à l'extérieur des vaisseaux sanguins dans un tissu ou un organe, les hémorragies gingivales, l'hémoptysie, les saignements de nez et les ecchymoses aux sites de piqûres d'aiguilleNote de bas de page 7Note de bas de page 8. Les manifestations neurologiques comprennent la confusion mentale, l'ataxie marquée, l'irritabilité, les convulsions, les tremblements des mains et de la langue, et moins fréquemment, le délire, le coma, l'encéphalite et la méningoencéphaliteNote de bas de page 5Note de bas de page 7. Les infections bactériennes secondaires causant la pneumonie ou la septicémie, peuvent provoquer des complications à ce stadeNote de bas de page 5.

Convalescence : Les personnes qui se rétablissent passent par une convalescence prolongée qui peut durer jusqu'à trois moisNote de bas de page 5Note de bas de page 6. Les patients présentent de la fatigue, des étourdissements, de l'asthénie, de l'irritabilité, des pertes de mémoire et une perte des cheveuxNote de bas de page 5Note de bas de page 6Note de bas de page 7.

La cause commune de décès chez les patients atteints de FHA est due à un choc hypovolémique et se produit généralement de sept à 12 jours après l'apparition de la maladieNote de bas de page 7Note de bas de page 8. Lorsque la FHA n'est pas traitée, son taux de mortalité est de 15 % à 30 %. Il diminue à moins de 1 % lorsque les patients sont traités au moyen de sérum ou de plasma de convalescent dans les huit jours suivant l'apparition des symptômesNote de bas de page 6Note de bas de page 8. Toutefois, 10 % des patients qui reçoivent du sérum de convalescent développent un syndrome neurologique tardif, caractérisé par des symptômes transitoires comme des étourdissements, des maux de tête, de la fièvre et des nauséesNote de bas de page 6Note de bas de page 9.

Épidémiologie

Le VJUN est présent de façon endémique dans la région de Pampa, en ArgentineNote de bas de page 9. Les cas se produisant en dehors de l'Argentine sont liés aux voyages dans la zone endémiqueNote de bas de page 5. On pense que la FHA est apparue dans les années 1950 en raison des transformations de l'habitat dues aux pratiques agricoles qui favorisaient la croissance de la population de rongeurs et, en fin de compte, une exposition humaine accrue aux réservoirs de rongeursNote de bas de page 5Note de bas de page 8. Depuis la découverte de la FHA, on a observé des épidémies annuelles sans interruption. Cependant, depuis le développement d'un vaccin, l'incidence de la maladie est passée d'environ 1 000 cas par année à 30 à 50 casNote de bas de page 9. La plupart des cas d'infection humaine surviennent pendant la saison des récoltes en Argentine et atteignent un pic d'incidence en maiNote de bas de page 1. La maladie est quatre fois plus répandue chez les hommes que chez les femmes, d'après les tendances professionnelles en Argentine et est 90 % plus répandue dans les populations rurales que dans les populations urbainesNote de bas de page 1Note de bas de page 8. La FHA pendant la grossesse est peu fréquente, mais elle se présente comme étant une maladie plus grave avec un taux de mortalité de plus de 50 % au cours du dernier trimestre en raison des retards de diagnostic et de l'incapacité d'administrer un traitement spécifiqueNote de bas de page 1Note de bas de page 9.

Gamme d'hôtes

Hôtes naturels

Les rongeurs sont les hôtes naturels du virus Junin, principalement Calomys musculinus et Calomys laucha, mais l'infection au VJUN est aussi possible chez Akodon azarae, Mus musculus, et Orizomys flavescensNote de bas de page 1Note de bas de page 2Note de bas de page 8Note de bas de page 9. Le VJUN infecte aussi les humainsNote de bas de page 1.

Autres hôtes

Les souris, les rats, les cobayes et les primates non humains élevés en laboratoire sont des hôtes expérimentauxNote de bas de page 2Note de bas de page 8Note de bas de page 9.

Dose infectieuse

Inconnue.

Période d'incubation

La période d'incubation est habituellement de six à 14 joursNote de bas de page 6Note de bas de page 7.

Transmissibilité

La transmission d'un rongeur à l'autre se fait par morsures et éraflures, et pendant la gestation de la mère aux petitsNote de bas de page 1Note de bas de page 8. On pense que la transmission horizontale est la principale forme de disséminationNote de bas de page 1. C. musculinus excrète le VJUN dans la salive, l'urine, le sang et les excrémentsNote de bas de page 1Note de bas de page 8.

