Virus de la rage : Fiche technique santé-sécurité : agents pathogènes
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Section I – Agent infectieux
Nom
Virus de la rage
Type d'agent
Virus
Taxonomie
Famille
Rhabdoviridae
Genre
Lyssavirus
Espèce
Lyssavirus rabies
Sous-espèce/souche/isolat clonal
Phylogroupe I : Lyssavirus aravan virus Aravan (ARAV), Lyssavirus australis lyssavirus australien de la chauve-souris (ABLV), Lyssavirus bokeloh lyssavirus Bokeloh de la chauve-souris (BBLV), Lyssavirus duvenhage virus Duvenhage (DUVV), Lyssavirus hamburg lyssavirus européen de type I de la chause-souris (EBLV-1), Lyssavirus Helsinki lyssavirus européen de type II de la chauve-souris (EBLV-2), Lyssavirus gannoruwa lyssavirus Gannoruwa de la chauve-souris (GBLV), Lyssavirus irkut virus Irkut (IRKV), Lyssavirus khujand virus Khujand (KHUV), et Lyssavirus formosa lyssavirus taïwanais de la chauve-souris (TWBLV).
Phylogroupe II : Lyssavirus lagos virus Lagos de la chauve-souris (LBV), Lyssavirus mokola virus Mokola (MOKV), et Lyssavirus shimoni virus Shimoni de la chauve-souris (SHIBV).
Aucun phylogroupe : Lyssavirus ikoma lyssavirus Ikoma (IRKV), Lyssavirus lledia lyssavirus Lledia de la chauve-souris (LLEBV) et Lyssavirus caucasicus virus de la chauve-souris du Caucase de l'Ouest (WCBV)Note de bas de page 1.
Synonyme ou renvoi
HydrophobieNote de bas de page 2.
Caractéristiques
Brève description
Les Lyssavirus sont des virus en forme d'obus ou d'une balle de révolver, ayant un génome d'ARN sens négatif à simple brinNote de bas de page 3. Leur génome est non segmenté, linéaire et mesure environ 12 kb de longueur. Il comprend cinq gènes principaux qui sont disposés dans l'ordre linéaire conservé 3'– N-P-M-G-L-5'Note de bas de page 4. Les Lyssavirus se composent de deux unités, l'unité externe formé d'une membrane lipidique ayant des pointes protubérantes de glycoprotéine, et l'unité interne, un noyau nucléocapsidique, qui consiste en un complexe de ribonucléoprotéine (l'ARN génomique lié à la nucléoprotéine), la polymérase virale et la phosphoprotéineNote de bas de page 3. La protéine N encapsule l'ARN du virus, et les protéines P et L font partie du complexe de la ribonucléoprotéine (RNP), qui peut amorcer la transcription et la réplication viralesNote de bas de page 5Note de bas de page 6. Les protéines M condensent la RNP en forme d'obus et recrutent la RNP dans la membrane cellulaire pendant la réplication. La protéine M est également importante pour le bourgeonnement du virus enveloppé de la cellule et interagit avec la protéine GNote de bas de page 5Note de bas de page 7Note de bas de page 8.
Propriétés
Le Lyssavirus rabies (RABV) pénètre dans le corps par inoculation transdermique, généralement par la morsure d'un animal infecté, ou par un contact direct avec des matières infectieuses (salive, liquide céphalorachidien, tissu nerveux) sur des muqueuses ou des lésions cutanéesNote de bas de page 9. La réplication virale commence dans les tissus non nerveux, comme les cellules musculaires, où le virus peut survivre pendant de longues périodes, ce qui entraîne une variabilité de la période d'incubationNote de bas de page 9Note de bas de page 10. Comme le virus est neurotrope, il doit entrer dans le système nerveux périphérique, et est ensuite diffusé plus largement dans le système nerveux central (SNC) par un transport axonal rétrograde pour causer une maladie grave. Le virus continue de se répliquer et de se propager dans l'ensemble du SNC et finit par se déplacer, au moyen des nerfs périphériques, vers divers tissus dans tout le corps, en particulier les glandes salivaires, où les cycles de transmission se répètentNote de bas de page 9.
Section II – Identification des dangers
Pathogénicité et toxicité
Le RABV provoque une encéphalite virale, qui tue jusqu'à 70 000 personnes par an dans le mondeNote de bas de page 11. Après l'entrée virale, le virus traverse le système nerveux périphérique en ciblant le système nerveux central, causant une encéphalomyéliteNote de bas de page 11. Une fois les caractéristiques cliniques observées, la rage est universellement mortelleNote de bas de page 11Note de bas de page 12. La rage se développe en cinq phases: 1) période d'incubation, 2) phase prodromique, 3) phase neurologique aiguë, 4) coma, et 5) mortNote de bas de page 13. Il faut généralement de 30 à 90 jours pour que la rage se développe, bien qu'elle puisse prendre entre 5 jours à plus de 2 ans après l'exposition initialeNote de bas de page 14. Plus la morsure est proche du cerveau, plus les symptômes apparaîtront rapidementNote de bas de page 15. Pendant la phase prodromique, les premiers signes et symptômes apparaissent et comprennent : fièvre, fatigue, mal de gorge, toux, dyspnée, anorexie, dysphagie, nausées, vomissements, douleurs abdominales, diarrhée, maux de tête, vertige, anxiété, irritabilité et angoisseNote de bas de page 14. La phase neurologique peut être classée en trois catégories :
Encéphalitique (rage furieuse) ‒ C'est la présentation la plus courante de la rage, présente chez environ 80 % des cas. Les patients peuvent présenter de l'hydrophobie ou de l'aérophobie, causant le développement de spasmes à la suite de stimuli tels que l'ingestion de liquides. L'agitation et des changements dans l'activité mentale, le dysfonctionnement autonome, l'augmentation des réflexes profonds de tendon et la raideur de la nuque peuvent survenirNote de bas de page 16.
Paralytique (rage muette) ‒ Une présentation moins fréquente de la rage qui se produit chez environ 20 % des cas. L'hydrophobie et l'irritabilité ne sont pas observées chez ces patients. Les principaux symptômes sont la faiblesse, l'altération de l'activité mentale, une fièvre persistante et le dysfonctionnement de la vessieNote de bas de page 16.
Non classique - Cette forme de rage est très rare. Elle est généralement associée à des crises et à des symptômes moteurs et sensoriels plus profondsNote de bas de page 16.
Au cours de la phase neurologique aiguë, la maladie se propage à travers le cerveau, entraînant une dysfonction du système nerveux central, de l'anxiété, de l'insomnie, une désorientation, de l'agitation, de la paranoïa, de la terreur, des hallucinations et du délireNote de bas de page 14. De plus, une quantité importante de salive est produite, accompagnée d'une incapacité à avaler, ce qui entraîne une hydrophobie liée à la paralysie de la gorge et de la mâchoire. La cause de la mort peut être le blocage des voies respiratoires, des crises d'épilepsie, un épuisement, ou une paralysie généraliséeNote de bas de page 15.
Épidémiologie
Les pays en développement sont plus touchés que les pays développés en raison de l'utilisation généralisée de la prophylaxie post-exposition et de nombreux programmes de prévention en place. Dans les pays développés, les animaux domestiques n'ont été responsables que d'environ 10 % de la transmission de la rage, tandis que les animaux sauvages sont responsables du resteNote de bas de page 16. Le RABV affecte tous les mammifères, est répandu dans le monde entier et est endémique dans de nombreux pays, sauf dans des îles, comme l'Australie et l'AntarctiqueNote de bas de page 17. La maladie constitue un important problème de santé publique à l'échelle internationale et dans plus de 150 pays et territoiresNote de bas de page 18Note de bas de page 19. Le RABV est considéré comme endémique chez l'homme dans diverses régions d'Asie, d'Afrique, d'Amérique du Sud et d'Amérique du Nord, qui comptent 26, 41, 2 et 3 pays affectés, respectivementNote de bas de page 19.