Les humains sont généralement infectés par contact avec des rongeurs infectés (coupures ou morsures) ou par l'inhalation d'aérosols d'excréments ou de sécrétions de rongeurs infectésNote de bas de page 6. La transmission interhumaine est rare; toutefois, des éclosions nosocomiales peuvent être provoquées par la propagation du virus par des patients extrêmement virémiques ou par contact direct avec des fluides corporels ou le sang infectés provenant d'un patient virémiqueNote de bas de page 1Note de bas de page 8Note de bas de page 9.

Section III – Dissémination

Réservoir

Les principaux réservoirs du VJUN sont Calomys musculinus, et Calomys lauchaNote de bas de page 1Note de bas de page 8.

Zoonose/zoonose inverse

Les rongeurs infectés propagent le virus aux humains par leurs sécrétions et excrétions ou par des morsures et des égratignuresNote de bas de page 8Note de bas de page 9.

Vecteurs

Aucun.

Section IV – Viabilité et stabilité

Sensibilité/résistance aux médicaments

Le VJUN est sensible à la ribavirine, au favipiravir, à la trifluopérazine et à la chlorpromazine in vitroNote de bas de page 6Note de bas de page 9Note de bas de page 10. Les psoralènes, les diathanes et les composés à base de disulfure peuvent inactiver les arénavirusNote de bas de page 11. Le NSC2065, un disulfure aromatique, est efficace pour inactiver le VJUN en raison de la présence de motifs en doigt de zinc dans les protéines virales. Arbidol, un médicament antigrippal cliniquement utilisé, est efficace in vitro contre les arénavirus et il y a une inhibition synergique du VJUN lorsque Arbidol est combiné à l'aripiprazole ou la sertralineNote de bas de page 12. Les inhibiteurs de fusion, ARN-75039 et ARN-75041, ont également une activité puissante contre le VJUNNote de bas de page 13.

Sensibilité aux désinfectants

L'hypochlorite de sodium est le désinfectant le plus facilement disponible capable d'inactiver les arénavirus; une solution de 1 % est efficace pour désinfecter l'équipement médical, la literie des patients et les vêtements de protection réutilisables avant le lavage, tandis qu'une solution de blanchiment de 10 % devrait être utilisée pour désinfecter les excréments, les cadavres ou les articles à jeterNote de bas de page 14. Les arénavirus sont également inactivés par le formaldéhyde à 4 %, le thiocyanate de guanidinium, la formaline, le méthanol à 100 %, l'acétone à 100 %, le Triton X-100 à 1 % et le tampon de SDSNote de bas de page 15. Comme pour d'autres virus enveloppés, le VJUN peut être inactivé par des désinfectants à base de peroxyde d'hydrogène accéléré à 0,5 % pendant une minute, le peroxyde d'hydrogène à 13 % pendant cinq minutes, l'alcool éthylique à 60 % à 70 % pendant une minute, l'alcool isopropylique à 60 % pendant une minute, les solutions contenant de l'iodophore à 7,5 % à 10 %, qui inactivent le virus en une minute, les composés d'ammonium et les tensioactifs non ioniques (Tween-20 et Tween-80)Note de bas de page 16.

Inactivation physique

Les arénavirus sont inactivés par la chaleur à 60 °C pendant une heure, à un pH inférieur à 5,5 ou supérieur à 8,5, par le rayonnement UV et par l'irradiation gammaNote de bas de page 11Note de bas de page 15Note de bas de page 17Note de bas de page 18. Les rayons UV-A à 90 000 µW/cm2 et le 4'-aminométhyl-trioxsalen (un psoralène) sont nécessaires pour inactiver le VJUN; une relation dépendante à la dose a été observée entre la quantité d'expositions aux rayons UV-A et la proportion de particules de virus inactivéesNote de bas de page 19. Une dose d'irradiation gamma de 8 Mrads, incluant un facteur de sécurité 2x, est nécessaire pour l'inactivation de 1 × 106 TCID50 du virus Lassa (un membre de la famille Arenaviridae) dans un milieu liquide contenant la protéineNote de bas de page 20.