La rage est extrêmement rare chez les humains au Canada; toutefois, en 2019, un homme de 21 ans est décédé, après avoir eu un contact avec une chauve-souris infectée en Colombie-BritanniqueNote de bas de page 20. En 2024, le Vietnam a enregistré 22 décès liés à la rage au cours des deux premiers mois de l'année. Ce chiffre est deux fois plus élevé que pour la même période de l'année précédente et a été attribué à des taux de vaccination médiocres chez les chiens et les chats. Plusieurs patients étaient des enfants de moins de cinq ans, qui ont été mordus par des chiens et des chats dans les zones de la tête et du visageNote de bas de page 21. Après la pandémie de COVID-19, il y a eu une augmentation soudaine des cas de rage ainsi que des morsures de chien causant des décès en Inde et dans de nombreux autres paysNote de bas de page 22Note de bas de page 23. Ceci serait lié à un certain nombre de facteurs, notamment la COVID-19, qui a nui à la disponibilité de mesures prophylactiques avant et après l'exposition, ainsi qu'à la mise en œuvre d'une vaccination de masse pour les chiens, et à une augmentation de l'agressivité chez les chiens, une population de chiens altérés, des rencontres à risque entre les humains et les chiens, et les perturbations des systèmes de surveillanceNote de bas de page 23Note de bas de page 24.
Le RABV est maintenu en deux types de cycles, urbain et sylvatique.
La rage urbaine ‒ Les chiens sont l'hôte d'un variant de la rage qui circule dans les populations canines, et la plupart des cas se produisent dans les régions pauvres, en particulier en Afrique et en Asie. Auparavant, on observait la rage urbaine dans la plupart des régions du monde alors qu'elle est désormais observée que dans les régions où les taux de vaccination des chiens sont insuffisants. On trouve la rage canine chez les renards et les mouffettes en Amérique du NordNote de bas de page 25.
La rage sylvatique ‒ On l'observe dans une grande partie du monde, bien que quelques pays aient contrôlé la rage chez les espèces sauvages au moyen de vaccins oraux. Une ou quelques espèces sauvages perpétuent une variante particulière dans chaque région, soit en tant qu'hôtes ou hôtes secondaires importants; la maladie peut avoir un profil relativement stable, ou se produire comme une épidémie se déplaçant lentementNote de bas de page 25.
Gamme d'hôtes
Hôtes naturels
Parmi les hôtes naturels déclarés, on compte notamment les chiens domestiquesNote de bas de page 25Note de bas de page 26, les chacals, les renards à oreilles de chauve-sourisNote de bas de page 25, les mouffettes, les chats domestiques, les chiens viverrins, les ratons laveurs, les mangoustes, les chèvresNote de bas de page 26, les ânes, les renards roux, les bovinsNote de bas de page 27, les équidés, les blaireauxNote de bas de page 18.
On pense que toutes les espèces de mammifères sont capables de contracter la rage, mais un nombre limité agissent également comme hôtesNote de bas de page 27. Le chien domestique est l'espèce hôte principale du RABV responsable des infections humaines, toutefois, il y a plus de 30 espèces d'hôtes reconnues du RABV dans le monde, et bien d'autres non reconnus en raison d'infrastructures de surveillance de mauvaise qualitéNote de bas de page 28. Les autres hôtes comprennent les chauves-souris, les loups, le bétail, les chats, les coati, les ouistitis et les coyotesNote de bas de page 29.
Autres hôtes
Les hôtes expérimentaux infectés par le virus EBLV1 comprennent les souris, les ouistitis, les furets et les moutonsNote de bas de page 30. Des hôtes naturels ont également été infectés expérimentalement, en particulier les chats et les chiensNote de bas de page 30. Les oiseaux peuvent également être infectés par le RABV expérimentalement, les animaux étant inoculés oralement ou par voie parentéraleNote de bas de page 27. Les oiseaux infectés expérimentalement peuvent excréter le virus vivant dans la salive et présenter aucun ou très peu de signes cliniquesNote de bas de page 27.
Dose infectieuse
Inconnue.
Période d'incubation
La période d'incubation varie grandement entre 2 semaines à 6 ans (avec une moyenne de 2 à 3 mois), qui dépend de la concentration du virus inoculé, du site d'inoculation et de la densité des innervationsNote de bas de page 31Note de bas de page 32. Le facteur de risque le plus important est les morsures aux mains, au cou, au visage et à la tête, accompagnées de saignements, qui conduisent à une période d'incubation plus courte. Le RABV peut persister dans le muscle pendant de longues périodes, ce qui est également un facteur contribuant à cette période d'incubation très variableNote de bas de page 29Note de bas de page 31.
Transmissibilité
Le virus peut être facilement transmis d'un mammifère à l'autre, qu'ils appartiennent à la même espèce ou nonNote de bas de page 9. La façon la plus courante de contracter le virus est par une morsure d'un animal enragé. Toutefois, l'infection peut aussi se propager par des blessures cutanées contaminées par la salive infectée et par un contact direct avec les muqueuses. Le virus ne peut pas traverser la peau intacte. La probabilité de contracter la rage à partir d'une morsure est de 5 à 80 %, ce qui est au moins 50 fois plus élevé que le risque de la contracter par une égratignure (0,1 à 1 %). L'inhalation du virus de la rage aérosolisé est une autre voie d'infection, bien que la plupart des gens ne soient pas exposés au virus aérosolisé, à l'exception du personnel de laboratoire. On a rapporté de rares cas d'humains ayant contracté la rage en respirant l'air présent dans une grotte contenant des chauves-souris infectées. La rage se retrouve également dans le lait des animaux infectés. La transmission entre humains est extrêmement rare, même si elle peut se produire lors d'une transplantation ou, plus rarement, lors de baisers ou d'activité sexuelleNote de bas de page 9.
Section III – Dissémination
Réservoir
Aucun. Une fois que les symptômes cliniques de la rage apparaissent, la rage est pratiquement fatale à 100 % si elle n'est pas traitéeNote de bas de page 33. Conséquemment, les animaux seraient considérés comme des hôtes et non comme des réservoirs asymptomatiques.
Zoonose
La rage est généralement transmise à l'homme par la morsure d'un animal infecté. Les chauves-souris, les mouffettes, les renards et les ratons laveurs sont les animaux le plus souvent porteurs de la rage au CanadaNote de bas de page 34.
Vecteurs
Aucun.
Section IV – Viabilité et stabilité
Sensibilité/résistance aux médicaments
Aucun.
Sensibilité aux désinfectants
Le RABV peut être inactivé par un certain nombre de désinfectants, dont l'alcool isopropylique à 70 %, l'éthanol, les iodures, les composés d'ammonium quaternaire, le formaldéhyde, un désinfectant à base de phénol et d'autres agentsNote de bas de page 27.
De plus, un nettoyage avec une solution de chlorohexidine 4 % agit également comme désinfectant contre le RABVNote de bas de page 35. L'hypochlorite de sodium à 0,05 %, communément appelé eau de Javel, suivi d'une solution d'éthanol à 70 % agissent comme désinfectant contre le RABVNote de bas de page 35.
Inactivation physique
Le RABV n'est pas infectieux lorsqu'il est séché ou exposé à la lumière du soleilNote de bas de page 36. Il est également inactivé par un pH faible (<3) ou élevé (>11) et par l'irradiation aux rayons ultravioletsNote de bas de page 27.