Survie à l'extérieur de l'hôte

La viabilité des arénavirus dans l'environnement n'est pas bien caractériséeNote de bas de page 14. Les souches de virus Lassa, Josiah et Sauerwald, ont des taux de décomposition similaires sur le polyéthylène à haute densité (Josiah, k = 4,3 jours; Sauerwald, k = 2,3 jours) et l'acier inoxydable (Josiah, k = 5,3 jours; Sauerwald, k = 2,7 jours)Note de bas de page 21.

Section V – Premiers soins et aspects médicaux

Surveillance

La réaction en chaîne de la polymérase suive de la transcription inverse (RT-PCR), l'essai d'immunoabsorption enzymatique (ELISA) et la culture cellulaire peuvent être utilisés pour diagnostiquer la FHA à partir d'échantillons de sang, de sérum ou de tissusNote de bas de page 6Note de bas de page 8Note de bas de page 14. La RT-PCR est considérée comme étant la méthode la plus efficace pour le diagnostic de la FHA et est utilisée pour détecter les agents étiologiques avant la production d'anticorpsNote de bas de page 1Note de bas de page 8. La RT-PCR offre une plus grande sensibilité pour la faible virémie rencontrée au début de la maladie, ce qui permet une réponse plus rapide à l'infectionNote de bas de page 1. L'essai ELISA peut également être utilisé pour détecter les anticorps (principalement les IgG ou les IgM) qui sont habituellement présents après le douzième jour de l'infectionNote de bas de page 2Note de bas de page 8Note de bas de page 14.

Remarque : Les recommandations spécifiques pour la surveillance en laboratoire devraient provenir du programme de surveillance médicale, qui est fondé sur une évaluation locale des risques des agents pathogènes et des activités en cours, ainsi qu'une évaluation globale des risques du programme de biosécurité dans son ensemble. De plus amples renseignements sur la surveillance médicale sont disponibles dans le Guide canadien sur la biosécurité.

Premiers soins et traitement

Un traitement de soutien est important dans la prise en charge des patients atteints de la FHANote de bas de page 6. Un soulagement de la douleur au moyen de doses prudentes d'opiacés, d'acétaminophène, de tramadol ou d'autres analgésiques est recommandéNote de bas de page 14. L'administration de sérum de convalescent est le traitement de choix et s'est avérée très efficace s'il est administré dans les huit jours suivant l'apparition des symptômesNote de bas de page 1Note de bas de page 5Note de bas de page 6. Le traitement antiviral à la ribavirine et au favipiravir peut être efficace, à condition qu'il soit administré tôt au cours de la maladieNote de bas de page 3Note de bas de page 6Note de bas de page 9Note de bas de page 22. L'anémie et la tératogénicité sont des effets secondaires de la ribavirine si elle est prise pendant la grossesseNote de bas de page 6. Le favipiravir devrait être administré avec prudence aux femmes enceintes en raison de la tératogénicité et de l'embryotoxicité potentiellesNote de bas de page 6. Ces antiviraux ne sont pas homologués aux États-Unis et l'efficacité de la ribavirine pour le traitement du VJUN n'a pas encore été déterminéeNote de bas de page 6. Ibavyr (comprimés de ribavirine) est approuvé au Canada pour le traitement de l'hépatite C chronique chez les adultes et il doit être utilisé en association avec d'autres agents thérapeutiquesNote de bas de page 23. Le favipiravir a été autorisé à être utilisé dans deux essais cliniques pour traiter la COVID-19 au CanadaNote de bas de page 24.

Remarque : Les recommandations spécifiques concernant les premiers soins et les traitements en laboratoire devraient provenir du plan d'intervention après exposition, qui est élaboré dans le cadre du programme de surveillance médicale. De plus amples renseignements sur le plan d'intervention après l'exposition sont disponibles dans le Guide canadien sur la biosécurité.

Immunisation

Aucun vaccin n'est actuellement disponible au Canada. Cependant, le vaccin Candid no 1, un vaccin vivant atténué contre le virus Junin, a été mis au point et est utilisé en ArgentineNote de bas de page 1. Le vaccin est offert aux personnes qui ne sont pas enceintes âgées de 15 à 65 ans qui vivent dans les zones endémiques en ArgentineNote de bas de page 6.

Remarque : De plus amples renseignements sur le programme de surveillance médicale sont disponibles dans le Guide canadien sur la biosécurité et en consultant le Guide canadien d'immunisation.