Survie à l'extérieur de l'hôte
Le RABV est fragile dans la plupart des conditions normales. Il est détruit en quelques minutes à des températures supérieures à 50 oC et ne survit que quelques heures à la température ambiante. Le virus n'est plus infectieux une fois que le matériel contenant le virus est secNote de bas de page 37.
Section V – Premiers soins et aspects médicaux
Surveillance
De nombreux tests sont nécessaires afin d'établir un diagnostic de rage chez l'humain; aucun test unique ne suffit. Des tests sont effectués sur des échantillons de salive, du sérum, du liquide céphalo-rachidien et des follicules pileux de la peau prélevés à la nuque du cou. La salive peut être testée par l'isolement de virus ou par la réaction en chaîne par polymérase avec transcription inverse (RT-PCR). Le sérum et le liquide céphalo-rachidien sont testés pour détecter les anticorps contre le RABV tandis que les échantillons de biopsie cutanée sont examinés afin de détecter l'antigène de la rage dans les nerfs cutanés à la base des folliculesNote de bas de page 35.
Diagnostic chez les animaux : Un diagnostic de rage peut être fait après la détection de RABV dans n'importe quelle partie du cerveau affecté, mais pour exclure la rage, le test doit inclure des tissus provenant d'au moins deux endroits du cerveau, de préférence le tronc cérébral et le cervelet. Le test exige que l'animal soit euthanasié. Pour les animaux à faible probabilité de rage, tels que les chiens, les chats et les furets, une période d'observation (10 jours) peut être appropriée afin d'exclure le risque d'exposition humaine potentielle à la rageNote de bas de page 37.
Remarque : Les recommandations spécifiques pour la surveillance en laboratoire devraient provenir du programme de surveillance médicale, qui est fondé sur une évaluation locale des risques des agents pathogènes et des activités en cours, ainsi qu'une évaluation globale des risques du programme de biosécurité dans son ensemble. De plus amples renseignements sur la surveillance médicale sont disponibles dans le Guide canadien sur la biosécurité.
Premiers soins et traitement
Après une morsure d'animal, la région devrait être nettoyée abondamment avec du savon et de l'eau afin de réduire le risque d'infection bactérienne. Les solutions de Povidone ou d'alcool à 70 % peuvent réduire la transmission virale d'une morsureNote de bas de page 27.
Remarque : Les recommandations spécifiques concernant les premiers soins et les traitements en laboratoire devraient provenir du plan d'intervention après exposition, qui est élaboré dans le cadre du programme de surveillance médicale. De plus amples renseignements sur le plan d'intervention après l'exposition sont disponibles dans le Guide canadien sur la biosécurité.
Immunisation
La vaccination contre la rage avant l'exposition, avec IMOVAXMDRage (HDCV) ou RABAVERTMD (VCEPP), devrait être proposée aux personnes à risque élevé d'un contact étroit avec des animaux enragés ou le RABV, par exemple:
- Les travailleurs de laboratoire qui manipulent le RABV.
- Les vétérinaires, le personnel vétérinaire, les agents de contrôle des animaux et les agents de protection de la faune.
- Certains voyageurs.
- Les chasseurs et les trappeurs visitant des régions où la rage a été confirmée.
- Les spéléologuesNote de bas de page 38.
Remarque : De plus amples renseignements sur le programme de surveillance médicale sont disponibles dans le Guide canadien sur la biosécurité et en consultant le Guide canadien d'immunisation.
Prophylaxie
La prophylaxie post-exposition des personnes non vaccinées devrait comprendre à la fois des immunoglobulines contre la rage (RIg) et des vaccins contre la rage. Le RIg assure une protection passive immédiate jusqu'à ce que la personne exposée monte une réponse immunitaire au vaccin contre la rage. Quatre doses de VCDH ou de VCEPP devraient être administrées par voie intramusculaire (IM). La première dose (jour 0) du traitement à quatre doses du vaccin antirabique devrait être administrée le plus tôt possible après l'exposition. Des doses supplémentaires devraient être administrées les jours 3, 7 et 14, après la première vaccinationNote de bas de page 35. La prophylaxie de la rage doit être envisagée dans tous les cas où une exposition humaine à des animaux potentiellement enragés a eu lieu, à moins que l'on sache que la rage est absente de la population animale localeNote de bas de page 39.
Remarque : De plus amples renseignements sur la prophylaxie dans le cadre du programme de surveillance médicale sont disponibles dans le Guide canadien sur la biosécurité.
Section VI – Dangers pour le personnel de laboratoire
Infections contractées en laboratoire
Deux cas d'infection de la rage acquise en laboratoire ont été déclarés et on pense qu'elles ont été causées par un contact des muqueuses avec le virus aérosolisé. Aucun cas d'infection acquise en laboratoire n'a été signalé au cours des dernières décennies. La vaccination avant l'exposition est fortement recommandée pour toute personne travaillant en laboratoire avec un virus vivant ou des spécimens de diagnosticNote de bas de page 40.
Remarque: Veuillez consulter la Norme canadienne sur la biosécurité et le Guide canadien sur la biosécurité pour obtenir de plus amples renseignements sur les exigences relatives à la déclaration des incidents d'exposition. Une ligne directrice canadienne sur la biosécurité décrivant les procédures de déclaration est également disponible.
Sources et échantillons
Tissu cérébral, peau, salive, urine concentréeNote de bas de page 41.
Dangers primaires
Les morsures ou les égratignures faites par un animal infecté sont le principal danger associé à l'exposition au Lyssavirus rabiesNote de bas de page 27.
Dangers particuliers
L'inhalation RABV aérosolisé est une voie d'exposition potentielleNote de bas de page 41.
Section VII – Contrôle de l'exposition et protection personnelle
Classification par groupe de risque
Le Lyssavirus rabies (RABV) est un pathogène humain du groupe de risque 3Note de bas de page 42Note de bas de page 43 et un pathogène animal du groupe de risque 3Note de bas de page 41Note de bas de page 43.
Exigences de confinement
Les installations, l'équipement et les pratiques opérationnelles de niveau de confinement 3, tels que décrits dans la Norme canadienne sur la biosécurité pour le travail avec des matières, des animaux ou des cultures infectieux ou possiblement infectieux.
Vêtements de protection
Les exigences applicables au niveau de confinement 3 pour l'équipement et les vêtements de protection individuelle décrites dans la Norme canadienne sur la biosécurité doivent être respectées. À tout le moins, l'utilisation de vêtements protecteurs dédiés qui recouvrent entièrement le corps, de chaussures de sécurité dédiées et/ou de couvre-chaussures, de gants lors de la manipulation de matières infectieuses ou d'animaux infectés, d'une protection du visage lorsqu'il y a un risque connu ou potentiel d'exposition aux éclaboussures ou aux objets projetés en l'air, d'appareils de protection respiratoire lorsqu'il y a un risque d'exposition à des aérosols infectieux et d'une deuxième couche de vêtements de protection avant de travailler avec des matières infectieuses ou des animaux infectés.
Remarque : Une évaluation locale des risques permettra de déterminer la protection appropriée pour les mains, les pieds, la tête, le corps, les yeux, le visage et les voies respiratoires. De plus, les exigences relatives à l'équipement de protection individuelle pour la zone de confinement et les activités de travail doivent être documentées.
Autres précautions
Toutes les activités impliquant des récipients ouverts d'agents pathogènes doivent être effectuées dans une enceinte de sécurité biologique (ESB) certifiée ou un autre espace de confinement primaire approprié. L'utilisation d'aiguilles, de seringues et d'autres objets pointus doit être strictement limitée. Des précautions supplémentaires doivent être prises pour les travaux impliquant des animaux ou des activités à grande échelle.
Section VIII – Manutention et entreposage
Déversements
Laisser les aérosols se déposer. Tout en portant de l'équipement de protection individuelle, couvrir doucement le déversement avec du papier absorbant et appliquer un désinfectant approprié, à partir du périmètre et en allant vers le centre. Permettre un contact suffisant avec le désinfectant avant le nettoyage (Guide canadien sur la biosécurité).