Prophylaxie

La prophylaxie suivant l'exposition consiste à administrer le sérum de convalescent dans les huit jours suivant l'apparition des symptômesNote de bas de page 6Note de bas de page 8. Les antiviraux, comme la ribavirine ou le favipiravir, ont également fait leurs preuves au cours des études in vitro et ont été utilisés dans un cadre cliniqueNote de bas de page 1Note de bas de page 6Note de bas de page 8Note de bas de page 9Note de bas de page 14Note de bas de page 22.

Remarque : De plus amples renseignements sur la prophylaxie dans le cadre du programme de surveillance médicale sont disponibles dans le Guide canadien sur la biosécurité.

Section VI – Dangers pour le personnel de laboratoire

Infections contractées en laboratoire

Entre 1958 et 1980, 38 cas cliniques de FHA ont été enregistrés parmi le personnel de laboratoire argentin qui travaillait directement avec des souches virulentes du VJUNNote de bas de page 25. Trois des cas se sont soldés par un décès. Depuis lors, il n'y a pas eu d'infections confirmées contractées en laboratoire.

Remarque : Veuillez consulter la Norme canadienne sur la biosécurité et le Guide canadien sur la biosécurité pour obtenir de plus amples renseignements sur les exigences relatives à la déclaration des incidents d'exposition. Une ligne directrice canadienne sur la biosécurité décrivant les procédures de déclaration est également disponible.

Sources et échantillons

Le sang, l'urine, la salive, les excréments et les tissus infectés provenant d'animaux et d'humains contiennent probablement l'agent infectieuxNote de bas de page 2Note de bas de page 8.

Dangers primaires

L'inhalation de matières infectieuses en aérosol, l'exposition des muqueuses aux matières infectieuses et, les morsures et égratignures provenant d'un animal infecté représentent les principaux dangers associés à l'exposition au virus JuninNote de bas de page 1Note de bas de page 8.

Dangers particuliers

Puisque la transmissibilité du JUNV implique l'aérosolisation, une préoccupation importante lorsqu'on travaille avec le virus en laboratoire est la production d'aérosols lorsqu'on utilise un équipement à haute énergie comme des centrifugeuses ou des homogénéisateursNote de bas de page 17.

Section VII – Contrôle de l'exposition et protection personnelle

Classification par groupe de risque

Le virus Junin est un agent pathogène humain du groupe de risque (GR) 4, un agent pathogène animal du groupe de risque 4 et un agent biologique à cote de sécurité élevée (ABCSE)Note de bas de page 26Note de bas de page 27.

Exigences de confinement

Les installations, l'équipement et les pratiques opérationnelles de niveau de confinement 4, tel qu'ils sont décrits dans la Norme canadienne sur la biosécurité pour le travail avec des matières, des animaux ou des cultures infectieux ou possiblement infectieux.

Veuillez noter qu'il existe d'autres exigences en matière de sécurité, comme l'obtention d'une habilitation de sécurité conformément à la Loi sur les agents pathogènes humains et les toxines pour les travaux impliquant des ABCSE.

Vêtements de protection

Les exigences applicables au niveau de confinement 4 pour l'équipement et les vêtements de protection individuelle décrites dans la Norme canadienne sur la biosécurité doivent être respectées. L'utilisation d'une combinaison à pression positive ou d'enceintes de sécurité biologique de classe III est requise pour tout travail avec des agents pathogènes du GR4.

Remarque : Une évaluation locale des risques permettra de déterminer la protection appropriée pour les mains, les pieds, la tête, le corps, les yeux, le visage et les voies respiratoires. De plus, les exigences relatives à l'équipement de protection individuelle pour la zone de confinement doivent être documentées.

Autres précautions

Toutes les activités impliquant des récipients ouverts qui contiennent des matières réglementées doivent être effectuées dans une enceinte de sécurité biologique (ESB) certifiée ou dans un autre dispositif de confinement primaire approprié. La centrifugation des matières infectées doit être effectuée dans des contenants fermés placés dans des gobelets de sûreté scellés ou dans des rotors qui sont déchargés dans une enceinte de sécurité biologique. L'intégrité des combinaisons pressurisées doit être vérifiée régulièrement pour détecter les fuites possibles. L'utilisation d'aiguilles, de seringues et d'autres objets pointus doit être restreinte. Les plaies ouvertes, les coupures, les égratignures et les éraflures doivent être recouvertes par des pansements imperméables. Les travailleurs doivent prendre des précautions supplémentaires pour les travaux impliquant des animaux.