Élimination
Les matières réglementées, ainsi que tous les articles et les déchets doivent être décontaminés à la barrière de confinement avant leur retrait de la zone de confinement, de la salle animalière, du box ou de la salle de nécropsie. Pour ce faire, on peut utiliser des technologies et des procédés de décontamination qui se sont avérés efficaces contre les matières infectieuses, comme les désinfectants chimiques, l'autoclave, l'irradiation, l'incinération, un système de traitement des effluents ou une décontamination gazeuse (Guide canadien sur la biosécurité).
Entreposage
Niveau de confinement 3, NC3, prions : Les exigences applicables en matière de confinement de niveau 2 pour l'entreposage, décrites dans la Norme canadienne sur la biosécurité, doivent être respectées. Les contenants primaires de matières réglementées retirés de la zone de confinement doivent être entreposés dans des contenants secondaires étiquetés, étanches, résistants aux chocs et conservés dans un équipement d'entreposage verrouillé ou dans un espace auquel l'accès est limité.
Un inventaire des agents pathogènes du GR3 entreposés pour une longue durée doit être dressé et inclure :
- l'identification précise des matières réglementées
- un mécanisme qui permet de détecter rapidement la disparition ou le vol d'un échantillon
Section IX – Renseignements sur la réglementation et autres
Renseignements sur la réglementation canadienne
Les activités contrôlées avec le Lyssavirus rabies nécessitent un Permis d'agent pathogène et de toxine délivré par l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Le Lyssavirus rabies est un pathogène d'animal terrestre au Canada; par conséquent, son importation nécessite un permis d'importation en vertu du Règlement sur la santé des animaux (RSA). L'ASPC délivre un permis d'agent pathogène et de toxine, qui comprend un permis d'importation en vertu du RSA.
Voici une liste non exhaustive des désignations, règlements ou lois applicables :
- Loi sur les agents pathogènes humains et les toxines et Règlement sur les agents pathogènes humains et les toxines
- Loi sur la santé des animaux et Règlement sur la santé des animaux
- Loi sur le transport des marchandises dangereuses et Règlement sur le transport des marchandises dangereuses
- Maladies à déclaration obligatoire à l'échelle nationale (humains)
- Maladies à déclaration obligatoire (animaux)
Dernière mise à jour
Août 2024
Rédigé par
Centre de la biosûreté, Agence de la santé publique du Canada.
Mise en garde
L'information scientifique, opinions et recommandations contenues dans cette Fiche technique santé-sécurité : agents pathogènes ont été élaborées sur la base de ou compilées à partir de sources fiables disponibles au moment de la publication. Les dangers nouvellement découverts sont fréquents et ces informations peuvent ne pas être totalement à jour. Le gouvernement du Canada ne se tient pas responsable de leur justesse, de leur caractère exhaustif ou de leur fiabilité, ni des pertes ou blessures pouvant résulter de l'utilisation de ces renseignements.
Les personnes au Canada sont tenues de se conformer aux lois pertinentes, y compris les règlements, les directives et les normes applicables à l'importation, au transport et à l'utilisation d'agents pathogènes et toxines au Canada, établis par les autorités réglementaires compétentes, notamment l'Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada, l'Agence canadienne d'inspection des aliments, Environnement et Changement climatique Canada et Transports Canada. La classification des risques et les exigences réglementaires connexes mentionnées dans la présente Fiche technique santé-sécurité : agents pathogènes, telles que celles qui figurent dans la norme canadienne de biosécurité, peuvent être incomplètes et sont spécifiques au contexte canadien. D'autres juridictions auront leurs propres exigences.
Tous droits réservés © Agence de la santé publique du Canada, 2024, Canada
Références
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Genus: Lyssavirus. ICTV. (n.d.)
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