Section VIII – Manutention et entreposage

Déversements

La zone de déversement doit être évacuée et sécurisée. Laisser les particules en aérosols se déposer pendant 30 minutes. En cas de déversement en dehors d'un ESB, l'alimentation en air des combinaisons à pression positive doit être assurée. Les combinaisons à pression positive qui ont été en contact avec les matières réglementées doivent être entièrement décontaminées en suivant les procédures de décontamination grossière pour les combinaisons à pression positive. Les plastiques doivent être transférés dans un bac à vaisselle, qui doit être déplacé vers le ESB. Les déversements de matériel potentiellement contaminé doivent être recouverts de papier absorbant (par exemple, des serviettes en papier), généreusement recouverts d'un désinfectant efficace (par exemple, 5 % de MicroChem) et laissés à tremper pendant au moins 5 minutes avant d'être essuyés. Après l'enlèvement du matériau initial, le processus de désinfection doit être répété. Après la désinfection, informez l'autorité interne appropriée (par exemple, le superviseur de la zone de confinement, l'ASB) de l'incident.

Élimination

Toutes les matières et substances qui sont entrées en contact avec les matières réglementées doivent être complètement décontaminées avant d'être retirées de la zone de confinement. Pour ce faire, on peut utiliser des technologies et des procédés de décontamination qui se sont avérés efficaces contre les matières réglementées, comme les désinfectants chimiques, l'autoclave, l'irradiation, l'incinération, un système de traitement des effluents ou une décontamination gazeuse (Guide canadien sur la biosécurité).

Entreposage

Les exigences applicables du niveau de confinement 4 pour l'entreposage décrites dans le Guide canadien sur la biosécurité doivent être respectées. Les agents pathogènes, toxines et autres matières réglementées doivent être entreposés dans la zone de confinement.

Un inventaire des agents pathogènes du GR4 ainsi que des toxines d'ABCSE entreposés pour une longue durée doit être dressé et inclure :

Section IX – Renseignements sur la réglementation et autres

Renseignements sur la réglementation canadienne

Les activités réglementées avec le virus Junin nécessitent un permis d'agent pathogène humain et de toxine délivré par l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Le virus Junin est un pathogène animal terrestre non-indigène au Canada; par conséquent, son importation nécessite un permis d'importation en vertu du Règlement sur la santé des animaux (RSA), délivré par l'Agence canadienne d'inspection des aliments.

Veuillez noter qu'il existe d'autres exigences en matière de sécurité, comme l'obtention d'une habilitation de sécurité conformément à la Loi sur les agents pathogènes humains et les toxines pour les travaux impliquant des ABCSE.

Voici une liste non exhaustive des désignations, règlements ou lois applicables :

Dernière mise à jour

Juillet 2024

Rédigé par

Centre de la biosûreté, Agence de la santé publique du Canada.

Mise en garde

L'information scientifique, opinions et recommandations contenues dans cette Fiche technique santé-sécurité : agents pathogènes ont été élaborées sur la base de ou compilées à partir de sources fiables disponibles au moment de la publication. Les dangers nouvellement découverts sont fréquents et ces informations peuvent ne pas être totalement à jour. Le gouvernement du Canada ne se tient pas responsable de leur justesse, de leur caractère exhaustif ou de leur fiabilité, ni des pertes ou blessures pouvant résulter de l'utilisation de ces renseignements.

Les personnes au Canada sont tenues de se conformer aux lois pertinentes, y compris les règlements, les directives et les normes applicables à l'importation, au transport et à l'utilisation d'agents pathogènes et toxines au Canada, établis par les autorités réglementaires compétentes, notamment l'Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada, l'Agence canadienne d'inspection des aliments, Environnement et Changement climatique Canada et Transports Canada. La classification des risques et les exigences réglementaires connexes mentionnées dans la présente Fiche technique santé-sécurité : agents pathogènes, telles que celles qui figurent dans la norme canadienne de biosécurité, peuvent être incomplètes et sont spécifiques au contexte canadien. D'autres juridictions auront leurs propres exigences.

Tous droits réservés © Agence de la santé publique du Canada, 2024, Canada

Références

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2026-01-22